Macron et Merkel discutent défense européenne à Toulouse

(AFP)

C'est à bord d'un Airbus-école qu'Emmanuel Macron et Angela Merkel ont déjeuné mercredi à Toulouse, pour démarrer un conseil des ministres franco-allemand dominé par des questions de défense, à la veille d'un sommet européen lourd en enjeux, dans un contexte international explosif.

"Il y a 50 ans, des décisions ont permis de développer une coopération étroite entre nos deux pays. Nous ferons tout pour garantir le succès de cette entreprise", a lancé la chancelière, quand le président français saluait "une entreprise formidablement solide" malgré "parfois des doutes et des inquiétudes".

Une allusion aux menaces américaines de taxer dès vendredi des produits européens, en représailles à des prêts publics à Airbus condamnés par l'OMC.

En visitant la chaîne d'assemblage du dernier-né de l'avionneur, l'A350, déjà vendu à 300 exemplaires avec 600 supplémentaires commandés, la chancelière a d'ailleurs insisté sur la nécessité de concurrencer Boeing.

Mais les deux dirigeants ont donné la priorité à la construction d'une défense européenne et à leurs projets d'avions et de chars du futur, alors que l'attaque turque en Syrie, condamnée par l'UE, déstabilise l'Otan.

Passée l'impulsion politique donnée lors de leur lancement il y a deux ans, les programmes des futurs avions (SCAF) et chars (MGCS) de combat patinent. Le SCAF, sous leadership français, doit remplacer les Rafale et les Eurofighter, le MGCS, sous direction allemande, les Leclerc et Leopard.

Ce n'était pas prévu mais Angela Merkel et Emmanuel Merkel ont décidé en début d'après-midi de présider un conseil de défense franco-allemand réunissant leurs ministres des Affaires étrangères et des Armées.

France et Allemagne veulent s'accorder sur des principes communs pour les exportations d'armes, pomme de discorde notamment pour les ventes à l'Arabie Saoudite, l'un des plus gros clients des armes françaises.

Contrairement à Paris, Berlin a suspendu ses ventes d'armes à Ryad depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, en raison de la guerre menée au Yémen. Cette décision a pénalisé Airbus, qui a cessé de vendre à Ryad des équipements comportant des composants allemands.

Paris et Berlin veulent aussi vérifier l'alignement de leurs positions sur les sujets qui domineront le sommet européen de jeudi, allant des pressions sur la Turquie au Brexit dont d'ultimes négociations se poursuivaient mercredi. En passant par Google qui refuse de rémunérer les contenus, en dépit d'une récente directive européenne.

Angela Merkel et Emmanuel Macron devaient être rejoints mercredi soir par la présidente élue de la Commission euroépenne Ursula von der Leyen.

Avec les deux dirigeantes, qu'il a déjà reçues dimanche et lundi, le chef de l'Etat veut s'assurer à Bruxelles de dégager une majorité au Parlement européen pour soutenir le programme de la nouvelle présidente.

- "Instabilité" -

Le rejet par les eurodéputés de la candidate française à la Commission Sylvie Goulard fait craindre aux Français une instabilité plus profonde au Parlement qui empêcherait de mettre en oeuvre le programme de la nouvelle Commission, largement inspiré des propositions françaises.

Après le conseil de défense, le conseil des ministres élargi devait se réunir en milieu d'après-midi à la préfecture dans le centre de Toulouse, où toute manifestation et circulation ont été interdites.

Une vingtaine de ministres des deux pays, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Economie, seront présents autour de la table du premier conseil des ministres franco-allemand depuis la signature en janvier du Traité d'Aix-la-Chapelle, destiné à renforcer les liens bilatéraux.

Angela Merkel et Emmanuel Macron finiront par un dîner avec la Table ronde des industriels européens, club libéral de regroupant 50 grandes entreprises.

Jeudi Emmanuel Macron rejoindra Bruxelles en participant pour la première fois à la réunion pré-sommet de Renew Europe, qui regroupe les formations centristes dont La République en Marche (LREM), depuis les élections européennes.

L'Elysée a indiqué qu'Emmanuel Macron ne proposerait de nouveau candidat pour remplacer Sylvie Goulard qu'après le sommet européen et une fois résolue "l'instabilité politique" au Parlement européen.

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(AFP)

Macron et Merkel discutent défense européenne à Toulouse

Le 20 novembre 2019 à13:48

Modifié le 20 novembre 2019 à 13:48

C'est à bord d'un Airbus-école qu'Emmanuel Macron et Angela Merkel ont déjeuné mercredi à Toulouse, pour démarrer un conseil des ministres franco-allemand dominé par des questions de défense, à la veille d'un sommet européen lourd en enjeux, dans un contexte international explosif.

"Il y a 50 ans, des décisions ont permis de développer une coopération étroite entre nos deux pays. Nous ferons tout pour garantir le succès de cette entreprise", a lancé la chancelière, quand le président français saluait "une entreprise formidablement solide" malgré "parfois des doutes et des inquiétudes".

Une allusion aux menaces américaines de taxer dès vendredi des produits européens, en représailles à des prêts publics à Airbus condamnés par l'OMC.

En visitant la chaîne d'assemblage du dernier-né de l'avionneur, l'A350, déjà vendu à 300 exemplaires avec 600 supplémentaires commandés, la chancelière a d'ailleurs insisté sur la nécessité de concurrencer Boeing.

Mais les deux dirigeants ont donné la priorité à la construction d'une défense européenne et à leurs projets d'avions et de chars du futur, alors que l'attaque turque en Syrie, condamnée par l'UE, déstabilise l'Otan.

Passée l'impulsion politique donnée lors de leur lancement il y a deux ans, les programmes des futurs avions (SCAF) et chars (MGCS) de combat patinent. Le SCAF, sous leadership français, doit remplacer les Rafale et les Eurofighter, le MGCS, sous direction allemande, les Leclerc et Leopard.

Ce n'était pas prévu mais Angela Merkel et Emmanuel Merkel ont décidé en début d'après-midi de présider un conseil de défense franco-allemand réunissant leurs ministres des Affaires étrangères et des Armées.

France et Allemagne veulent s'accorder sur des principes communs pour les exportations d'armes, pomme de discorde notamment pour les ventes à l'Arabie Saoudite, l'un des plus gros clients des armes françaises.

Contrairement à Paris, Berlin a suspendu ses ventes d'armes à Ryad depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, en raison de la guerre menée au Yémen. Cette décision a pénalisé Airbus, qui a cessé de vendre à Ryad des équipements comportant des composants allemands.

Paris et Berlin veulent aussi vérifier l'alignement de leurs positions sur les sujets qui domineront le sommet européen de jeudi, allant des pressions sur la Turquie au Brexit dont d'ultimes négociations se poursuivaient mercredi. En passant par Google qui refuse de rémunérer les contenus, en dépit d'une récente directive européenne.

Angela Merkel et Emmanuel Macron devaient être rejoints mercredi soir par la présidente élue de la Commission euroépenne Ursula von der Leyen.

Avec les deux dirigeantes, qu'il a déjà reçues dimanche et lundi, le chef de l'Etat veut s'assurer à Bruxelles de dégager une majorité au Parlement européen pour soutenir le programme de la nouvelle présidente.

- "Instabilité" -

Le rejet par les eurodéputés de la candidate française à la Commission Sylvie Goulard fait craindre aux Français une instabilité plus profonde au Parlement qui empêcherait de mettre en oeuvre le programme de la nouvelle Commission, largement inspiré des propositions françaises.

Après le conseil de défense, le conseil des ministres élargi devait se réunir en milieu d'après-midi à la préfecture dans le centre de Toulouse, où toute manifestation et circulation ont été interdites.

Une vingtaine de ministres des deux pays, dont ceux des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Economie, seront présents autour de la table du premier conseil des ministres franco-allemand depuis la signature en janvier du Traité d'Aix-la-Chapelle, destiné à renforcer les liens bilatéraux.

Angela Merkel et Emmanuel Macron finiront par un dîner avec la Table ronde des industriels européens, club libéral de regroupant 50 grandes entreprises.

Jeudi Emmanuel Macron rejoindra Bruxelles en participant pour la première fois à la réunion pré-sommet de Renew Europe, qui regroupe les formations centristes dont La République en Marche (LREM), depuis les élections européennes.

L'Elysée a indiqué qu'Emmanuel Macron ne proposerait de nouveau candidat pour remplacer Sylvie Goulard qu'après le sommet européen et une fois résolue "l'instabilité politique" au Parlement européen.

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