Coronavirus: la France en récession, en plus du lourd bilan humain

(AFP)

C'est la pire performance trimestrielle de l'économie française depuis 1945: avec une grande partie de son économie à l'arrêt en raison de l'épidémie du Covid-19, le pays est entré en récession avec une chute historique de 6% du PIB de janvier à mars 2020.

Au moment où le bilan humain ne cesse de s'alourdir, dépassant les 10.000 morts dans le pays, ce chiffre publié mercredi par la Banque de France témoigne des brutales pertes d'activité notamment dans les secteurs de la construction, du commerce, des transports, de l'hébergement et de la restauration.

L'activité a notamment été inférieure d'environ un tiers (-32%) à la normale sur les quinze derniers jours de mars, alors que le confinement, commencé le 17 mars, doit durer au moins jusqu'au 15 avril.

Autre record selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.: le recours au chômage partiel a été demandé pour 5,8 millions de salariés en France, soit un sur quatre dans le secteur privé, ce qui pourrait coûter 19,6 milliards d'euros en trois mois.

Les Français sont plus que jamais appelés à rester chez eux. L'entrée en vigueur mercredi de nouvelles restrictions montrent qu'autorités et soignants craignent un relâchement avec le retour des beaux jours en pleines vacances de Pâques (en zone C pour le moment, Ile-de-France et Occitanie), comme l'ont montré de nombreuses images de promeneurs dans différentes parties du pays.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a autorisé les préfets, en lien avec les maires, à durcir les mesures en cas de relâchement.

Les choses n'ont pas traîné dans la capitale et dans quatre autres départements franciliens, où toute activité sportive individuelle est interdite à compter de mercredi, de 10h00 à 19h00, face au nombre inhabituel de "joggeurs" multipliant les sorties.

- "Pas encore au pic" -

Mardi, la France a enregistré un nouveau très lourd bilan quotidien dans les hôpitaux, avec 597 décès supplémentaires en 24 heures, soit un total de 7.091 depuis début mars. S'y ajoutent 3.237 morts recensés dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, soit un total de 10.328 morts.

Au total, 7.131 patients nécessitent des soins lourds en réanimation, "un indicateur que l'épidémie continue sa progression", a relevé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Toutefois, avec les sorties, l'augmentation nette du nombre de patients en réanimation est de moins en moins forte, avec un solde de +59 mardi (contre +94 lundi et +140 dimanche).

"Nous ne sommes pas encore au pic", a répété le N°2 du ministère de la Santé. "Nous ne sommes qu'à la phase ascendante même si elle ralentit un peu, donc aborder le déconfinement aujourd'hui n'a aucun sens".

"Le pire n'est pas derrière nous, pas du tout, on est au contraire dans une phase extrêmement périlleuse où il ne faudrait pas qu'on se trompe et qu'on commence à déconfiner et à faire n'importe quoi", a mis en garde de son côté sur CNews le Pr Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital parisien Georges-Pompidou.

"L'heure du confinement va durer", a martelé pour sa part le Premier ministre, Edouard Philippe, lors de la séance des questions au gouvernement mardi.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a conseillé aux Français "d'attendre" avant de réserver des voyages pour les vacances d'été, la situation étant "encore trop incertaine".

Pour autant, le gouvernement prépare bien l'après, et planche actuellement au développement d'une application sur smartphone, utilisable "sur la base du volontariat" pour identifier les personnes ayant été contact avec une autre par le coronavirus, ont annoncé mercredi le ministre de la Santé Olivier Véran et le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O dans un entretien au Monde.

- Dépistage dans les Ehpad -

En attendant, la pression sur les hôpitaux et les établissements d'hébergement pour personnes âgés dépendantes (Ehpad) reste très forte.

Olivier Véran, a annoncé le lancement d'une vaste opération de dépistage dans ces maisons de retraites médicalisées, dont certaines ont été décimées par la maladie.

Par ailleurs, la France poursuit ses efforts pour s'approvisionner en masques, désormais convoités par l'ensemble de la planète où l'épidémie, a fait plus de 75.000 morts. Les "commandes sûres" atteignent désormais 1,6 milliard d'unités, M. Véran.

Un port généralisé du masque reste une "question ouverte" mais le gouvernement maintient pour l'heure sa recommandation d'en réserver l'usage aux soignants et personnes infectées, a-t-il également dit.

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Coronavirus: la France en récession, en plus du lourd bilan humain

Le 08 avril 2020 à09:10

C'est la pire performance trimestrielle de l'économie française depuis 1945: avec une grande partie de son économie à l'arrêt en raison de l'épidémie du Covid-19, le pays est entré en récession avec une chute historique de 6% du PIB de janvier à mars 2020.

Au moment où le bilan humain ne cesse de s'alourdir, dépassant les 10.000 morts dans le pays, ce chiffre publié mercredi par la Banque de France témoigne des brutales pertes d'activité notamment dans les secteurs de la construction, du commerce, des transports, de l'hébergement et de la restauration.

L'activité a notamment été inférieure d'environ un tiers (-32%) à la normale sur les quinze derniers jours de mars, alors que le confinement, commencé le 17 mars, doit durer au moins jusqu'au 15 avril.

Autre record selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.: le recours au chômage partiel a été demandé pour 5,8 millions de salariés en France, soit un sur quatre dans le secteur privé, ce qui pourrait coûter 19,6 milliards d'euros en trois mois.

Les Français sont plus que jamais appelés à rester chez eux. L'entrée en vigueur mercredi de nouvelles restrictions montrent qu'autorités et soignants craignent un relâchement avec le retour des beaux jours en pleines vacances de Pâques (en zone C pour le moment, Ile-de-France et Occitanie), comme l'ont montré de nombreuses images de promeneurs dans différentes parties du pays.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a autorisé les préfets, en lien avec les maires, à durcir les mesures en cas de relâchement.

Les choses n'ont pas traîné dans la capitale et dans quatre autres départements franciliens, où toute activité sportive individuelle est interdite à compter de mercredi, de 10h00 à 19h00, face au nombre inhabituel de "joggeurs" multipliant les sorties.

- "Pas encore au pic" -

Mardi, la France a enregistré un nouveau très lourd bilan quotidien dans les hôpitaux, avec 597 décès supplémentaires en 24 heures, soit un total de 7.091 depuis début mars. S'y ajoutent 3.237 morts recensés dans les Ehpad et établissements médico-sociaux, soit un total de 10.328 morts.

Au total, 7.131 patients nécessitent des soins lourds en réanimation, "un indicateur que l'épidémie continue sa progression", a relevé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Toutefois, avec les sorties, l'augmentation nette du nombre de patients en réanimation est de moins en moins forte, avec un solde de +59 mardi (contre +94 lundi et +140 dimanche).

"Nous ne sommes pas encore au pic", a répété le N°2 du ministère de la Santé. "Nous ne sommes qu'à la phase ascendante même si elle ralentit un peu, donc aborder le déconfinement aujourd'hui n'a aucun sens".

"Le pire n'est pas derrière nous, pas du tout, on est au contraire dans une phase extrêmement périlleuse où il ne faudrait pas qu'on se trompe et qu'on commence à déconfiner et à faire n'importe quoi", a mis en garde de son côté sur CNews le Pr Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital parisien Georges-Pompidou.

"L'heure du confinement va durer", a martelé pour sa part le Premier ministre, Edouard Philippe, lors de la séance des questions au gouvernement mardi.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a conseillé aux Français "d'attendre" avant de réserver des voyages pour les vacances d'été, la situation étant "encore trop incertaine".

Pour autant, le gouvernement prépare bien l'après, et planche actuellement au développement d'une application sur smartphone, utilisable "sur la base du volontariat" pour identifier les personnes ayant été contact avec une autre par le coronavirus, ont annoncé mercredi le ministre de la Santé Olivier Véran et le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O dans un entretien au Monde.

- Dépistage dans les Ehpad -

En attendant, la pression sur les hôpitaux et les établissements d'hébergement pour personnes âgés dépendantes (Ehpad) reste très forte.

Olivier Véran, a annoncé le lancement d'une vaste opération de dépistage dans ces maisons de retraites médicalisées, dont certaines ont été décimées par la maladie.

Par ailleurs, la France poursuit ses efforts pour s'approvisionner en masques, désormais convoités par l'ensemble de la planète où l'épidémie, a fait plus de 75.000 morts. Les "commandes sûres" atteignent désormais 1,6 milliard d'unités, M. Véran.

Un port généralisé du masque reste une "question ouverte" mais le gouvernement maintient pour l'heure sa recommandation d'en réserver l'usage aux soignants et personnes infectées, a-t-il également dit.

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