Cure d'austérité accrue chez Nissan, et suppressions de postes chez Renault

(AFP)

Le constructeur automobile français Renault envisage la suppression d'environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, alors que son partenaire japonais Nissan prévoit de fermer une usine espagnole, pour résister à la crise sanitaire.

Le projet de l'entreprise française, qui doit être rendu public vendredi matin, a été annoncé jeudi soir aux organisations syndicales. Il prévoit de réduire les effectifs "sans licenciement sec", via des départs volontaires, des mesures de mobilité interne ou de reconversion, a-t-on appris jeudi soir de sources concordantes.

Renault va suspendre des projets d'extension d'usines au Maroc et en Roumanie. Le constructeur envisage de réduire ses capacités de production en Russie, et également de réduire ses activités mécaniques en Corée du Sud et la fabrication de boîtes de vitesse en Turquie.

Le groupe au losange veut ainsi mettre en oeuvre un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans, réparti pour environ "un tiers sur la production, un tiers sur l'ingénierie et un tiers sur les frais de structure, marketing et réseau", selon ces sources.

Plus tôt dans la journée de jeudi, Nissan avait annoncé la fermeture d'une usine espagnole, dans le cadre d'un nouveau plan stratégique visant à réduire d'environ 20% ses capacités mondiales de production d'ici mars 2023.

L'usine emploie 3.000 personnes mais 22.000 emplois indirects en dépendent, selon les syndicats.

Le gouvernement espagnol a aussitôt déploré cette décision, eu égard aux nombreux "soutiens, aides et accompagnements" qu'il avait proposés au groupe, et a affirmé qu'il se battrait pour sauvegarder l'emploi.

Ailleurs dans le monde, Nissan va recentrer sa production en Amérique du Nord sur certains modèles stratégiques, se retirer du marché sud-coréen et cesser la commercialisation de ses véhicules Datsun en Russie.

Nissan avait déjà annoncé en juillet dernier son intention de réduire de 10% ses capacités de production d'ici mars 2023, ce qui implique la suppression d'environ 12.500 postes dans le monde.

Lors d'une conférence de presse en ligne, son directeur général Makoto Uchida a refusé de chiffrer le total des nouvelles suppressions de postes à venir, invoquant les négociations en cours dans chaque pays avec les représentants du personnel.

En 2019 Nissan employait 138.900 salariés dans le monde.

- Surcapacités -

Son ancien patron Carlos Ghosn avait lancé Renault dans une course aux volumes. Avec ses alliés japonais Nissan et Mitsubishi, il avait atteint en 2017 et 2018 le premier rang mondial et visait 14 millions d'unités en 2022 (dont 5,5 millions pour le groupe Renault).

Mais le marché s'est retourné à partir de 2018, notamment en Chine. Renault a vendu 3,8 millions de véhicules l'an dernier, en dessous des attentes. Résultat: un outil industriel pas assez rentable.

Nissan souffre lui d'importantes surcapacités, entraînant des coûts fixes énormes qui plombent sa rentabilité: il peut actuellement produire sept millions de véhicules par an, soit deux millions de plus que ses ventes en 2019.

Sévèrement déficitaire pour la première fois depuis onze ans, le constructeur automobile japonais, a été touché de plein fouet par la crise du coronavirus.

C'est pourquoi il veut baisser ses coûts fixes de 300 milliards de yens (2,5 milliards d'euros) et réduire de plus d'un million d'unités ses capacités de production d'ici mars 2023.

Nissan a aussi annoncé jeudi une perte nette colossale de 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d'euros) sur son exercice clos au 31 mars. Le groupe ne s'était pas retrouvé aussi lourdement déficitaire depuis 20 ans, quand il avait dû être sauvé par Renault pour éviter la faillite.

- une alliance "faible" -

Alors que l'alliance entre Renault, Nissan et son compatriote Mitsubishi Motors avait vacillé dans le sillage de l'affaire Ghosn, elle apparaît désormais cruciale pour la survie des trois constructeurs.

Cependant, le partenariat "n'a pas été capable d'augmenter les économies d'échelle" malgré des volumes importants, souligne Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research (CAR) basé en Allemagne, qui se montre pessimiste pour la suite. "Cette alliance est faible (...) Elle ne peut rien imposer à ses membres, à la différence des grands groupes intégrés" comme Volkswagen ou Toyota, dont la rentabilité est bien supérieure pour des ventes équivalentes.

Dévoilée mercredi, la nouvelle stratégie de l'alliance prévoit de développer et produire en commun près de 50% des modèles des trois constructeurs à l'horizon 2025, en vue de réduire significativement les coûts et dépenses d'investissements.

Nissan va notamment devenir le référent de l'alliance sur ses trois zones géographiques de prédilection: l'Amérique du Nord, la Chine et le Japon. Sans toutefois renoncer à l'Europe, où il dispose d'une usine géante à Sunderland (nord-est de l'Angleterre).

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Cure d'austérité accrue chez Nissan, et suppressions de postes chez Renault

Le 28 mai 2020 à20:23

Le constructeur automobile français Renault envisage la suppression d'environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, alors que son partenaire japonais Nissan prévoit de fermer une usine espagnole, pour résister à la crise sanitaire.

Le projet de l'entreprise française, qui doit être rendu public vendredi matin, a été annoncé jeudi soir aux organisations syndicales. Il prévoit de réduire les effectifs "sans licenciement sec", via des départs volontaires, des mesures de mobilité interne ou de reconversion, a-t-on appris jeudi soir de sources concordantes.

Renault va suspendre des projets d'extension d'usines au Maroc et en Roumanie. Le constructeur envisage de réduire ses capacités de production en Russie, et également de réduire ses activités mécaniques en Corée du Sud et la fabrication de boîtes de vitesse en Turquie.

Le groupe au losange veut ainsi mettre en oeuvre un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans, réparti pour environ "un tiers sur la production, un tiers sur l'ingénierie et un tiers sur les frais de structure, marketing et réseau", selon ces sources.

Plus tôt dans la journée de jeudi, Nissan avait annoncé la fermeture d'une usine espagnole, dans le cadre d'un nouveau plan stratégique visant à réduire d'environ 20% ses capacités mondiales de production d'ici mars 2023.

L'usine emploie 3.000 personnes mais 22.000 emplois indirects en dépendent, selon les syndicats.

Le gouvernement espagnol a aussitôt déploré cette décision, eu égard aux nombreux "soutiens, aides et accompagnements" qu'il avait proposés au groupe, et a affirmé qu'il se battrait pour sauvegarder l'emploi.

Ailleurs dans le monde, Nissan va recentrer sa production en Amérique du Nord sur certains modèles stratégiques, se retirer du marché sud-coréen et cesser la commercialisation de ses véhicules Datsun en Russie.

Nissan avait déjà annoncé en juillet dernier son intention de réduire de 10% ses capacités de production d'ici mars 2023, ce qui implique la suppression d'environ 12.500 postes dans le monde.

Lors d'une conférence de presse en ligne, son directeur général Makoto Uchida a refusé de chiffrer le total des nouvelles suppressions de postes à venir, invoquant les négociations en cours dans chaque pays avec les représentants du personnel.

En 2019 Nissan employait 138.900 salariés dans le monde.

- Surcapacités -

Son ancien patron Carlos Ghosn avait lancé Renault dans une course aux volumes. Avec ses alliés japonais Nissan et Mitsubishi, il avait atteint en 2017 et 2018 le premier rang mondial et visait 14 millions d'unités en 2022 (dont 5,5 millions pour le groupe Renault).

Mais le marché s'est retourné à partir de 2018, notamment en Chine. Renault a vendu 3,8 millions de véhicules l'an dernier, en dessous des attentes. Résultat: un outil industriel pas assez rentable.

Nissan souffre lui d'importantes surcapacités, entraînant des coûts fixes énormes qui plombent sa rentabilité: il peut actuellement produire sept millions de véhicules par an, soit deux millions de plus que ses ventes en 2019.

Sévèrement déficitaire pour la première fois depuis onze ans, le constructeur automobile japonais, a été touché de plein fouet par la crise du coronavirus.

C'est pourquoi il veut baisser ses coûts fixes de 300 milliards de yens (2,5 milliards d'euros) et réduire de plus d'un million d'unités ses capacités de production d'ici mars 2023.

Nissan a aussi annoncé jeudi une perte nette colossale de 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d'euros) sur son exercice clos au 31 mars. Le groupe ne s'était pas retrouvé aussi lourdement déficitaire depuis 20 ans, quand il avait dû être sauvé par Renault pour éviter la faillite.

- une alliance "faible" -

Alors que l'alliance entre Renault, Nissan et son compatriote Mitsubishi Motors avait vacillé dans le sillage de l'affaire Ghosn, elle apparaît désormais cruciale pour la survie des trois constructeurs.

Cependant, le partenariat "n'a pas été capable d'augmenter les économies d'échelle" malgré des volumes importants, souligne Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research (CAR) basé en Allemagne, qui se montre pessimiste pour la suite. "Cette alliance est faible (...) Elle ne peut rien imposer à ses membres, à la différence des grands groupes intégrés" comme Volkswagen ou Toyota, dont la rentabilité est bien supérieure pour des ventes équivalentes.

Dévoilée mercredi, la nouvelle stratégie de l'alliance prévoit de développer et produire en commun près de 50% des modèles des trois constructeurs à l'horizon 2025, en vue de réduire significativement les coûts et dépenses d'investissements.

Nissan va notamment devenir le référent de l'alliance sur ses trois zones géographiques de prédilection: l'Amérique du Nord, la Chine et le Japon. Sans toutefois renoncer à l'Europe, où il dispose d'une usine géante à Sunderland (nord-est de l'Angleterre).

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