La Fed prête à agir si le coronavirus touche l'économie américaine

(AFP)

La Banque centrale américaine se dit prête à agir si l'épidémie de nouveau coronavirus menace l'économie américaine, qu'elle juge "solide", sur fond d'appels pressants à baisser les taux d'intérêt.

Le président de la Fed Jerome Powell a jugé vendredi dans un communiqué que "les fondamentaux de l'économie américaine restent solides", bien que "le coronavirus pose un risque croissant pour l'activité économique".

"La Réserve fédérale suit avec attention les développements et leurs conséquences pour les perspectives économiques. Nous utiliserons nos outils et agirons en conséquence pour soutenir l'économie", a-t-il encore indiqué, sans donner d'autre détail.

La Bourse de New York a réduit très brièvement ses pertes.

La Fed a entamé en décembre une pause, laissant ses taux entre 1,50 et 1,75% après trois baisses. Et son président Jerome Powell semblait enclin à en rester là pour un moment.

Mais le nouveau coronavirus, qui s'est propagé plus rapidement cette semaine, pourrait changer la donne, alors que la panique a même gagné les places boursières: Wall Street connaît sa pire semaine depuis la crise financière de 2008, et les investisseurs se tournent vers des valeurs sûres, comme la dette américaine qui a atteint des niveaux historiquement bas.

Tous les marchés parient désormais sur une baisse des taux lors de la prochaine réunion de la Fed les 17 et 18 mars, là où quelques jours auparavant ils n'en voyaient aucune à l'horizon.

"La Fed a une marge de manoeuvre", les taux d'intérêt étant plus élevés aux Etats-Unis qu'en Europe, estime l'ancienne présidente de la Fed Janet Yellen.

"Ça ne va pas tout régler mais cela soutiendra un peu les dépenses des consommateurs, l'économie américaine et les marchés financiers", a-t-elle indiqué mercredi dans le Michigan, n'écartant pas un risque de récession après 11 ans de croissance.

- Antidote à la récession -

"La Réserve fédérale devrait inciter les banques centrales mondiales à agir immédiatement", affirmait même Kevin Warsh, un ancien gouverneur de la Fed, dans le Wall Street Journal mercredi, appelant à réduire ses taux.

Dans l'immédiat, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a prévenu que la croissance mondiale et celle du Royaume-Uni devraient ralentir, tandis que la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a dit qu'elle surveillait "très attentivement" les répercussions de l'épidémie mais ne constatait pour l'heure aucun "choc durable" sur l'activité et l'inflation.

Baisser les taux d'intérêt serait donc un antidote à une éventuelle récession ?

Rendre le crédit moins cher permet d'encourager la consommation pour soutenir ou relancer l'économie, ce qui a été utilisé jusqu'à ses limites par les banques centrales pendant la crise financière de 2008.

Aux Etats-Unis, la consommation des ménages représente, à elle seule, 70% du PIB.

Donald Trump, en campagne pour sa réélection, réclame depuis des mois une telle baisse, et a relancé les hostilités mercredi: "Nous devrions payer des taux d'intérêt moins élevés."

Il a également admis que l'épidémie empêcherait sans doute la croissance américaine d'atteindre 3% en 2020, la croissance étant son grand argument pour rester à la Maison Blanche.

La perspective d'une baisse de taux n'enchante pas l'économiste Joel Naroff : "L'inquiétude est que M. Powell panique de nouveau et utilise son outil du dernier ressort, l'abaissement des taux d'intérêt." Au risque, selon lui, de laisser moins de marge de manoeuvre pour soutenir la croissance en cas de ralentissement économique.

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La Fed prête à agir si le coronavirus touche l'économie américaine

Le 28 février 2020 à22:48

La Banque centrale américaine se dit prête à agir si l'épidémie de nouveau coronavirus menace l'économie américaine, qu'elle juge "solide", sur fond d'appels pressants à baisser les taux d'intérêt.

Le président de la Fed Jerome Powell a jugé vendredi dans un communiqué que "les fondamentaux de l'économie américaine restent solides", bien que "le coronavirus pose un risque croissant pour l'activité économique".

"La Réserve fédérale suit avec attention les développements et leurs conséquences pour les perspectives économiques. Nous utiliserons nos outils et agirons en conséquence pour soutenir l'économie", a-t-il encore indiqué, sans donner d'autre détail.

La Bourse de New York a réduit très brièvement ses pertes.

La Fed a entamé en décembre une pause, laissant ses taux entre 1,50 et 1,75% après trois baisses. Et son président Jerome Powell semblait enclin à en rester là pour un moment.

Mais le nouveau coronavirus, qui s'est propagé plus rapidement cette semaine, pourrait changer la donne, alors que la panique a même gagné les places boursières: Wall Street connaît sa pire semaine depuis la crise financière de 2008, et les investisseurs se tournent vers des valeurs sûres, comme la dette américaine qui a atteint des niveaux historiquement bas.

Tous les marchés parient désormais sur une baisse des taux lors de la prochaine réunion de la Fed les 17 et 18 mars, là où quelques jours auparavant ils n'en voyaient aucune à l'horizon.

"La Fed a une marge de manoeuvre", les taux d'intérêt étant plus élevés aux Etats-Unis qu'en Europe, estime l'ancienne présidente de la Fed Janet Yellen.

"Ça ne va pas tout régler mais cela soutiendra un peu les dépenses des consommateurs, l'économie américaine et les marchés financiers", a-t-elle indiqué mercredi dans le Michigan, n'écartant pas un risque de récession après 11 ans de croissance.

- Antidote à la récession -

"La Réserve fédérale devrait inciter les banques centrales mondiales à agir immédiatement", affirmait même Kevin Warsh, un ancien gouverneur de la Fed, dans le Wall Street Journal mercredi, appelant à réduire ses taux.

Dans l'immédiat, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, a prévenu que la croissance mondiale et celle du Royaume-Uni devraient ralentir, tandis que la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a dit qu'elle surveillait "très attentivement" les répercussions de l'épidémie mais ne constatait pour l'heure aucun "choc durable" sur l'activité et l'inflation.

Baisser les taux d'intérêt serait donc un antidote à une éventuelle récession ?

Rendre le crédit moins cher permet d'encourager la consommation pour soutenir ou relancer l'économie, ce qui a été utilisé jusqu'à ses limites par les banques centrales pendant la crise financière de 2008.

Aux Etats-Unis, la consommation des ménages représente, à elle seule, 70% du PIB.

Donald Trump, en campagne pour sa réélection, réclame depuis des mois une telle baisse, et a relancé les hostilités mercredi: "Nous devrions payer des taux d'intérêt moins élevés."

Il a également admis que l'épidémie empêcherait sans doute la croissance américaine d'atteindre 3% en 2020, la croissance étant son grand argument pour rester à la Maison Blanche.

La perspective d'une baisse de taux n'enchante pas l'économiste Joel Naroff : "L'inquiétude est que M. Powell panique de nouveau et utilise son outil du dernier ressort, l'abaissement des taux d'intérêt." Au risque, selon lui, de laisser moins de marge de manoeuvre pour soutenir la croissance en cas de ralentissement économique.

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