L'action Française des Jeux s'envole pour ses premiers pas en Bourse

(AFP)

L'action Française des Jeux (FDJ) s'envolait jeudi lors de ses premiers pas en Bourse, une privatisation ayant donné lieu à une souscription massive par un demi-million de particuliers et qui rapporte 2,1 milliards d'euros à l'Etat.

Le titre FDJ a entamé sa cotation à 09H30 sur le marché parisien, à 23 euros, soit un bond de plus de 15% par rapport au prix de 19,90 euros fixé pour son introduction, tandis que la traditionnelle cloche était sonnée dans les locaux de l'opérateur boursier Euronext pour marquer le début des échanges.

"J'ai le sentiment d'être en train de vivre un moment historique (...) 500.000 Français sont devenus actionnaires (...) ainsi que les plus grands investisseurs internationaux", s'est félicitée la PDG du groupe, Stéphane Pallez.

Cette privatisation "marque la réconciliation des Français avec les marchés", a renchéri le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, qui a tiré sur la corde de la cloche de concert avec Mme Pallez.

Le succès de cette opération largement ouverte au grand public était "nécessaire après la crise financière de 2008", a insisté le ministre, jugeant que l'intérêt des petits porteurs allait "tourner la page définitive de l'économie spéculative".

Le gouvernement n'avait pas ménagé ses efforts pour encourager les particuliers à profiter de la souscription, ouverte le 7 novembre, pour entrer au capital de la deuxième loterie européenne et quatrième mondiale.

Alors que la fourchette initiale de l'action était comprise entre 16,50 et 19,90 euros, son prix définitif a été arrêté au plus haut niveau possible, reflétant le fort engouement des investisseurs, particuliers et institutionnels.

Au total, avec cette privatisation, l'Etat cède 99,32 millions de titres pour un montant brut d'environ 1,888 milliard d'euros, soit environ 52% du capital de FDJ, a indiqué mercredi l'Agence des participations de l'Etat (APE).

Mais au final, l'Etat empochera davantage: 2,1 milliards d'euros, en tenant compte de 380 millions d'euros de "soulte" --soit la somme que versera la FDJ en échange du monopole pour exploiter pendant 25 ans jeux de loterie et paris sportifs dans son réseau physique.

Surtout, la FDJ restera une manne pour les finances publiques: l'Etat continuera d'engranger les quelque 3,5 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales versées chaque année par l'opérateur.

- Souscription populaire -

L'introduction devrait valoriser le groupe Française des Jeux dans son ensemble à environ 3,7 milliards d'euros. "Ces résultats sont une marque de confiance dans l'avenir du groupe", a estimé Mme Pallez, notant que les particuliers détiendront désormais "près de 20% du capital".

Pour convaincre les petits épargnants, le gouvernement leur avait accordé une décote de 2% sur le prix des titres, ainsi qu'une action gratuite pour dix achetées à condition qu'elles soient détenues 18 mois.

Pour autant, certains pourraient être frustrés: si les petits épargnants, ceux qui ont souscrit moins de 2.000 euros "seront intégralement servis", "seulement 10% de la demande pourra être servie "pour ceux ayant demandé des actions pour plus de 2.000 euros, avait expliqué mercredi M. Le Maire.

A l'issue de la période de souscription, plus de 11 milliards d'euros d'actions ont été demandés -- 1,6 milliard en provenance du grand public et 10 milliards de la part des investisseurs institutionnels.

- Surallocation en suspens -

En fonction de l'évolution du titre, l'Etat peut exercer jusqu'au 20 décembre son option de surallocation, c'est-à-dire la mise sur le marché de 11,35 millions d'actions supplémentaires "pour un montant total d'environ 226 millions d’euros", selon l'APE -- auquel cas l'Etat ne détiendra plus in fine que 21,91% du capital.

La FDJ avait fait état en octobre d'une envolée des mises engrangées (+8%, à 12,54 milliards d'euros) et de son chiffre d'affaires (+7%, à 1,42 milliard d'euros) sur les neuf premiers mois de 2019.

Cette privatisation s'inscrit dans le vaste programme de cessions d'actifs auquel la loi Pacte a ouvert la voie afin d'alimenter un fonds de 10 milliards d'euros consacré à l'innovation. "L'intégralité des recettes va aller dans le fonds", a insisté jeudi M. Le Maire.

Si l'Etat a "une place fondamentale" dans l'économie, sa "juste place n'est pas forcement celle d'actionnaire principal", a-t-il observé.

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L'action Française des Jeux s'envole pour ses premiers pas en Bourse

Le 14 décembre 2019 à03:07

Modifié le 14 décembre 2019 à 03:07

L'action Française des Jeux (FDJ) s'envolait jeudi lors de ses premiers pas en Bourse, une privatisation ayant donné lieu à une souscription massive par un demi-million de particuliers et qui rapporte 2,1 milliards d'euros à l'Etat.

Le titre FDJ a entamé sa cotation à 09H30 sur le marché parisien, à 23 euros, soit un bond de plus de 15% par rapport au prix de 19,90 euros fixé pour son introduction, tandis que la traditionnelle cloche était sonnée dans les locaux de l'opérateur boursier Euronext pour marquer le début des échanges.

"J'ai le sentiment d'être en train de vivre un moment historique (...) 500.000 Français sont devenus actionnaires (...) ainsi que les plus grands investisseurs internationaux", s'est félicitée la PDG du groupe, Stéphane Pallez.

Cette privatisation "marque la réconciliation des Français avec les marchés", a renchéri le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, qui a tiré sur la corde de la cloche de concert avec Mme Pallez.

Le succès de cette opération largement ouverte au grand public était "nécessaire après la crise financière de 2008", a insisté le ministre, jugeant que l'intérêt des petits porteurs allait "tourner la page définitive de l'économie spéculative".

Le gouvernement n'avait pas ménagé ses efforts pour encourager les particuliers à profiter de la souscription, ouverte le 7 novembre, pour entrer au capital de la deuxième loterie européenne et quatrième mondiale.

Alors que la fourchette initiale de l'action était comprise entre 16,50 et 19,90 euros, son prix définitif a été arrêté au plus haut niveau possible, reflétant le fort engouement des investisseurs, particuliers et institutionnels.

Au total, avec cette privatisation, l'Etat cède 99,32 millions de titres pour un montant brut d'environ 1,888 milliard d'euros, soit environ 52% du capital de FDJ, a indiqué mercredi l'Agence des participations de l'Etat (APE).

Mais au final, l'Etat empochera davantage: 2,1 milliards d'euros, en tenant compte de 380 millions d'euros de "soulte" --soit la somme que versera la FDJ en échange du monopole pour exploiter pendant 25 ans jeux de loterie et paris sportifs dans son réseau physique.

Surtout, la FDJ restera une manne pour les finances publiques: l'Etat continuera d'engranger les quelque 3,5 milliards d'euros de recettes fiscales et sociales versées chaque année par l'opérateur.

- Souscription populaire -

L'introduction devrait valoriser le groupe Française des Jeux dans son ensemble à environ 3,7 milliards d'euros. "Ces résultats sont une marque de confiance dans l'avenir du groupe", a estimé Mme Pallez, notant que les particuliers détiendront désormais "près de 20% du capital".

Pour convaincre les petits épargnants, le gouvernement leur avait accordé une décote de 2% sur le prix des titres, ainsi qu'une action gratuite pour dix achetées à condition qu'elles soient détenues 18 mois.

Pour autant, certains pourraient être frustrés: si les petits épargnants, ceux qui ont souscrit moins de 2.000 euros "seront intégralement servis", "seulement 10% de la demande pourra être servie "pour ceux ayant demandé des actions pour plus de 2.000 euros, avait expliqué mercredi M. Le Maire.

A l'issue de la période de souscription, plus de 11 milliards d'euros d'actions ont été demandés -- 1,6 milliard en provenance du grand public et 10 milliards de la part des investisseurs institutionnels.

- Surallocation en suspens -

En fonction de l'évolution du titre, l'Etat peut exercer jusqu'au 20 décembre son option de surallocation, c'est-à-dire la mise sur le marché de 11,35 millions d'actions supplémentaires "pour un montant total d'environ 226 millions d’euros", selon l'APE -- auquel cas l'Etat ne détiendra plus in fine que 21,91% du capital.

La FDJ avait fait état en octobre d'une envolée des mises engrangées (+8%, à 12,54 milliards d'euros) et de son chiffre d'affaires (+7%, à 1,42 milliard d'euros) sur les neuf premiers mois de 2019.

Cette privatisation s'inscrit dans le vaste programme de cessions d'actifs auquel la loi Pacte a ouvert la voie afin d'alimenter un fonds de 10 milliards d'euros consacré à l'innovation. "L'intégralité des recettes va aller dans le fonds", a insisté jeudi M. Le Maire.

Si l'Etat a "une place fondamentale" dans l'économie, sa "juste place n'est pas forcement celle d'actionnaire principal", a-t-il observé.

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