Malte/Daphne Caruana: le suspect brièvement libéré puis de nouveau arrêté

(AFP)

La police maltaise a laissé en liberté pendant une nuit puis placé de nouveau en état d'arrestation vendredi un homme d'affaires interpellé dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia, a appris l'AFP de sources policières.

Yorgen Fenech, arrêté mercredi sur son yacht alors qu'il tentait de fuir l'archipel, est officiellement considéré comme une personne disposant d'informations sur l'affaire, même si certains médias et la famille de la journaliste le présentent comme un possible commanditaire du meurtre.

M. Fenech, copropriétaire d'un groupe actif dans l'hôtellerie, l'énergie et l'automobile, est soupçonné d'avoir versé des fonds au chef de cabinet du Premier ministre maltais Joseph Muscat et à un ministre via une société à Dubaï, sur laquelle la journaliste assassinée en 2017 avait écrit sur son blog Running Commentary.

Le suspect a été intercepté, au lendemain d'une promesse d'immunité donnée par le Premier ministre travailliste Joseph Muscat à un intermédiaire en échange d'informations sur le ou les commanditaires du meurtre.

Selon la législation locale, la police dispose de 48 heures pour interroger un suspect, délai au terme duquel elle doit le libérer ou il doit être inculpé. Une fois inculpé, il ne peut plus être interrogé.

Cet homme d'affaires influent "a été libéré sous caution la nuit dernière puis ré-arrêté ce matin", ont précisé les sources policières à l'AFP.

Joseph Muscat a expliqué vendredi à des journalistes locaux que la police avait été contrainte de l'interpeller car il essayait de quitter l'île à l'aube. "La police aurait préféré terminer son analyse (des informations) de l'intermédiaire avant de procéder à de nouvelles arrestations", a expliqué M. Muscat à la presse.

Sa nouvelle arrestation leur donnera 48 heures de plus pour poursuivre leur enquête. La police souhaite aussi l'interroger sur ses possibles liens avec le blanchiment d'argent sale et le trafic de drogue, selon les sources interrogées par l'AFP.

Des associations de la société civile, des journalistes et la famille de Daphne Caruana ont critiqué l'absence de conférences de presse de la police et le fait que les récents rebondissements aient été annoncés par le Premier ministre.

"Il n'a pas sa place à proximité de l'enquête", a estimé dans un communiqué la famille de la journaliste, se disant "prête à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour garantir une enquête impartiale et indépendante et qui soit menée jusqu'à son terme".

L'intermédiaire à l'origine de l'arrestation, identifié comme Melvin Theuma, un chauffeur de taxi et usurier de 41 ans, a été arrêté la semaine passée. Vendredi, il a été hospitalisé pour des problèmes médicaux non précisés mais son état n'est pas grave, selon M. Muscat. La sécurité a toutefois été renforcée autour de l'hôpital.

Daphne Caruana Galizia avait été tuée dans l'explosion de sa voiture, piégée, le 16 octobre 2017. Elle avait révélé certains des pans les plus sombres de la vie politique maltaise, s'en prenant notamment à Joseph Muscat qu'elle accusait d'avoir fait de Malte une "île mafieuse".

L'essentiel des enquêtes de cette journaliste de 53 ans, s'appuyait sur la partie maltaise des "Panama Papers" et notamment des documents montrant que des sociétés panaméennes appartenant au ministre de l'Energie de l'époque (actuellement du Tourisme) Konrad Mizzi et au chef de cabinet du Premier ministre, Keith Schembri, avaient reçu des centaines de milliers d'euros de 17 Black, pour des services non précisés.

L'agence maltaise du renseignement financier FIAU a identifié M. Fenech comme le propriétaire de 17 Black. Huit mois avant sa mort, la journaliste écrivait sur la firme, disant qu'elle était connectée à des hommes politiques maltais.

Quoi de neuf ?
Rendez-vous Partenaires
  • Newsletter

    Abonnez-vous à nos newsletters et alertes.
(AFP)

Malte/Daphne Caruana: le suspect brièvement libéré puis de nouveau arrêté

Le 07 décembre 2019 à19:44

Modifié le 07 décembre 2019 à 19:44

La police maltaise a laissé en liberté pendant une nuit puis placé de nouveau en état d'arrestation vendredi un homme d'affaires interpellé dans l'enquête sur le meurtre de la journaliste Daphne Caruana Galizia, a appris l'AFP de sources policières.

Yorgen Fenech, arrêté mercredi sur son yacht alors qu'il tentait de fuir l'archipel, est officiellement considéré comme une personne disposant d'informations sur l'affaire, même si certains médias et la famille de la journaliste le présentent comme un possible commanditaire du meurtre.

M. Fenech, copropriétaire d'un groupe actif dans l'hôtellerie, l'énergie et l'automobile, est soupçonné d'avoir versé des fonds au chef de cabinet du Premier ministre maltais Joseph Muscat et à un ministre via une société à Dubaï, sur laquelle la journaliste assassinée en 2017 avait écrit sur son blog Running Commentary.

Le suspect a été intercepté, au lendemain d'une promesse d'immunité donnée par le Premier ministre travailliste Joseph Muscat à un intermédiaire en échange d'informations sur le ou les commanditaires du meurtre.

Selon la législation locale, la police dispose de 48 heures pour interroger un suspect, délai au terme duquel elle doit le libérer ou il doit être inculpé. Une fois inculpé, il ne peut plus être interrogé.

Cet homme d'affaires influent "a été libéré sous caution la nuit dernière puis ré-arrêté ce matin", ont précisé les sources policières à l'AFP.

Joseph Muscat a expliqué vendredi à des journalistes locaux que la police avait été contrainte de l'interpeller car il essayait de quitter l'île à l'aube. "La police aurait préféré terminer son analyse (des informations) de l'intermédiaire avant de procéder à de nouvelles arrestations", a expliqué M. Muscat à la presse.

Sa nouvelle arrestation leur donnera 48 heures de plus pour poursuivre leur enquête. La police souhaite aussi l'interroger sur ses possibles liens avec le blanchiment d'argent sale et le trafic de drogue, selon les sources interrogées par l'AFP.

Des associations de la société civile, des journalistes et la famille de Daphne Caruana ont critiqué l'absence de conférences de presse de la police et le fait que les récents rebondissements aient été annoncés par le Premier ministre.

"Il n'a pas sa place à proximité de l'enquête", a estimé dans un communiqué la famille de la journaliste, se disant "prête à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour garantir une enquête impartiale et indépendante et qui soit menée jusqu'à son terme".

L'intermédiaire à l'origine de l'arrestation, identifié comme Melvin Theuma, un chauffeur de taxi et usurier de 41 ans, a été arrêté la semaine passée. Vendredi, il a été hospitalisé pour des problèmes médicaux non précisés mais son état n'est pas grave, selon M. Muscat. La sécurité a toutefois été renforcée autour de l'hôpital.

Daphne Caruana Galizia avait été tuée dans l'explosion de sa voiture, piégée, le 16 octobre 2017. Elle avait révélé certains des pans les plus sombres de la vie politique maltaise, s'en prenant notamment à Joseph Muscat qu'elle accusait d'avoir fait de Malte une "île mafieuse".

L'essentiel des enquêtes de cette journaliste de 53 ans, s'appuyait sur la partie maltaise des "Panama Papers" et notamment des documents montrant que des sociétés panaméennes appartenant au ministre de l'Energie de l'époque (actuellement du Tourisme) Konrad Mizzi et au chef de cabinet du Premier ministre, Keith Schembri, avaient reçu des centaines de milliers d'euros de 17 Black, pour des services non précisés.

L'agence maltaise du renseignement financier FIAU a identifié M. Fenech comme le propriétaire de 17 Black. Huit mois avant sa mort, la journaliste écrivait sur la firme, disant qu'elle était connectée à des hommes politiques maltais.

  • Newsletter

    Abonnez-vous à nos newsletters et alertes.
Quoi de neuf ?

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.