Les millions de chômeurs évoquent 1929 aux Etats-Unis mais la Fed veut croire en un rebond rapide

(AFP)

La crise économique déclenchée par la pandémie aux Etats-Unis rappelle désormais les images de la Grande Dépression, avec ses millions de chômeurs et ses entreprises forcées de baisser le rideau en masse. Mais contrairement à 1929, les interventions puissantes et répétées des autorités laissent espérer un rebond rapide une fois le nouveau coronavirus éradiqué.

Depuis la mi-mars, ce sont chaque semaine des millions de personnes qui s'inscrivent au chômage: 6,6 millions de nouveaux inscrits du 29 mars au 4 avril, après un record de 6,8 millions de nouvelles demandes la semaine précédente.

En seulement trois semaines, le marché du travail qui s'affichait au meilleur de sa forme depuis 50 ans s'est effondré au point de forcer 16,7 millions de personnes à remplir un dossier de demande d'allocation pour la première fois.

En Floride, ils étaient des centaines à faire la queue pendant des heures ces derniers jours pour remplir les papiers, le système informatique étant tombé en panne.

Et ces chiffres terribles ne pourraient représenter que la moitié des emplois détruits par la pandémie, alertent les analystes d'Oxford Economics dans une note.

Les entreprises américaines sont en effet contraintes de licencier à tour de bras, étouffées par la brusque chute de l'activité liée aux mesures de confinement pour tenter d'enrayer la spirale des infections et des décès.

L'administration Trump, le Congrès et la Banque centrale se sont mobilisés depuis maintenant plusieurs semaines pour tenter de stopper l'hémorragie à coup de milliers de milliards de dollars.

Jeudi, la Banque centrale est repartie à la charge en annonçant des prêts à hauteur de 2.300 milliards de dollars pour "soutenir l'économie" et en bonne partie à destination d'entreprises mais aussi des collectivités locales et Etats fédérés qui sont en première ligne.

Les Fonds annoncés jeudi "vont apporter de l'aide aux ménages et aux employeurs de toute taille et donner aux autorités locales et régionales les moyens de fournir une aide cruciale en ces temps de pandémie", écrit la Fed dans un communiqué.

Donald Trump est en pleine campagne pour tenter de décrocher un second mandat en novembre et son gouvernement essaie par tous les moyens de préserver l'emploi, et de s'assurer que les entreprises seront prêtes à redémarrer une fois levées les mesures de confinement qui frappent l'essentiel de la population du pays.

Le taux de chômage monte "à une vitesse alarmante" quoique "temporaire", a relevé jeudi matin le président de la Fed Jerome Powell.

Mais il a surtout estimé qu'il y a "toutes les raisons de penser" que la reprise économique "sera solide" aux Etats-Unis, une fois la crise passée.

Et les effets négatifs pourraient être moins durables que ceux qui avaient suivi la crise de 2008, avaient estimé des membres du comité monétaire de la Fed lors de leur dernière réunion, à l'issue de laquelle ils avaient abaissé les intérêts à des taux proches de zéro.

- Respirateur pour l'économie réelle -

Les mesures annoncées jeudi par la Banque centrale doivent permettre de "s'assurer que la reprise sera aussi vigoureuse que possible quand elle viendra", a souligné Jerome Powell.

La Fed va fournir 600 milliards de dollars d'argent frais à des entreprises employant jusqu'à 10.000 personnes, ou avec un chiffre d'affaires de 2,5 milliards de dollars en 2019.

Ce programme "va faire une différence pour les 40.000 entreprises de taille moyenne qui emploient 35 millions d'Américains", a souligné pour sa part Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor.

L'argent ira aux sociétés "qui affichaient une bonne santé financière avant la crise" et pas question non plus de laisser dirigeants et actionnaires se nourrir sur la bête: pas de rachat d'actions et de grosses primes avec l'argent public. Les autorités ont appris la leçon après les dérapages constatés dans la foulée de la crise financière de 2008.

Cette nouvelle injection d'argent de la Fed dans l'économie réelle vient compléter un dispositif d'aide aux entreprises de 500 employés ou moins, d'un montant de 350 milliards de dollars, lancé la semaine dernière par le Trésor, après le vote d'un gigantesque plan de relance de 2.200 milliards de dollars.

M. Mnuchin demande d'ailleurs 250 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à la demande des PME. Mais le feu vert du Congrès pourrait prendre du temps en raison de divergences entre républicains, majoritaires au sénat, et démocrates, majoritaires à la chambre.

Outre l'aide aux entreprises, la Banque centrale américaine a aussi annoncé des mesures en faveur des collectivités locales (500 milliards de dollars).

La situation dans le reste du monde est tout aussi difficile et la majorité des pays n'a pas les moyens de la première économie du monde pour se redresser.

La pandémie a engendré les pires dommages économiques depuis la Grande Dépression" de 1929, a affirmé jeudi la directrice générale du FMI. La croissance mondiale, elle "va devenir fortement négative en 2020", a dit Kristalina Georgieva, qui craint même que 2021 s'avère "pire" que 2020 si la pandémie devait durer.

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Les millions de chômeurs évoquent 1929 aux Etats-Unis mais la Fed veut croire en un rebond rapide

Le 09 avril 2020 à18:39

La crise économique déclenchée par la pandémie aux Etats-Unis rappelle désormais les images de la Grande Dépression, avec ses millions de chômeurs et ses entreprises forcées de baisser le rideau en masse. Mais contrairement à 1929, les interventions puissantes et répétées des autorités laissent espérer un rebond rapide une fois le nouveau coronavirus éradiqué.

Depuis la mi-mars, ce sont chaque semaine des millions de personnes qui s'inscrivent au chômage: 6,6 millions de nouveaux inscrits du 29 mars au 4 avril, après un record de 6,8 millions de nouvelles demandes la semaine précédente.

En seulement trois semaines, le marché du travail qui s'affichait au meilleur de sa forme depuis 50 ans s'est effondré au point de forcer 16,7 millions de personnes à remplir un dossier de demande d'allocation pour la première fois.

En Floride, ils étaient des centaines à faire la queue pendant des heures ces derniers jours pour remplir les papiers, le système informatique étant tombé en panne.

Et ces chiffres terribles ne pourraient représenter que la moitié des emplois détruits par la pandémie, alertent les analystes d'Oxford Economics dans une note.

Les entreprises américaines sont en effet contraintes de licencier à tour de bras, étouffées par la brusque chute de l'activité liée aux mesures de confinement pour tenter d'enrayer la spirale des infections et des décès.

L'administration Trump, le Congrès et la Banque centrale se sont mobilisés depuis maintenant plusieurs semaines pour tenter de stopper l'hémorragie à coup de milliers de milliards de dollars.

Jeudi, la Banque centrale est repartie à la charge en annonçant des prêts à hauteur de 2.300 milliards de dollars pour "soutenir l'économie" et en bonne partie à destination d'entreprises mais aussi des collectivités locales et Etats fédérés qui sont en première ligne.

Les Fonds annoncés jeudi "vont apporter de l'aide aux ménages et aux employeurs de toute taille et donner aux autorités locales et régionales les moyens de fournir une aide cruciale en ces temps de pandémie", écrit la Fed dans un communiqué.

Donald Trump est en pleine campagne pour tenter de décrocher un second mandat en novembre et son gouvernement essaie par tous les moyens de préserver l'emploi, et de s'assurer que les entreprises seront prêtes à redémarrer une fois levées les mesures de confinement qui frappent l'essentiel de la population du pays.

Le taux de chômage monte "à une vitesse alarmante" quoique "temporaire", a relevé jeudi matin le président de la Fed Jerome Powell.

Mais il a surtout estimé qu'il y a "toutes les raisons de penser" que la reprise économique "sera solide" aux Etats-Unis, une fois la crise passée.

Et les effets négatifs pourraient être moins durables que ceux qui avaient suivi la crise de 2008, avaient estimé des membres du comité monétaire de la Fed lors de leur dernière réunion, à l'issue de laquelle ils avaient abaissé les intérêts à des taux proches de zéro.

- Respirateur pour l'économie réelle -

Les mesures annoncées jeudi par la Banque centrale doivent permettre de "s'assurer que la reprise sera aussi vigoureuse que possible quand elle viendra", a souligné Jerome Powell.

La Fed va fournir 600 milliards de dollars d'argent frais à des entreprises employant jusqu'à 10.000 personnes, ou avec un chiffre d'affaires de 2,5 milliards de dollars en 2019.

Ce programme "va faire une différence pour les 40.000 entreprises de taille moyenne qui emploient 35 millions d'Américains", a souligné pour sa part Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor.

L'argent ira aux sociétés "qui affichaient une bonne santé financière avant la crise" et pas question non plus de laisser dirigeants et actionnaires se nourrir sur la bête: pas de rachat d'actions et de grosses primes avec l'argent public. Les autorités ont appris la leçon après les dérapages constatés dans la foulée de la crise financière de 2008.

Cette nouvelle injection d'argent de la Fed dans l'économie réelle vient compléter un dispositif d'aide aux entreprises de 500 employés ou moins, d'un montant de 350 milliards de dollars, lancé la semaine dernière par le Trésor, après le vote d'un gigantesque plan de relance de 2.200 milliards de dollars.

M. Mnuchin demande d'ailleurs 250 milliards de dollars supplémentaires pour faire face à la demande des PME. Mais le feu vert du Congrès pourrait prendre du temps en raison de divergences entre républicains, majoritaires au sénat, et démocrates, majoritaires à la chambre.

Outre l'aide aux entreprises, la Banque centrale américaine a aussi annoncé des mesures en faveur des collectivités locales (500 milliards de dollars).

La situation dans le reste du monde est tout aussi difficile et la majorité des pays n'a pas les moyens de la première économie du monde pour se redresser.

La pandémie a engendré les pires dommages économiques depuis la Grande Dépression" de 1929, a affirmé jeudi la directrice générale du FMI. La croissance mondiale, elle "va devenir fortement négative en 2020", a dit Kristalina Georgieva, qui craint même que 2021 s'avère "pire" que 2020 si la pandémie devait durer.

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