Le milliardaire Bloomberg dans le viseur pour son premier débat démocrate

(AFP)

Etrillé par ses rivaux qui l'accusent d'avoir "acheté" sa place dans la présidentielle américaine, le milliardaire Michael Bloomberg s'apprêtait à recevoir mercredi un barrage de critiques des autres candidats à l'investiture démocrate, lors de son premier débat télévisé de la campagne.

Par tweets et spots de campagne interposés, les coups pleuvaient déjà avant le débat démocrate organisé dans la soirée à Las Vegas, dans le Nevada (02H00 GMT jeudi), entre les candidats qui espèrent défier le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.

Neuvième homme le plus riche du monde en 2019 selon Forbes, Michael Bloomberg se présente en candidat capable de rassembler au centre. L'ancien maire de New York et patron de l'agence de presse Bloomberg finance sa candidature à coup de centaines de millions de dollars tirés de ses fonds personnels.

Grand favori dans les sondages pour l'investiture démocrate, le sénateur indépendant Bernie Sanders ne mâche pas ses mots contre M. Bloomberg, en martelant que "les Américains en ont assez que des milliardaires achètent les élections".

Le socialiste âgé de 78 ans connaît une forte poussée depuis ses bons résultats dans les deux premiers Etats qui ont voté: l'Iowa et le New Hampshire.

M. Sanders arrive désormais nettement en tête de la moyenne nationale des sondages établie par le site RealClearPolitics (27,8%), devant l'ancien vice-président modéré Joe Biden (17.8%), 77 ans, recalé à la deuxième place.

Sans s'être encore présenté à une seule primaire, Michael Bloomberg, 78 ans, a lui grimpé jusqu'à la troisième place (16,1%).

Si ces scores sont à prendre avec précaution dans des primaires qui se jouent Etat par Etat, son ascension spectaculaire inquiète ses rivaux.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren est en perte de vitesse à la quatrième place (12,3%), suivie par deux modérés avec le vent en poupe, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg (10,3%) puis la sénatrice Amy Klobuchar (6,4%).

Ironiquement, le feu croisé des candidats sur M. Bloomberg pourrait permettre à M. Sanders d'échapper, lors du débat, aux dures critiques qui incombent traditionnellement au favori

- Bloomberg, ex-républicain -

Après une entrée très tardive dans la campagne, en novembre, M. Bloomberg a opté pour une stratégie rarissime dans l'histoire des primaires américaines: faire l'impasse sur les quatre premiers Etats qui votent en février.

A 78 ans, il entrera donc dans la course lors du "Super Tuesday" du 3 mars, lorsque 14 autres Etats voteront.

Disposant d'une fortune personnelle estimée à environ 60 milliards de dollars, il a déjà dépensé plus de 300 millions en spots publicitaires qui tournent en boucle à la télévision et sur internet. Michael Bloomberg y souligne son engagement pour la lutte contre le changement climatique et contre les violences par armes à feu.

Mais sans convaincre l'aile gauche du parti, qui observe avec hostilité cet ancien républicain devenu indépendant avant de passer démocrate.

Les critiques fusent aussi du côté des modérés.

"La vérité c'est qu'il a été républicain toute sa vie", a lâché Joe Biden mercredi à Las Vegas.

Comme ses rivaux, il épingle aussi M. Bloomberg sur d'anciens propos et politiques, jugés sexistes et discriminatoires.

L'ancien maire s'est ainsi excusé d'avoir longtemps défendu les interpellations et fouilles arbitraires ("stop-and-frisk"), accusées d'avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York.

Et il met maintenant en avant ses propositions censées aider les minorités et le soutien reçu de la part de plusieurs influents élus noirs.

"Je ne voterai pas pour lui. Il (...) tente d'acheter des votes", a déclaré à l'AFP Sylvester Rogers, un pasteur de 79 ans venu soutenir des employés de casinos en grève à Las Vegas.

Mais Rudy Oybal, membre d'un syndicat défendant les employés de bar de 49 ans, était plus ouvert. "Les inégalités sont un problème mais tous les milliardaires ne sont pas mauvais", a-t-il confié.

Chez les électeurs démocrates, un même objectif prime: choisir le candidat capable de battre Donald Trump le 3 novembre. Et certains voient justement en Michael Bloomberg leur meilleure option.

- Trump moqueur -

Les deux milliardaires croisent d'ailleurs déjà le fer sur les réseaux sociaux.

Le président surnomme régulièrement le candidat démocrate "Mini Mike", en allusion à sa taille (1,70 m). Moqueur, il l'accuse de vouloir se tenir sur "une caisse" lors du débat pour ne pas sembler trop petit.

M. Bloomberg le lui rend bien, en affirmant que le républicain a peur de l'affronter à la présidentielle.

Le débat se tient mercredi dans le Nevada car cet Etat de l'Ouest américain organisera samedi le troisième vote des primaires.

Bernie Sanders arrive aussi en tête de la moyenne des rares sondages menés dans le Nevada, suivi par Joe Biden.

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Le milliardaire Bloomberg dans le viseur pour son premier débat démocrate

Le 20 février 2020 à00:31

Etrillé par ses rivaux qui l'accusent d'avoir "acheté" sa place dans la présidentielle américaine, le milliardaire Michael Bloomberg s'apprêtait à recevoir mercredi un barrage de critiques des autres candidats à l'investiture démocrate, lors de son premier débat télévisé de la campagne.

Par tweets et spots de campagne interposés, les coups pleuvaient déjà avant le débat démocrate organisé dans la soirée à Las Vegas, dans le Nevada (02H00 GMT jeudi), entre les candidats qui espèrent défier le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre.

Neuvième homme le plus riche du monde en 2019 selon Forbes, Michael Bloomberg se présente en candidat capable de rassembler au centre. L'ancien maire de New York et patron de l'agence de presse Bloomberg finance sa candidature à coup de centaines de millions de dollars tirés de ses fonds personnels.

Grand favori dans les sondages pour l'investiture démocrate, le sénateur indépendant Bernie Sanders ne mâche pas ses mots contre M. Bloomberg, en martelant que "les Américains en ont assez que des milliardaires achètent les élections".

Le socialiste âgé de 78 ans connaît une forte poussée depuis ses bons résultats dans les deux premiers Etats qui ont voté: l'Iowa et le New Hampshire.

M. Sanders arrive désormais nettement en tête de la moyenne nationale des sondages établie par le site RealClearPolitics (27,8%), devant l'ancien vice-président modéré Joe Biden (17.8%), 77 ans, recalé à la deuxième place.

Sans s'être encore présenté à une seule primaire, Michael Bloomberg, 78 ans, a lui grimpé jusqu'à la troisième place (16,1%).

Si ces scores sont à prendre avec précaution dans des primaires qui se jouent Etat par Etat, son ascension spectaculaire inquiète ses rivaux.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren est en perte de vitesse à la quatrième place (12,3%), suivie par deux modérés avec le vent en poupe, l'ex-maire de South Bend Pete Buttigieg (10,3%) puis la sénatrice Amy Klobuchar (6,4%).

Ironiquement, le feu croisé des candidats sur M. Bloomberg pourrait permettre à M. Sanders d'échapper, lors du débat, aux dures critiques qui incombent traditionnellement au favori

- Bloomberg, ex-républicain -

Après une entrée très tardive dans la campagne, en novembre, M. Bloomberg a opté pour une stratégie rarissime dans l'histoire des primaires américaines: faire l'impasse sur les quatre premiers Etats qui votent en février.

A 78 ans, il entrera donc dans la course lors du "Super Tuesday" du 3 mars, lorsque 14 autres Etats voteront.

Disposant d'une fortune personnelle estimée à environ 60 milliards de dollars, il a déjà dépensé plus de 300 millions en spots publicitaires qui tournent en boucle à la télévision et sur internet. Michael Bloomberg y souligne son engagement pour la lutte contre le changement climatique et contre les violences par armes à feu.

Mais sans convaincre l'aile gauche du parti, qui observe avec hostilité cet ancien républicain devenu indépendant avant de passer démocrate.

Les critiques fusent aussi du côté des modérés.

"La vérité c'est qu'il a été républicain toute sa vie", a lâché Joe Biden mercredi à Las Vegas.

Comme ses rivaux, il épingle aussi M. Bloomberg sur d'anciens propos et politiques, jugés sexistes et discriminatoires.

L'ancien maire s'est ainsi excusé d'avoir longtemps défendu les interpellations et fouilles arbitraires ("stop-and-frisk"), accusées d'avoir suscité une explosion des contrôles au faciès à New York.

Et il met maintenant en avant ses propositions censées aider les minorités et le soutien reçu de la part de plusieurs influents élus noirs.

"Je ne voterai pas pour lui. Il (...) tente d'acheter des votes", a déclaré à l'AFP Sylvester Rogers, un pasteur de 79 ans venu soutenir des employés de casinos en grève à Las Vegas.

Mais Rudy Oybal, membre d'un syndicat défendant les employés de bar de 49 ans, était plus ouvert. "Les inégalités sont un problème mais tous les milliardaires ne sont pas mauvais", a-t-il confié.

Chez les électeurs démocrates, un même objectif prime: choisir le candidat capable de battre Donald Trump le 3 novembre. Et certains voient justement en Michael Bloomberg leur meilleure option.

- Trump moqueur -

Les deux milliardaires croisent d'ailleurs déjà le fer sur les réseaux sociaux.

Le président surnomme régulièrement le candidat démocrate "Mini Mike", en allusion à sa taille (1,70 m). Moqueur, il l'accuse de vouloir se tenir sur "une caisse" lors du débat pour ne pas sembler trop petit.

M. Bloomberg le lui rend bien, en affirmant que le républicain a peur de l'affronter à la présidentielle.

Le débat se tient mercredi dans le Nevada car cet Etat de l'Ouest américain organisera samedi le troisième vote des primaires.

Bernie Sanders arrive aussi en tête de la moyenne des rares sondages menés dans le Nevada, suivi par Joe Biden.

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