Syrie: les rebelles contre-attaquent à Idleb mais le régime continue d'avancer

(AFP)

Jihadistes et rebelles ont repris jeudi aux forces du régime une ville stratégique de la province d'Idleb, infligeant un revers au régime de Bachar al-Assad dans son offensive contre cette région du nord-ouest du pays qui a de nouveau tué sept civils.

Malgré cette contre-attaque, les forces du régime, soutenues par la Russie, ont repris 20 localités et villages ailleurs dans la province, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Sept civils, dont trois enfants, ont péri dans des bombardements syriens et russes sur la province d'Idleb, d'après la même source.

Depuis décembre, plus de 400 civils ont été tués dans l'assaut selon l'OSDH et plus de 948.000 personnes, dont plus d'un demi-million d'enfants, ont été déplacées d'après l'ONU.

Jeudi, les membres occidentaux du Conseil de sécurité de l'ONU ont réclamé un "cessez-le-feu humanitaire", resté lettre mort face au refus de la Russie.

Sur le terrain, les rebelles sont entrés le matin dans Saraqeb, ville de l'est de la province d'Idleb, selon un correspondant de l'AFP les accompagnant. Les insurgés se sont déployés en grand nombre dans les rues de la ville en ruines et totalement vidée de ses habitants.

Saraqeb, qui avait été reconquise le 8 février par le régime, se trouve à la jonction de deux autoroutes que le pouvoir veut sécuriser pour consolider son emprise dans le nord du pays.

En reprenant la ville, jihadistes et rebelles coupent l'autoroute M5 reliant la capitale Damas à la métropole d'Alep (nord).

- Trois soldats turcs tués -

L'OSDH a également fait état de la reprise "par les jihadistes et les rebelles" de Saraqeb. Des raids aériens russes sont menés aux abords de la ville, a ajouté l'ONG.

A Damas, l'agence de presse officielle Sana a rapporté "des affrontements violents" entre l'armée et "des groupes terroristes sur l'axe de Saraqeb". "Le régime turc fournit un soutien aux terroristes (...) sur l'axe de Saraqeb", a affirmé une source militaire citée par Sana.

Dans une apparente allusion aux développements sur le terrain, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé jeudi que "la situation prenait une tournure favorable".

La Turquie continue d'envoyer des renforts dans le nord-ouest syrien, réclamant un arrêt de l'offensive du régime.

Les affrontements sont devenus quasi-routiniers entre soldats turcs et forces syriennes.

Jeudi, le ministère turc de la Défense a annoncé la mort de trois soldats à Idleb, tués dans une frappe aérienne, portant à 20 le nombre de soldats turcs tués dans la région depuis début février.

Alors que des discussions sur la Syrie se poursuivaient jeudi à Ankara entre militaires et diplomates russes et turques, Moscou a accusé la Turquie de violer un accord en soutenant militairement des rebelles.

"En violation des accords de Sotchi, la partie turque continue de soutenir des groupes armés illégaux dans la zone de désescalade d'Idleb par des tirs d'artillerie", a déclaré le ministère russe de la Défense, indiquant que la Turquie avait également recours à des drones.

MM. Erdogan et Poutine avaient conclu en 2018 à Sotchi un accord instaurant une "zone démilitarisée" à Idleb censée séparer les positions du régime de celles des rebelles et des jihadistes.

- "Assaut contre les civils" -

A l'ONU, le désaccord reste total entre les pays occidentaux et la Russie.

"Le déplacement de près d'un million de personnes en seulement trois mois, le meurtre de centaines de civils, la souffrance quotidienne de centaines de milliers d'enfants doivent cesser", ont souligné dans une déclaration conjointe le vice-Premier ministre belge, Alexander De Croo, et le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a jugé pour sa part que "la seule solution à long terme, c'est de chasser les terroristes du pays".

Le Comité international de Secours a estimé jeudi que "les parties en conflit doivent ressentir la pression pour mettre fin à cet assaut contre les civils".

"Nous avons un besoin désespéré d'une cessation des hostilités" et de "pauses humanitaires régulières", a martelé la directrice de l'Unicef, Henrietta Fore.

Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) dominent encore la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants dans celles d'Alep, de Hama et de Lattaquié.

A la faveur de son offensive, le régime a reconquis "tout le sud de la province d'Idleb", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant que "cette progression rapproche le régime de Jisr al-Choughour".

Pour des experts, la bataille de Jisr al-Choughour risque de s'avérer ardue pour le régime.

La ville est dominée par les jihadistes du Parti islamique du Turkestan (TIP), dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine.

Ces dernières années, Damas a multiplié les victoires jusqu'à reprendre le contrôle de plus de 70% du pays.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques, la guerre a fait plus de 380.000 morts.

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Syrie: les rebelles contre-attaquent à Idleb mais le régime continue d'avancer

Le 27 février 2020 à20:45

Jihadistes et rebelles ont repris jeudi aux forces du régime une ville stratégique de la province d'Idleb, infligeant un revers au régime de Bachar al-Assad dans son offensive contre cette région du nord-ouest du pays qui a de nouveau tué sept civils.

Malgré cette contre-attaque, les forces du régime, soutenues par la Russie, ont repris 20 localités et villages ailleurs dans la province, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Sept civils, dont trois enfants, ont péri dans des bombardements syriens et russes sur la province d'Idleb, d'après la même source.

Depuis décembre, plus de 400 civils ont été tués dans l'assaut selon l'OSDH et plus de 948.000 personnes, dont plus d'un demi-million d'enfants, ont été déplacées d'après l'ONU.

Jeudi, les membres occidentaux du Conseil de sécurité de l'ONU ont réclamé un "cessez-le-feu humanitaire", resté lettre mort face au refus de la Russie.

Sur le terrain, les rebelles sont entrés le matin dans Saraqeb, ville de l'est de la province d'Idleb, selon un correspondant de l'AFP les accompagnant. Les insurgés se sont déployés en grand nombre dans les rues de la ville en ruines et totalement vidée de ses habitants.

Saraqeb, qui avait été reconquise le 8 février par le régime, se trouve à la jonction de deux autoroutes que le pouvoir veut sécuriser pour consolider son emprise dans le nord du pays.

En reprenant la ville, jihadistes et rebelles coupent l'autoroute M5 reliant la capitale Damas à la métropole d'Alep (nord).

- Trois soldats turcs tués -

L'OSDH a également fait état de la reprise "par les jihadistes et les rebelles" de Saraqeb. Des raids aériens russes sont menés aux abords de la ville, a ajouté l'ONG.

A Damas, l'agence de presse officielle Sana a rapporté "des affrontements violents" entre l'armée et "des groupes terroristes sur l'axe de Saraqeb". "Le régime turc fournit un soutien aux terroristes (...) sur l'axe de Saraqeb", a affirmé une source militaire citée par Sana.

Dans une apparente allusion aux développements sur le terrain, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé jeudi que "la situation prenait une tournure favorable".

La Turquie continue d'envoyer des renforts dans le nord-ouest syrien, réclamant un arrêt de l'offensive du régime.

Les affrontements sont devenus quasi-routiniers entre soldats turcs et forces syriennes.

Jeudi, le ministère turc de la Défense a annoncé la mort de trois soldats à Idleb, tués dans une frappe aérienne, portant à 20 le nombre de soldats turcs tués dans la région depuis début février.

Alors que des discussions sur la Syrie se poursuivaient jeudi à Ankara entre militaires et diplomates russes et turques, Moscou a accusé la Turquie de violer un accord en soutenant militairement des rebelles.

"En violation des accords de Sotchi, la partie turque continue de soutenir des groupes armés illégaux dans la zone de désescalade d'Idleb par des tirs d'artillerie", a déclaré le ministère russe de la Défense, indiquant que la Turquie avait également recours à des drones.

MM. Erdogan et Poutine avaient conclu en 2018 à Sotchi un accord instaurant une "zone démilitarisée" à Idleb censée séparer les positions du régime de celles des rebelles et des jihadistes.

- "Assaut contre les civils" -

A l'ONU, le désaccord reste total entre les pays occidentaux et la Russie.

"Le déplacement de près d'un million de personnes en seulement trois mois, le meurtre de centaines de civils, la souffrance quotidienne de centaines de milliers d'enfants doivent cesser", ont souligné dans une déclaration conjointe le vice-Premier ministre belge, Alexander De Croo, et le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a jugé pour sa part que "la seule solution à long terme, c'est de chasser les terroristes du pays".

Le Comité international de Secours a estimé jeudi que "les parties en conflit doivent ressentir la pression pour mettre fin à cet assaut contre les civils".

"Nous avons un besoin désespéré d'une cessation des hostilités" et de "pauses humanitaires régulières", a martelé la directrice de l'Unicef, Henrietta Fore.

Les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) dominent encore la moitié de la province d'Idleb et des secteurs attenants dans celles d'Alep, de Hama et de Lattaquié.

A la faveur de son offensive, le régime a reconquis "tout le sud de la province d'Idleb", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant que "cette progression rapproche le régime de Jisr al-Choughour".

Pour des experts, la bataille de Jisr al-Choughour risque de s'avérer ardue pour le régime.

La ville est dominée par les jihadistes du Parti islamique du Turkestan (TIP), dont les membres appartiennent majoritairement à la minorité musulmane ouïghoure de Chine.

Ces dernières années, Damas a multiplié les victoires jusqu'à reprendre le contrôle de plus de 70% du pays.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques, la guerre a fait plus de 380.000 morts.

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