Mort du dernier maréchal soviétique et figure du putsch anti-Gorbatchev

(AFP)

Le dernier maréchal de l'Union soviétique et ancien ministre de la Défense, Dmitri Iazov, impliqué dans le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev et la répression des indépendantismes dans les derniers années de l'URSS, est décédé mardi à 95 ans.

En Russie, il restait une figure révérée. Le 4 février dernier, très affaibli, ne pouvant se lever de son fauteuil, il recevait encore une décoration "pour services rendus à la patrie".

Le président Vladimir Poutine, qui l'a décoré à plusieurs reprises ces dernières années, a déploré mardi la perte d'un "homme d'un courage exceptionnel" qui a "consacré toute sa vie au renforcement des forces armées (...) et à la sécurité nationale de son pays".

Le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a salué "une personne légendaire". Ses obsèques sont prévues jeudi dans un cimetière militaire près de Moscou.

Iazov était le dernier responsable militaire promu au grade de maréchal de l'URSS et était aussi le dernier encore en vie.

- Sauver l'URSS -

Ministre de la Défense de l'URSS entre 1987 et 1991, il reste célèbre pour avoir participé au putsch manqué contre le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev en août 1991, un an après avoir été promu maréchal. Une tentative de coup d'Etat de communistes conservateurs, opposés à la réforme d'une Union soviétique en crise.

Les putschistes, assurant que M. Gorbatchev était "incapable d'assumer ses fonctions pour raisons de santé", avaient proclamé l'état d'urgence, rétabli la censure et fait entrer les chars dans Moscou.

Le coup échoua et les putschistes furent arrêtés. Ces événements scellèrent le sort d'une URSS, affaiblie par la crise économique et les indépendantismes. L'Union soviétique sera finalement dissoute en décembre 1991.

Dmitri Iazov avait accusé Mikhaïl Gorbatchev de vouloir détruire l'URSS pour "faire plaisir" aux Etats-Unis et assuré avoir voulu sauver sa patrie. Il sera finalement libéré de prison en 1993 et amnistié en 1994.

Interrogé en 2019 par le quotidien populaire Komsomolskaïa pravda, il avait encore expliqué que c'est la "menace de démembrement du pays" qui l'avait conduit à tenter de renverser le dirigeant soviétique.

Après ce décès, il ne reste qu'un seul putschiste en vie, Oleg Baklanov, un ancien haut fonctionnaire et ministre de l'URSS.

Les autorités russes actuelles ne rappellent guère le rôle de Iazov dans ces évènements, sa biographie officielle sur le site du ministère de la Défense ne mentionnant même pas sa participation active au putsch raté.

Le ministre Sergueï Choïgou a même jugé mardi que son lointain prédécesseur "avait rempli ses fonctions de manière honorable durant une période difficile".

- Répressions de Vilnius et Bakou -

Ailleurs en ex-URSS, Iazov reste une figure honnie pour avoir commandé la répression des indépendantismes qui déstabilisaient l'empire soviétique. Là, il agissait sous les ordres de M. Gorbatchev.

En Lituanie, il a été condamné à dix ans de prison par contumace en 2019 pour son rôle, en tant que ministre soviétique de la Défense, dans la répression en janvier 1991 du mouvement indépendantiste qui fit 14 morts et plus de 700 blessés.

Réagissant à son décès, le premier président post-communiste de la Lituanie, Vytautas Landsbergis, s'est dit satisfait qu'il a été condamné avant sa mort.

"Iazov était l'un des plus hauts responsables de l'Union soviétique dont le rôle dans le massacre du 13 janvier a été correctement évalué. Je regrette que le rôle de Gorbatchev n'ait pas fait l'objet d'une enquête", a-t-il dit à l'AFP.

Le maréchal a aussi été au coeur d'une répression sanglante d'un mouvement indépendantiste en Azerbaïdjan en janvier 1990. Ce "Janvier Noir" fit au moins 147 morts parmi les civils et 800 blessés.

Pour Issa Gambar, figure de l'indépendantisme azerbaïdjanais, le défunt "restera un criminel" dans la mémoire azerbaïdjanaise.

Né le 8 novembre 1924 dans un petit village dans la région d'Omsk, en Sibérie, Dmitri Iazov a adhéré les rangs de l'Armée rouge à 17 ans, en pleine Seconde guerre mondiale, à laquelle il survit malgré de nombreuses blessures. Il ainsi gardé un éclat d'obus dans la tête jusqu'à sa mort.

Il occupera de nombreuses fonctions dans l'armée, des Caraïbes à l'Extrême Orient russe en passant par la Tchécoslovaquie.

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Mort du dernier maréchal soviétique et figure du putsch anti-Gorbatchev

Le 25 février 2020 à12:19

Le dernier maréchal de l'Union soviétique et ancien ministre de la Défense, Dmitri Iazov, impliqué dans le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev et la répression des indépendantismes dans les derniers années de l'URSS, est décédé mardi à 95 ans.

En Russie, il restait une figure révérée. Le 4 février dernier, très affaibli, ne pouvant se lever de son fauteuil, il recevait encore une décoration "pour services rendus à la patrie".

Le président Vladimir Poutine, qui l'a décoré à plusieurs reprises ces dernières années, a déploré mardi la perte d'un "homme d'un courage exceptionnel" qui a "consacré toute sa vie au renforcement des forces armées (...) et à la sécurité nationale de son pays".

Le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, a salué "une personne légendaire". Ses obsèques sont prévues jeudi dans un cimetière militaire près de Moscou.

Iazov était le dernier responsable militaire promu au grade de maréchal de l'URSS et était aussi le dernier encore en vie.

- Sauver l'URSS -

Ministre de la Défense de l'URSS entre 1987 et 1991, il reste célèbre pour avoir participé au putsch manqué contre le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev en août 1991, un an après avoir été promu maréchal. Une tentative de coup d'Etat de communistes conservateurs, opposés à la réforme d'une Union soviétique en crise.

Les putschistes, assurant que M. Gorbatchev était "incapable d'assumer ses fonctions pour raisons de santé", avaient proclamé l'état d'urgence, rétabli la censure et fait entrer les chars dans Moscou.

Le coup échoua et les putschistes furent arrêtés. Ces événements scellèrent le sort d'une URSS, affaiblie par la crise économique et les indépendantismes. L'Union soviétique sera finalement dissoute en décembre 1991.

Dmitri Iazov avait accusé Mikhaïl Gorbatchev de vouloir détruire l'URSS pour "faire plaisir" aux Etats-Unis et assuré avoir voulu sauver sa patrie. Il sera finalement libéré de prison en 1993 et amnistié en 1994.

Interrogé en 2019 par le quotidien populaire Komsomolskaïa pravda, il avait encore expliqué que c'est la "menace de démembrement du pays" qui l'avait conduit à tenter de renverser le dirigeant soviétique.

Après ce décès, il ne reste qu'un seul putschiste en vie, Oleg Baklanov, un ancien haut fonctionnaire et ministre de l'URSS.

Les autorités russes actuelles ne rappellent guère le rôle de Iazov dans ces évènements, sa biographie officielle sur le site du ministère de la Défense ne mentionnant même pas sa participation active au putsch raté.

Le ministre Sergueï Choïgou a même jugé mardi que son lointain prédécesseur "avait rempli ses fonctions de manière honorable durant une période difficile".

- Répressions de Vilnius et Bakou -

Ailleurs en ex-URSS, Iazov reste une figure honnie pour avoir commandé la répression des indépendantismes qui déstabilisaient l'empire soviétique. Là, il agissait sous les ordres de M. Gorbatchev.

En Lituanie, il a été condamné à dix ans de prison par contumace en 2019 pour son rôle, en tant que ministre soviétique de la Défense, dans la répression en janvier 1991 du mouvement indépendantiste qui fit 14 morts et plus de 700 blessés.

Réagissant à son décès, le premier président post-communiste de la Lituanie, Vytautas Landsbergis, s'est dit satisfait qu'il a été condamné avant sa mort.

"Iazov était l'un des plus hauts responsables de l'Union soviétique dont le rôle dans le massacre du 13 janvier a été correctement évalué. Je regrette que le rôle de Gorbatchev n'ait pas fait l'objet d'une enquête", a-t-il dit à l'AFP.

Le maréchal a aussi été au coeur d'une répression sanglante d'un mouvement indépendantiste en Azerbaïdjan en janvier 1990. Ce "Janvier Noir" fit au moins 147 morts parmi les civils et 800 blessés.

Pour Issa Gambar, figure de l'indépendantisme azerbaïdjanais, le défunt "restera un criminel" dans la mémoire azerbaïdjanaise.

Né le 8 novembre 1924 dans un petit village dans la région d'Omsk, en Sibérie, Dmitri Iazov a adhéré les rangs de l'Armée rouge à 17 ans, en pleine Seconde guerre mondiale, à laquelle il survit malgré de nombreuses blessures. Il ainsi gardé un éclat d'obus dans la tête jusqu'à sa mort.

Il occupera de nombreuses fonctions dans l'armée, des Caraïbes à l'Extrême Orient russe en passant par la Tchécoslovaquie.

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