A Hanau après les fusillades, stupeur et interrogations

(AFP)

"J'aurais pu faire partie des victimes!": des dizaines d'habitants sous le choc se sont recueillis jeudi près des lieux de la double fusillade raciste qui a tué neuf personnes à Hanau, près de Francfort.

"J'ai entendu des bruits et je pensais que c'était les derniers pétards du Nouvel an qui étaient utilisés... puis en allant sur mon balcon j'ai vu partout des lumières bleues!", raconte à l'AFP Inge Bank, 82 ans.

Habitante d'Hanau depuis 10 ans, elle ne comprend toujours pas comment un Allemand de 43 ans, Tobias R., a pu tirer sur un bar à chicha de la ville, le Midnight, puis gagner en voiture un deuxième établissement à deux kilomètres, l'Arena Bar.

Là, après avoir sonné à la porte, il a tué cinq personnes présentes dans la zone fumeur, dont une femme, faisant au total neuf morts et six blessés dans ces deux lieux.

- 'Honte' -

Les victimes, dont certaines sont d'origine ou de nationalité étrangère, avaient entre 21 et 44 ans, selon le parquet antiterroriste. Un Bosnien et un Bulgare figurent parmi elles.

"C'est une honte que de telles choses se produisent encore aujourd'hui", déplore Mme Bank, née peu avant l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale.

Un peu plus loin, Ahmed, 30 ans, a du mal à retenir ses larmes.

"C'est un bar tout à fait normal, moi-même je vais y acheter mes cigarettes! (...) Je suis choqué ! Je connais bien certaines des personnes qui étaient là", se lamente-t-il. "J'aurais pu faire partie des victimes".

En fin de matinée, la police scientifique avait dû recouvrir d'une bâche un tag laissé par le tueur présumé faisant la publicité de son site internet personnel sur un mur blanc.

C'est sur son site que Tobias R. a publié un manifeste de 24 pages dans lequel il tient un discours raciste, appelant à l'extermination des peuples de 24 pays, tout en se disant observé depuis l'enfance par une "organisation secrète" et en développant des thèses conspirationnistes.

Au fur et à mesure de la journée, fleurs et bougies ont été déposées près des lieux du drame, toujours barrés par un important dispositif policier.

- Ville multiculturelle -

Plusieurs proches des victimes mais aussi des habitants de la ville s'y sont recueillis tout au long de la journée, se prenant parfois dans les bras, en pleurs.

"Je suis très triste parce que la Hesse et tout particulièrement Hanau est connue pour accueillir des gens de différentes religions et nationalités", gémit Sabuhr Alizadeh, un Afghan de 20 ans, habitant depuis 4 ans dans la ville.

"Bien sûr que tout cela nous inquiète. On ne pense jamais que cela puisse arriver ici, devant notre porte. Quel drame", s'exclame Baran Celik, 27 ans, né a Hanau.

Beaucoup comptent participer à la marche funèbre prévue à partir de 17H00 GMT sur la place du marché, à laquelle se joindront entre autres le chef de l'Etat allemand Frank-Walter Steinmeier et le maire d'Hanau, le social-démocrate Claus Kaminsky.

Dans toute l'Allemagne, plus de 50 rassemblements sont également prévus dans la soirée pour rendre un dernier hommage aux victimes.

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A Hanau après les fusillades, stupeur et interrogations

Le 20 février 2020 à18:40

"J'aurais pu faire partie des victimes!": des dizaines d'habitants sous le choc se sont recueillis jeudi près des lieux de la double fusillade raciste qui a tué neuf personnes à Hanau, près de Francfort.

"J'ai entendu des bruits et je pensais que c'était les derniers pétards du Nouvel an qui étaient utilisés... puis en allant sur mon balcon j'ai vu partout des lumières bleues!", raconte à l'AFP Inge Bank, 82 ans.

Habitante d'Hanau depuis 10 ans, elle ne comprend toujours pas comment un Allemand de 43 ans, Tobias R., a pu tirer sur un bar à chicha de la ville, le Midnight, puis gagner en voiture un deuxième établissement à deux kilomètres, l'Arena Bar.

Là, après avoir sonné à la porte, il a tué cinq personnes présentes dans la zone fumeur, dont une femme, faisant au total neuf morts et six blessés dans ces deux lieux.

- 'Honte' -

Les victimes, dont certaines sont d'origine ou de nationalité étrangère, avaient entre 21 et 44 ans, selon le parquet antiterroriste. Un Bosnien et un Bulgare figurent parmi elles.

"C'est une honte que de telles choses se produisent encore aujourd'hui", déplore Mme Bank, née peu avant l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale.

Un peu plus loin, Ahmed, 30 ans, a du mal à retenir ses larmes.

"C'est un bar tout à fait normal, moi-même je vais y acheter mes cigarettes! (...) Je suis choqué ! Je connais bien certaines des personnes qui étaient là", se lamente-t-il. "J'aurais pu faire partie des victimes".

En fin de matinée, la police scientifique avait dû recouvrir d'une bâche un tag laissé par le tueur présumé faisant la publicité de son site internet personnel sur un mur blanc.

C'est sur son site que Tobias R. a publié un manifeste de 24 pages dans lequel il tient un discours raciste, appelant à l'extermination des peuples de 24 pays, tout en se disant observé depuis l'enfance par une "organisation secrète" et en développant des thèses conspirationnistes.

Au fur et à mesure de la journée, fleurs et bougies ont été déposées près des lieux du drame, toujours barrés par un important dispositif policier.

- Ville multiculturelle -

Plusieurs proches des victimes mais aussi des habitants de la ville s'y sont recueillis tout au long de la journée, se prenant parfois dans les bras, en pleurs.

"Je suis très triste parce que la Hesse et tout particulièrement Hanau est connue pour accueillir des gens de différentes religions et nationalités", gémit Sabuhr Alizadeh, un Afghan de 20 ans, habitant depuis 4 ans dans la ville.

"Bien sûr que tout cela nous inquiète. On ne pense jamais que cela puisse arriver ici, devant notre porte. Quel drame", s'exclame Baran Celik, 27 ans, né a Hanau.

Beaucoup comptent participer à la marche funèbre prévue à partir de 17H00 GMT sur la place du marché, à laquelle se joindront entre autres le chef de l'Etat allemand Frank-Walter Steinmeier et le maire d'Hanau, le social-démocrate Claus Kaminsky.

Dans toute l'Allemagne, plus de 50 rassemblements sont également prévus dans la soirée pour rendre un dernier hommage aux victimes.

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