Coronavirus: la France présente un budget de crise pour sauver une économie foudroyée

(AFP)

Le gouvernement français anticipe désormais une récession brutale cette année et double son plan d'urgence, face à un confinement appelé à durer pour endiguer l'épidémie de Covid-19 et une reprise qui promet d'être lente.

Le gouvernement prévoit désormais que le produit intérieur brut (PIB) français chute de 6% cette année, ont annoncé jeudi les ministres de l'Economie Bruno Le Maire et des Comptes publics Gérald Darmanin dans un entretien aux Echos.

"Il s'agit de la plus grande récession en France depuis 1945", a indiqué Bruno Le Maire.

"Des inconnues demeurent et cette prévision peut encore évoluer, notamment s'agissant de la durée du confinement et des modalités de sortie", a-t-il ajouté.

Cette nouvelle prévision, de loin plus pessimiste que celle (-1%) du budget rectifié adopté fin mars, sera intégrée à un nouveau projet de loi de finances rectificative présenté la semaine prochaine en conseil des ministres et examiné dans la foulée au Parlement.

Alors que le confinement, débuté le 17 mars, sera prolongé au-delà du 15 avril, chaque semaine de restriction de déplacement pour les Français entraîne des répercussions en chaîne sur l'économie.

La plupart de la population ne peut se rendre sur son lieu de travail et certaines entreprises voient leur activité fortement ralentir, si ce n'est s'arrêter sur décision du gouvernement, comme dans la restauration, le spectacle ou les commerces non essentiels.

"L'impact économique, il est massif, il est très négatif, il est brutal et il va susciter en France comme partout dans le monde un choc économique que chacun imagine mais dont personne ne sait encore la totalité de l'impact", avait mis en garde mercredi le Premier ministre Edouard Philippe.

Pour affronter cette crise sanitaire et économique inédite, le président de la République a donné le mot d'ordre: le gouvernement soutiendra les entreprises et les salariés "quoi qu'il en coûte".

- Explosion de la dette -

Face au besoin de soutien croissant des entreprises, le gouvernement va plus que doubler le plan d'urgence de 45 milliards d'euros annoncé le mois dernier.

Il passera à 100 milliards d'euros, a annoncé Bruno Le Maire, intégrant donc plus de moyens pour le chômage partiel - 20 milliards au lieu de 8,5 milliards initialement provisionnés - et les reports de charges.

Le fonds de solidarité créé pour les très petites entreprises voit lui sa dotation passer de 1 à 6 milliards d'euros, pour répondre à l'afflux de demande et à l'assouplissement des conditions d'attribution.

L'urgence étant toujours à la crise sanitaire, l'enveloppe de dépenses "exceptionnelles" pour la santé passe elle de 2 à 7 milliards d'euros, pour financer notamment les 4 milliards d'euros d'achats de matériels promis par Emmanuel Macron et la revalorisation des salaires des personnels soignants.

Le projet de budget rectifié prévoit également des primes pour les personnels soignants et certains fonctionnaires, dont les montants sont encore "en arbitrage".

Conséquence de cette récession et du renforcement des mesures de soutien, le déficit public va grimper à 7,6% du PIB et la dette publique exploser à 112% cette année, ont prévenu les ministres.

"Cette dette répond à un impératif: éviter les faillites d'entreprises et le naufrage de notre économie", a défendu M. Le Maire.

Ce budget rectifié, consacré à l'urgence, ne comprend pas encore de mesures de relance de l'économie, en vue de la sortie de crise.

Mais Bercy travaille déjà sur le volet économique de la stratégie de déconfinement qui sera choisie.

Le ministre de l'Economie indique avoir "engagé un travail avec toutes les filières" sur des "modalités de déconfinement pour chacune d'entre elles".

Il prévient toutefois que la reprise sera "progressive", à l'exemple de ce qui se passe en Chine. "Le redressement économique sera long, difficile et coûteux", insiste-t-il.

Un peu plus tôt jeudi, l'Insee avait elle aussi estimé que le retour de l'activité à son niveau normal "prendra du temps".

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Coronavirus: la France présente un budget de crise pour sauver une économie foudroyée

Le 09 avril 2020 à17:12

Le gouvernement français anticipe désormais une récession brutale cette année et double son plan d'urgence, face à un confinement appelé à durer pour endiguer l'épidémie de Covid-19 et une reprise qui promet d'être lente.

Le gouvernement prévoit désormais que le produit intérieur brut (PIB) français chute de 6% cette année, ont annoncé jeudi les ministres de l'Economie Bruno Le Maire et des Comptes publics Gérald Darmanin dans un entretien aux Echos.

"Il s'agit de la plus grande récession en France depuis 1945", a indiqué Bruno Le Maire.

"Des inconnues demeurent et cette prévision peut encore évoluer, notamment s'agissant de la durée du confinement et des modalités de sortie", a-t-il ajouté.

Cette nouvelle prévision, de loin plus pessimiste que celle (-1%) du budget rectifié adopté fin mars, sera intégrée à un nouveau projet de loi de finances rectificative présenté la semaine prochaine en conseil des ministres et examiné dans la foulée au Parlement.

Alors que le confinement, débuté le 17 mars, sera prolongé au-delà du 15 avril, chaque semaine de restriction de déplacement pour les Français entraîne des répercussions en chaîne sur l'économie.

La plupart de la population ne peut se rendre sur son lieu de travail et certaines entreprises voient leur activité fortement ralentir, si ce n'est s'arrêter sur décision du gouvernement, comme dans la restauration, le spectacle ou les commerces non essentiels.

"L'impact économique, il est massif, il est très négatif, il est brutal et il va susciter en France comme partout dans le monde un choc économique que chacun imagine mais dont personne ne sait encore la totalité de l'impact", avait mis en garde mercredi le Premier ministre Edouard Philippe.

Pour affronter cette crise sanitaire et économique inédite, le président de la République a donné le mot d'ordre: le gouvernement soutiendra les entreprises et les salariés "quoi qu'il en coûte".

- Explosion de la dette -

Face au besoin de soutien croissant des entreprises, le gouvernement va plus que doubler le plan d'urgence de 45 milliards d'euros annoncé le mois dernier.

Il passera à 100 milliards d'euros, a annoncé Bruno Le Maire, intégrant donc plus de moyens pour le chômage partiel - 20 milliards au lieu de 8,5 milliards initialement provisionnés - et les reports de charges.

Le fonds de solidarité créé pour les très petites entreprises voit lui sa dotation passer de 1 à 6 milliards d'euros, pour répondre à l'afflux de demande et à l'assouplissement des conditions d'attribution.

L'urgence étant toujours à la crise sanitaire, l'enveloppe de dépenses "exceptionnelles" pour la santé passe elle de 2 à 7 milliards d'euros, pour financer notamment les 4 milliards d'euros d'achats de matériels promis par Emmanuel Macron et la revalorisation des salaires des personnels soignants.

Le projet de budget rectifié prévoit également des primes pour les personnels soignants et certains fonctionnaires, dont les montants sont encore "en arbitrage".

Conséquence de cette récession et du renforcement des mesures de soutien, le déficit public va grimper à 7,6% du PIB et la dette publique exploser à 112% cette année, ont prévenu les ministres.

"Cette dette répond à un impératif: éviter les faillites d'entreprises et le naufrage de notre économie", a défendu M. Le Maire.

Ce budget rectifié, consacré à l'urgence, ne comprend pas encore de mesures de relance de l'économie, en vue de la sortie de crise.

Mais Bercy travaille déjà sur le volet économique de la stratégie de déconfinement qui sera choisie.

Le ministre de l'Economie indique avoir "engagé un travail avec toutes les filières" sur des "modalités de déconfinement pour chacune d'entre elles".

Il prévient toutefois que la reprise sera "progressive", à l'exemple de ce qui se passe en Chine. "Le redressement économique sera long, difficile et coûteux", insiste-t-il.

Un peu plus tôt jeudi, l'Insee avait elle aussi estimé que le retour de l'activité à son niveau normal "prendra du temps".

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