Les démocrates se retrouvent pour un débat dominé par l'enquête contre Trump

(AFP)

Douze candidats à l'investiture démocrate s'affrontent mardi soir pour un débat présidentiel dominé par l'enquête explosive en vue de destituer Donald Trump et les remous de l'affaire ukrainienne, qui éclabousse son grand rival Joe Biden.

La sénatrice Elizabeth Warren, qui a le vent en poupe, en profitera-t-elle pour distancer M. Biden ? Et quelle forme affichera Bernie Sanders, le troisième septuagénaire sur le plateau, après sa récente crise cardiaque ?

Ils font partie d'un nombre record de prétendants à la Maison Blanche à s'affronter à partir de 20H00 (00H00 GMT mercredi) dans l'Ohio.

La terre a tremblé pour la politique américaine depuis le précédent débat démocrate en septembre, avec l'ouverture il y a trois semaines au Congrès d'une enquête initiant une procédure de destitution à l'encontre du président républicain Donald Trump.

Les salves du milliardaire, en guerre ouverte contre les démocrates, et les rebondissements de l'enquête ont depuis éclipsé la primaire démocrate, les prétendants à la Maison Blanche ayant du mal à se faire entendre dans des médias centrés sur l'affaire ukrainienne.

A l'exception de l'ancien vice-président Joe Biden qui s'est retrouvé happé par le scandale.

C'est en effet parce qu'il a demandé à Kiev d'enquêter sur Joe Biden et son fils, Hunter, que Donald Trump est aujourd'hui soupçonné par les démocrates d'abus de pouvoir et d'avoir réclamé l'ingérence d'une puissance étrangère pour son bénéfice politique.

Membre du conseil d'administration d'un grand groupe gazier ukrainien, Burisma, entre 2014 et 2019, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une "erreur" politique en prenant ses fonctions alors que son père était vice-président de Barack Obama, mais il s'est défendu de toute activité illégale.

D'un côté, cette affaire semble souligner que Joe Biden est assez craint par Donald Trump pour que le milliardaire demande de l'aide étrangère afin de lui nuire.

Mais elle est aussi très embarrassante pour le démocrate, sans cesse publiquement accusé, sans preuve, par le président des Etats-Unis d'être "corrompu" et qui doit aussi se défendre d'avoir vu son fils apparemment profiter de sa position pour décrocher des emplois richement payés.

Après être resté plutôt en retrait, Joe Biden tente la contre-offensive depuis dix jours. Le républicain "dirige le gouvernement le plus corrompu de l'Histoire américaine moderne. Cela doit cesser", a-t-il tweeté mardi.

- Warren et Sanders attendus -

Le scandale a éclaté alors même que Joe Biden, 76 ans, était rattrapé au sommet des sondages par la progressiste Elizabeth Warren, 70 ans (29,4% pour lui, contre 23,4% selon la dernière moyenne établie par RealClearPolitics).

Ancienne professeure en droit à Harvard, pourfendeuse de Wall Street, elle a nettement grimpé cet été jusqu'à dépasser clairement le sénateur indépendant Bernie Sanders (15,6%) avec qui elle partage l'aile gauche de la primaire.

La sénatrice a été épargnée par ses rivaux lors des trois premiers débats, alors que les piques visaient le grand favori Biden. Mais sa forte ascension pourrait en faire une cible de choix mardi soir.

Elle devra alors démontrer une capacité à réagir aux attaques d'autant plus scrutée qu'elle pourrait lui être vitale face à Donald Trump, si elle est choisie par les démocrates pour l'affronter en 2020. Une faculté qui pourrait se révéler essentielle aux yeux des électeurs démocrates voulant s'assurer qu'ils choisiront un candidat capable de battre l'homme d'affaires.

Bernie Sanders aussi sera observé de près durant les trois heures de ce long débat: à 78 ans, le socialiste assure vouloir reprendre une "campagne dynamique" après son infarctus du 1er octobre. Les doutes existent toutefois sur sa capacité à tenir la longueur d'une campagne présidentielle exténuante. Et cet accident de santé est venu ponctuer une mauvaise passe pour le sénateur, relégué en troisième place dans les sondages.

Le plus jeune des candidats le suit, de loin, à la quatrième place: Pete Buttigieg, le maire de South Bend, dans l'Indiana, affiche 5,2%.

Complèteront l'affiche les plus petits candidats qui tenteront une percée: la sénatrice Kamala Harris, l'ancien élu de la Chambre Beto O'Rourke, le jeune homme d'affaire Andrew Yang, le sénateur Cory Booker, la sénatrice centriste Amy Klobuchar, le milliardaire californien Tom Steyer, l'ancien ministre de Barack Obama Julian Castro et l'élue de la Chambre Tulsi Gabbard.

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(AFP)

Les démocrates se retrouvent pour un débat dominé par l'enquête contre Trump

Le 17 novembre 2019 à13:03

Modifié le 17 novembre 2019 à 13:03

Douze candidats à l'investiture démocrate s'affrontent mardi soir pour un débat présidentiel dominé par l'enquête explosive en vue de destituer Donald Trump et les remous de l'affaire ukrainienne, qui éclabousse son grand rival Joe Biden.

La sénatrice Elizabeth Warren, qui a le vent en poupe, en profitera-t-elle pour distancer M. Biden ? Et quelle forme affichera Bernie Sanders, le troisième septuagénaire sur le plateau, après sa récente crise cardiaque ?

Ils font partie d'un nombre record de prétendants à la Maison Blanche à s'affronter à partir de 20H00 (00H00 GMT mercredi) dans l'Ohio.

La terre a tremblé pour la politique américaine depuis le précédent débat démocrate en septembre, avec l'ouverture il y a trois semaines au Congrès d'une enquête initiant une procédure de destitution à l'encontre du président républicain Donald Trump.

Les salves du milliardaire, en guerre ouverte contre les démocrates, et les rebondissements de l'enquête ont depuis éclipsé la primaire démocrate, les prétendants à la Maison Blanche ayant du mal à se faire entendre dans des médias centrés sur l'affaire ukrainienne.

A l'exception de l'ancien vice-président Joe Biden qui s'est retrouvé happé par le scandale.

C'est en effet parce qu'il a demandé à Kiev d'enquêter sur Joe Biden et son fils, Hunter, que Donald Trump est aujourd'hui soupçonné par les démocrates d'abus de pouvoir et d'avoir réclamé l'ingérence d'une puissance étrangère pour son bénéfice politique.

Membre du conseil d'administration d'un grand groupe gazier ukrainien, Burisma, entre 2014 et 2019, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une "erreur" politique en prenant ses fonctions alors que son père était vice-président de Barack Obama, mais il s'est défendu de toute activité illégale.

D'un côté, cette affaire semble souligner que Joe Biden est assez craint par Donald Trump pour que le milliardaire demande de l'aide étrangère afin de lui nuire.

Mais elle est aussi très embarrassante pour le démocrate, sans cesse publiquement accusé, sans preuve, par le président des Etats-Unis d'être "corrompu" et qui doit aussi se défendre d'avoir vu son fils apparemment profiter de sa position pour décrocher des emplois richement payés.

Après être resté plutôt en retrait, Joe Biden tente la contre-offensive depuis dix jours. Le républicain "dirige le gouvernement le plus corrompu de l'Histoire américaine moderne. Cela doit cesser", a-t-il tweeté mardi.

- Warren et Sanders attendus -

Le scandale a éclaté alors même que Joe Biden, 76 ans, était rattrapé au sommet des sondages par la progressiste Elizabeth Warren, 70 ans (29,4% pour lui, contre 23,4% selon la dernière moyenne établie par RealClearPolitics).

Ancienne professeure en droit à Harvard, pourfendeuse de Wall Street, elle a nettement grimpé cet été jusqu'à dépasser clairement le sénateur indépendant Bernie Sanders (15,6%) avec qui elle partage l'aile gauche de la primaire.

La sénatrice a été épargnée par ses rivaux lors des trois premiers débats, alors que les piques visaient le grand favori Biden. Mais sa forte ascension pourrait en faire une cible de choix mardi soir.

Elle devra alors démontrer une capacité à réagir aux attaques d'autant plus scrutée qu'elle pourrait lui être vitale face à Donald Trump, si elle est choisie par les démocrates pour l'affronter en 2020. Une faculté qui pourrait se révéler essentielle aux yeux des électeurs démocrates voulant s'assurer qu'ils choisiront un candidat capable de battre l'homme d'affaires.

Bernie Sanders aussi sera observé de près durant les trois heures de ce long débat: à 78 ans, le socialiste assure vouloir reprendre une "campagne dynamique" après son infarctus du 1er octobre. Les doutes existent toutefois sur sa capacité à tenir la longueur d'une campagne présidentielle exténuante. Et cet accident de santé est venu ponctuer une mauvaise passe pour le sénateur, relégué en troisième place dans les sondages.

Le plus jeune des candidats le suit, de loin, à la quatrième place: Pete Buttigieg, le maire de South Bend, dans l'Indiana, affiche 5,2%.

Complèteront l'affiche les plus petits candidats qui tenteront une percée: la sénatrice Kamala Harris, l'ancien élu de la Chambre Beto O'Rourke, le jeune homme d'affaire Andrew Yang, le sénateur Cory Booker, la sénatrice centriste Amy Klobuchar, le milliardaire californien Tom Steyer, l'ancien ministre de Barack Obama Julian Castro et l'élue de la Chambre Tulsi Gabbard.

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