Procès en destitution: Trump se lâche contre ses accusateurs

(AFP)

Donald Trump s'est déchaîné jeudi contre ses accusateurs démocrates, à qui il a reproché d'avoir présenté de manière "mensongère" et "injuste" les faits au coeur de son procès historique en destitution.

Dans l'enceinte solennelle du Sénat, le procureur en chef Adam Schiff a accusé la veille le président américain d'avoir essayé de "tricher" pour remporter un second mandat, en sollicitant l'aide de l'Ukraine afin de "salir" un de ses rivaux.

Avant de reprendre son argumentaire vendredi après-midi, l'élu démocrate a été visé par une salve de tweets vengeurs émis par Donald Trump.

La présentation des "démocrates et de Schiff le fourbe" était "pleine de mensonges et de déformations de la réalité", a taclé dans la matinée de jeudi le locataire de la Maison Blanche, tout juste rentré de Suisse, où il a participé au Forum économique mondial de Davos.

Se posant à nouveau en victime d'une "chasse aux sorcières", le tempétueux milliardaire a jugé que l'audience fut "la plus injuste et corrompue de l'histoire du Congrès".

Reflet de l'extrême polarisation sur ce sujet, le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer, a au contraire salué une présentation "précise" nourrie de "détails accablants".

"Elle pourrait bien avoir planté un premier doute dans l'esprit" des sénateurs républicains sur le fait que "le président a peut-être bien fait quelque chose de mal", a-t-il encore dit à la presse.

- "Courage" -

Après trois mois d'enquête, la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a adopté le 18 décembre, sans une seule voix républicaine, deux chefs d'accusation contre Donald Trump: abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Avant lui, seuls deux présidents américains ont subi l'opprobre d'un tel "impeachment": Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998.

Comme eux, Donald Trump devrait échapper à une destitution, notamment parce qu'aucune fissure n'est apparue dans la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100).

Mais les démocrates espèrent marquer des points dans l'opinion à dix mois de la prochaine présidentielle.

Mercredi, sept élus d'opposition de la Chambre des représentants ont commencé à dérouler leurs griefs devant leurs confrères du Sénat. Pendant près de neuf heures, ils ont dépeint la campagne de pressions "sur plusieurs semaines" exercée par le président et ses proches sur Kiev.

Les sept procureurs ont notamment insisté sur le gel d'une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie, qui a selon eux servi de levier pour pousser l'Ukraine à annoncer une enquête sur Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump dans les urnes.

Leur exposé des faits, entrecoupé d'extraits vidéo des auditions de témoins et d'interviews de Donald Trump et de son entourage, s'est accompagnés d'appels pressants à l'adresse des élus républicains.

Avec passion, Adam Schiff les a appelés à manifester du "courage" pour faire émerger la "vérité".

Jeudi, il a cédé la parole à son confrère Jerry Nadler, un autre ennemi juré du président, qui a entamé un argumentaire aux teintes plus juridiques, pour tenter de convaincre les élus que les actes du président sont bien passibles de destitution.

"La conduite du président est mauvaise, illégale et dangereuse", a-t-il lancé d'emblée.

- Dignité -

Au total, l'accusation dispose de 24 heures sur trois jours pour défendre son dossier. A partir de samedi, ce sera le tour de la défense pour la même durée.

Les sénateurs, qui font office de jurés, auront ensuite 16 heures pour poser leurs questions, par écrit.

Entre-temps, ils devront rester vissés sur leur siège sans prendre la parole, ni consulter leur téléphone ou ordinateur, les équipements électroniques étant interdits dans l'hémicycle "sous peine d'emprisonnement", du moins en théorie.

Ce cadre strict vise à assurer la dignité des débats. Mais il n'empêche pas les sénateurs de se ruer, à chaque interruption de séance, vers les caméras et leurs comptes Twitter pour s'en prendre à leurs rivaux.

"Plus ils parlent, plus leur dossier semble faible", a ainsi taclé le sénateur républicain Ted Cruz tard mercredi.

"Alors que les procureurs poursuivent leur présentation, il va être de plus en plus dur pour les sénateurs républicains d'ignorer la vérité", lui a répondu jeudi le démocrate Dick Durbin.

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Procès en destitution: Trump se lâche contre ses accusateurs

Le 24 février 2020 à13:36

Modifié le 24 février 2020 à 13:36

Donald Trump s'est déchaîné jeudi contre ses accusateurs démocrates, à qui il a reproché d'avoir présenté de manière "mensongère" et "injuste" les faits au coeur de son procès historique en destitution.

Dans l'enceinte solennelle du Sénat, le procureur en chef Adam Schiff a accusé la veille le président américain d'avoir essayé de "tricher" pour remporter un second mandat, en sollicitant l'aide de l'Ukraine afin de "salir" un de ses rivaux.

Avant de reprendre son argumentaire vendredi après-midi, l'élu démocrate a été visé par une salve de tweets vengeurs émis par Donald Trump.

La présentation des "démocrates et de Schiff le fourbe" était "pleine de mensonges et de déformations de la réalité", a taclé dans la matinée de jeudi le locataire de la Maison Blanche, tout juste rentré de Suisse, où il a participé au Forum économique mondial de Davos.

Se posant à nouveau en victime d'une "chasse aux sorcières", le tempétueux milliardaire a jugé que l'audience fut "la plus injuste et corrompue de l'histoire du Congrès".

Reflet de l'extrême polarisation sur ce sujet, le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer, a au contraire salué une présentation "précise" nourrie de "détails accablants".

"Elle pourrait bien avoir planté un premier doute dans l'esprit" des sénateurs républicains sur le fait que "le président a peut-être bien fait quelque chose de mal", a-t-il encore dit à la presse.

- "Courage" -

Après trois mois d'enquête, la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a adopté le 18 décembre, sans une seule voix républicaine, deux chefs d'accusation contre Donald Trump: abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Avant lui, seuls deux présidents américains ont subi l'opprobre d'un tel "impeachment": Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998.

Comme eux, Donald Trump devrait échapper à une destitution, notamment parce qu'aucune fissure n'est apparue dans la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100).

Mais les démocrates espèrent marquer des points dans l'opinion à dix mois de la prochaine présidentielle.

Mercredi, sept élus d'opposition de la Chambre des représentants ont commencé à dérouler leurs griefs devant leurs confrères du Sénat. Pendant près de neuf heures, ils ont dépeint la campagne de pressions "sur plusieurs semaines" exercée par le président et ses proches sur Kiev.

Les sept procureurs ont notamment insisté sur le gel d'une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec la Russie, qui a selon eux servi de levier pour pousser l'Ukraine à annoncer une enquête sur Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump dans les urnes.

Leur exposé des faits, entrecoupé d'extraits vidéo des auditions de témoins et d'interviews de Donald Trump et de son entourage, s'est accompagnés d'appels pressants à l'adresse des élus républicains.

Avec passion, Adam Schiff les a appelés à manifester du "courage" pour faire émerger la "vérité".

Jeudi, il a cédé la parole à son confrère Jerry Nadler, un autre ennemi juré du président, qui a entamé un argumentaire aux teintes plus juridiques, pour tenter de convaincre les élus que les actes du président sont bien passibles de destitution.

"La conduite du président est mauvaise, illégale et dangereuse", a-t-il lancé d'emblée.

- Dignité -

Au total, l'accusation dispose de 24 heures sur trois jours pour défendre son dossier. A partir de samedi, ce sera le tour de la défense pour la même durée.

Les sénateurs, qui font office de jurés, auront ensuite 16 heures pour poser leurs questions, par écrit.

Entre-temps, ils devront rester vissés sur leur siège sans prendre la parole, ni consulter leur téléphone ou ordinateur, les équipements électroniques étant interdits dans l'hémicycle "sous peine d'emprisonnement", du moins en théorie.

Ce cadre strict vise à assurer la dignité des débats. Mais il n'empêche pas les sénateurs de se ruer, à chaque interruption de séance, vers les caméras et leurs comptes Twitter pour s'en prendre à leurs rivaux.

"Plus ils parlent, plus leur dossier semble faible", a ainsi taclé le sénateur républicain Ted Cruz tard mercredi.

"Alors que les procureurs poursuivent leur présentation, il va être de plus en plus dur pour les sénateurs républicains d'ignorer la vérité", lui a répondu jeudi le démocrate Dick Durbin.

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