Les Palestiniens appellent au boycott du plan américain, toujours pas connu

(AFP)

Les Palestiniens ont appelé lundi 27 janvier la communauté internationale à boycotter le projet de paix américain pour le Moyen-Orient, dont le président palestinien Mahmoud Abbas a refusé de discuter avec Donald Trump, jugé trop favorable à Israël.


Le président américain Donald Trump reçoit lundi son "ami" le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi que le chef de l'opposition israélienne Benny Gantz, à Washington, où doit être présenté dans les prochaines heures le projet américain déjà jugé "historique" par Israël.

Ce plan comprend selon les Palestiniens la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël, l'annexion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et de la vallée du Jourdain, zone agricole et stratégique comptant pour environ 30% de la Cisjordanie occupée.

C'est dans cette vallée que s'est rendu lundi le ministre israélien de l'Intérieur Arié Dery pour soutenir son annexion rapide par Israël.

"Nous espérons pouvoir dire demain à tout le monde qu'il s'agit de notre territoire (...) Nous avons commencé à nous préparer pour l'annexion", a déclaré le ministre, selon son porte-parole.

Les Palestiniens ont rejeté le plan américain, indiquant égalament ne pas avoir été conviés à Washington.

De hauts responsables palestiniens ont toutefois confirmé lundi à l'AFP que l'administration américaine, et M. Trump lui-même, avaient tenté au cours des derniers mois d'entrer en contact avec Mahmoud Abbas, notamment via de tierces parties, mais que ce dernier avait refusé.

"Il n'y aura pas de discussion avec les Américains tant qu'ils ne reconnaîtront pas la solution à deux Etats", soit un Etat palestinien viable aux côtés d'Israël, a indiqué l'un de ces responsables requérant l'anonymat.

Les dirigeants palestiniens ont coupé tout contact formel avec la Maison Blanche depuis que M. Trump a reconnu en décembre 2017 Jérusalem comme la capitale d'Israël, alors que les Palestiniens espèrent faire de Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Quelle réaction internationale ?

Hormis la réitération d'un soutien aux résolutions passées de l'ONU, la réaction internationale au plan américain reste encore incertaine.

"Nous appelons la communauté internationale à ne pas s'associer (au plan) car il contrevient au droit international et les droits des Palestiniens ne sont pas à vendre", a affirmé lundi le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

"Ce plan vise à protéger Trump de la destitution et à protéger Netanyahu de la prison", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient".

MM. Trump et Netanyahu, grands alliés, sont tous deux confrontés à des difficultés sur la scène politique intérieure: le président américain est menacé par une procédure de destitution tandis que le Premier ministre israélien, en campagne pour les troisièmes législatives en moins d'un an, est inculpé pour corruption dans trois affaires.

L'Union européenne doit réaffirmer son soutien à la solution dite "à deux Etats", ont indiqué deux diplomates européens à l'AFP.

Le président français Emmanuel Macron avait à ce propos rencontré la semaine dernière le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Les Palestiniens ont soulevé la question de l'annexion de la vallée du Jourdain auprès de M. Macron, a indiqué un second responsable palestinien requérant l'anonymat, mais au fait des discussions entre les présidents français et palestinien.

L'Autorité palestinienne a dit s'attendre à des manifestations contre le plan américain.

Quelques centaines de Palestiniens ont manifesté lundi dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, et de nouvelles manifestations sont prévues au cours des prochains jours, notamment mercredi dans une ville palestinienne située près de la vallée du Jourdain.

(AFP)

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Les Palestiniens appellent au boycott du plan américain, toujours pas connu

Le 29 février 2020 à09:57

Modifié le 29 février 2020 à 09:57

Les Palestiniens ont appelé lundi 27 janvier la communauté internationale à boycotter le projet de paix américain pour le Moyen-Orient, dont le président palestinien Mahmoud Abbas a refusé de discuter avec Donald Trump, jugé trop favorable à Israël.


Le président américain Donald Trump reçoit lundi son "ami" le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi que le chef de l'opposition israélienne Benny Gantz, à Washington, où doit être présenté dans les prochaines heures le projet américain déjà jugé "historique" par Israël.

Ce plan comprend selon les Palestiniens la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël, l'annexion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et de la vallée du Jourdain, zone agricole et stratégique comptant pour environ 30% de la Cisjordanie occupée.

C'est dans cette vallée que s'est rendu lundi le ministre israélien de l'Intérieur Arié Dery pour soutenir son annexion rapide par Israël.

"Nous espérons pouvoir dire demain à tout le monde qu'il s'agit de notre territoire (...) Nous avons commencé à nous préparer pour l'annexion", a déclaré le ministre, selon son porte-parole.

Les Palestiniens ont rejeté le plan américain, indiquant égalament ne pas avoir été conviés à Washington.

De hauts responsables palestiniens ont toutefois confirmé lundi à l'AFP que l'administration américaine, et M. Trump lui-même, avaient tenté au cours des derniers mois d'entrer en contact avec Mahmoud Abbas, notamment via de tierces parties, mais que ce dernier avait refusé.

"Il n'y aura pas de discussion avec les Américains tant qu'ils ne reconnaîtront pas la solution à deux Etats", soit un Etat palestinien viable aux côtés d'Israël, a indiqué l'un de ces responsables requérant l'anonymat.

Les dirigeants palestiniens ont coupé tout contact formel avec la Maison Blanche depuis que M. Trump a reconnu en décembre 2017 Jérusalem comme la capitale d'Israël, alors que les Palestiniens espèrent faire de Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte occupé et annexé par Israël, la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Quelle réaction internationale ?

Hormis la réitération d'un soutien aux résolutions passées de l'ONU, la réaction internationale au plan américain reste encore incertaine.

"Nous appelons la communauté internationale à ne pas s'associer (au plan) car il contrevient au droit international et les droits des Palestiniens ne sont pas à vendre", a affirmé lundi le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

"Ce plan vise à protéger Trump de la destitution et à protéger Netanyahu de la prison", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient".

MM. Trump et Netanyahu, grands alliés, sont tous deux confrontés à des difficultés sur la scène politique intérieure: le président américain est menacé par une procédure de destitution tandis que le Premier ministre israélien, en campagne pour les troisièmes législatives en moins d'un an, est inculpé pour corruption dans trois affaires.

L'Union européenne doit réaffirmer son soutien à la solution dite "à deux Etats", ont indiqué deux diplomates européens à l'AFP.

Le président français Emmanuel Macron avait à ce propos rencontré la semaine dernière le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

Les Palestiniens ont soulevé la question de l'annexion de la vallée du Jourdain auprès de M. Macron, a indiqué un second responsable palestinien requérant l'anonymat, mais au fait des discussions entre les présidents français et palestinien.

L'Autorité palestinienne a dit s'attendre à des manifestations contre le plan américain.

Quelques centaines de Palestiniens ont manifesté lundi dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, et de nouvelles manifestations sont prévues au cours des prochains jours, notamment mercredi dans une ville palestinienne située près de la vallée du Jourdain.

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