La Russie intensifie ses raids sur le nord-ouest de la Syrie, 15 civils tués

(AFP)

Au moins 15 civils, dont dix enfants, ont été tués mardi dans des raids menés par la Russie sur le nord-ouest de la Syrie, ultime grand bastion hostile à Damas où les violences font craindre une aggravation de la crise humanitaire.

Ce bilan s'ajoute aux dizaines de civils tués depuis que la région d'Idleb et ses environs ont connu en décembre un regain de violence. Une trêve annoncée en janvier par Moscou, allié du régime syrien, et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, est restée lettre morte.

Mardi, en représailles aux raids russes, des tirs de roquettes se sont abattus sur la ville d'Alep, tenue par le pouvoir de Bachar al-Assad et qui jouxte les territoires jihadistes et rebelles. Trois civils ont été tués, selon l'agence officielle Sana.

La province d'Idleb et certaines zones des régions voisines d'Alep, de Hama et de Lattaquié sont dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

La région, qui abrite des groupes rebelles affaiblis, échappe toujours au contrôle du régime, près de neuf ans après le début de la guerre en Syrie.

Selon le Comité international de Secours, "quelque 650.000 personnes supplémentaires, dont une majorité de femmes et d'enfants, pourraient être forcées de fuir leur foyer si les violences persistent" dans cette région où vivent environ trois millions de personnes.

Les raids russes mardi ont visé plusieurs villages dans les provinces d'Alep et d'Idleb, tuant 15 civils et faisant une trentaine de blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Parmi ces victimes figurent huit personnes d'une même famille, dans l'ouest de la province d'Alep.

"Un des raids a touché une maison aux abords du village de Kfar Taal, y tuant toute une famille, dont six enfants", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

- Offensive imminente? -

La Russie, qui soutient le régime syrien depuis 2015, a récemment nié mener des "missions de combat depuis le début du cessez-le-feu" mais sur le terrain, les frappes aériennes se multiplient, tuant des civils.

Lundi, au moins sept civils, dont cinq enfants, ont péri dans des frappes russes dans la province d'Alep, selon l'OSDH.

"Depuis trois jours, les bombardements contre Idleb et ses environs, notamment l'ouest d'Alep, sont exclusivement le fait des Russes", assure M. Abdel Rahmane.

Son ONG détermine les auteurs des raids à partir du type d'avion utilisé, du lieu de la frappe, des plans de vol et des munitions utilisées.

"Ils veulent éloigner les rebelles et les jihadistes de la ville d'Alep et de l'autoroute qui relie Alep à Damas", explique M. Abdel Rahmane.

Reconquise par les forces du régime fin 2016, Alep, la deuxième ville syrienne, est encore la cible d'attaques ponctuelles menées par les jihadistes et les rebelles.

Selon le directeur de l'OSDH, les bombardements actuels sur l'ouest d'Idleb pourraient constituer le prélude à "une opération militaire" terrestre.

"Ces dernières semaines, le régime a massé des renforts aux abords de la ville d'Alep", indique-t-il.

- Crise humanitaire -

La région d'Idleb a déjà été le théâtre d'une offensive d'envergure du régime syrien et de son allié russe entre avril et août 2019, ayant tué près d'un millier de civils, selon l'OSDH, et provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes, d'après l'ONU.

Moscou avait annoncé un cessez-le-feu fin août, ce qui n'avait pas empêché les hostilités de continuer.

Depuis début décembre, près de 350.000 personnes ont fui leur maison, principalement de la province d'Idleb, d'après l'ONU.

La semaine dernière, l'Union européenne s'est dite "préoccupées" par cette nouvelle escalade.

"Nous constatons que le régime avec ses alliés russes a relancé les opérations militaires qui, une fois de plus, ne font pas de distinction entre les cibles militaires et les cibles civiles", a déclaré Peter Stano, le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Le pouvoir syrien, qui contrôle désormais plus de 70% du pays, a maintes fois exprimé sa détermination à reconquérir cette région.

Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 avec la répression de manifestations prodémocratie par Damas, a fait plus de 380.000 morts dont plus de 115.000 civils, et des millions de déplacés et réfugiés.

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La Russie intensifie ses raids sur le nord-ouest de la Syrie, 15 civils tués

Le 25 février 2020 à12:14

Modifié le 25 février 2020 à 12:14

Au moins 15 civils, dont dix enfants, ont été tués mardi dans des raids menés par la Russie sur le nord-ouest de la Syrie, ultime grand bastion hostile à Damas où les violences font craindre une aggravation de la crise humanitaire.

Ce bilan s'ajoute aux dizaines de civils tués depuis que la région d'Idleb et ses environs ont connu en décembre un regain de violence. Une trêve annoncée en janvier par Moscou, allié du régime syrien, et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, est restée lettre morte.

Mardi, en représailles aux raids russes, des tirs de roquettes se sont abattus sur la ville d'Alep, tenue par le pouvoir de Bachar al-Assad et qui jouxte les territoires jihadistes et rebelles. Trois civils ont été tués, selon l'agence officielle Sana.

La province d'Idleb et certaines zones des régions voisines d'Alep, de Hama et de Lattaquié sont dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda.

La région, qui abrite des groupes rebelles affaiblis, échappe toujours au contrôle du régime, près de neuf ans après le début de la guerre en Syrie.

Selon le Comité international de Secours, "quelque 650.000 personnes supplémentaires, dont une majorité de femmes et d'enfants, pourraient être forcées de fuir leur foyer si les violences persistent" dans cette région où vivent environ trois millions de personnes.

Les raids russes mardi ont visé plusieurs villages dans les provinces d'Alep et d'Idleb, tuant 15 civils et faisant une trentaine de blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Parmi ces victimes figurent huit personnes d'une même famille, dans l'ouest de la province d'Alep.

"Un des raids a touché une maison aux abords du village de Kfar Taal, y tuant toute une famille, dont six enfants", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

- Offensive imminente? -

La Russie, qui soutient le régime syrien depuis 2015, a récemment nié mener des "missions de combat depuis le début du cessez-le-feu" mais sur le terrain, les frappes aériennes se multiplient, tuant des civils.

Lundi, au moins sept civils, dont cinq enfants, ont péri dans des frappes russes dans la province d'Alep, selon l'OSDH.

"Depuis trois jours, les bombardements contre Idleb et ses environs, notamment l'ouest d'Alep, sont exclusivement le fait des Russes", assure M. Abdel Rahmane.

Son ONG détermine les auteurs des raids à partir du type d'avion utilisé, du lieu de la frappe, des plans de vol et des munitions utilisées.

"Ils veulent éloigner les rebelles et les jihadistes de la ville d'Alep et de l'autoroute qui relie Alep à Damas", explique M. Abdel Rahmane.

Reconquise par les forces du régime fin 2016, Alep, la deuxième ville syrienne, est encore la cible d'attaques ponctuelles menées par les jihadistes et les rebelles.

Selon le directeur de l'OSDH, les bombardements actuels sur l'ouest d'Idleb pourraient constituer le prélude à "une opération militaire" terrestre.

"Ces dernières semaines, le régime a massé des renforts aux abords de la ville d'Alep", indique-t-il.

- Crise humanitaire -

La région d'Idleb a déjà été le théâtre d'une offensive d'envergure du régime syrien et de son allié russe entre avril et août 2019, ayant tué près d'un millier de civils, selon l'OSDH, et provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes, d'après l'ONU.

Moscou avait annoncé un cessez-le-feu fin août, ce qui n'avait pas empêché les hostilités de continuer.

Depuis début décembre, près de 350.000 personnes ont fui leur maison, principalement de la province d'Idleb, d'après l'ONU.

La semaine dernière, l'Union européenne s'est dite "préoccupées" par cette nouvelle escalade.

"Nous constatons que le régime avec ses alliés russes a relancé les opérations militaires qui, une fois de plus, ne font pas de distinction entre les cibles militaires et les cibles civiles", a déclaré Peter Stano, le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Le pouvoir syrien, qui contrôle désormais plus de 70% du pays, a maintes fois exprimé sa détermination à reconquérir cette région.

Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 avec la répression de manifestations prodémocratie par Damas, a fait plus de 380.000 morts dont plus de 115.000 civils, et des millions de déplacés et réfugiés.

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