Entretiens Trump-Modi à Delhi, théâtre de violences intercommunautaires

(AFP)

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre indien Narendra Modi ont affiché mardi leur complicité mais présenté peu d'avancées concrètes depuis New Delhi, théâtre de heurts intercommunautaires.

Au moment où le milliardaire républicain achevait sa visite de deux jours en Inde, la tension restait vive dans le nord-est de la capitale où des violences ont éclaté dimanche.

Ces émeutes ont fait à ce jour sept morts et plus de 90 blessés, a indiqué à l'AFP une source policière.

Partisans et opposants d'une loi controversée sur la citoyenneté, qui inquiète les musulmans indiens et est au centre d'un vaste mouvement de manifestations depuis décembre, s'affrontent dans des quartiers populaires à majorité musulmane de la capitale. Les télévisions locales diffusaient des images de saccages, de véhicules et bâtiments brûlés.

Ayant longuement fait l'éloge de la diversité culturelle et religieuse de l'Inde lundi, Donald Trump a une nouvelle fois mardi loué son "grand ami" Narendra Modi lors d'une allocution aux côtés du nationaliste hindou, en conclusion d'une matinée d'entretiens.

L'Inde représente un allié stratégique pour les États-Unis en Asie, qui voient en elle un potentiel contrepoids à la montée en puissance de la Chine dans la région.

Le locataire de la Maison Blanche a évoqué "d'énormes progrès" vers un grand accord commercial entre l'Inde et les États-Unis, mais est resté extrêmement évasif sur le calendrier.

Les deux nations se livrent depuis plusieurs mois un bras de fer autour de leurs échanges de biens et services, frappant leurs produits respectifs de taxes douanières. Cette dispute est de bien moindre ampleur que la guerre commerciale avec la Chine, mais n'en génère pas moins des interférences sur la ligne New Delhi-Washington.

"Nous avons discuté de tous les aspects de cette relation: commerce, connectivité globale, liens entre les peuples, intensifier la coopération dans le domaine de la sécurité et la défense", a déclaré Narendra Modi, qui a déroulé le tapis rouge à son hôte américain.

Les deux hommes, qui mettent soigneusement en scène leur alchimie personnelle, ont formalisé l'achat par New Delhi d'hélicoptères militaires américains pour un montant d'environ trois milliards de dollars.

Si M. Trump n'a à aucun moment abordé en public la question de la liberté religieuse, il avait, selon un haut responsable américain, l'intention d'évoquer le dossier en privé avec le dirigeant indien. "C'est une question extrêmement importante pour cette présidence", a-t-on souligné de même source.

- Crispation politico-religieuse -

En décembre, le gouvernement indien a passé une loi facilitant l'attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu'ils ne soient pas musulmans, ce que ses détracteurs considèrent discriminatoire.

Cette législation a été la goutte qui a fait déborder le vase. Une partie des Indiens s'inquiète de la crispation politico-religieuse du pays de 1,3 milliard d'habitants sous la direction des nationalistes hindous de Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014 et largement réélu l'année dernière

Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80% de la population. Violemment réprimé, le mouvement de contestation contre le "Citizenship Amendment Act" a déjà causé la mort d'une trentaine de personnes.

Donald Trump doit s'exprimer lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi. Au-delà des tractations commerciales avec Delhi, le possible accord de paix en Afghanistan avec les talibans et la campagne américaine en vue de la présidentielle du 3 novembre devraient figurer en bonne place.

La première journée du président américain en Inde a donné lieu lundi à une réception grandiose et haute en couleurs de la part des autorités indiennes.

Meeting géant dans un stade de cricket, visite de l'ashram de Gandhi, coucher de soleil au Taj Mahal: le géant d'Asie du Sud a réservé un accueil en grande pompe à l'impétueux milliardaire républicain, charmé par cet "accueil phénoménal" selon ses propres mots.

Donald Trump et Narendra Modi ont notamment donné un meeting conjoint devant plus de 100.000 personnes, réunies pour l'occasion dans le plus grand stade de cricket du monde à Ahmedabad (Gujarat, ouest).

La Première dame Melania Trump s'est elle rendue mardi dans une école de la capitale indienne pour assister à un "cours de bonheur", où les enfants méditent pour devenir de meilleurs élèves et citoyens.

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Entretiens Trump-Modi à Delhi, théâtre de violences intercommunautaires

Le 25 février 2020 à11:03

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre indien Narendra Modi ont affiché mardi leur complicité mais présenté peu d'avancées concrètes depuis New Delhi, théâtre de heurts intercommunautaires.

Au moment où le milliardaire républicain achevait sa visite de deux jours en Inde, la tension restait vive dans le nord-est de la capitale où des violences ont éclaté dimanche.

Ces émeutes ont fait à ce jour sept morts et plus de 90 blessés, a indiqué à l'AFP une source policière.

Partisans et opposants d'une loi controversée sur la citoyenneté, qui inquiète les musulmans indiens et est au centre d'un vaste mouvement de manifestations depuis décembre, s'affrontent dans des quartiers populaires à majorité musulmane de la capitale. Les télévisions locales diffusaient des images de saccages, de véhicules et bâtiments brûlés.

Ayant longuement fait l'éloge de la diversité culturelle et religieuse de l'Inde lundi, Donald Trump a une nouvelle fois mardi loué son "grand ami" Narendra Modi lors d'une allocution aux côtés du nationaliste hindou, en conclusion d'une matinée d'entretiens.

L'Inde représente un allié stratégique pour les États-Unis en Asie, qui voient en elle un potentiel contrepoids à la montée en puissance de la Chine dans la région.

Le locataire de la Maison Blanche a évoqué "d'énormes progrès" vers un grand accord commercial entre l'Inde et les États-Unis, mais est resté extrêmement évasif sur le calendrier.

Les deux nations se livrent depuis plusieurs mois un bras de fer autour de leurs échanges de biens et services, frappant leurs produits respectifs de taxes douanières. Cette dispute est de bien moindre ampleur que la guerre commerciale avec la Chine, mais n'en génère pas moins des interférences sur la ligne New Delhi-Washington.

"Nous avons discuté de tous les aspects de cette relation: commerce, connectivité globale, liens entre les peuples, intensifier la coopération dans le domaine de la sécurité et la défense", a déclaré Narendra Modi, qui a déroulé le tapis rouge à son hôte américain.

Les deux hommes, qui mettent soigneusement en scène leur alchimie personnelle, ont formalisé l'achat par New Delhi d'hélicoptères militaires américains pour un montant d'environ trois milliards de dollars.

Si M. Trump n'a à aucun moment abordé en public la question de la liberté religieuse, il avait, selon un haut responsable américain, l'intention d'évoquer le dossier en privé avec le dirigeant indien. "C'est une question extrêmement importante pour cette présidence", a-t-on souligné de même source.

- Crispation politico-religieuse -

En décembre, le gouvernement indien a passé une loi facilitant l'attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu'ils ne soient pas musulmans, ce que ses détracteurs considèrent discriminatoire.

Cette législation a été la goutte qui a fait déborder le vase. Une partie des Indiens s'inquiète de la crispation politico-religieuse du pays de 1,3 milliard d'habitants sous la direction des nationalistes hindous de Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014 et largement réélu l'année dernière

Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80% de la population. Violemment réprimé, le mouvement de contestation contre le "Citizenship Amendment Act" a déjà causé la mort d'une trentaine de personnes.

Donald Trump doit s'exprimer lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi. Au-delà des tractations commerciales avec Delhi, le possible accord de paix en Afghanistan avec les talibans et la campagne américaine en vue de la présidentielle du 3 novembre devraient figurer en bonne place.

La première journée du président américain en Inde a donné lieu lundi à une réception grandiose et haute en couleurs de la part des autorités indiennes.

Meeting géant dans un stade de cricket, visite de l'ashram de Gandhi, coucher de soleil au Taj Mahal: le géant d'Asie du Sud a réservé un accueil en grande pompe à l'impétueux milliardaire républicain, charmé par cet "accueil phénoménal" selon ses propres mots.

Donald Trump et Narendra Modi ont notamment donné un meeting conjoint devant plus de 100.000 personnes, réunies pour l'occasion dans le plus grand stade de cricket du monde à Ahmedabad (Gujarat, ouest).

La Première dame Melania Trump s'est elle rendue mardi dans une école de la capitale indienne pour assister à un "cours de bonheur", où les enfants méditent pour devenir de meilleurs élèves et citoyens.

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