Les marchés mondiaux s'enlisent, la nervosité s'accroît face au coronavirus

(AFP)

Les indices boursiers mondiaux s'enfonçaient dans la dépression jeudi, balayant la furtive stabilisation de la veille, tandis que l'épidémie de nouveau coronavirus s'étend à travers la planète.

Tokyo a donné le la avec une chute de plus de 2% face aux menaces grandissantes que fait peser la crise sanitaire sur l'organisation des Jeux olympiques.

Plus tard dans la journée, Wall Street a également plongé à l'ouverture, avec un net recul du Dow Jones (-1,90%) et du Nasdaq (-2,64%). Ces deux indices accusent des pertes respectives de plus de 9% et 7% en une semaine.

Mis à rude épreuve depuis lundi, les marchés européens de leur côté repartaient fortement à la baisse. A 14H35 GMT, le rouge dominait à Paris (-3,86%), à Londres (-3,27%), à Francfort (-3,58%), à Milan (-3,05%) ou à Madrid (-3,63%).

En une semaine, l'Euro Stoxx, l'indice boursier rassemblant des grandes valeurs de la zone euro, affiche désormais près de 10% de recul (-9,81%).

Dans le même temps, le pétrole poursuivait sa dégringolade jeudi et chutait de plus de 4%.

Outre les inquiétudes croissantes liées au coronavirus, les marchés affrontent des "vents de panique sur des seuils techniques" qui entraînent "des ventes forcées", c'est-à-dire intervenant automatiquement en se basant sur des algorithmes, explique à l'AFP Laurent Gaetani, gérant chez Degroof Petercam.

L'anxiété des investisseurs grimpe à mesure que l'épidémie de Covid-19 se répand à travers la planète et "si jamais le coronavirus devait arriver vraiment aux Etats-Unis, il est possible que la chute s'accentue", même si le président américain Donald Trump s'est voulu rassurant mercredi soir, poursuit le spécialiste.

Dans ce contexte sanitaire tendu, "les indicateurs ne sont pas du tout pris en compte dans les cours de bourse", souligne-t-il.

Le nouveau coronavirus a contaminé plus de 81.000 personnes et fait plus de 2.760 morts dans le monde. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé a estimé jeudi que l'épidémie a atteint un "point décisif", appelant les pays à agir "rapidement" pour endiguer ce "virus très dangereux".

L'épidémie semble avoir atteint un pic en Chine où le nombre de décès quotidiens continue de diminuer. Mais le Covid-19 concerne désormais une quarantaine d'autres nations.

Symbole s'il en est, l'Arabie saoudite a suspendu l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à la Mecque. Le nouveau coronavirus a également débarqué en Amérique latine, en débutant par le Brésil.

- L'espoir de mesures de soutien -

Face à cette diffusion, plus personne ne doute de l'impact de l'épidémie sur la croissance mondiale, même s'il est encore difficile à évaluer.

D'ores et déjà, nombre d'entreprises ont révisé leurs objectifs à la baisse ou fait montre de prudence en faisant sans aucune ambiguïté le lien avec le coronavirus, à l'instar de la banque Standard Chartered, du numéro un mondial de la bière AB InBev, ou du groupe aérien Air France-KLM.

Dans l'UE, Bruxelles envisage de proposer dans un mois, si c'est nécessaire, "des mesures d'accompagnement" aux secteurs économiques fragilisés par le coronavirus, a indiqué jeudi le commissaire européen à l'Industrie, Thierry Breton.

"Une réponse de politique monétaire est possible, les marchés jouent avec l'idée de baisse des taux aux Etats-Unis" pour soutenir l'économie, écrit aussi La Banque Postale Asset Management dans une note.

Sur les indices, toutes ces nouvelles secouaient en particulier les secteurs liés au tourisme.

A l'inverse les valeurs refuges faisaient le plein, à commencer par la dette des pays les plus solides. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne descendait nettement, signe d'une forte demande, tout comme celui des Etats-Unis évoluait à de nouveaux plus bas historiques à 1,26%.

Comme le soulignait Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group, actuellement "il y a peu d'endroits où se réfugier avec un coronavirus qui prend toute la lumière sur les marchés".

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Les marchés mondiaux s'enlisent, la nervosité s'accroît face au coronavirus

Le 27 février 2020 à16:24

Les indices boursiers mondiaux s'enfonçaient dans la dépression jeudi, balayant la furtive stabilisation de la veille, tandis que l'épidémie de nouveau coronavirus s'étend à travers la planète.

Tokyo a donné le la avec une chute de plus de 2% face aux menaces grandissantes que fait peser la crise sanitaire sur l'organisation des Jeux olympiques.

Plus tard dans la journée, Wall Street a également plongé à l'ouverture, avec un net recul du Dow Jones (-1,90%) et du Nasdaq (-2,64%). Ces deux indices accusent des pertes respectives de plus de 9% et 7% en une semaine.

Mis à rude épreuve depuis lundi, les marchés européens de leur côté repartaient fortement à la baisse. A 14H35 GMT, le rouge dominait à Paris (-3,86%), à Londres (-3,27%), à Francfort (-3,58%), à Milan (-3,05%) ou à Madrid (-3,63%).

En une semaine, l'Euro Stoxx, l'indice boursier rassemblant des grandes valeurs de la zone euro, affiche désormais près de 10% de recul (-9,81%).

Dans le même temps, le pétrole poursuivait sa dégringolade jeudi et chutait de plus de 4%.

Outre les inquiétudes croissantes liées au coronavirus, les marchés affrontent des "vents de panique sur des seuils techniques" qui entraînent "des ventes forcées", c'est-à-dire intervenant automatiquement en se basant sur des algorithmes, explique à l'AFP Laurent Gaetani, gérant chez Degroof Petercam.

L'anxiété des investisseurs grimpe à mesure que l'épidémie de Covid-19 se répand à travers la planète et "si jamais le coronavirus devait arriver vraiment aux Etats-Unis, il est possible que la chute s'accentue", même si le président américain Donald Trump s'est voulu rassurant mercredi soir, poursuit le spécialiste.

Dans ce contexte sanitaire tendu, "les indicateurs ne sont pas du tout pris en compte dans les cours de bourse", souligne-t-il.

Le nouveau coronavirus a contaminé plus de 81.000 personnes et fait plus de 2.760 morts dans le monde. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé a estimé jeudi que l'épidémie a atteint un "point décisif", appelant les pays à agir "rapidement" pour endiguer ce "virus très dangereux".

L'épidémie semble avoir atteint un pic en Chine où le nombre de décès quotidiens continue de diminuer. Mais le Covid-19 concerne désormais une quarantaine d'autres nations.

Symbole s'il en est, l'Arabie saoudite a suspendu l'entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à la Mecque. Le nouveau coronavirus a également débarqué en Amérique latine, en débutant par le Brésil.

- L'espoir de mesures de soutien -

Face à cette diffusion, plus personne ne doute de l'impact de l'épidémie sur la croissance mondiale, même s'il est encore difficile à évaluer.

D'ores et déjà, nombre d'entreprises ont révisé leurs objectifs à la baisse ou fait montre de prudence en faisant sans aucune ambiguïté le lien avec le coronavirus, à l'instar de la banque Standard Chartered, du numéro un mondial de la bière AB InBev, ou du groupe aérien Air France-KLM.

Dans l'UE, Bruxelles envisage de proposer dans un mois, si c'est nécessaire, "des mesures d'accompagnement" aux secteurs économiques fragilisés par le coronavirus, a indiqué jeudi le commissaire européen à l'Industrie, Thierry Breton.

"Une réponse de politique monétaire est possible, les marchés jouent avec l'idée de baisse des taux aux Etats-Unis" pour soutenir l'économie, écrit aussi La Banque Postale Asset Management dans une note.

Sur les indices, toutes ces nouvelles secouaient en particulier les secteurs liés au tourisme.

A l'inverse les valeurs refuges faisaient le plein, à commencer par la dette des pays les plus solides. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne descendait nettement, signe d'une forte demande, tout comme celui des Etats-Unis évoluait à de nouveaux plus bas historiques à 1,26%.

Comme le soulignait Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group, actuellement "il y a peu d'endroits où se réfugier avec un coronavirus qui prend toute la lumière sur les marchés".

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