Le Beaujolais nouveau sans banane mais avec le sourire

(AFP)

Porté par de bons chiffres, le Beaujolais a le cœur à la fête cette année pour son primeur lancé dès mercredi soir, même si le Brexit et les taxes américaines font planer des incertitudes sur ses ventes à l'export.

Depuis la fin des années 90, le Beaujolais était plongé dans une profonde remise en question. La fête, très marketing, autour du Beaujolais nouveau, ne prenait plus.

Aujourd'hui, on ne parle plus d'un vin au goût de banane ou de fruits rouges, le mot d'ordre est le retour au terroir autour du gamay, et la montée en gamme.

"Il y a une +premiumisation+ du Beaujolais grâce à la jeune clientèle qui n'a pas vécu le Beaujolais nouveau des années 80. Ils consomment sans a priori, sont très ouverts", analyse Grégory Large, directeur général du négociant Mommessin et membre de la commission communication d'Inter-Beaujolais.

Pour séduire, des vignerons se lancent désormais dans des offres plus ciblées, comme le "sans sulfite" ou le rosé primeur, plus recherché par les jeunes que le rouge.

Résultat, quand les ventes de vin en France se replient de 2% depuis janvier, les Beaujolais eux enregistrent une hausse de 11%, avance Grégory Large. Les crus du Beaujolais, qui jouissent d'une image dynamique, authentique et d'un très bon rapport qualité-prix, restent la locomotive. Mais tout le vignoble profite de cette dynamique, même les primeurs qui représentent encore presque un quart de la production.

En 2018, il s'est écoulé 22 millions de bouteilles de Beaujolais nouveau, un chiffre stable. Mais en valeur, les professionnels enregistrent une hausse d'au moins 5%, selon Monsieur Large.

Restent deux incertitudes à l'export. Premièrement le Brexit. "Pour l'instant on ne le sent pas dans les chiffres", explique-t-on à l'inter-profession - mais affaire à suivre.

Même chose aux Etats-Unis où les taxes douanières sur les vins français ont augmenté de 25%, en raison d'un contentieux avec l'Europe lié au secteur aéronautique. Producteurs, importateurs et distributeurs essayent de s'entendre pour faire en sorte que cette taxe ne se répercute pas sur le consommateur américain, mais ces solutions de court terme ne pourront sans doute pas durer.

Par ailleurs, l'inter-profession a choisi cette année de lancer le primeur au Japon, son marché numéro un en dehors de la France qui a vu ses ventes s'éroder.

Outre Tokyo, les premières bouteilles seront débouchées comme chaque année dans la capitale du vignoble, à Beaujeu, et à Lyon, au pied de la cathédrale Saint-Jean où les tonneaux rouleront avant d'être percés peu avant minuit mercredi.

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(AFP)

Le Beaujolais nouveau sans banane mais avec le sourire

Le 07 décembre 2019 à20:08

Modifié le 07 décembre 2019 à 20:08

Porté par de bons chiffres, le Beaujolais a le cœur à la fête cette année pour son primeur lancé dès mercredi soir, même si le Brexit et les taxes américaines font planer des incertitudes sur ses ventes à l'export.

Depuis la fin des années 90, le Beaujolais était plongé dans une profonde remise en question. La fête, très marketing, autour du Beaujolais nouveau, ne prenait plus.

Aujourd'hui, on ne parle plus d'un vin au goût de banane ou de fruits rouges, le mot d'ordre est le retour au terroir autour du gamay, et la montée en gamme.

"Il y a une +premiumisation+ du Beaujolais grâce à la jeune clientèle qui n'a pas vécu le Beaujolais nouveau des années 80. Ils consomment sans a priori, sont très ouverts", analyse Grégory Large, directeur général du négociant Mommessin et membre de la commission communication d'Inter-Beaujolais.

Pour séduire, des vignerons se lancent désormais dans des offres plus ciblées, comme le "sans sulfite" ou le rosé primeur, plus recherché par les jeunes que le rouge.

Résultat, quand les ventes de vin en France se replient de 2% depuis janvier, les Beaujolais eux enregistrent une hausse de 11%, avance Grégory Large. Les crus du Beaujolais, qui jouissent d'une image dynamique, authentique et d'un très bon rapport qualité-prix, restent la locomotive. Mais tout le vignoble profite de cette dynamique, même les primeurs qui représentent encore presque un quart de la production.

En 2018, il s'est écoulé 22 millions de bouteilles de Beaujolais nouveau, un chiffre stable. Mais en valeur, les professionnels enregistrent une hausse d'au moins 5%, selon Monsieur Large.

Restent deux incertitudes à l'export. Premièrement le Brexit. "Pour l'instant on ne le sent pas dans les chiffres", explique-t-on à l'inter-profession - mais affaire à suivre.

Même chose aux Etats-Unis où les taxes douanières sur les vins français ont augmenté de 25%, en raison d'un contentieux avec l'Europe lié au secteur aéronautique. Producteurs, importateurs et distributeurs essayent de s'entendre pour faire en sorte que cette taxe ne se répercute pas sur le consommateur américain, mais ces solutions de court terme ne pourront sans doute pas durer.

Par ailleurs, l'inter-profession a choisi cette année de lancer le primeur au Japon, son marché numéro un en dehors de la France qui a vu ses ventes s'éroder.

Outre Tokyo, les premières bouteilles seront débouchées comme chaque année dans la capitale du vignoble, à Beaujeu, et à Lyon, au pied de la cathédrale Saint-Jean où les tonneaux rouleront avant d'être percés peu avant minuit mercredi.

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