Trump en veut à Boeing de lui gâcher son bilan économique

(AFP)

Donald Trump a fait part de sa "grande, grande déception" après les déboires de Boeing et s'est inquiété de leurs répercussions sur la santé de l'économie américaine, atout majeur du président américain dans sa campagne de réélection.

"Boeing, c'est une grande, grande déception pour moi", a indiqué mercredi Donald Trump dans une interview à la chaîne CNBC, donnée en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, où est réunie l'élite économique et politique mondiale.

"C'était, disons jusqu'à il y a un an, l'un des plus grands groupes du monde, et soudainement, plein de choses sont arrivées. Je suis tellement déçu par Boeing, tout cela a eu un énorme impact", a poursuivi le président.

Bien loin de son procès en destitution qui agite le Congrès américain, l'hôte de la Maison Blanche, en campagne pour un second mandat, brandit la croissance américaine en étendard de son succès.

Il voit donc d'un mauvais oeil les répercussions sur celle-ci des problèmes de Boeing, qui a annoncé la veille que le 737 MAX ne revolerait pas avant mi-2020. Ces appareils sont cloués au sol partout dans le monde depuis plus de dix mois après deux accidents ayant fait 346 morts.

"Vous savez, quand vous parlez de la croissance, l'impact (des déboires de Boeing) est tellement énorme", a insisté Donald Trump.

Le cabinet IHS Markit anticipe en effet une baisse du PIB de 0,1 point si le 737 MAX reste cloué au sol jusqu'en juin, et de 0,2 point s'il ne vole pas du tout en 2020.

Selon le cabinet Oxford Economics, les effets sur l'investissement, le commerce et les stocks, accumulés au premier trimestre 2020, pourraient représenter un impact sur le PIB d'environ 0,5% en chiffres annualisés.

La majeure partie de cet impact proviendrait des exportations, Boeing --qui exporte les trois quarts de sa production-- représentant une part importante du commerce extérieur américain.

- Emplois menacés -

Au-delà du PIB, des dizaines de milliers d'emplois sont menacés chez les sous-traitants.

"Plus la pause dans la production est longue, moins les entreprises impliquées dans la production du 737 MAX (Boeing et ses fournisseurs) seront en mesure de conserver toute la main-d'oeuvre", relève encore IHS Markit.

David Calhoun, le directeur général de Boeing, a écarté mercredi lors d'une conférence téléphonique un possible abandon du 737 MAX et indiqué que la production reprendrait "quelques mois" avant mi-2020.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avait reconnu mardi que le rythme de la croissance américaine serait influencé par le temps qu'il faudrait "pour que le MAX reprenne son activité", prenant acte du poids économique de Boeing.

Il avait en revanche critiqué les prévisions de croissance selon lui "trop basses" du Fonds monétaire international (FMI) qui table sur une croissance de 2% aux Etats-Unis cette année puis de 1,7% l'an prochain.

La croissance économique est également, selon Donald Trump, freinée par la Banque centrale américaine (Fed), à laquelle il s'est de nouveau attaqué mercredi, lui reprochant d'avoir mal géré la politique monétaire.

Le rythme de croissance des Etats-Unis, plus soutenu que celui des autres économies développées, est l'un de ses principaux arguments de sa campagne de réélection.

Il s'enorgueillit notamment d'avoir rétabli des relations commerciales plus équitables avec la Chine, après la signature d'un accord préliminaire censé sceller une trêve dans le conflit entre les deux puissances économiques.

Le président se félicite aussi du nouvel accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (AEUMC), qui a été définitivement approuvé par le Congrès américain.

Mardi, à Davos, Donald Trump avait vanté ses performances économiques, évoquant une "prospérité (...) sans précédent".

"Le temps du scepticisme est terminé, les entreprises affluent de nouveau aux Etats-Unis (...). Le rêve américain est de retour, plus fort que jamais", avait-il assuré.

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Trump en veut à Boeing de lui gâcher son bilan économique

Le 28 février 2020 à09:28

Modifié le 28 février 2020 à 09:28

Donald Trump a fait part de sa "grande, grande déception" après les déboires de Boeing et s'est inquiété de leurs répercussions sur la santé de l'économie américaine, atout majeur du président américain dans sa campagne de réélection.

"Boeing, c'est une grande, grande déception pour moi", a indiqué mercredi Donald Trump dans une interview à la chaîne CNBC, donnée en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, où est réunie l'élite économique et politique mondiale.

"C'était, disons jusqu'à il y a un an, l'un des plus grands groupes du monde, et soudainement, plein de choses sont arrivées. Je suis tellement déçu par Boeing, tout cela a eu un énorme impact", a poursuivi le président.

Bien loin de son procès en destitution qui agite le Congrès américain, l'hôte de la Maison Blanche, en campagne pour un second mandat, brandit la croissance américaine en étendard de son succès.

Il voit donc d'un mauvais oeil les répercussions sur celle-ci des problèmes de Boeing, qui a annoncé la veille que le 737 MAX ne revolerait pas avant mi-2020. Ces appareils sont cloués au sol partout dans le monde depuis plus de dix mois après deux accidents ayant fait 346 morts.

"Vous savez, quand vous parlez de la croissance, l'impact (des déboires de Boeing) est tellement énorme", a insisté Donald Trump.

Le cabinet IHS Markit anticipe en effet une baisse du PIB de 0,1 point si le 737 MAX reste cloué au sol jusqu'en juin, et de 0,2 point s'il ne vole pas du tout en 2020.

Selon le cabinet Oxford Economics, les effets sur l'investissement, le commerce et les stocks, accumulés au premier trimestre 2020, pourraient représenter un impact sur le PIB d'environ 0,5% en chiffres annualisés.

La majeure partie de cet impact proviendrait des exportations, Boeing --qui exporte les trois quarts de sa production-- représentant une part importante du commerce extérieur américain.

- Emplois menacés -

Au-delà du PIB, des dizaines de milliers d'emplois sont menacés chez les sous-traitants.

"Plus la pause dans la production est longue, moins les entreprises impliquées dans la production du 737 MAX (Boeing et ses fournisseurs) seront en mesure de conserver toute la main-d'oeuvre", relève encore IHS Markit.

David Calhoun, le directeur général de Boeing, a écarté mercredi lors d'une conférence téléphonique un possible abandon du 737 MAX et indiqué que la production reprendrait "quelques mois" avant mi-2020.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avait reconnu mardi que le rythme de la croissance américaine serait influencé par le temps qu'il faudrait "pour que le MAX reprenne son activité", prenant acte du poids économique de Boeing.

Il avait en revanche critiqué les prévisions de croissance selon lui "trop basses" du Fonds monétaire international (FMI) qui table sur une croissance de 2% aux Etats-Unis cette année puis de 1,7% l'an prochain.

La croissance économique est également, selon Donald Trump, freinée par la Banque centrale américaine (Fed), à laquelle il s'est de nouveau attaqué mercredi, lui reprochant d'avoir mal géré la politique monétaire.

Le rythme de croissance des Etats-Unis, plus soutenu que celui des autres économies développées, est l'un de ses principaux arguments de sa campagne de réélection.

Il s'enorgueillit notamment d'avoir rétabli des relations commerciales plus équitables avec la Chine, après la signature d'un accord préliminaire censé sceller une trêve dans le conflit entre les deux puissances économiques.

Le président se félicite aussi du nouvel accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada (AEUMC), qui a été définitivement approuvé par le Congrès américain.

Mardi, à Davos, Donald Trump avait vanté ses performances économiques, évoquant une "prospérité (...) sans précédent".

"Le temps du scepticisme est terminé, les entreprises affluent de nouveau aux Etats-Unis (...). Le rêve américain est de retour, plus fort que jamais", avait-il assuré.

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