Budget de l'UE: longue nuit de consulations pour sortir de l'impasse

(AFP)

Le sommet extraordinaire sur le budget de l'UE est entré jeudi soir dans une phase de consultations bilatérales pour permettre au président du Conseil européen Charles Michel de soumettre vendredi aux dirigeants européens une nouvelle proposition de compromis susceptible d'emporter leur adhésion.

Les discussions sont menées dans l'ordre des présidences de l'UE à venir et vont durer une partie de la nuit, a-t-on appris auprès des délégations.

La chancelière Angela Merkel est passée en deuxième position, après le Croate Andrej Plenkovic, suivie par le Portugais Antonio Costa, le Slovène Marjan Sarec et le Français Emmanuel Macron.

Le Luxembourgeois Xavier Bettel, programmé plus tard dans la soirée, est sorti dîner avec sa délégation, imité par plusieurs de ses pairs. Emmanuel Macron a décidé lui aussi de se restaurer dans une brasserie du quartier européen après son entretien avec Charles Michel.

Chacun a exposé ses priorités, ses lignes rouges et ses marges de manœuvres au cours des ces apartés. Charles Michel, dont la mission est de trouver un consensus, va consulter une bonne partie de la nuit avec son équipe.

Le sommet doit reprendre en plénière vendredi, a-t-on appris auprès des négociateurs. L'heure n'a pas encore été fixée.

Les dirigeants européens avaient affiché leurs divergences dès l'ouverture du sommet.

"Le montant global du budget a été fortement attaqué par les pays du nord et la PAC (politique agricole commune) spécifiquement", a-t-on indiqué dans l'entourage de la présidence française.

Parmi ces pays, quatre - Pays-Bas, Danemark, Suède, Autriche - surnommés "les frugaux", ne veulent pas que le niveau total du budget dépasse 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE. Leurs dirigeants ont été reçus ensemble par Charles Michel, après Macron et Merkel.

Ils souhaitent également, avec l'Allemagne, une répartition des ressources plus favorables aux nouvelles priorités (recherche, défense, protection des frontières extérieures...).

Les 27 doivent trouver un compromis sur le niveau global du budget (2021-2027), un peu plus de 1.000 milliards d'euros, et sur sa répartition entre les différentes politiques de l'UE : agriculture, aides aux régions les plus défavorisées, lutte contre le changement climatique, numérique...

- "Inacceptable" -

La proposition de compromis de Charles Michel est de 1,074% du RNB, soit 1.094 milliards d'euros.

Le Brexit a compliqué la donne de cette négociation, qui a lieu tous les 7 ans. En raison du divorce, le budget 2021-2027 devra se passer de la contribution de Londres (entre 60 et 75 milliards d'euros sur sept ans), qui en était le deuxième contributeur derrière l'Allemagne.

L'Allemagne n'est "pas satisfaite" de la proposition de compromis, a affirmé à son arrivée Angela Merkel, "parce que l'équilibre entre les contributeurs nets (qui payent plus qu'ils ne reçoivent) n'a pas encore été correctement négocié".

"Il y a un chemin pour trouver un accord durant ce sommet si tout le monde montre une volonté de compromis et d'ambition", a de son côté assuré Emmanuel Macron.

"Ce chemin peut prendre quelques heures, quelques nuits, quelques jours. J'y suis prêt", a-t-il affirmé. Le président français a dit vouloir "se battre" pour la PAC, alors qu'il est attendu samedi à Paris pour inaugurer le salon de l'agriculture.

Sa position est soutenue par l'Espagne, où les manifestations d'agriculteurs se multiplient.

Politiques traditionnelles de l'Union, la PAC et la politique de cohésion (l'aide aux régions les moins développées) mobilisent environ 60% du budget.

Ces deux enveloppes accusent une baisse globale d'une centaine de milliards d'euros par rapport au précédent budget (2014-2020) dans le premier compromis de Charles Michel .

Une quinzaine de pays de l'Est et du Sud, dont l'Espagne, la Pologne et la Grèce, réunis au sein des "amis de la cohésion", refusent une baisse du financement de cette enveloppe.

Les rabais, dont bénéficient aujourd'hui cinq pays - Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche et Suède - sont un autre sujet de contentieux. Ils représentent 5 milliards d'euros. Mais les pays bénéficiaires sont sous pression de leurs Parlements, où leurs majorités sont fragiles.

Les autres capitales, France en tête, voudraient y mettre fin à la faveur du départ du Royaume-Uni, pays qui a imposé cette pratique au milieu des années 1980.

Le président du Parlement européen David Sassoli, invité à s'exprimer en ouverture de sommet, a aussi fait entendre sa voix. Invité au sommet, il a rappelé que la proposition de Charles Michel était en l'état "inacceptable". Or, tout accord devra être voté par le Parlement.

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Budget de l'UE: longue nuit de consulations pour sortir de l'impasse

Le 20 février 2020 à23:56

Le sommet extraordinaire sur le budget de l'UE est entré jeudi soir dans une phase de consultations bilatérales pour permettre au président du Conseil européen Charles Michel de soumettre vendredi aux dirigeants européens une nouvelle proposition de compromis susceptible d'emporter leur adhésion.

Les discussions sont menées dans l'ordre des présidences de l'UE à venir et vont durer une partie de la nuit, a-t-on appris auprès des délégations.

La chancelière Angela Merkel est passée en deuxième position, après le Croate Andrej Plenkovic, suivie par le Portugais Antonio Costa, le Slovène Marjan Sarec et le Français Emmanuel Macron.

Le Luxembourgeois Xavier Bettel, programmé plus tard dans la soirée, est sorti dîner avec sa délégation, imité par plusieurs de ses pairs. Emmanuel Macron a décidé lui aussi de se restaurer dans une brasserie du quartier européen après son entretien avec Charles Michel.

Chacun a exposé ses priorités, ses lignes rouges et ses marges de manœuvres au cours des ces apartés. Charles Michel, dont la mission est de trouver un consensus, va consulter une bonne partie de la nuit avec son équipe.

Le sommet doit reprendre en plénière vendredi, a-t-on appris auprès des négociateurs. L'heure n'a pas encore été fixée.

Les dirigeants européens avaient affiché leurs divergences dès l'ouverture du sommet.

"Le montant global du budget a été fortement attaqué par les pays du nord et la PAC (politique agricole commune) spécifiquement", a-t-on indiqué dans l'entourage de la présidence française.

Parmi ces pays, quatre - Pays-Bas, Danemark, Suède, Autriche - surnommés "les frugaux", ne veulent pas que le niveau total du budget dépasse 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE. Leurs dirigeants ont été reçus ensemble par Charles Michel, après Macron et Merkel.

Ils souhaitent également, avec l'Allemagne, une répartition des ressources plus favorables aux nouvelles priorités (recherche, défense, protection des frontières extérieures...).

Les 27 doivent trouver un compromis sur le niveau global du budget (2021-2027), un peu plus de 1.000 milliards d'euros, et sur sa répartition entre les différentes politiques de l'UE : agriculture, aides aux régions les plus défavorisées, lutte contre le changement climatique, numérique...

- "Inacceptable" -

La proposition de compromis de Charles Michel est de 1,074% du RNB, soit 1.094 milliards d'euros.

Le Brexit a compliqué la donne de cette négociation, qui a lieu tous les 7 ans. En raison du divorce, le budget 2021-2027 devra se passer de la contribution de Londres (entre 60 et 75 milliards d'euros sur sept ans), qui en était le deuxième contributeur derrière l'Allemagne.

L'Allemagne n'est "pas satisfaite" de la proposition de compromis, a affirmé à son arrivée Angela Merkel, "parce que l'équilibre entre les contributeurs nets (qui payent plus qu'ils ne reçoivent) n'a pas encore été correctement négocié".

"Il y a un chemin pour trouver un accord durant ce sommet si tout le monde montre une volonté de compromis et d'ambition", a de son côté assuré Emmanuel Macron.

"Ce chemin peut prendre quelques heures, quelques nuits, quelques jours. J'y suis prêt", a-t-il affirmé. Le président français a dit vouloir "se battre" pour la PAC, alors qu'il est attendu samedi à Paris pour inaugurer le salon de l'agriculture.

Sa position est soutenue par l'Espagne, où les manifestations d'agriculteurs se multiplient.

Politiques traditionnelles de l'Union, la PAC et la politique de cohésion (l'aide aux régions les moins développées) mobilisent environ 60% du budget.

Ces deux enveloppes accusent une baisse globale d'une centaine de milliards d'euros par rapport au précédent budget (2014-2020) dans le premier compromis de Charles Michel .

Une quinzaine de pays de l'Est et du Sud, dont l'Espagne, la Pologne et la Grèce, réunis au sein des "amis de la cohésion", refusent une baisse du financement de cette enveloppe.

Les rabais, dont bénéficient aujourd'hui cinq pays - Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Autriche et Suède - sont un autre sujet de contentieux. Ils représentent 5 milliards d'euros. Mais les pays bénéficiaires sont sous pression de leurs Parlements, où leurs majorités sont fragiles.

Les autres capitales, France en tête, voudraient y mettre fin à la faveur du départ du Royaume-Uni, pays qui a imposé cette pratique au milieu des années 1980.

Le président du Parlement européen David Sassoli, invité à s'exprimer en ouverture de sommet, a aussi fait entendre sa voix. Invité au sommet, il a rappelé que la proposition de Charles Michel était en l'état "inacceptable". Or, tout accord devra être voté par le Parlement.

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