Pendant la visite de Lavrov, Washington met en garde contre toute ingérence russe

(AFP)

L'administration de Donald Trump a menacé mardi la Russie de représailles en cas d'ingérence dans les prochaines élections américaines, tout en tentant une énième fois de relancer les relations lors d'une nouvelle visite controversée du chef de la diplomatie russe à la Maison Blanche.

La volonté de rapprochement exprimée par le président des Etats-Unis comme par son homologue russe Vladimir Poutine se heurte depuis trois ans aux accusations d'ingérence russe dans le scrutin de 2016 remporté par le milliardaire américain. Bien que le renseignement américain soit formel sur le rôle de Moscou, Donald Trump a lui-même souvent semblé minimiser cette accusation.

Et des soupçons de nouvelles ingérences russes dans la présidentielle américaine de 2020 émergent déjà.

"J'ai dit clairement nos attentes": "si la Russie ou tout autre acteur étranger prenait des mesures pour saper nos processus démocratiques, nous riposterions", a ainsi lancé le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Washington.

"J'ai été clair, c'est inacceptable", a-t-il martelé, comme pour mieux repousser les critiques de tous ceux, nombreux au sein de la classe politique américaine, qui voient d'un mauvais oeil le tapis rouge déroulé au ministre russe.

Ce dernier a une nouvelle fois rejeté des accusations "sans fondement" ni "preuves".

- "Propagande russe" -

En mai 2017, le passage de Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale avait en effet alimenté une polémique sur l'éventuelle divulgation par le président américain de documents confidentiels sur la Syrie.

Surtout, les photos de la rencontre, diffusées par l'agence russe d'Etat Tass, montraient un Donald Trump tout sourire. De quoi provoquer un tollé dans le camp démocrate au lendemain du limogeage par le président américain du patron du FBI James Comey -- un acte alors dénoncé comme une tentative d'entrave à l'enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et le Kremlin.

Comme un pied de nez à ses détracteurs, c'est dans ce même Bureau ovale que le 45e président des Etats-Unis a reçu mardi le ministre russe des Affaires étrangères "pour évoquer l'état des relations bilatérales". Les médias ont toutefois été tenus à l'écart.

"La dernière fois, ils ont rigolé au sujet du limogeage de Comey par Trump. Aujourd'hui, ils peuvent célébrer la victoire de la propagande russe", a commenté sur Twitter un des chefs de file du Parti démocrate au Congrès, Adam Schiff.

Car la visite de Sergueï Lavrov coïncide avec la présentation par les démocrates de l'acte d'accusation historique contre Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès dans une autre affaire au parfum d'ingérence électorale.

Cette fois, même s'il s'en défend avec force, le 45e président des Etats-Unis est accusé d'avoir fait pression sur l'Ukraine afin qu'elle enquête sur ses adversaires politiques démocrates à l'approche de la présidentielle américaine de 2020. L'ex-homme d'affaires new-yorkais et les cercles trumpistes mettent en avant une thèse jamais étayée selon laquelle ce serait Kiev, et non Moscou, qui se serait ingérée dans le scrutin de 2016, et plutôt en faveur des démocrates.

- "La Crimée appartient à l'Ukraine" -

Selon plusieurs experts, ils reprennent ainsi la propagande russe. Sergueï Lavrov a d'ailleurs réaffirmé que cette thèse démontrait "l'absurdité" des accusations visant Moscou.

Lors de son long entretien avec Mike Pompeo, les deux hommes ont bien parlé d'Ukraine... mais au sujet du processus de paix, au lendemain du sommet de Paris où Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, sous la houlette de la France et de l'Allemagne, ont renoué le dialogue entre leurs pays mais sans réellement surmonter leurs divergences sur la mise en oeuvre des accords de Minsk signés en 2015.

"J'ai réaffirmé au ministre Lavrov que la Crimée appartenait à l'Ukraine et que la résolution du conflit dans l'est de l'Ukraine ne peut aboutir qu'avec le respect des engagements pris dans le cadre des accords de Minsk", a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Les deux hommes, qui ont également parlé de toutes les crises du moment, de l'Iran à la Corée du Nord en passant par la Syrie et le Venezuela, ont par ailleurs acté leur désaccord sur le sujet sensible du contrôle des armements.

L'Américain a réaffirmé sa volonté d'inclure la Chine dans la négociation sur les armements stratégiques nucléaires, sans se prononcer sur la proposition russe de renouveler sans attendre le traité bilatéral New Start qui expire début 2021.

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Le 21 janvier 2020 à17:28

Modifié le 21 janvier 2020 à 17:28

L'administration de Donald Trump a menacé mardi la Russie de représailles en cas d'ingérence dans les prochaines élections américaines, tout en tentant une énième fois de relancer les relations lors d'une nouvelle visite controversée du chef de la diplomatie russe à la Maison Blanche.

La volonté de rapprochement exprimée par le président des Etats-Unis comme par son homologue russe Vladimir Poutine se heurte depuis trois ans aux accusations d'ingérence russe dans le scrutin de 2016 remporté par le milliardaire américain. Bien que le renseignement américain soit formel sur le rôle de Moscou, Donald Trump a lui-même souvent semblé minimiser cette accusation.

Et des soupçons de nouvelles ingérences russes dans la présidentielle américaine de 2020 émergent déjà.

"J'ai dit clairement nos attentes": "si la Russie ou tout autre acteur étranger prenait des mesures pour saper nos processus démocratiques, nous riposterions", a ainsi lancé le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Washington.

"J'ai été clair, c'est inacceptable", a-t-il martelé, comme pour mieux repousser les critiques de tous ceux, nombreux au sein de la classe politique américaine, qui voient d'un mauvais oeil le tapis rouge déroulé au ministre russe.

Ce dernier a une nouvelle fois rejeté des accusations "sans fondement" ni "preuves".

- "Propagande russe" -

En mai 2017, le passage de Sergueï Lavrov dans le Bureau ovale avait en effet alimenté une polémique sur l'éventuelle divulgation par le président américain de documents confidentiels sur la Syrie.

Surtout, les photos de la rencontre, diffusées par l'agence russe d'Etat Tass, montraient un Donald Trump tout sourire. De quoi provoquer un tollé dans le camp démocrate au lendemain du limogeage par le président américain du patron du FBI James Comey -- un acte alors dénoncé comme une tentative d'entrave à l'enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et le Kremlin.

Comme un pied de nez à ses détracteurs, c'est dans ce même Bureau ovale que le 45e président des Etats-Unis a reçu mardi le ministre russe des Affaires étrangères "pour évoquer l'état des relations bilatérales". Les médias ont toutefois été tenus à l'écart.

"La dernière fois, ils ont rigolé au sujet du limogeage de Comey par Trump. Aujourd'hui, ils peuvent célébrer la victoire de la propagande russe", a commenté sur Twitter un des chefs de file du Parti démocrate au Congrès, Adam Schiff.

Car la visite de Sergueï Lavrov coïncide avec la présentation par les démocrates de l'acte d'accusation historique contre Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès dans une autre affaire au parfum d'ingérence électorale.

Cette fois, même s'il s'en défend avec force, le 45e président des Etats-Unis est accusé d'avoir fait pression sur l'Ukraine afin qu'elle enquête sur ses adversaires politiques démocrates à l'approche de la présidentielle américaine de 2020. L'ex-homme d'affaires new-yorkais et les cercles trumpistes mettent en avant une thèse jamais étayée selon laquelle ce serait Kiev, et non Moscou, qui se serait ingérée dans le scrutin de 2016, et plutôt en faveur des démocrates.

- "La Crimée appartient à l'Ukraine" -

Selon plusieurs experts, ils reprennent ainsi la propagande russe. Sergueï Lavrov a d'ailleurs réaffirmé que cette thèse démontrait "l'absurdité" des accusations visant Moscou.

Lors de son long entretien avec Mike Pompeo, les deux hommes ont bien parlé d'Ukraine... mais au sujet du processus de paix, au lendemain du sommet de Paris où Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, sous la houlette de la France et de l'Allemagne, ont renoué le dialogue entre leurs pays mais sans réellement surmonter leurs divergences sur la mise en oeuvre des accords de Minsk signés en 2015.

"J'ai réaffirmé au ministre Lavrov que la Crimée appartenait à l'Ukraine et que la résolution du conflit dans l'est de l'Ukraine ne peut aboutir qu'avec le respect des engagements pris dans le cadre des accords de Minsk", a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Les deux hommes, qui ont également parlé de toutes les crises du moment, de l'Iran à la Corée du Nord en passant par la Syrie et le Venezuela, ont par ailleurs acté leur désaccord sur le sujet sensible du contrôle des armements.

L'Américain a réaffirmé sa volonté d'inclure la Chine dans la négociation sur les armements stratégiques nucléaires, sans se prononcer sur la proposition russe de renouveler sans attendre le traité bilatéral New Start qui expire début 2021.

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