COP25: de jeunes militants expulsés après avoir réclamé plus d'actions pour le climat

(AFP)

"Où sont les leaders?" De Greta Thunberg qui parle de "tromperie" à Greenpeace "en colère", les appels se sont multipliés mercredi à Madrid pour éviter un échec cinglant des négociations à la COP25, où de jeunes militants se sont fait expulser après avoir exprimé bruyamment leur frustration.

Des dizaines de jeunes activistes et de militants ont organisé une manifestation surprise devant la salle où des délégations du monde entier sont réunies en plénière. Frappant sur des tasses métalliques, scandant "Justice climatique maintenant" et "Honte, honte, honte", ils voulaient lancer "un message aux riches pays industrialisés" et aux "entreprises polluantes", selon un communiqué.

Ils se sont faits expulser hors du centre de conférence par les services de sécurité. Près de 300 personnes se sont vues retirer leur badge d'accès à cette 25e Conférence climat de l'ONU, selon des associations, dont Jennifer Morgan, directrice générale de l'ONG Greenpeace.

Plus tôt, cette habituée des négociations climat avait laissé éclater sa colère à la tribune, tout comme la jeune militante suédoise Greta Thunberg.

"Une poignée de pays riches a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de tant de pourcents, d'ici telle ou telle année, ou d'atteindre la neutralité climatique en tant d'années", a déclaré Greta Thunberg, désignée "personnalité de l'année" par le magazine Time.

"Cela semble impressionnant au premier abord, mais même si les intentions sont bonnes, ce n'est pas du leadership, ce n'est pas montrer la voie, c'est une tromperie", a accusé l'adolescente, relevant que des pans entiers d'activité sont exclus des engagements des Etats.

L'accord de Paris de 2015, dont l'objectif est de contenir le réchauffement sous les 2°C, ne couvre pas les émissions des secteurs aériens et maritimes internationaux. Et les marchés carbone, dont des règles sont en cours de négociation, permettent aux Etats de compenser leurs émissions.

"Je participe à ces COP depuis 25 ans et je n'ai jamais vu une telle fracture entre ce qui se passe entre ces murs et ce qui se passe dehors", a dit Jennifer Morgan. "Les solutions sont juste sous nos yeux. Mais où sont les champions? Où sont les leaders?", a-t-elle lancé sous les applaudissements.

"Nous vivons des jours sombres (...). Des ombres sont tapies derrière la scène: les milliards de dollars du secteur des énergies fossiles, qui d'un côté créent des gens gras et corrompus pendant que de l'autre, ils condamnent le monde et toutes ses beautés et sa diversité à la désolation", a poursuivi Jennifer Morgan. "Le coeur de l'Accord de Paris bat toujours, mais à peine".

- Manque d'ambition -

Les engagements actuels des Etats, s'ils étaient respectés, conduiraient à une hausse du mercure d'au moins 3°C. Les quelque 200 Etats signataires de l'accord de Paris réunis à Madrid sont sous pression pour faire plus et plus vite.

Mais à quatre jours de la fin de la réunion, les signes d'ambition sont faibles. Les négociations techniques des premiers jours n'ont pas vraiment permis d'avancer, certains points de désaccord étant repoussés à plus tard, selon des observateurs.

Pour les jeunes de "Fridays for future", le mouvement de Greta Thunberg, l'éviction des manifestants de l'enceinte de la COP25 marque déjà "l'échec des négociations".

Plutôt que d'agir ainsi, "l'ONU devrait travailler à arriver à un résultat fort à Madrid qui réponde aux attentes des jeunes d'avoir un monde sûr", a réagi Julius Mbatia, un jeune participant kényan de 25 ans.

Cette COP "semble s'être transformée en une opportunité pour certains pays de négocier des failles et d'éviter de relever leurs ambitions", a dénoncé Greta Thunberg, qui a inspiré des millions de jeunes et de moins jeunes à travers le monde. "Des pays arrivent à trouver des façons habiles pour éviter d'engager de vraies actions", a-t-elle ajouté, évoquant aussi leur "refus de payer" pour aider les pays déjà frappés par les catastrophes climatiques.

Si les négociations débouchent sur "un résultat faible", "cela enverra un signal terrible au monde", a confirmé Alden Meyer, de l'Union for Concerned Scientists, observateur de longue date des négociations climatiques, lors d'une conférence de presse.

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COP25: de jeunes militants expulsés après avoir réclamé plus d'actions pour le climat

Le 27 janvier 2020 à16:49

Modifié le 27 janvier 2020 à 16:49

"Où sont les leaders?" De Greta Thunberg qui parle de "tromperie" à Greenpeace "en colère", les appels se sont multipliés mercredi à Madrid pour éviter un échec cinglant des négociations à la COP25, où de jeunes militants se sont fait expulser après avoir exprimé bruyamment leur frustration.

Des dizaines de jeunes activistes et de militants ont organisé une manifestation surprise devant la salle où des délégations du monde entier sont réunies en plénière. Frappant sur des tasses métalliques, scandant "Justice climatique maintenant" et "Honte, honte, honte", ils voulaient lancer "un message aux riches pays industrialisés" et aux "entreprises polluantes", selon un communiqué.

Ils se sont faits expulser hors du centre de conférence par les services de sécurité. Près de 300 personnes se sont vues retirer leur badge d'accès à cette 25e Conférence climat de l'ONU, selon des associations, dont Jennifer Morgan, directrice générale de l'ONG Greenpeace.

Plus tôt, cette habituée des négociations climat avait laissé éclater sa colère à la tribune, tout comme la jeune militante suédoise Greta Thunberg.

"Une poignée de pays riches a promis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de tant de pourcents, d'ici telle ou telle année, ou d'atteindre la neutralité climatique en tant d'années", a déclaré Greta Thunberg, désignée "personnalité de l'année" par le magazine Time.

"Cela semble impressionnant au premier abord, mais même si les intentions sont bonnes, ce n'est pas du leadership, ce n'est pas montrer la voie, c'est une tromperie", a accusé l'adolescente, relevant que des pans entiers d'activité sont exclus des engagements des Etats.

L'accord de Paris de 2015, dont l'objectif est de contenir le réchauffement sous les 2°C, ne couvre pas les émissions des secteurs aériens et maritimes internationaux. Et les marchés carbone, dont des règles sont en cours de négociation, permettent aux Etats de compenser leurs émissions.

"Je participe à ces COP depuis 25 ans et je n'ai jamais vu une telle fracture entre ce qui se passe entre ces murs et ce qui se passe dehors", a dit Jennifer Morgan. "Les solutions sont juste sous nos yeux. Mais où sont les champions? Où sont les leaders?", a-t-elle lancé sous les applaudissements.

"Nous vivons des jours sombres (...). Des ombres sont tapies derrière la scène: les milliards de dollars du secteur des énergies fossiles, qui d'un côté créent des gens gras et corrompus pendant que de l'autre, ils condamnent le monde et toutes ses beautés et sa diversité à la désolation", a poursuivi Jennifer Morgan. "Le coeur de l'Accord de Paris bat toujours, mais à peine".

- Manque d'ambition -

Les engagements actuels des Etats, s'ils étaient respectés, conduiraient à une hausse du mercure d'au moins 3°C. Les quelque 200 Etats signataires de l'accord de Paris réunis à Madrid sont sous pression pour faire plus et plus vite.

Mais à quatre jours de la fin de la réunion, les signes d'ambition sont faibles. Les négociations techniques des premiers jours n'ont pas vraiment permis d'avancer, certains points de désaccord étant repoussés à plus tard, selon des observateurs.

Pour les jeunes de "Fridays for future", le mouvement de Greta Thunberg, l'éviction des manifestants de l'enceinte de la COP25 marque déjà "l'échec des négociations".

Plutôt que d'agir ainsi, "l'ONU devrait travailler à arriver à un résultat fort à Madrid qui réponde aux attentes des jeunes d'avoir un monde sûr", a réagi Julius Mbatia, un jeune participant kényan de 25 ans.

Cette COP "semble s'être transformée en une opportunité pour certains pays de négocier des failles et d'éviter de relever leurs ambitions", a dénoncé Greta Thunberg, qui a inspiré des millions de jeunes et de moins jeunes à travers le monde. "Des pays arrivent à trouver des façons habiles pour éviter d'engager de vraies actions", a-t-elle ajouté, évoquant aussi leur "refus de payer" pour aider les pays déjà frappés par les catastrophes climatiques.

Si les négociations débouchent sur "un résultat faible", "cela enverra un signal terrible au monde", a confirmé Alden Meyer, de l'Union for Concerned Scientists, observateur de longue date des négociations climatiques, lors d'une conférence de presse.

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