Yémen: 83 soldats tués dans une attaque attribuée aux rebelles

(AFP)

Au moins 83 soldats progouvernementaux ont été tués dans une attaque attribuée aux rebelles Houthis, à l'est de la capitale Sanaa, après des mois de calme relatif au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique en proie à la guerre depuis près de cinq ans

L'attaque, l'une des plus meurtrières contre des soldats du gouvernement, a visé samedi la mosquée d'un camp dans la province de Marib à l'est de Sanaa, ont indiqué dimanche des médecins et des responsables militaires.

Les victimes ont été transportées dans l'hôpital de la ville de Marib, chef lieu de la province de même nom, où des sources médicales et militaires ont annoncé un nouveau bilan de 83 morts et 148 blessés parmi les soldats.

Un premier bilan de 70 morts et de 50 blessés a été révisé à la hausse après le décès de nombreux blessés, ont expliqué ces sources en affirmant que l'attaque avait été lancée par les Houthis. Ceux-ci ne l'ont pas revendiquée à ce stade.

L'attaque intervient après une offensive des forces progouvernementales contre les rebelles dans la zone de Nihm, au nord de Sanaa, selon ces responsables.

L'offensive se déroule avec le soutien de la coalition menée par l'Arabie saoudite qui intervient au Yémen contre les rebelles appuyés par l'Iran.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a également accusé les Houthis d'être responsables de l'attaque qu'il a qualifiée de "lâche et de terroriste", selon l'agence officielle Saba.

Le gouvernement du président Hadi, reconnu par la communauté internationale, est en guerre contre les rebelles depuis 2014 année à laquelle ils ont pris la capitale Sanaa et une bonne partie du nord du Yémen.

Le chef de l'Etat a appelé à "relever le degré de vigilance" des forces loyales au gouvernement.

La mosquée a été visée par un missile puis par un drone, a précisé une source militaire gouvernementale.

"Cette action honteuse de la milice des Houthis confirme que cette dernière n'a aucune intention pacifique, qu'elle ne veut que la mort et la destruction et qu'elle est l'instrument de l'Iran dans la région", a souligné le président Hadi.

-"période la plus calme du conflit"-

Cette attaque met fin à une période de baisse des activités militaires, constatée jeudi par l'émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths.

"Depuis début janvier, il y a eu neuf jours sans aucune frappe aérienne" au Yémen, a relevé l'émissaire qui rendait compte jeudi de la situation au Yémen au Conseil de sécurité.

"Nous sommes (...) témoins d'une des périodes les plus calmes de ce conflit", a dit l'émissaire de l'ONU avant de noter que "la désescalade militaire ne peut être maintenue sans progrès politique entre les partie (...) et c'est là (le prochain défi)".

Les Nations unies peinent à réaliser une percée réelle vers la paix au Yémen.

Un accord signé en 2018 en Suède, sous l'égide de l'organisation internationale, a permis une désescalade dans la ville portuaire stratégique de Hodeida (sud-ouest du Yémen) mais toutes ses clauses n'ont pas été appliquées.

Il s'agit notamment de l'achèvement d'un redéploiement des forces du gouvernement et des rebelles dans la province de même nom, un échange global de prisonniers et l'ouverture de couloirs humanitaires à Taëz, autre grande ville du sud-ouest encerclée par les rebelles.

Parrainé par Ryad, un accord de partage du pouvoir au sein du camp antirebelles a mis fin aux combats fratricides d'août dernier dans le sud entre gouvernement et séparatistes.

Mais son application a pris du retard sur fond de crise de confiance entre les parties signataires.

Selon diverses organisations humanitaires, le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, depuis l'intervention en 2015 de Ryad à la tête de la coalition.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU, qui qualifie régulièrement le conflit au Yémen de pire crise humanitaire actuelle dans le monde.

Le coordinateur pour les Affaires humanitaires au Yémen, Ramesh Rajasingham, a averti jeudi contre le risque de famine dans le pays.

"Avec la rapide dépréciation du riyal (monnaie locale) et les perturbations dans le versement des salaires, nous voyons à nouveau certains des paramètres-clés qui ont mené le Yémen au bord de la famine il y a un an", a relevé le responsable lors d'une liaison vidéo avec le Conseil de sécurité. "Nous ne devons pas laisser cela se reproduire".

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Yémen: 83 soldats tués dans une attaque attribuée aux rebelles

Le 22 février 2020 à19:53

Modifié le 22 février 2020 à 19:53

Au moins 83 soldats progouvernementaux ont été tués dans une attaque attribuée aux rebelles Houthis, à l'est de la capitale Sanaa, après des mois de calme relatif au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique en proie à la guerre depuis près de cinq ans

L'attaque, l'une des plus meurtrières contre des soldats du gouvernement, a visé samedi la mosquée d'un camp dans la province de Marib à l'est de Sanaa, ont indiqué dimanche des médecins et des responsables militaires.

Les victimes ont été transportées dans l'hôpital de la ville de Marib, chef lieu de la province de même nom, où des sources médicales et militaires ont annoncé un nouveau bilan de 83 morts et 148 blessés parmi les soldats.

Un premier bilan de 70 morts et de 50 blessés a été révisé à la hausse après le décès de nombreux blessés, ont expliqué ces sources en affirmant que l'attaque avait été lancée par les Houthis. Ceux-ci ne l'ont pas revendiquée à ce stade.

L'attaque intervient après une offensive des forces progouvernementales contre les rebelles dans la zone de Nihm, au nord de Sanaa, selon ces responsables.

L'offensive se déroule avec le soutien de la coalition menée par l'Arabie saoudite qui intervient au Yémen contre les rebelles appuyés par l'Iran.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi a également accusé les Houthis d'être responsables de l'attaque qu'il a qualifiée de "lâche et de terroriste", selon l'agence officielle Saba.

Le gouvernement du président Hadi, reconnu par la communauté internationale, est en guerre contre les rebelles depuis 2014 année à laquelle ils ont pris la capitale Sanaa et une bonne partie du nord du Yémen.

Le chef de l'Etat a appelé à "relever le degré de vigilance" des forces loyales au gouvernement.

La mosquée a été visée par un missile puis par un drone, a précisé une source militaire gouvernementale.

"Cette action honteuse de la milice des Houthis confirme que cette dernière n'a aucune intention pacifique, qu'elle ne veut que la mort et la destruction et qu'elle est l'instrument de l'Iran dans la région", a souligné le président Hadi.

-"période la plus calme du conflit"-

Cette attaque met fin à une période de baisse des activités militaires, constatée jeudi par l'émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths.

"Depuis début janvier, il y a eu neuf jours sans aucune frappe aérienne" au Yémen, a relevé l'émissaire qui rendait compte jeudi de la situation au Yémen au Conseil de sécurité.

"Nous sommes (...) témoins d'une des périodes les plus calmes de ce conflit", a dit l'émissaire de l'ONU avant de noter que "la désescalade militaire ne peut être maintenue sans progrès politique entre les partie (...) et c'est là (le prochain défi)".

Les Nations unies peinent à réaliser une percée réelle vers la paix au Yémen.

Un accord signé en 2018 en Suède, sous l'égide de l'organisation internationale, a permis une désescalade dans la ville portuaire stratégique de Hodeida (sud-ouest du Yémen) mais toutes ses clauses n'ont pas été appliquées.

Il s'agit notamment de l'achèvement d'un redéploiement des forces du gouvernement et des rebelles dans la province de même nom, un échange global de prisonniers et l'ouverture de couloirs humanitaires à Taëz, autre grande ville du sud-ouest encerclée par les rebelles.

Parrainé par Ryad, un accord de partage du pouvoir au sein du camp antirebelles a mis fin aux combats fratricides d'août dernier dans le sud entre gouvernement et séparatistes.

Mais son application a pris du retard sur fond de crise de confiance entre les parties signataires.

Selon diverses organisations humanitaires, le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, depuis l'intervention en 2015 de Ryad à la tête de la coalition.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU, qui qualifie régulièrement le conflit au Yémen de pire crise humanitaire actuelle dans le monde.

Le coordinateur pour les Affaires humanitaires au Yémen, Ramesh Rajasingham, a averti jeudi contre le risque de famine dans le pays.

"Avec la rapide dépréciation du riyal (monnaie locale) et les perturbations dans le versement des salaires, nous voyons à nouveau certains des paramètres-clés qui ont mené le Yémen au bord de la famine il y a un an", a relevé le responsable lors d'une liaison vidéo avec le Conseil de sécurité. "Nous ne devons pas laisser cela se reproduire".

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