Brexit: encore d'"importants problèmes" à régler avant un accord au sommet

(AFP)

Des discussions marathon étaient en cours mercredi à Bruxelles pour tenter de trouver un accord avec Londres sur le Brexit mais les perspectives de les voir aboutir avant le sommet de jeudi semblaient s'amenuiser.

Il reste "d'importants problèmes à régler", a averti mercredi le négociateur de l'UE Michel Barnier, rendant compte du progrès des discussions et dont les propos étaient rapportés par le commissaire européen Dimitris Avramopoulos.

Des propos qui font écho à ceux du Premier ministre irlandais Leo Varadkar qui a évoqué un accord "d'ici la fin du mois". "Il y a un chemin vers un possible accord mais il reste de nombreux problèmes à régler", a-t-il dit.

Une longue séquence de pourparlers a eu lieu jusqu'aux environs de minuit mardi. Repris mercredi matin, ils sont toujours en cours pour tenter d'éviter un "no deal".

- "Travail de dentelle" -

"Le dénouement n'est plus attendu aujourd'hui", a dit à l'AFP une source européenne.

"Il y a des avancées politiques (...) On est en train de faire un travail de dentelle", a dit la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, sur la chaîne LCI.

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, doit à nouveau faire un point en début d'après-midi devant les ambassadeurs des 27, à la veille d'un sommet décisif, théoriquement le dernier avant le divorce programmé le 31 octobre.

Les discussions se concentrent sur plusieurs questions épineuses. La manière d'éviter le retour d'une frontière entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, afin de préserver la paix sur l'île tout en permettant des contrôles douaniers, est la plus complexe. Le droit de regard accordé aux autorités nord-irlandaises sur l'accord de divorce pose aussi problème car les Européens l'assimilent à un droit de veto.

Dans la proposition de Londres, l'Irlande du Nord reste dans le territoire douanier du Royaume-Uni tout en appliquant les règles européennes pour les produits destinés à l'UE, selon des sources européennes.

Les contrôles se feraient dans les ports et aéroports quand les produits pénètrent en Irlande du Nord, selon les mêmes sources. Leur suivi, qui suppose de faire confiance aux Britanniques, inquiète notamment les Européens qui veulent protéger leur marché.

Michel Barnier avait jugé mardi "possible" de parvenir à un accord cette semaine. "Un accord est encore très possible", avait renchéri son homologue britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay.

- Un sommet supplémentaire ? -

Ce vent d'optimisme et des rumeurs d'accord avaient dopé mardi la livre sterling, en repli mercredi matin.

Trois options sont désormais sur la table: un accord, pas d'accord ou la poursuite des négociations après le sommet de jeudi et vendredi.

L'hypothèse d'un report du divorce est dans tous les esprits. En l'absence d'accord d'ici le 19 octobre, une loi impose à Boris Johnson de demander un nouveau délai - le troisième -, de trois mois, ce que le Premier ministre a exclu à de maintes reprises.

Devant une commission parlementaire mercredi matin, le ministre du Brexit Steve Barclay a confirmé que le gouvernement respecterait la loi. "Mais c'est important que nous sortions le 31 octobre", a-t-il martelé.

Un accord devra ensuite être endossé par les parlements britannique et européen.

L'hypothèse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre circule d'ores et déjà.

Plus de trois ans après le référendum britannique de juin 2016 en faveur de la séparation, les milieux économiques redoutent les conséquences d'"un no deal".

"Un no deal doit être évité et conduirait au désastre", a averti mercredi l'organisation des patrons européens, Business Europe, dans une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, maître d'oeuvre du sommet.

Quelle que soit l'issue des discussions, les Européens appellent à la vigilance sur la future relation commerciale avec Londres, qui est aussi un point encore en négociation entre les deux parties.

Après le Brexit, le Royaume-Uni sera "un nouveau concurrent" à la porte de l'UE, a ainsi averti mardi la chancelière Angela Merkel.

Même préoccupation du côté néerlandais et français, inquiets des risques d'une déficience des contrôles des marchandises à la frontière irlandaise.

Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui se sont vus dimanche soir, doivent se retrouver à nouveau mercredi à Toulouse pour un conseil des ministres franco-allemand.

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(AFP)

Brexit: encore d'"importants problèmes" à régler avant un accord au sommet

Le 20 novembre 2019 à04:59

Modifié le 20 novembre 2019 à 04:59

Des discussions marathon étaient en cours mercredi à Bruxelles pour tenter de trouver un accord avec Londres sur le Brexit mais les perspectives de les voir aboutir avant le sommet de jeudi semblaient s'amenuiser.

Il reste "d'importants problèmes à régler", a averti mercredi le négociateur de l'UE Michel Barnier, rendant compte du progrès des discussions et dont les propos étaient rapportés par le commissaire européen Dimitris Avramopoulos.

Des propos qui font écho à ceux du Premier ministre irlandais Leo Varadkar qui a évoqué un accord "d'ici la fin du mois". "Il y a un chemin vers un possible accord mais il reste de nombreux problèmes à régler", a-t-il dit.

Une longue séquence de pourparlers a eu lieu jusqu'aux environs de minuit mardi. Repris mercredi matin, ils sont toujours en cours pour tenter d'éviter un "no deal".

- "Travail de dentelle" -

"Le dénouement n'est plus attendu aujourd'hui", a dit à l'AFP une source européenne.

"Il y a des avancées politiques (...) On est en train de faire un travail de dentelle", a dit la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, sur la chaîne LCI.

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, doit à nouveau faire un point en début d'après-midi devant les ambassadeurs des 27, à la veille d'un sommet décisif, théoriquement le dernier avant le divorce programmé le 31 octobre.

Les discussions se concentrent sur plusieurs questions épineuses. La manière d'éviter le retour d'une frontière entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, afin de préserver la paix sur l'île tout en permettant des contrôles douaniers, est la plus complexe. Le droit de regard accordé aux autorités nord-irlandaises sur l'accord de divorce pose aussi problème car les Européens l'assimilent à un droit de veto.

Dans la proposition de Londres, l'Irlande du Nord reste dans le territoire douanier du Royaume-Uni tout en appliquant les règles européennes pour les produits destinés à l'UE, selon des sources européennes.

Les contrôles se feraient dans les ports et aéroports quand les produits pénètrent en Irlande du Nord, selon les mêmes sources. Leur suivi, qui suppose de faire confiance aux Britanniques, inquiète notamment les Européens qui veulent protéger leur marché.

Michel Barnier avait jugé mardi "possible" de parvenir à un accord cette semaine. "Un accord est encore très possible", avait renchéri son homologue britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay.

- Un sommet supplémentaire ? -

Ce vent d'optimisme et des rumeurs d'accord avaient dopé mardi la livre sterling, en repli mercredi matin.

Trois options sont désormais sur la table: un accord, pas d'accord ou la poursuite des négociations après le sommet de jeudi et vendredi.

L'hypothèse d'un report du divorce est dans tous les esprits. En l'absence d'accord d'ici le 19 octobre, une loi impose à Boris Johnson de demander un nouveau délai - le troisième -, de trois mois, ce que le Premier ministre a exclu à de maintes reprises.

Devant une commission parlementaire mercredi matin, le ministre du Brexit Steve Barclay a confirmé que le gouvernement respecterait la loi. "Mais c'est important que nous sortions le 31 octobre", a-t-il martelé.

Un accord devra ensuite être endossé par les parlements britannique et européen.

L'hypothèse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre circule d'ores et déjà.

Plus de trois ans après le référendum britannique de juin 2016 en faveur de la séparation, les milieux économiques redoutent les conséquences d'"un no deal".

"Un no deal doit être évité et conduirait au désastre", a averti mercredi l'organisation des patrons européens, Business Europe, dans une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, maître d'oeuvre du sommet.

Quelle que soit l'issue des discussions, les Européens appellent à la vigilance sur la future relation commerciale avec Londres, qui est aussi un point encore en négociation entre les deux parties.

Après le Brexit, le Royaume-Uni sera "un nouveau concurrent" à la porte de l'UE, a ainsi averti mardi la chancelière Angela Merkel.

Même préoccupation du côté néerlandais et français, inquiets des risques d'une déficience des contrôles des marchandises à la frontière irlandaise.

Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui se sont vus dimanche soir, doivent se retrouver à nouveau mercredi à Toulouse pour un conseil des ministres franco-allemand.

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