Chômage: le nombre de demandeurs d'emploi a fortement baissé en 2019

(AFP)

Le chômage a nettement baissé en 2019 en France, avec 120.700 demandeurs d'emploi sans activité en moins (-3,3%) la plus forte baisse depuis la crise de 2008, selon les chiffres publiés lundi par Pôle emploi.

En 2018, le recul avait été nettement moindre (50.800, -1,4%) alors même que la croissance avait été plus forte.

Il faut remonter à 2007 pour une baisse plus forte de janvier à décembre. Cette année là, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A avait diminué de 10,6%, soit 262.000.

Sur la France entière (hors Mayotte), la baisse s'est accélérée au dernier trimestre, avec un recul de 1,7% (-63.000), un record trimestriel depuis début 2008 également.

En France métropolitaine pour ce trimestre, le nombre de chômeurs baisse nettement, de 2,2%, chez les moins de 25 ans (-1,4% sur un an) mais plus modérément chez les seniors (50 ans et plus) à 0,9% (-2,1% sur un an).

Autre mal français, le chômage de longue durée est en repli: les inscrits (A, B et C) depuis plus d'un an sont en baisse de 1,7% (-2,5% sur un an) à 2,583 millions.

Pour la première fois depuis 2008, le nombre de demandeurs d'emploi en activité (catégories B et C) baisse également (-2,5% sur un an), un chiffre en phase avec les progressions d'embauche en CDI ou à temps plein.

Au total, Pôle emploi compte encore 5,740 millions de personnes inscrites en catégories A, B ou C.

- Créations d'emplois dynamiques -

Cette baisse du chômage est la conséquence de créations d'emplois dynamiques et supérieures à l'augmentation de la population active: l'Insee s'attend à 263.000 créations d'emploi nettes sur l'année, dont 215.000 dans le secteur marchand contre 230.000 en 2018.

"Ces créations ont été plus fortes que ce que la croissance (prévue à 1,3%) nous laissait attendre. On a besoin de plus d'emplois pour la même production", constatait mercredi la directrice de la Dares (service statistiques du ministère du Travail) Selma Mahfouz devant la commission des finances de l'Assemblée.

En particulier, la transformation du CICE en allègements de cotisations patronales début 2019 "aurait contribué à enrichir la croissance d'environ 30.000 emplois" selon l'Insee.

Pour le premier semestre 2020, l'Insee prévoit cependant une progression moins forte des créations d'emploi mais toujours supérieure à celle de la population active. Le taux de chômage, de 8,6% au troisième trimestre, diminuerait à 8,2% mi-2020, son plus bas niveau depuis la fin 2008.

Rappelant lundi que Emmanuel Macron avait fixé l'objectif d'arriver à 7% en 2022, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a souhaité être "encore plus ambitieux". "Mon objectif, c'est le plein emploi. Je ne sais pas à quelle échéance, si c'est en 2025 ou un peu plus loin. C'est-à-dire autour de 5%", a-t-il déclaré.

Pôle emploi a récemment adopté sa feuille de route jusqu'à 2022 avec l'ambition "d'accélérer au bénéfice de tous les recrutements et les retours à l'emploi durable".

Côté entreprises, l'opérateur, grâce aux 1.000 conseillers supplémentaires en poste depuis le 1er janvier, s'engage à recontacter l'employeur pour toute offre non pourvue 30 jours après son dépôt. L'objectif est de réduire de 10 jours le délai moyen de recrutement, actuellement de 44 jours.

Côté chômeurs, "la grande affaire de cette année est le nouveau diagnostic" lors de l'inscription, selon son directeur général Jean Bassères.

Au lieu d'un entretien de 45 minutes, le nouveau demandeur se verra proposer deux demi-journées pour faire le point sur ses compétences, connaître les services de Pôle emploi et se projeter sur le marché du travail local. Ce nouvel accompagnement va être mis en place partout d'ici à la fin de l'année.

L'opérateur doit aussi préparer la modification en avril du calcul de l'indemnisation, que l'exécutif juge trop favorable aux personnes alternant CDD courts et chômage. Cette réforme concernera des centaines de milliers de personnes qui pourraient voir leur allocation baisser sensiblement, selon l'Unédic. "Nous allons envoyer des courriers, organiser des réunions et mettre en place un site d'information dédié", a expliqué M. Bassères.

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Chômage: le nombre de demandeurs d'emploi a fortement baissé en 2019

Le 18 février 2020 à10:31

Modifié le 18 février 2020 à 10:31

Le chômage a nettement baissé en 2019 en France, avec 120.700 demandeurs d'emploi sans activité en moins (-3,3%) la plus forte baisse depuis la crise de 2008, selon les chiffres publiés lundi par Pôle emploi.

En 2018, le recul avait été nettement moindre (50.800, -1,4%) alors même que la croissance avait été plus forte.

Il faut remonter à 2007 pour une baisse plus forte de janvier à décembre. Cette année là, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A avait diminué de 10,6%, soit 262.000.

Sur la France entière (hors Mayotte), la baisse s'est accélérée au dernier trimestre, avec un recul de 1,7% (-63.000), un record trimestriel depuis début 2008 également.

En France métropolitaine pour ce trimestre, le nombre de chômeurs baisse nettement, de 2,2%, chez les moins de 25 ans (-1,4% sur un an) mais plus modérément chez les seniors (50 ans et plus) à 0,9% (-2,1% sur un an).

Autre mal français, le chômage de longue durée est en repli: les inscrits (A, B et C) depuis plus d'un an sont en baisse de 1,7% (-2,5% sur un an) à 2,583 millions.

Pour la première fois depuis 2008, le nombre de demandeurs d'emploi en activité (catégories B et C) baisse également (-2,5% sur un an), un chiffre en phase avec les progressions d'embauche en CDI ou à temps plein.

Au total, Pôle emploi compte encore 5,740 millions de personnes inscrites en catégories A, B ou C.

- Créations d'emplois dynamiques -

Cette baisse du chômage est la conséquence de créations d'emplois dynamiques et supérieures à l'augmentation de la population active: l'Insee s'attend à 263.000 créations d'emploi nettes sur l'année, dont 215.000 dans le secteur marchand contre 230.000 en 2018.

"Ces créations ont été plus fortes que ce que la croissance (prévue à 1,3%) nous laissait attendre. On a besoin de plus d'emplois pour la même production", constatait mercredi la directrice de la Dares (service statistiques du ministère du Travail) Selma Mahfouz devant la commission des finances de l'Assemblée.

En particulier, la transformation du CICE en allègements de cotisations patronales début 2019 "aurait contribué à enrichir la croissance d'environ 30.000 emplois" selon l'Insee.

Pour le premier semestre 2020, l'Insee prévoit cependant une progression moins forte des créations d'emploi mais toujours supérieure à celle de la population active. Le taux de chômage, de 8,6% au troisième trimestre, diminuerait à 8,2% mi-2020, son plus bas niveau depuis la fin 2008.

Rappelant lundi que Emmanuel Macron avait fixé l'objectif d'arriver à 7% en 2022, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a souhaité être "encore plus ambitieux". "Mon objectif, c'est le plein emploi. Je ne sais pas à quelle échéance, si c'est en 2025 ou un peu plus loin. C'est-à-dire autour de 5%", a-t-il déclaré.

Pôle emploi a récemment adopté sa feuille de route jusqu'à 2022 avec l'ambition "d'accélérer au bénéfice de tous les recrutements et les retours à l'emploi durable".

Côté entreprises, l'opérateur, grâce aux 1.000 conseillers supplémentaires en poste depuis le 1er janvier, s'engage à recontacter l'employeur pour toute offre non pourvue 30 jours après son dépôt. L'objectif est de réduire de 10 jours le délai moyen de recrutement, actuellement de 44 jours.

Côté chômeurs, "la grande affaire de cette année est le nouveau diagnostic" lors de l'inscription, selon son directeur général Jean Bassères.

Au lieu d'un entretien de 45 minutes, le nouveau demandeur se verra proposer deux demi-journées pour faire le point sur ses compétences, connaître les services de Pôle emploi et se projeter sur le marché du travail local. Ce nouvel accompagnement va être mis en place partout d'ici à la fin de l'année.

L'opérateur doit aussi préparer la modification en avril du calcul de l'indemnisation, que l'exécutif juge trop favorable aux personnes alternant CDD courts et chômage. Cette réforme concernera des centaines de milliers de personnes qui pourraient voir leur allocation baisser sensiblement, selon l'Unédic. "Nous allons envoyer des courriers, organiser des réunions et mettre en place un site d'information dédié", a expliqué M. Bassères.

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