Canada: Justin Trudeau affronte le premier test de son second mandat

(AFP)

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau dévoile jeudi devant la nouvelle Chambre des communes le programme législatif de son deuxième mandat, premier test grandeur nature pour son gouvernement minoritaire.

L'élection législative du 21 octobre a vu le Premier ministre sortant défaire son rival conservateur, mais également perdre sa majorité absolue à la Chambre des communes.

Avec 157 élus sur les 338 que compte la chambre basse du Parlement, les Libéraux devront trouver le soutien ponctuel d'autres formations politiques pour faire adopter leurs projets de loi et se maintenir au pouvoir.

M. Trudeau devra tenir compte de cette nouvelle donne dans son discours de politique générale qui sera dévoilé jeudi après-midi devant les sénateurs et les députés, réunis pour la première fois depuis le scrutin législatif.

"Sa capacité à gouverner sera mise à rude épreuve, car il a l'habitude d'avoir beaucoup de pouvoir et de contrôler les choses de façon beaucoup plus centralisée", a expliqué à l'AFP Lori Williams, professeure de science politique à l'université Mount Royal de Calgary.

"Il devra être prêt à faire des compromis avec les autres, à se montrer conciliant et à transcender d'importantes divisions", a-t-elle poursuivi.

Julie Payette, gouverneure générale et représentante de la Reine dans cette ex-colonie britannique, prononcera par ailleurs jeudi le traditionnel "discours du Trône" détaillant les priorités du gouvernement.

Selon des sources proches du dossier, le discours d'une trentaine de minutes annoncera des réductions d'impôt pour la classe moyenne, des mesures pour lutter contre le changement climatique, une poursuite de la réconciliation avec les peuples autochtones, des mesures de contrôle des armes à feu et un régime national de médicaments sur ordonnance.

Après un débat, les députés voteront dans les prochains jours ou semaines pour accepter ou non le plan de route du gouvernement. Un vote négatif pourrait entraîner le déclenchement d'élections anticipées.

Cependant, "les Canadiens n'ont aucune envie de retourner aux urnes dans un avenir proche, et l'histoire a démontré que tout parti qui impose une élection anticipée en paie le prix", estime Mme Williams.

Pour se maintenir au pouvoir, Justin Trudeau est susceptible d'obtenir l'appui du Nouveau parti démocratique (gauche), relativement aligné politiquement avec le sien. Le chef du Bloc québécois (indépendantiste), fort de ses 32 élus, s'est également dit ouvert à des alliances ponctuelles.

Depuis son retour à Ottawa après une campagne électorale mitigée, M. Trudeau est resté relativement discret, rencontrant en privé les chefs de l'opposition pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Cette situation contraste avec l'engouement suscité par son premier mandat majoritaire après l'élection fédérale de 2015. Justin Trudeau, alors jeune Premier ministre libéral mettant fin à une décennie de gouvernements conservateurs, avait fait irruption sur la scène mondiale avec pour slogan "Le Canada est de retour!".

-"Hypocrisie"-

Un ralentissement de l'économie et les divisions politiques à domicile et à l'étranger ont depuis compliqué la tâche du dirigeant de 47 ans.

La relation entre le Premier ministre canadien et Donald Trump a connu un nouveau soubresaut à la suite de la diffusion d'une vidéo dans laquelle les dirigeants français, britannique, canadien et néerlandais semblent se moquer du président américain lors d'une réception donnée à Buckingham Palace mardi soir.

Donald Trump a déploré mercredi "l'hypocrisie" de Justin Trudeau après que les images tournées par les caméras britanniques ont fait le tour du monde.

Le Premier ministre canadien a insisté sur le fait que cela ne compliquerait pas la ratification d'un nouvel accord de libre-échange (ex-Aléna) avec le Mexique et les Etats-Unis, premier partenaire commercial du Canada, qui a été signé l'an dernier mais dont la ratification a été retardée par le Congrès américain.

L'opposition a néanmoins accusé M. Trudeau d'affaiblir le pays sur la scène internationale.

L'ombre d'une crise diplomatique sans précédent avec la Chine plane également sur son second mandat.

M. Trudeau fait pression pour la libération de deux ressortissants canadiens détenus il y a un an en représailles apparentes à l'arrestation à Vancouver, à la demande des Etats-Unis, de Meng Wanzhou, numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei.

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Canada: Justin Trudeau affronte le premier test de son second mandat

Le 21 janvier 2020 à17:45

Modifié le 21 janvier 2020 à 17:45

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau dévoile jeudi devant la nouvelle Chambre des communes le programme législatif de son deuxième mandat, premier test grandeur nature pour son gouvernement minoritaire.

L'élection législative du 21 octobre a vu le Premier ministre sortant défaire son rival conservateur, mais également perdre sa majorité absolue à la Chambre des communes.

Avec 157 élus sur les 338 que compte la chambre basse du Parlement, les Libéraux devront trouver le soutien ponctuel d'autres formations politiques pour faire adopter leurs projets de loi et se maintenir au pouvoir.

M. Trudeau devra tenir compte de cette nouvelle donne dans son discours de politique générale qui sera dévoilé jeudi après-midi devant les sénateurs et les députés, réunis pour la première fois depuis le scrutin législatif.

"Sa capacité à gouverner sera mise à rude épreuve, car il a l'habitude d'avoir beaucoup de pouvoir et de contrôler les choses de façon beaucoup plus centralisée", a expliqué à l'AFP Lori Williams, professeure de science politique à l'université Mount Royal de Calgary.

"Il devra être prêt à faire des compromis avec les autres, à se montrer conciliant et à transcender d'importantes divisions", a-t-elle poursuivi.

Julie Payette, gouverneure générale et représentante de la Reine dans cette ex-colonie britannique, prononcera par ailleurs jeudi le traditionnel "discours du Trône" détaillant les priorités du gouvernement.

Selon des sources proches du dossier, le discours d'une trentaine de minutes annoncera des réductions d'impôt pour la classe moyenne, des mesures pour lutter contre le changement climatique, une poursuite de la réconciliation avec les peuples autochtones, des mesures de contrôle des armes à feu et un régime national de médicaments sur ordonnance.

Après un débat, les députés voteront dans les prochains jours ou semaines pour accepter ou non le plan de route du gouvernement. Un vote négatif pourrait entraîner le déclenchement d'élections anticipées.

Cependant, "les Canadiens n'ont aucune envie de retourner aux urnes dans un avenir proche, et l'histoire a démontré que tout parti qui impose une élection anticipée en paie le prix", estime Mme Williams.

Pour se maintenir au pouvoir, Justin Trudeau est susceptible d'obtenir l'appui du Nouveau parti démocratique (gauche), relativement aligné politiquement avec le sien. Le chef du Bloc québécois (indépendantiste), fort de ses 32 élus, s'est également dit ouvert à des alliances ponctuelles.

Depuis son retour à Ottawa après une campagne électorale mitigée, M. Trudeau est resté relativement discret, rencontrant en privé les chefs de l'opposition pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Cette situation contraste avec l'engouement suscité par son premier mandat majoritaire après l'élection fédérale de 2015. Justin Trudeau, alors jeune Premier ministre libéral mettant fin à une décennie de gouvernements conservateurs, avait fait irruption sur la scène mondiale avec pour slogan "Le Canada est de retour!".

-"Hypocrisie"-

Un ralentissement de l'économie et les divisions politiques à domicile et à l'étranger ont depuis compliqué la tâche du dirigeant de 47 ans.

La relation entre le Premier ministre canadien et Donald Trump a connu un nouveau soubresaut à la suite de la diffusion d'une vidéo dans laquelle les dirigeants français, britannique, canadien et néerlandais semblent se moquer du président américain lors d'une réception donnée à Buckingham Palace mardi soir.

Donald Trump a déploré mercredi "l'hypocrisie" de Justin Trudeau après que les images tournées par les caméras britanniques ont fait le tour du monde.

Le Premier ministre canadien a insisté sur le fait que cela ne compliquerait pas la ratification d'un nouvel accord de libre-échange (ex-Aléna) avec le Mexique et les Etats-Unis, premier partenaire commercial du Canada, qui a été signé l'an dernier mais dont la ratification a été retardée par le Congrès américain.

L'opposition a néanmoins accusé M. Trudeau d'affaiblir le pays sur la scène internationale.

L'ombre d'une crise diplomatique sans précédent avec la Chine plane également sur son second mandat.

M. Trudeau fait pression pour la libération de deux ressortissants canadiens détenus il y a un an en représailles apparentes à l'arrestation à Vancouver, à la demande des Etats-Unis, de Meng Wanzhou, numéro deux du géant chinois des télécommunications Huawei.

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