Le Pacte vert, "nouvelle stratégie de croissance" de l'UE, dévoilé et déjà critiqué

(AFP)

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté mercredi son "Pacte vert", une feuille de route vers la neutralité climatique destinée à devenir la "nouvelle stratégie de croissance" de l'UE.

L'annonce, très attendue et très médiatisée, a suscité des réactions très variées, les critiques les plus dures venant des défenseurs de l'environnement.

"C'est notre nouvelle stratégie de croissance", a commenté l'Allemande, en dévoilant son Pacte en pleine COP25 et à la veille d'un sommet européen. D'un côté, "réduire les émissions de gaz à effet de serre", de l'autre "créer des emplois et doper l'innovation".

Ursula von der Leyen a dévoilé "50 actions pour 2050", une liste de propositions législatives, plans d'actions, stratégies, couvrant différents secteurs. Avec pour objectif de faire de l'Europe le "premier continent" neutre en carbone d'ici le milieu du siècle.

L'occasion valait bien une session plénière extraordinaire du Parlement européen, où Ursula von der Leyen est venue présenter son plan en personne, avec son vice-président chargé du Climat, Frans Timmermans.

Le pilier en sera une grande "loi climatique" qui doit inscrire la date de 2050 pour la neutralité carbone. Elle sera proposée d'ici mars.

Cette échéance n'a toutefois pas encore reçu l'aval des dirigeants de l'UE. Le nouveau président du Conseil européen Charles Michel espère rallier les derniers récalcitrants lors d'un sommet jeudi. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles et en particulier du charbon, font barrage: la Pologne, la Hongrie et la République tchèque.

- Transition juste -

"La Commission a donné une orientation, (...) il faut ensuite une traduction législative ou financière dans le budget européen, et il faut bien sûr l'accord des pays membres, mais ça donne une direction", a réagi Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat et architecte de l'accord de Paris.

Pour convaincre les Etats membres, la Commission prévoit un "mécanisme de transition juste", une disposition très attendue par les pays les plus en retard, qui sera détaillée en janvier.

Il doit permettre de mobiliser "100 milliards d'euros d'investissements" au cours des sept prochaines années pour les régions et les secteurs "les plus vulnérables".

"Il est important qu'en parallèle de l'annonce de la Commission sur le Pacte vert, il y ait un signal" des dirigeants européens, a affirmé Charles Michel, qui mènera les discussions jeudi.

La Commission soutient également des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieux à l'horizon 2030, de 50%, voire 55% (contre 40% actuellement). Elle espère pouvoir soumettre ces chiffres aux Etats membres à l'été.

"Ce sera prêt à temps pour la COP26 à Glasgow" fin 2020, a promis Ursula von der Leyen.

- Financements -

Si la prise de conscience de la Commission a été largement saluée, les critiques ont rappelé que le plus dur sera d'appliquer le programme.

"Bien que la quantité soit impressionnante et que les promesses soient plus importantes que celles des Commissions précédentes, les politiques elles-mêmes sont soit trop faibles, soit doivent encore être mieux construites", a prévenu Greenpeace.

Au Parlement, la droite (PPE) et les centristes et libéraux (Renew Europe) ont soutenu les annonces. L'eurodéputé français Pierre Larrouturou (S&D, sociaux-démocrates), a lui lancé sur Twitter un avertissement à Mme von der Leyen: "Le nerf de la guerre, c'est l'argent".

L'ambition environnementale de la nouvelle présidente sera très dépendante des montants que l'UE est prête à y consacrer.

Il n'y a "aucun proposition pour réorienter le budget européen" en cours de négociation pour la période 2021-2027, regrette Réseau Action Climat. "La Commission européenne propose que 25% de l’enveloppe soit dédiée au climat. Un montant bien trop faible" estime le collectif d'ONG.

Pour atteindre les objectifs du Pacte vert, 260 milliards d'investissements annuels supplémentaires par an nécessiteront "la mobilisation des secteurs public et privé", souligne la Commission.

Parmi sa longue liste de projets, elle prévoit également une réforme du marché du carbone européen qu'elle veut étendre au secteur maritime, très pollueur.

Avec un mécanisme prévu pour 2021 visant les produits importés dans l'UE, la Commission entend en outre s'assurer que les produits manufacturés en Europe ne soient pas pénalisés par rapport à des industries étrangères moins regardantes sur leurs émissions de carbone.

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Le Pacte vert, "nouvelle stratégie de croissance" de l'UE, dévoilé et déjà critiqué

Le 27 janvier 2020 à16:58

Modifié le 27 janvier 2020 à 16:58

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté mercredi son "Pacte vert", une feuille de route vers la neutralité climatique destinée à devenir la "nouvelle stratégie de croissance" de l'UE.

L'annonce, très attendue et très médiatisée, a suscité des réactions très variées, les critiques les plus dures venant des défenseurs de l'environnement.

"C'est notre nouvelle stratégie de croissance", a commenté l'Allemande, en dévoilant son Pacte en pleine COP25 et à la veille d'un sommet européen. D'un côté, "réduire les émissions de gaz à effet de serre", de l'autre "créer des emplois et doper l'innovation".

Ursula von der Leyen a dévoilé "50 actions pour 2050", une liste de propositions législatives, plans d'actions, stratégies, couvrant différents secteurs. Avec pour objectif de faire de l'Europe le "premier continent" neutre en carbone d'ici le milieu du siècle.

L'occasion valait bien une session plénière extraordinaire du Parlement européen, où Ursula von der Leyen est venue présenter son plan en personne, avec son vice-président chargé du Climat, Frans Timmermans.

Le pilier en sera une grande "loi climatique" qui doit inscrire la date de 2050 pour la neutralité carbone. Elle sera proposée d'ici mars.

Cette échéance n'a toutefois pas encore reçu l'aval des dirigeants de l'UE. Le nouveau président du Conseil européen Charles Michel espère rallier les derniers récalcitrants lors d'un sommet jeudi. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles et en particulier du charbon, font barrage: la Pologne, la Hongrie et la République tchèque.

- Transition juste -

"La Commission a donné une orientation, (...) il faut ensuite une traduction législative ou financière dans le budget européen, et il faut bien sûr l'accord des pays membres, mais ça donne une direction", a réagi Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat et architecte de l'accord de Paris.

Pour convaincre les Etats membres, la Commission prévoit un "mécanisme de transition juste", une disposition très attendue par les pays les plus en retard, qui sera détaillée en janvier.

Il doit permettre de mobiliser "100 milliards d'euros d'investissements" au cours des sept prochaines années pour les régions et les secteurs "les plus vulnérables".

"Il est important qu'en parallèle de l'annonce de la Commission sur le Pacte vert, il y ait un signal" des dirigeants européens, a affirmé Charles Michel, qui mènera les discussions jeudi.

La Commission soutient également des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieux à l'horizon 2030, de 50%, voire 55% (contre 40% actuellement). Elle espère pouvoir soumettre ces chiffres aux Etats membres à l'été.

"Ce sera prêt à temps pour la COP26 à Glasgow" fin 2020, a promis Ursula von der Leyen.

- Financements -

Si la prise de conscience de la Commission a été largement saluée, les critiques ont rappelé que le plus dur sera d'appliquer le programme.

"Bien que la quantité soit impressionnante et que les promesses soient plus importantes que celles des Commissions précédentes, les politiques elles-mêmes sont soit trop faibles, soit doivent encore être mieux construites", a prévenu Greenpeace.

Au Parlement, la droite (PPE) et les centristes et libéraux (Renew Europe) ont soutenu les annonces. L'eurodéputé français Pierre Larrouturou (S&D, sociaux-démocrates), a lui lancé sur Twitter un avertissement à Mme von der Leyen: "Le nerf de la guerre, c'est l'argent".

L'ambition environnementale de la nouvelle présidente sera très dépendante des montants que l'UE est prête à y consacrer.

Il n'y a "aucun proposition pour réorienter le budget européen" en cours de négociation pour la période 2021-2027, regrette Réseau Action Climat. "La Commission européenne propose que 25% de l’enveloppe soit dédiée au climat. Un montant bien trop faible" estime le collectif d'ONG.

Pour atteindre les objectifs du Pacte vert, 260 milliards d'investissements annuels supplémentaires par an nécessiteront "la mobilisation des secteurs public et privé", souligne la Commission.

Parmi sa longue liste de projets, elle prévoit également une réforme du marché du carbone européen qu'elle veut étendre au secteur maritime, très pollueur.

Avec un mécanisme prévu pour 2021 visant les produits importés dans l'UE, la Commission entend en outre s'assurer que les produits manufacturés en Europe ne soient pas pénalisés par rapport à des industries étrangères moins regardantes sur leurs émissions de carbone.

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