Coronavirus: dans la Loire, une usine de masques respiratoires tourne à plein régime

(AFP)

"On en a déjà vendu plus qu'en 2019": dans la Loire, l'arrivée du nouveau coronavirus dope l'activité de Valmy, l'un des fabricants français de masques de protection respiratoire censés endiguer la progression de la maladie.

Les machines de l'usine, située à Mably près de Roanne, ressemblent à des rotatives d'imprimerie. Mais ce sont des masques qui en sortent en continu, ou presque, pour répondre à l'explosion de la demande.

"Depuis un mois, on a mis en place deux nouvelles équipes, une pour la nuit et une pour le samedi, en attendant de pouvoir travailler le dimanche", explique Nicolas Brillat, directeur d'exploitation du site. Une demande en ce sens a été adressée à l'administration.

D'une vingtaine, les effectifs de l'atelier de production et de l'entrepôt, qui s'étendent sur 4.000 mètres carrés, sont passés à 60 hommes et femmes, le surplus ayant été recruté en CDD ou par intérim. Et "10 à 15 postes" restent à pourvoir "rapidement".

Après quelques jours de formation, Régis Velien, 47 ans, a commencé cette semaine.

"En sortie de chaîne, on prend les masques, on fait un contrôle visuel pour s'assurer que tout va bien, de temps en temps on en ouvre un pour voir s'il est bien soudé, si les élastiques tiennent bien", explique-t-il dans le vacarme d'une machine.

Avant de les placer dans des boîtes ou en vrac dans des cartons, selon leur destination.

À 10H30, le compteur de la rotative, déclenché à sa prise de poste à 05H00, franchit le cap des 17.000 unités; il dépasse 22.000 une heure plus tard.

Depuis le début de la crise, la production a été multipliée par dix, indique M. Brillat. Et les palettes d'expédition ne restent pas longtemps dans l'entrepôt.

- "Sentiment d'urgence" -

L'usine fabrique deux types de masques: un pour se protéger du virus - normé FPP2, FPP3 ou N95 - et l'autre - dit "chirugical" - pour ne pas le transmettre quand on est malade - il sert aussi en bloc opératoire.

La Chine et Taïwan, qui assurent en temps normal 80% de la production mondiale, ont stoppé brutalement leurs exportations face à l'épidémie, provoquant une pénurie sur le marché.

Pour trouver 200 millions de masques, le ministère de la Santé a réuni, jeudi à Paris, cinq fabricants, français et étrangers, implantés dans l'Hexagone: Valmy, Kolmi-Hopen, Paul Boyé Technologies, Mako Pharma et 3M, selon des sources du secteur. Chacun doit préciser ses capacités de production d'ici la semaine prochaine.

L'entreprise ligérienne voudrait acheter d'autres machines mais les fabricants sont déjà pris d'assaut par les Chinois. Autre difficulté, l'approvisionnement en matières premières: bobines de polypropylène non tissé qui se déroulent à l'entrée des rotatives, élastiques qui soutiennent le masque sur le visage.

"On a une visibilité sur six à huit semaines", indique le dirigeant de Valmy, plus inquiet pour la suite.

Répondre à l'urgence augmente le coût de revient et cette hausse est répercutée auprès des distributeurs. "Le moins possible": la flambée des prix sur le marché, "totalement délirante", serait due à des intermédiaires "peu scrupuleux" et au "sentiment d'urgence".

Valmy, créée en 2006 sur fond de grippe aviaire, a été rachetée en 2017 par Segetex-Eif qui possède d'autres usines dans l'Oise, en Ukraine et en Chine.

Le groupe espère que cette crise sanitaire profitera au "made in France".

"Tout l'enjeu, c'est de pérenniser la production et le personnel ici. Qu'il y ait une prise de conscience", veut croire Laurent Suissa, directeur général de Segetex-Eif.

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Coronavirus: dans la Loire, une usine de masques respiratoires tourne à plein régime

Le 28 février 2020 à18:28

"On en a déjà vendu plus qu'en 2019": dans la Loire, l'arrivée du nouveau coronavirus dope l'activité de Valmy, l'un des fabricants français de masques de protection respiratoire censés endiguer la progression de la maladie.

Les machines de l'usine, située à Mably près de Roanne, ressemblent à des rotatives d'imprimerie. Mais ce sont des masques qui en sortent en continu, ou presque, pour répondre à l'explosion de la demande.

"Depuis un mois, on a mis en place deux nouvelles équipes, une pour la nuit et une pour le samedi, en attendant de pouvoir travailler le dimanche", explique Nicolas Brillat, directeur d'exploitation du site. Une demande en ce sens a été adressée à l'administration.

D'une vingtaine, les effectifs de l'atelier de production et de l'entrepôt, qui s'étendent sur 4.000 mètres carrés, sont passés à 60 hommes et femmes, le surplus ayant été recruté en CDD ou par intérim. Et "10 à 15 postes" restent à pourvoir "rapidement".

Après quelques jours de formation, Régis Velien, 47 ans, a commencé cette semaine.

"En sortie de chaîne, on prend les masques, on fait un contrôle visuel pour s'assurer que tout va bien, de temps en temps on en ouvre un pour voir s'il est bien soudé, si les élastiques tiennent bien", explique-t-il dans le vacarme d'une machine.

Avant de les placer dans des boîtes ou en vrac dans des cartons, selon leur destination.

À 10H30, le compteur de la rotative, déclenché à sa prise de poste à 05H00, franchit le cap des 17.000 unités; il dépasse 22.000 une heure plus tard.

Depuis le début de la crise, la production a été multipliée par dix, indique M. Brillat. Et les palettes d'expédition ne restent pas longtemps dans l'entrepôt.

- "Sentiment d'urgence" -

L'usine fabrique deux types de masques: un pour se protéger du virus - normé FPP2, FPP3 ou N95 - et l'autre - dit "chirugical" - pour ne pas le transmettre quand on est malade - il sert aussi en bloc opératoire.

La Chine et Taïwan, qui assurent en temps normal 80% de la production mondiale, ont stoppé brutalement leurs exportations face à l'épidémie, provoquant une pénurie sur le marché.

Pour trouver 200 millions de masques, le ministère de la Santé a réuni, jeudi à Paris, cinq fabricants, français et étrangers, implantés dans l'Hexagone: Valmy, Kolmi-Hopen, Paul Boyé Technologies, Mako Pharma et 3M, selon des sources du secteur. Chacun doit préciser ses capacités de production d'ici la semaine prochaine.

L'entreprise ligérienne voudrait acheter d'autres machines mais les fabricants sont déjà pris d'assaut par les Chinois. Autre difficulté, l'approvisionnement en matières premières: bobines de polypropylène non tissé qui se déroulent à l'entrée des rotatives, élastiques qui soutiennent le masque sur le visage.

"On a une visibilité sur six à huit semaines", indique le dirigeant de Valmy, plus inquiet pour la suite.

Répondre à l'urgence augmente le coût de revient et cette hausse est répercutée auprès des distributeurs. "Le moins possible": la flambée des prix sur le marché, "totalement délirante", serait due à des intermédiaires "peu scrupuleux" et au "sentiment d'urgence".

Valmy, créée en 2006 sur fond de grippe aviaire, a été rachetée en 2017 par Segetex-Eif qui possède d'autres usines dans l'Oise, en Ukraine et en Chine.

Le groupe espère que cette crise sanitaire profitera au "made in France".

"Tout l'enjeu, c'est de pérenniser la production et le personnel ici. Qu'il y ait une prise de conscience", veut croire Laurent Suissa, directeur général de Segetex-Eif.

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