Fuites en Ukraine: le président examine la démission de son Premier ministre

(AFP)

Le Premier ministre ukrainien Oleksiï Gontcharouk a présenté vendredi sa démission, après la diffusion de déclarations désobligeantes à l'encontre du président Volodymyr Zelensky, première crise politique pour le jeune chef de l'Etat.

Selon des fuites publiées sur les réseaux sociaux et repris par les médias, M. Gontcharouk a qualifié de "primitives" les connaissances économiques du chef de l'Etat.

"Afin de dissiper tout doute concernant notre respect et confiance envers le président, j'ai écrit une lettre de démission et l'ai transmise" à M. Zelensky, a écrit le Premier ministre sur sa page Facebook.

Le président ukrainien, qui a fait savoir qu'il "examinait" cette démission, a réuni dès vendredi les dirigeants des forces de l'ordre, les sommant d'établir "dans les deux semaines" la source des fuites.

Il a aussi ordonné des mesures pour "rendre impossible" tout enregistrement clandestin à l'intérieur des immeubles gouvernementaux, une "question de sécurité nationale", alors que l'Ukraine a connu par le passé des fuites de ce type.

Evoquant ses déclarations controversées, M. Gontcharouk a dénoncé une tentative de donner l'impression "que moi et mon équipe ne respectons pas le président".

"Je suis arrivé à ce poste pour appliquer le programme du président", a assuré le chef du gouvernement sur sa page Facebook puis devant les députés.

- Démission rejetée ? -

Formellement, c'est au Parlement qu'il revient d'accepter ou de rejeter la démission d'un Premier ministre. Le président Zelensky dispose cependant de la majorité absolue à l'assemblée.

Selon l'influent site d'informations Dzerkalo Tyjnia, le chef de l'Etat pourrait rejeter la démission de son chef du gouvernement.

Interrogée par l'AFP, la porte-parole de M. Zelensky s'est refusée à tout commentaire. Le Parlement n'a pas indiqué non plus dans l'immédiat quelles étaient ses intentions.

Pour l'analyste politique Volodymyr Fesenko, "il se peut que le président se limite à réprimander son Premier ministre, trop fougueux".

L'analyste Timothy Ash, basé à Londres, juge lui que si M. Zelensky remplace le Premier ministre parce qu'il a "dit ce qu'il pense" lors d'"une réunion à huis clos", cela enverra un "signal très négatif aux réformateurs en général".

Dans l'enregistrement présenté comme venant d'une réunion organisée le 16 décembre entre des ministres et des responsables de la banque centrale, les participants y discutent de la meilleure manière d'expliquer leurs décisions économiques à M. Zelensky, novice en politique et qui était un comédien et humoriste jusqu'à son élection à la présidence en avril.

- Jeune libéral -

Oleksiï Gontcharouk y dirait que les explications doivent être particulièrement simples, car "Zelensky a une compréhension vraiment primitive de l'économie".

Nommé il y a moins de 5 mois, Oleksiï Gontcharouk, 35 ans, est l'un des plus jeunes chefs de gouvernements du monde. Cet ancien avocat est partisan de réformes économiques libérales.

Son gouvernement a activement oeuvré en faveur de l'ouverture du marché des terres agricoles en Ukraine, qui ne pouvaient être que louées et non achetées, une mesure très attendue par les investisseurs mais redoutée par la population.

M. Gontcharouk avait dirigé pendant quatre ans le centre d'analyse BRDO à Kiev, financé par l'Union européenne et dont les activités visent à améliorer le climat des affaires en Ukraine avant d'être nommé chef adjoint de l'administration présidentielle quelques jours après l'investiture de M. Zelensky. Il a ensuite été propulsé à la tête du gouvernement fin août.

Il fait partie d'une vague de nouveaux visages arrivés au pouvoir avec M. Zelensky qui promettait de "casser le système" de vielles élites jugées corrompues.

Minée par son conflit avec la Russie et la guerre dans l'est du pays avec des séparatistes pro-russes, l'Ukraine est aujourd'hui considérée comme l'un des pays les plus pauvres d'Europe.

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Fuites en Ukraine: le président examine la démission de son Premier ministre

Le 17 janvier 2020 à15:57

Le Premier ministre ukrainien Oleksiï Gontcharouk a présenté vendredi sa démission, après la diffusion de déclarations désobligeantes à l'encontre du président Volodymyr Zelensky, première crise politique pour le jeune chef de l'Etat.

Selon des fuites publiées sur les réseaux sociaux et repris par les médias, M. Gontcharouk a qualifié de "primitives" les connaissances économiques du chef de l'Etat.

"Afin de dissiper tout doute concernant notre respect et confiance envers le président, j'ai écrit une lettre de démission et l'ai transmise" à M. Zelensky, a écrit le Premier ministre sur sa page Facebook.

Le président ukrainien, qui a fait savoir qu'il "examinait" cette démission, a réuni dès vendredi les dirigeants des forces de l'ordre, les sommant d'établir "dans les deux semaines" la source des fuites.

Il a aussi ordonné des mesures pour "rendre impossible" tout enregistrement clandestin à l'intérieur des immeubles gouvernementaux, une "question de sécurité nationale", alors que l'Ukraine a connu par le passé des fuites de ce type.

Evoquant ses déclarations controversées, M. Gontcharouk a dénoncé une tentative de donner l'impression "que moi et mon équipe ne respectons pas le président".

"Je suis arrivé à ce poste pour appliquer le programme du président", a assuré le chef du gouvernement sur sa page Facebook puis devant les députés.

- Démission rejetée ? -

Formellement, c'est au Parlement qu'il revient d'accepter ou de rejeter la démission d'un Premier ministre. Le président Zelensky dispose cependant de la majorité absolue à l'assemblée.

Selon l'influent site d'informations Dzerkalo Tyjnia, le chef de l'Etat pourrait rejeter la démission de son chef du gouvernement.

Interrogée par l'AFP, la porte-parole de M. Zelensky s'est refusée à tout commentaire. Le Parlement n'a pas indiqué non plus dans l'immédiat quelles étaient ses intentions.

Pour l'analyste politique Volodymyr Fesenko, "il se peut que le président se limite à réprimander son Premier ministre, trop fougueux".

L'analyste Timothy Ash, basé à Londres, juge lui que si M. Zelensky remplace le Premier ministre parce qu'il a "dit ce qu'il pense" lors d'"une réunion à huis clos", cela enverra un "signal très négatif aux réformateurs en général".

Dans l'enregistrement présenté comme venant d'une réunion organisée le 16 décembre entre des ministres et des responsables de la banque centrale, les participants y discutent de la meilleure manière d'expliquer leurs décisions économiques à M. Zelensky, novice en politique et qui était un comédien et humoriste jusqu'à son élection à la présidence en avril.

- Jeune libéral -

Oleksiï Gontcharouk y dirait que les explications doivent être particulièrement simples, car "Zelensky a une compréhension vraiment primitive de l'économie".

Nommé il y a moins de 5 mois, Oleksiï Gontcharouk, 35 ans, est l'un des plus jeunes chefs de gouvernements du monde. Cet ancien avocat est partisan de réformes économiques libérales.

Son gouvernement a activement oeuvré en faveur de l'ouverture du marché des terres agricoles en Ukraine, qui ne pouvaient être que louées et non achetées, une mesure très attendue par les investisseurs mais redoutée par la population.

M. Gontcharouk avait dirigé pendant quatre ans le centre d'analyse BRDO à Kiev, financé par l'Union européenne et dont les activités visent à améliorer le climat des affaires en Ukraine avant d'être nommé chef adjoint de l'administration présidentielle quelques jours après l'investiture de M. Zelensky. Il a ensuite été propulsé à la tête du gouvernement fin août.

Il fait partie d'une vague de nouveaux visages arrivés au pouvoir avec M. Zelensky qui promettait de "casser le système" de vielles élites jugées corrompues.

Minée par son conflit avec la Russie et la guerre dans l'est du pays avec des séparatistes pro-russes, l'Ukraine est aujourd'hui considérée comme l'un des pays les plus pauvres d'Europe.

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