Haïti: des milliers de manifestants anti-Jovenel à Port-au-Prince

(AFP)

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Port-au-Prince, à l'appel de dirigeants religieux et artistes populaires, pour réclamer la démission du président haïtien Jovenel Moïse, mot d'ordre d'un mouvement de contestation lancé fin août.

"Jovenel est incapable et incompétent, il faut qu'il plie bagages parce qu'Haïti doit vivre", déclare l'un des manifestants, Jean Ronald. "Il n'est pas normal de vivre dans un pays aussi inégalitaire", ajoute-t-il, devant le char de "Prophète Mackenson", un dirigeant religieux haïtien aussi populaire que controversé.

Mackenson Dorilas, autoproclamé "prophète", a été sanctionné par le ministère haïtien des Cultes fin 2018 après avoir annoncé pouvoir guérir le sida avec un remède à base de punaises de lit.

La foule de ses fidèles a sillonné les rues de la capitale, suivie par de larges groupes de manifestants répondant à l'appel de chanteurs populaires. Prières et slogans hostiles au président ont été scandés pendant des heures à Port-au-Prince.

En raison des manifestations répétées et des barricades régulièrement installées sur les principaux axes routiers, la majorité des établissement scolaires gardent leurs portes closes depuis plus d'un mois.

"J'ai mis mon uniforme aujourd'hui, il est tout neuf, et la première occasion que j'ai de le mettre, c'est dans une manifestation" déplore Nelly Delamet, 19 ans.

Me Johnny Trov Salomon manifeste lui avec sa robe d'avocat et un exemplaire de la constitution en main. "Toutes les couches sociales sont présentes: on veut que le monde entier voit qu'on n'est pas favorable à Jovenel".

La colère populaire contre Jovenel Moïse, décrié par les opposants les plus radicaux depuis son arrivée au pouvoir en février 2017, s'est accentuée fin août à la suite d'une pénurie de carburants généralisée à travers le pays.

Majoritairement issus des quartiers les plus pauvres, les manifestants exigent d'autant plus la démission du chef de l’État que des entreprises qu'il dirigeait avant son entrée en politique ont été épinglées par la Cour supérieure des comptes comme étant "au cœur d'un stratagème de détournement de fonds".

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Haïti: des milliers de manifestants anti-Jovenel à Port-au-Prince

Le 15 novembre 2019 à08:00

Modifié le 15 novembre 2019 à 08:00

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Port-au-Prince, à l'appel de dirigeants religieux et artistes populaires, pour réclamer la démission du président haïtien Jovenel Moïse, mot d'ordre d'un mouvement de contestation lancé fin août.

"Jovenel est incapable et incompétent, il faut qu'il plie bagages parce qu'Haïti doit vivre", déclare l'un des manifestants, Jean Ronald. "Il n'est pas normal de vivre dans un pays aussi inégalitaire", ajoute-t-il, devant le char de "Prophète Mackenson", un dirigeant religieux haïtien aussi populaire que controversé.

Mackenson Dorilas, autoproclamé "prophète", a été sanctionné par le ministère haïtien des Cultes fin 2018 après avoir annoncé pouvoir guérir le sida avec un remède à base de punaises de lit.

La foule de ses fidèles a sillonné les rues de la capitale, suivie par de larges groupes de manifestants répondant à l'appel de chanteurs populaires. Prières et slogans hostiles au président ont été scandés pendant des heures à Port-au-Prince.

En raison des manifestations répétées et des barricades régulièrement installées sur les principaux axes routiers, la majorité des établissement scolaires gardent leurs portes closes depuis plus d'un mois.

"J'ai mis mon uniforme aujourd'hui, il est tout neuf, et la première occasion que j'ai de le mettre, c'est dans une manifestation" déplore Nelly Delamet, 19 ans.

Me Johnny Trov Salomon manifeste lui avec sa robe d'avocat et un exemplaire de la constitution en main. "Toutes les couches sociales sont présentes: on veut que le monde entier voit qu'on n'est pas favorable à Jovenel".

La colère populaire contre Jovenel Moïse, décrié par les opposants les plus radicaux depuis son arrivée au pouvoir en février 2017, s'est accentuée fin août à la suite d'une pénurie de carburants généralisée à travers le pays.

Majoritairement issus des quartiers les plus pauvres, les manifestants exigent d'autant plus la démission du chef de l’État que des entreprises qu'il dirigeait avant son entrée en politique ont été épinglées par la Cour supérieure des comptes comme étant "au cœur d'un stratagème de détournement de fonds".

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