Lubrizol: le PDG tente de rassurer sur l'impact de l'incendie

(AFP)

Près d'un mois après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, le PDG du groupe américain, Eric Schnur, a assuré que les produits consumés ne présentaient "aucune menace sur la santé" et s'est engagé à mener à bien les indemnisations.

M. Schnur a été entendu mardi matin pendant près de deux heures par la mission d'information de l'Assemblée nationale, puis dans l'après-midi par la commission d'enquête du Sénat, toutes deux consacrées à l'incendie survenu le 26 septembre dans l'usine Lubrizol de Rouen.

Le patron s'est voulu rassurant sur les effets sur la santé de l'incendie, affirmant aux sénateurs que les produits qui ont brûlé ne présentaient "aucun autre risque impact sur la santé que l'irritation causée par la fumée".

"Mais nous comprenons que des préoccupations persistent", a-t-il convenu devant les députés.

Sur place, le traitement de fûts endommagés contenant potentiellement un produit dangereux sur le site de Rouen commencera "en principe" mercredi et non mardi comme initialement attendu, a annoncé mardi le préfet de Normandie.

"Quelques tests sont en train d'être opérés et en principe demain, le travail de traitement des fûts, fût par fût, commencera par l'intervention du robot, le tout dans un contexte extrêmement sécurisé", a déclaré le préfet Pierre-André Durand lors d'une conférence de presse à Rouen.

- "bon voisin" -

Longuement interrogé sur les mesures d'indemnisations à la suite des retombées de l'incendie, Eric Schnur s'est engagé à "un soutien à court terme et à moyen terme" pour les agriculteurs touchés. Le groupe Lubrizol est disposé à financer des indemnisations et veut se comporter en "bon voisin", a-t-il assuré, évoquant un "accord initial" concernant les agriculteurs, sans cependant livrer de chiffres.

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait évoqué un préjudice estimé "entre 40 et 50 millions" d'euros pour les agriculteurs.

M. Schnur a aussi évoqué des aides pour les commerces qui ont été pénalisés par l'incendie et pour le soutien de l'activité touristique de Rouen et de la Normandie.

"J'ai engagé des millions d'euros et je le ferai encore plus si c'est nécessaire, nous voulons travailler avec les autorités locales", a affirmé le PDG.

Il a indiqué qu'il prévoyait de rencontrer à nouveau la ministre de la transition écologique Élisabeth Borne pour évoquer ces questions et qu'il allait de nouveau se rendre à Rouen cette semaine.

S'agissant des salariés de Lubrizol à Rouen, "leurs salaires sont versés intégralement", a déclaré M. Schnur, indiquant avoir rencontré certains d'entre eux lors de sa visite début octobre.

Ses déclarations ont toutefois eu un peu de mal à convaincre totalement ses interlocuteurs, notamment au Sénat.

Le président de la commission d'enquête sénatoriale, le centriste Hervé Maurey, a relevé les "bonnes intentions" de M. Schnur. Mais il a regretté que celui-ci n'ait pas été "aujourd'hui en mesure d'apporter tous les éléments de réponse" sur les indemnisations.

M. Maurey a aussi exprimé "quelques doutes sur la réalité des informations relatives à la non dangerosité des fûts" qui ont brûlé.

- entrepôts pas reconstruits -

Le PDG de Lubrizol a par ailleurs de nouveau affirmé que l'incendie s'était déclaré en dehors de l'usine.

"Toutes les informations dont nous disposons indiquent que l'incendie s'est déclenché à l'extérieur de nos installations, mais nous attendons d'en connaître exactement la source et la cause", a-t-il dit à l'Assemblée nationale.

"J'ai pu voir deux vidéos après l'incendie qui nous portent à penser que l'incendie a démarré hors de notre site", a-t-il insisté. Il a exprimé à plusieurs reprises ses attentes d'une réponse rapide aux interrogations sur l'origine du feu.

Eric Schnur a d'autre part annoncé que le groupe n'allait "pas remplacer les entrepôts qui ont été détruits" lors de l'incendie du 26 septembre.

"Nous n'allons pas remplacer les entrepôts qui ont été détruits" et nous allons "nettoyer ce site", a déclaré M. Schnur. Une mesure visant à "rassurer la population".

"Notre décision de ne pas reconstruire les installations comme auparavant, c'est simplement que nous voulons continuer d'exploiter les installations qui n'ont pas été impactées par l'incendie", a-t-il expliqué.

La commission sénatoriale a prévu de se rendre jeudi à Rouen pour visiter le site de Lubrizol et rencontrer les parties prenantes.

De son côté, l'Assemblée nationale doit entendre mercredi une série de responsables locaux, dont le directeur régional de l'Environnement, la directrice de l'Agence régionale de santé, le directeur des services départementaux d'incendie et des élus dont le maire de Rouen Yvon Robert.

Quelque 5.253 tonnes de produits chimiques ont brûlé dans l'usine Lubrizol, ainsi que 4.250 tonnes de produits dans des entrepôts de l'entreprise voisine Normandie Logistique, également touchée (dont 1.691 tonnes venant aussi de Lubrizol).

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Lubrizol: le PDG tente de rassurer sur l'impact de l'incendie

Le 20 novembre 2019 à05:11

Modifié le 20 novembre 2019 à 05:11

Près d'un mois après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, le PDG du groupe américain, Eric Schnur, a assuré que les produits consumés ne présentaient "aucune menace sur la santé" et s'est engagé à mener à bien les indemnisations.

M. Schnur a été entendu mardi matin pendant près de deux heures par la mission d'information de l'Assemblée nationale, puis dans l'après-midi par la commission d'enquête du Sénat, toutes deux consacrées à l'incendie survenu le 26 septembre dans l'usine Lubrizol de Rouen.

Le patron s'est voulu rassurant sur les effets sur la santé de l'incendie, affirmant aux sénateurs que les produits qui ont brûlé ne présentaient "aucun autre risque impact sur la santé que l'irritation causée par la fumée".

"Mais nous comprenons que des préoccupations persistent", a-t-il convenu devant les députés.

Sur place, le traitement de fûts endommagés contenant potentiellement un produit dangereux sur le site de Rouen commencera "en principe" mercredi et non mardi comme initialement attendu, a annoncé mardi le préfet de Normandie.

"Quelques tests sont en train d'être opérés et en principe demain, le travail de traitement des fûts, fût par fût, commencera par l'intervention du robot, le tout dans un contexte extrêmement sécurisé", a déclaré le préfet Pierre-André Durand lors d'une conférence de presse à Rouen.

- "bon voisin" -

Longuement interrogé sur les mesures d'indemnisations à la suite des retombées de l'incendie, Eric Schnur s'est engagé à "un soutien à court terme et à moyen terme" pour les agriculteurs touchés. Le groupe Lubrizol est disposé à financer des indemnisations et veut se comporter en "bon voisin", a-t-il assuré, évoquant un "accord initial" concernant les agriculteurs, sans cependant livrer de chiffres.

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait évoqué un préjudice estimé "entre 40 et 50 millions" d'euros pour les agriculteurs.

M. Schnur a aussi évoqué des aides pour les commerces qui ont été pénalisés par l'incendie et pour le soutien de l'activité touristique de Rouen et de la Normandie.

"J'ai engagé des millions d'euros et je le ferai encore plus si c'est nécessaire, nous voulons travailler avec les autorités locales", a affirmé le PDG.

Il a indiqué qu'il prévoyait de rencontrer à nouveau la ministre de la transition écologique Élisabeth Borne pour évoquer ces questions et qu'il allait de nouveau se rendre à Rouen cette semaine.

S'agissant des salariés de Lubrizol à Rouen, "leurs salaires sont versés intégralement", a déclaré M. Schnur, indiquant avoir rencontré certains d'entre eux lors de sa visite début octobre.

Ses déclarations ont toutefois eu un peu de mal à convaincre totalement ses interlocuteurs, notamment au Sénat.

Le président de la commission d'enquête sénatoriale, le centriste Hervé Maurey, a relevé les "bonnes intentions" de M. Schnur. Mais il a regretté que celui-ci n'ait pas été "aujourd'hui en mesure d'apporter tous les éléments de réponse" sur les indemnisations.

M. Maurey a aussi exprimé "quelques doutes sur la réalité des informations relatives à la non dangerosité des fûts" qui ont brûlé.

- entrepôts pas reconstruits -

Le PDG de Lubrizol a par ailleurs de nouveau affirmé que l'incendie s'était déclaré en dehors de l'usine.

"Toutes les informations dont nous disposons indiquent que l'incendie s'est déclenché à l'extérieur de nos installations, mais nous attendons d'en connaître exactement la source et la cause", a-t-il dit à l'Assemblée nationale.

"J'ai pu voir deux vidéos après l'incendie qui nous portent à penser que l'incendie a démarré hors de notre site", a-t-il insisté. Il a exprimé à plusieurs reprises ses attentes d'une réponse rapide aux interrogations sur l'origine du feu.

Eric Schnur a d'autre part annoncé que le groupe n'allait "pas remplacer les entrepôts qui ont été détruits" lors de l'incendie du 26 septembre.

"Nous n'allons pas remplacer les entrepôts qui ont été détruits" et nous allons "nettoyer ce site", a déclaré M. Schnur. Une mesure visant à "rassurer la population".

"Notre décision de ne pas reconstruire les installations comme auparavant, c'est simplement que nous voulons continuer d'exploiter les installations qui n'ont pas été impactées par l'incendie", a-t-il expliqué.

La commission sénatoriale a prévu de se rendre jeudi à Rouen pour visiter le site de Lubrizol et rencontrer les parties prenantes.

De son côté, l'Assemblée nationale doit entendre mercredi une série de responsables locaux, dont le directeur régional de l'Environnement, la directrice de l'Agence régionale de santé, le directeur des services départementaux d'incendie et des élus dont le maire de Rouen Yvon Robert.

Quelque 5.253 tonnes de produits chimiques ont brûlé dans l'usine Lubrizol, ainsi que 4.250 tonnes de produits dans des entrepôts de l'entreprise voisine Normandie Logistique, également touchée (dont 1.691 tonnes venant aussi de Lubrizol).

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