Retraites: 9e jour de grève dans les transports, le gouvernement veut à nouveau discuter

(AFP)

Comment sortir de l'impasse ? Pour son neuvième jour, la grève dans les transports perdure mais le Premier ministre tente de désamorcer son élargissement en invitant les partenaires sociaux la semaine prochaine pour discuter de sa réforme des retraites.

Pour les usagers franciliens, les journées se suivent et se ressemblent, avec toujours neuf lignes de métro fermées, selon la RATP.

La régie a conseillé aux voyageurs de ne pas descendre à la station Châtelet, nœud du réseau de transports au coeur de Paris totalement engorgé ces derniers jours.

Des dépôts de bus parisiens et de petite couronne ont dû être débloqués tôt vendredi matin par les forces de l'ordre.

Du côté de la SNCF, un quart des TGV, des Intercités et des Transilien circulent. Quatre TER sur 10 sont assurés, essentiellement par bus.

TER partant très tôt à ne pas rater pour Paris, puis longue marche jusqu'au lieu de travail... "C'est très compliqué", avec "les trains qui sont bondés", témoigne gare de Lyon Elsa, 23 ans, auxiliaire de puériculture venue de Bourgogne.

"Si ça se prolonge, je vais continuer à faire ça, c'est épuisant mais je n'ai pas d'autre possibilité, on ne peut pas tous faire du télétravail...", souligne-t-elle.

"Je fais 10 km par jour en ce moment ! (...) Il faut mettre des bonnes chaussures... parce que ça va durer leur truc!", confie Alain, qui travaille sur les Grands boulevards parisiens.

Le mouvement continue aussi d'affecter l'expédition des produits des raffineries, dont quatre (sur huit en métropole) étaient touchées par la grève vendredi, selon la CGT.

Après la présentation de sa réforme pour créer un système de retraite universel par points, le Premier ministre Édouard Philippe a convié syndicats et patronat pour un "cycle de réunions", "le plus tôt possible la semaine prochaine".

"Ma porte est ouverte et ma main est tendue", avait insisté jeudi le Premier ministre à l'adresse notamment de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, furieux de sa décision d'imposer un "âgé d'équilibre" dès 2022 dans la réforme mais prêt "à discuter".

L'"âge d'équilibre" figurera bien dans la loi cadre pour la réforme des retraites, mais le gouvernement est prêt à discuter avec les organisations d'autres façons de "rééquilibrer" financièrement "le système", a souligné vendredi Stanislas Guerini, le délégué général de LREM.

- Delevoye fragilisé -

La place dans la nouvelle concertation à venir de Jean-Paul Delevoye, le "Monsieur retraites" du gouvernement, est incertaine. Fragilisé par les accusations de conflit d'intérêts avec le monde des assurances et un cumul de fonctions interdit par la Constitution, le haut-commissaire a indiqué à Libération ne pas exclure de démissionner pour préserver la réforme.

"Le projet est plus important que la personne", a-t-il fait valoir.

Les discussions viseront à "continuer à améliorer le projet porté par le gouvernement", selon Matignon, qui évoque "la mise en place du minimum de pension, la pénibilité, la retraite progressive et l'accompagnement des transitions vers le système universel".

Il s'agit précisément des revendications portées par la CFDT, la CFTC, l'Unsa et les étudiants de la Fage, qui ont appelé à rejoindre la manifestation du 17 décembre alors même que ces organisations sont favorables à la création d'un système universel.

L'initiative de cette journée de manifestations revient à l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU, rejointe par la CFE-CGC, et aux organisations de jeunesse à l'origine de la mobilisation depuis le 5 décembre. Elles demandent le retrait pur et simple de la réforme.

Vendredi, les syndicats enseignants étaient reçus par le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, qui doit également participer dans la soirée à Nancy avec Édouard Philippe à un débat sur les retraites avec des profs. Ces derniers craignent de perdre une grosse partie de leur pension de retraite avec la réforme.

Dans le même temps, la grève dans les transports pourrait ne connaître aucune trêve, pas même celle dite des "confiseurs" pour les fêtes de fin d'année. La CGT-Cheminots a annoncé que le blocage continuera "sauf si le gouvernement revient à la raison" en retirant son projet.

Mais le mouvement montrait des signes de faiblesse vendredi, avec un taux de grévistes à la SNCF de 13,3% (55,6% le 5 décembre), et deux tiers des conducteurs en grève (85,7% au premier jour du conflit), selon la direction.

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Retraites: 9e jour de grève dans les transports, le gouvernement veut à nouveau discuter

Le 13 décembre 2019 à13:06

Comment sortir de l'impasse ? Pour son neuvième jour, la grève dans les transports perdure mais le Premier ministre tente de désamorcer son élargissement en invitant les partenaires sociaux la semaine prochaine pour discuter de sa réforme des retraites.

Pour les usagers franciliens, les journées se suivent et se ressemblent, avec toujours neuf lignes de métro fermées, selon la RATP.

La régie a conseillé aux voyageurs de ne pas descendre à la station Châtelet, nœud du réseau de transports au coeur de Paris totalement engorgé ces derniers jours.

Des dépôts de bus parisiens et de petite couronne ont dû être débloqués tôt vendredi matin par les forces de l'ordre.

Du côté de la SNCF, un quart des TGV, des Intercités et des Transilien circulent. Quatre TER sur 10 sont assurés, essentiellement par bus.

TER partant très tôt à ne pas rater pour Paris, puis longue marche jusqu'au lieu de travail... "C'est très compliqué", avec "les trains qui sont bondés", témoigne gare de Lyon Elsa, 23 ans, auxiliaire de puériculture venue de Bourgogne.

"Si ça se prolonge, je vais continuer à faire ça, c'est épuisant mais je n'ai pas d'autre possibilité, on ne peut pas tous faire du télétravail...", souligne-t-elle.

"Je fais 10 km par jour en ce moment ! (...) Il faut mettre des bonnes chaussures... parce que ça va durer leur truc!", confie Alain, qui travaille sur les Grands boulevards parisiens.

Le mouvement continue aussi d'affecter l'expédition des produits des raffineries, dont quatre (sur huit en métropole) étaient touchées par la grève vendredi, selon la CGT.

Après la présentation de sa réforme pour créer un système de retraite universel par points, le Premier ministre Édouard Philippe a convié syndicats et patronat pour un "cycle de réunions", "le plus tôt possible la semaine prochaine".

"Ma porte est ouverte et ma main est tendue", avait insisté jeudi le Premier ministre à l'adresse notamment de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, furieux de sa décision d'imposer un "âgé d'équilibre" dès 2022 dans la réforme mais prêt "à discuter".

L'"âge d'équilibre" figurera bien dans la loi cadre pour la réforme des retraites, mais le gouvernement est prêt à discuter avec les organisations d'autres façons de "rééquilibrer" financièrement "le système", a souligné vendredi Stanislas Guerini, le délégué général de LREM.

- Delevoye fragilisé -

La place dans la nouvelle concertation à venir de Jean-Paul Delevoye, le "Monsieur retraites" du gouvernement, est incertaine. Fragilisé par les accusations de conflit d'intérêts avec le monde des assurances et un cumul de fonctions interdit par la Constitution, le haut-commissaire a indiqué à Libération ne pas exclure de démissionner pour préserver la réforme.

"Le projet est plus important que la personne", a-t-il fait valoir.

Les discussions viseront à "continuer à améliorer le projet porté par le gouvernement", selon Matignon, qui évoque "la mise en place du minimum de pension, la pénibilité, la retraite progressive et l'accompagnement des transitions vers le système universel".

Il s'agit précisément des revendications portées par la CFDT, la CFTC, l'Unsa et les étudiants de la Fage, qui ont appelé à rejoindre la manifestation du 17 décembre alors même que ces organisations sont favorables à la création d'un système universel.

L'initiative de cette journée de manifestations revient à l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU, rejointe par la CFE-CGC, et aux organisations de jeunesse à l'origine de la mobilisation depuis le 5 décembre. Elles demandent le retrait pur et simple de la réforme.

Vendredi, les syndicats enseignants étaient reçus par le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, qui doit également participer dans la soirée à Nancy avec Édouard Philippe à un débat sur les retraites avec des profs. Ces derniers craignent de perdre une grosse partie de leur pension de retraite avec la réforme.

Dans le même temps, la grève dans les transports pourrait ne connaître aucune trêve, pas même celle dite des "confiseurs" pour les fêtes de fin d'année. La CGT-Cheminots a annoncé que le blocage continuera "sauf si le gouvernement revient à la raison" en retirant son projet.

Mais le mouvement montrait des signes de faiblesse vendredi, avec un taux de grévistes à la SNCF de 13,3% (55,6% le 5 décembre), et deux tiers des conducteurs en grève (85,7% au premier jour du conflit), selon la direction.

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