Retraites: la semaine décisive pour l'exécutif s'ouvre sur la poursuite de la grève dans les transports

(AFP)

Les transports publics, très perturbés lundi en particulier à Paris, devraient le rester mardi, nouvelle journée de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites, dont le contenu détaillé doit être présenté mercredi après une nouvelle journée de manifestations.

Métros et RER bondés, quais noirs de monde: les passagers se sont pressés lundi dans les gares et stations fonctionnant au ralenti en région parisienne, provoquant également des centaines de kilomètres de bouchons en Ile-de-France.

Et la situation devrait être sensiblement la même mardi: à la SNCF où les conducteurs restaient très mobilisés avec 77,3% de grévistes, seulement 20% des TGV et Transilien étaient attendus, la RATP annonçait 10 lignes de métro fermées.

Mardi, quelque 25% des vols intérieurs et 10% des moyens courriers d'Air France seront annulés, alors que la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vol.

L'agacement gagnait les usagers des transports publics, même si, selon un sondage Harris Interactive/RTL lundi, 68% des Français déclarent soutenir la grève.

"C'est trop, ils abusent. Les retraites, il y a quand même des choses à faire. Il n'y a pas la même pénibilité qu'autrefois. Et les infirmières qui travaillent la nuit et les weekends n'ont pas les mêmes avantages", s'agaçait Brigitte Lefebvre, retraitée rencontrée dans la matinée gare Saint-Lazare.

Côté raffineries, cinq sur huit étaient bloquées, selon Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral CGT Chimie.

A Paris, plusieurs musées étaient partiellement fermés et des spectacles annulés, et ces perturbations, comme dans d'autres secteurs d'activité, risquent de se prolonger.

La fédération nationale des ports et docks CGT appelait par ailleurs à des arrêts de travail de 24 heures mardi et jeudi.

- Polémique Delevoye -

Sous pression après un jeudi de mobilisation qui a jeté dans la rue plus de 800.000 manifestants, l'exécutif doit lever le voile sur une réforme des retraites encore floue.

Le gouvernement défend un "système universel" par points censé remplacer à partir de 2025, ou un peu plus tard, les 42 régimes existants et être "plus juste", quand ses opposants redoutent une "précarisation" des pensionnés.

Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye et la ministre des Solidarités Agnès Buzyn recevaient lundi après-midi les partenaires sociaux afin de "tirer les conclusions" de la concertation relancée en septembre, en l'absence des numéros 1 des syndicats. Les attentes se portent sur mercredi, lorsque le Premier ministre présentera "l'intégralité du projet" de réforme.

Y seront guettés les gestes susceptibles de faire bouger certains syndicats: décalage de l'entrée en vigueur de la réforme et périodes de transition pour les régimes spéciaux; revalorisation des carrières de la fonction publique, notamment des enseignants qui craignent que leurs pensions baissent; absence de mesures budgétaires immédiates; élargissement de la pénibilité; modalités de conversion des droits acquis en points; place des partenaires sociaux dans le nouveau système; etc...

Emmanuel Macron et Édouard Philippe, qui ont déjà consulté tout le weekend, recevront les ministres les plus concernés par la réforme et les dirigeants de la majorité à un dîner de "calage" mardi.

Mais le "souhait" de Philippe Martinez (CGT), c'est le retrait pur et simple de la réforme, et "que le Premier ministre dise mercredi +on s'est trompés+". "Je ne négocierai pas la mise en œuvre de ce que je qualifie (de) monstre, (de) danger pour les retraites de demain", a abondé le numéro un de Force ouvrière, Yves Veyrier.

Annoncer le retrait de la réforme ? "Jamais de la vie", s'est exclamé le président du groupe LREM à l'Assemblée, Gilles Le Gendre.

Favorable à un régime par points, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui exhorte le gouvernement à sortir de l'ambiguïté, est muet depuis le début de la grève. Il ne devrait s'exprimer qu'à l'issue des annonces du Premier ministre, mercredi.

La CGT est "déjà en réflexion" pour une nouvelle journée de mobilisation jeudi, selon Laurent Brun, numéro un de la CGT-Cheminots. Une intersyndicale est programmée mardi soir à l'issue de la manifestation parisienne prévue entre Invalides et Denfert-Rochereau.

Le gouvernement est aussi confronté à un risque d'élargissement de la contestation sur d'autres fronts, les internes en médecine étant par exemple appelés à une grève illimitée à partir de mardi pour dénoncer la "dégradation des soins", et les généralistes à fermer leurs cabinets samedi. A Lille, des dizaines de lycéens ont aussi tenté de bloquer l'accès à leur établissement lundi.

Dans ce contexte, Philippe Martinez a trouvé "gênant" que M. Delevoye n'ait pas déclaré sa fonction d'administrateur bénévole de l'Institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass) dans sa déclaration d'intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, comme l'a révélé Le Parisien lundi. Une "erreur" et "une omission par oubli", a réagi M. Delevoye qui a démissionné de cette fonction en milieu de matinée.

burs-dec-far/cel/nm

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel
Rendez-vous Partenaires
(AFP)

Retraites: la semaine décisive pour l'exécutif s'ouvre sur la poursuite de la grève dans les transports

Le 09 décembre 2019 à17:37

Les transports publics, très perturbés lundi en particulier à Paris, devraient le rester mardi, nouvelle journée de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites, dont le contenu détaillé doit être présenté mercredi après une nouvelle journée de manifestations.

Métros et RER bondés, quais noirs de monde: les passagers se sont pressés lundi dans les gares et stations fonctionnant au ralenti en région parisienne, provoquant également des centaines de kilomètres de bouchons en Ile-de-France.

Et la situation devrait être sensiblement la même mardi: à la SNCF où les conducteurs restaient très mobilisés avec 77,3% de grévistes, seulement 20% des TGV et Transilien étaient attendus, la RATP annonçait 10 lignes de métro fermées.

Mardi, quelque 25% des vols intérieurs et 10% des moyens courriers d'Air France seront annulés, alors que la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vol.

L'agacement gagnait les usagers des transports publics, même si, selon un sondage Harris Interactive/RTL lundi, 68% des Français déclarent soutenir la grève.

"C'est trop, ils abusent. Les retraites, il y a quand même des choses à faire. Il n'y a pas la même pénibilité qu'autrefois. Et les infirmières qui travaillent la nuit et les weekends n'ont pas les mêmes avantages", s'agaçait Brigitte Lefebvre, retraitée rencontrée dans la matinée gare Saint-Lazare.

Côté raffineries, cinq sur huit étaient bloquées, selon Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral CGT Chimie.

A Paris, plusieurs musées étaient partiellement fermés et des spectacles annulés, et ces perturbations, comme dans d'autres secteurs d'activité, risquent de se prolonger.

La fédération nationale des ports et docks CGT appelait par ailleurs à des arrêts de travail de 24 heures mardi et jeudi.

- Polémique Delevoye -

Sous pression après un jeudi de mobilisation qui a jeté dans la rue plus de 800.000 manifestants, l'exécutif doit lever le voile sur une réforme des retraites encore floue.

Le gouvernement défend un "système universel" par points censé remplacer à partir de 2025, ou un peu plus tard, les 42 régimes existants et être "plus juste", quand ses opposants redoutent une "précarisation" des pensionnés.

Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye et la ministre des Solidarités Agnès Buzyn recevaient lundi après-midi les partenaires sociaux afin de "tirer les conclusions" de la concertation relancée en septembre, en l'absence des numéros 1 des syndicats. Les attentes se portent sur mercredi, lorsque le Premier ministre présentera "l'intégralité du projet" de réforme.

Y seront guettés les gestes susceptibles de faire bouger certains syndicats: décalage de l'entrée en vigueur de la réforme et périodes de transition pour les régimes spéciaux; revalorisation des carrières de la fonction publique, notamment des enseignants qui craignent que leurs pensions baissent; absence de mesures budgétaires immédiates; élargissement de la pénibilité; modalités de conversion des droits acquis en points; place des partenaires sociaux dans le nouveau système; etc...

Emmanuel Macron et Édouard Philippe, qui ont déjà consulté tout le weekend, recevront les ministres les plus concernés par la réforme et les dirigeants de la majorité à un dîner de "calage" mardi.

Mais le "souhait" de Philippe Martinez (CGT), c'est le retrait pur et simple de la réforme, et "que le Premier ministre dise mercredi +on s'est trompés+". "Je ne négocierai pas la mise en œuvre de ce que je qualifie (de) monstre, (de) danger pour les retraites de demain", a abondé le numéro un de Force ouvrière, Yves Veyrier.

Annoncer le retrait de la réforme ? "Jamais de la vie", s'est exclamé le président du groupe LREM à l'Assemblée, Gilles Le Gendre.

Favorable à un régime par points, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui exhorte le gouvernement à sortir de l'ambiguïté, est muet depuis le début de la grève. Il ne devrait s'exprimer qu'à l'issue des annonces du Premier ministre, mercredi.

La CGT est "déjà en réflexion" pour une nouvelle journée de mobilisation jeudi, selon Laurent Brun, numéro un de la CGT-Cheminots. Une intersyndicale est programmée mardi soir à l'issue de la manifestation parisienne prévue entre Invalides et Denfert-Rochereau.

Le gouvernement est aussi confronté à un risque d'élargissement de la contestation sur d'autres fronts, les internes en médecine étant par exemple appelés à une grève illimitée à partir de mardi pour dénoncer la "dégradation des soins", et les généralistes à fermer leurs cabinets samedi. A Lille, des dizaines de lycéens ont aussi tenté de bloquer l'accès à leur établissement lundi.

Dans ce contexte, Philippe Martinez a trouvé "gênant" que M. Delevoye n'ait pas déclaré sa fonction d'administrateur bénévole de l'Institut de formation de la profession de l'assurance (Ifpass) dans sa déclaration d'intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, comme l'a révélé Le Parisien lundi. Une "erreur" et "une omission par oubli", a réagi M. Delevoye qui a démissionné de cette fonction en milieu de matinée.

burs-dec-far/cel/nm

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.