Patrick Jeantet démis de ses fonctions à la tête de Keolis

(AFP)

Le conseil de surveillance de l'opérateur de transports publics Keolis, filiale à 70% de la SNCF, a démis de ses fonctions son patron Patrick Jeantet en raison de "divergences stratégiques importantes", a indiqué l'entreprise mardi.

"Un processus de recrutement va être initié sans délai pour nommer un nouveau président du directoire" à la place de M. Jeantet, qui était entré en fonction début février, a précisé Keolis dans un communiqué.

Patrick Jeantet, 60 ans, y remplaçait Jean-Pierre Farandou, qui a dirigé Keolis pendant sept ans avant de devenir patron de la SNCF.

Cet ingénieur qui dirigeait SNCF Réseau depuis 2016 avait pour mandat de "réaliser les ambitions stratégiques de développement commercial et d'amélioration de la rentabilité" de l'entreprise.

Keolis n'a pas précisé les raisons de ce limogeage, expliquant que les deux actionnaires -la SNCF (70%) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (30%)- avaient demandé une réunion exceptionnelle du conseil de surveillance: cet organe chargé de superviser la gestion du directoire devait expressément "délibérer sur la révocation de Patrick Jeantet", le président du directoire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, M. Jeantet voulait favoriser la croissance externe de Keolis, quand le conseil de surveillance préférait s'en tenir au programme "Perfeco" visant à consolider l'existant tout en renforçant la performance économique.

De plus, "il n'y a jamais eu un vrai dialogue constructif avec le conseil de surveillance", ce qui a particulièrement froissé les actionnaires québécois, a-t-on ajouté. "Il y a eu un ressenti de passage en force de Patrick Jeantet".

Keolis a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de presque 6,6 milliards d'euros -sur 35 milliards pour l'ensemble de la SNCF-, dont 53% à l'étranger.

Mais l'exercice s'était clôturé sur une perte nette de 72 millions d'euros en 2019, plombé par la sortie du très déficitaire opérateur de VTC LeCab, des restructurations aux États-Unis et des pertes en Allemagne.

L'année 2020 s'annonce particulièrement délicate, la crise du coronavirus ayant sérieusement entamé les caisses des exploitants de transport. M. Jeantet avait dit en avril s'attendre à perdre "plusieurs centaines de millions d'euros".

Présente dans seize pays, Keolis se présente comme le leader mondial du métro automatique et du tramway. Elle exploite notamment en France les réseaux de Bordeaux, Lille, Lyon, Montluçon et Rennes, mais aussi le réseau ferré régional du Pays de Galles, le métro automatique d'Hyderabad (Inde), le plus grand réseau de tramways du monde à Melbourne (Australie) ou le nouveau tram d'Ottawa. Elle est l'un des fers de lance de la SNCF à l'international.

L'intérim va être assuré par un groupe de quatre dirigeants de l'entreprise, sous la direction de la directrice financière Kathleen Wantz-O'Rourke, selon le communiqué.

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Patrick Jeantet démis de ses fonctions à la tête de Keolis

Le 02 juin 2020 à16:54

Le conseil de surveillance de l'opérateur de transports publics Keolis, filiale à 70% de la SNCF, a démis de ses fonctions son patron Patrick Jeantet en raison de "divergences stratégiques importantes", a indiqué l'entreprise mardi.

"Un processus de recrutement va être initié sans délai pour nommer un nouveau président du directoire" à la place de M. Jeantet, qui était entré en fonction début février, a précisé Keolis dans un communiqué.

Patrick Jeantet, 60 ans, y remplaçait Jean-Pierre Farandou, qui a dirigé Keolis pendant sept ans avant de devenir patron de la SNCF.

Cet ingénieur qui dirigeait SNCF Réseau depuis 2016 avait pour mandat de "réaliser les ambitions stratégiques de développement commercial et d'amélioration de la rentabilité" de l'entreprise.

Keolis n'a pas précisé les raisons de ce limogeage, expliquant que les deux actionnaires -la SNCF (70%) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (30%)- avaient demandé une réunion exceptionnelle du conseil de surveillance: cet organe chargé de superviser la gestion du directoire devait expressément "délibérer sur la révocation de Patrick Jeantet", le président du directoire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, M. Jeantet voulait favoriser la croissance externe de Keolis, quand le conseil de surveillance préférait s'en tenir au programme "Perfeco" visant à consolider l'existant tout en renforçant la performance économique.

De plus, "il n'y a jamais eu un vrai dialogue constructif avec le conseil de surveillance", ce qui a particulièrement froissé les actionnaires québécois, a-t-on ajouté. "Il y a eu un ressenti de passage en force de Patrick Jeantet".

Keolis a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de presque 6,6 milliards d'euros -sur 35 milliards pour l'ensemble de la SNCF-, dont 53% à l'étranger.

Mais l'exercice s'était clôturé sur une perte nette de 72 millions d'euros en 2019, plombé par la sortie du très déficitaire opérateur de VTC LeCab, des restructurations aux États-Unis et des pertes en Allemagne.

L'année 2020 s'annonce particulièrement délicate, la crise du coronavirus ayant sérieusement entamé les caisses des exploitants de transport. M. Jeantet avait dit en avril s'attendre à perdre "plusieurs centaines de millions d'euros".

Présente dans seize pays, Keolis se présente comme le leader mondial du métro automatique et du tramway. Elle exploite notamment en France les réseaux de Bordeaux, Lille, Lyon, Montluçon et Rennes, mais aussi le réseau ferré régional du Pays de Galles, le métro automatique d'Hyderabad (Inde), le plus grand réseau de tramways du monde à Melbourne (Australie) ou le nouveau tram d'Ottawa. Elle est l'un des fers de lance de la SNCF à l'international.

L'intérim va être assuré par un groupe de quatre dirigeants de l'entreprise, sous la direction de la directrice financière Kathleen Wantz-O'Rourke, selon le communiqué.

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