Conflits d'intérêts : Breton promet d'être exemplaire à Bruxelles

(AFP)

Le candidat français à la Commission européenne, Thierry Breton, s'est efforcé jeudi d'apaiser les craintes des eurodéputés, chargés de valider sa nomination, sur les risques de conflits d'intérêts entre ses nouvelles responsabilités et ses anciennes fonctions de PDG du groupe Atos.

Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet par les élus écologistes, de gauche radicale, d'extrême droite et socialistes, le Français a promis d'être "radical" pour éviter les soupçons.

"Il n'y a qu'une seule solution, être radical. Je dis bien radical", a insisté l'ancien ministre de l'Economie (2005-2007), qui brigue un large portefeuille économique comprenant plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise.

M. Breton a dit son intention de se récuser sur les sujets qui concerneraient directement Atos, par exemple "des contrats" qui seraient passés avec l'UE.

Mais de manière plus globale, il a exclu de se dessaisir des questions portant sur les secteurs sur lesquels évolue Atos, comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les supercalculateurs.

"Ce serait une aberration", a-t-il tranché, répétant à plusieurs reprises qu'il serait "commissaire sur l'ensemble du portefeuille."

"Peut-être que ça ne vous ne plaira pas. Et bien vous ne voterez pas" en ma faveur, a-t-il dit au socialiste Timo Wölken.

- "Confusion" -

"Votre nomination est un mélange des genres qui crée de la confusion", lui a lancé l'eurodéputée écologiste Marie Toussaint, soulignant qu'il existait un "parfait chevauchement" entre les activités d'Atos et son portefeuille de commissaire.

Le député de la gauche radicale (GUE) Manuel Bompard a quant à lui estimé que M. Breton était incapable de garantir que ses "activités passées n'influeront pas (sur ses) activités à venir".

"Il y a un certain nombre de flux entre l'entreprise que j'ai dirigée" et ce poste à la Commission, "pas énorme du reste", a reconnu M. Breton.

Mais "le règlement l'a parfaitement prévu", a-t-il ajouté, citant le code de conduite des commissaires européens.

Il a aussi rappelé aux eurodéputés qu'il avait déjà vendu la totalité de ses actions -pour un montant de 45 millions d'euros, selon les documents de l'Autorité des marchés financiers (AMF)- et démissionné des mandats qu'il exerçait dans divers conseils d'administration.

"Je n'ai plus aucun intérêt dans les entreprises que j'ai dirigées. Zéro. Zéro !", a-t-il insisté

Le Français a été globalement moins attaqué sur la question des conflits d'intérêts que le premier choix d'Emmanuel Macron pour la Commission, Sylvie Goulard, écartée début octobre pour des raisons éthiques.

Les eurodéputés dénonçaient le fait que de Mme Goulard se présente devant eux pour devenir commissaire alors qu'elle avait démissionné du gouvernement français en raison de l'affaire des emplois présumés fictifs de son ancien parti, le Modem.

- Derniers obstacles -

Contrairement à Mme Goulard, Thierry Breton, le premier grand patron de l'histoire de l'UE candidat aux fonctions de commissaire, bénéficie du soutien du PPE (droite), le premier parti européen.

Les eurodéputés se prononceront en fin d'après-midi sur son sort, qui pourrait dépendre du résultat des auditions des commissaires hongrois et roumain, également auditionnés jeudi.

Ces trois auditions sont les derniers obstacles que doit franchir la prochaine présidente, Ursula von der Leyen, qui peine à mettre en place son équipe.

Un feu vert des eurodéputés placerait l'Allemande en bonne position pour remplir l'objectif d'une prise de fonctions, déjà retardée d'un mois, le 1er décembre.

Dans le cas contraire, c'est-à-dire si les députés décidaient de poser des questions par écrit à M. Breton, comme le veut la procédure, le calendrier serait plus difficile à tenir.

Thierry Breton postule pour un très vaste portefeuille comprenant la politique industrielle, le marché intérieur, le numérique, la défense et l'espace.

Sur le fond, M. Breton a jugé jeudi "urgent" de "préparer la croissance de demain en investissant" dans les technologies de l'avenir, comme la 5G, la 6G, l'intelligence artificielle, les véhicules autonomes et les batteries électriques.

Il a dit comprendre "la crainte des technologies concernant leur impact social" et promis de "ne laisser jamais personne au bord du chemin".

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Conflits d'intérêts : Breton promet d'être exemplaire à Bruxelles

Le 07 décembre 2019 à12:08

Modifié le 07 décembre 2019 à 12:08

Le candidat français à la Commission européenne, Thierry Breton, s'est efforcé jeudi d'apaiser les craintes des eurodéputés, chargés de valider sa nomination, sur les risques de conflits d'intérêts entre ses nouvelles responsabilités et ses anciennes fonctions de PDG du groupe Atos.

Interrogé à plusieurs reprises sur le sujet par les élus écologistes, de gauche radicale, d'extrême droite et socialistes, le Français a promis d'être "radical" pour éviter les soupçons.

"Il n'y a qu'une seule solution, être radical. Je dis bien radical", a insisté l'ancien ministre de l'Economie (2005-2007), qui brigue un large portefeuille économique comprenant plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise.

M. Breton a dit son intention de se récuser sur les sujets qui concerneraient directement Atos, par exemple "des contrats" qui seraient passés avec l'UE.

Mais de manière plus globale, il a exclu de se dessaisir des questions portant sur les secteurs sur lesquels évolue Atos, comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les supercalculateurs.

"Ce serait une aberration", a-t-il tranché, répétant à plusieurs reprises qu'il serait "commissaire sur l'ensemble du portefeuille."

"Peut-être que ça ne vous ne plaira pas. Et bien vous ne voterez pas" en ma faveur, a-t-il dit au socialiste Timo Wölken.

- "Confusion" -

"Votre nomination est un mélange des genres qui crée de la confusion", lui a lancé l'eurodéputée écologiste Marie Toussaint, soulignant qu'il existait un "parfait chevauchement" entre les activités d'Atos et son portefeuille de commissaire.

Le député de la gauche radicale (GUE) Manuel Bompard a quant à lui estimé que M. Breton était incapable de garantir que ses "activités passées n'influeront pas (sur ses) activités à venir".

"Il y a un certain nombre de flux entre l'entreprise que j'ai dirigée" et ce poste à la Commission, "pas énorme du reste", a reconnu M. Breton.

Mais "le règlement l'a parfaitement prévu", a-t-il ajouté, citant le code de conduite des commissaires européens.

Il a aussi rappelé aux eurodéputés qu'il avait déjà vendu la totalité de ses actions -pour un montant de 45 millions d'euros, selon les documents de l'Autorité des marchés financiers (AMF)- et démissionné des mandats qu'il exerçait dans divers conseils d'administration.

"Je n'ai plus aucun intérêt dans les entreprises que j'ai dirigées. Zéro. Zéro !", a-t-il insisté

Le Français a été globalement moins attaqué sur la question des conflits d'intérêts que le premier choix d'Emmanuel Macron pour la Commission, Sylvie Goulard, écartée début octobre pour des raisons éthiques.

Les eurodéputés dénonçaient le fait que de Mme Goulard se présente devant eux pour devenir commissaire alors qu'elle avait démissionné du gouvernement français en raison de l'affaire des emplois présumés fictifs de son ancien parti, le Modem.

- Derniers obstacles -

Contrairement à Mme Goulard, Thierry Breton, le premier grand patron de l'histoire de l'UE candidat aux fonctions de commissaire, bénéficie du soutien du PPE (droite), le premier parti européen.

Les eurodéputés se prononceront en fin d'après-midi sur son sort, qui pourrait dépendre du résultat des auditions des commissaires hongrois et roumain, également auditionnés jeudi.

Ces trois auditions sont les derniers obstacles que doit franchir la prochaine présidente, Ursula von der Leyen, qui peine à mettre en place son équipe.

Un feu vert des eurodéputés placerait l'Allemande en bonne position pour remplir l'objectif d'une prise de fonctions, déjà retardée d'un mois, le 1er décembre.

Dans le cas contraire, c'est-à-dire si les députés décidaient de poser des questions par écrit à M. Breton, comme le veut la procédure, le calendrier serait plus difficile à tenir.

Thierry Breton postule pour un très vaste portefeuille comprenant la politique industrielle, le marché intérieur, le numérique, la défense et l'espace.

Sur le fond, M. Breton a jugé jeudi "urgent" de "préparer la croissance de demain en investissant" dans les technologies de l'avenir, comme la 5G, la 6G, l'intelligence artificielle, les véhicules autonomes et les batteries électriques.

Il a dit comprendre "la crainte des technologies concernant leur impact social" et promis de "ne laisser jamais personne au bord du chemin".

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