L'Italie rouvre ses frontières, enfin "libérée du lockdown"

(AFP)

Après un mois d'un prudent déconfinement, l'Italie rouvre ses frontières aux touristes européens mercredi, nouveau pas vers la normalisation et la relance du tourisme à l'approche de l'été.

"Le pays revient à la vie", a résumé le ministre des Affaires régionales, Francesco Boccia, alors que les vols internationaux reprennent à Venise, Florence et Naples et s'accélèrent à Rome et Milan.

A l'aéroport de Fiumicino, dans la capitale, plusieurs dizaines de vols internationaux sont prévus ce mercredi, au départ et à l'arrivée.

"Je suis bien heureuse d'être là!", souriait Régina, une touriste allemande quinquagénaire, juste débarquée à l'aéroport de Venise, avec son masque sur le nez. "C'est fantastique de ne voir presque personne".

Ce mercredi marque également le retour de la liberté de déplacement entre les 20 régions, du nord au sud de la péninsule, une mesure attendue avec impatience par les Italiens, résumée par la presse sous le titre: "l'Italie libérée du lockdown".

- "Sous les cendres" -

Selon les agences de presse locales, cette réouverture entre les régions a donné lieu à des embouteillages pour embarquer à bord des ferries allant vers et partant de Sicile, ou encore une grande affluence dans les gares, mais dans l'ordre et le respect des consignes sanitaires. Le nombre de trains a été triplé ce mercredi.

Les interdictions de grands rassemblements, l'obligation du port du masque dans les lieux clos et dans les transports publics demeurent, avec d'innombrables règles différentes selon les régions et les situations.

Signe de cette reprise de la mobilité, le site internet servant à s'enregistrer à son arrivée dans les Pouilles (sud) était saturé.

Encore traumatisée par ses 33.500 morts du Covid-19 en trois mois, l'Italie, impatiente de retourner à la normalité comme de relancer son économie, se déconfine progressivement depuis début mai.

Commerces, cafés et terrasses ont rouvert, de même que la grande majorité des monuments et sites touristiques: Basilique Saint-Pierre et Colisée à Rome, Pompéi, tour de Pise, cathédrales de Milan et Florence, musées du Vatican, etc.

A l'image des canaux de Venise, où les gondoles attendent le client, ces monuments et musées célèbres restent pour le moment très peu fréquentés, si ce n'est par quelques visiteurs italiens, une anomalie dans ces lieux habituellement bondés de touristes venus de toute la planète.

A Rome, au pied de l'illustre Fontaine de Trévi, un couple de jeunes mariés profitait mercredi du peu d'affluence pour prendre la pose. "Il faut savourer ces moments", souriait le mari: "à Rome, c'est rare!".

La crise sanitaire "n'est pas terminée" a prévenu mardi, jour de Fête nationale, le président de la République Sergio Mattarella, qui a loué "l'unité" de son pays face à "l'ennemi invisible".

L'Italie a imposé un verrouillage économique début mars et a vu depuis le nombre de contaminations chuter régulièrement.

L'épidémie semble durablement maitrisée, "mais le Covid-19 couve sous les cendres, et quand il trouve les conditions idéales, il explose", a mis en garde un célèbre virologue, Massimo Galli.

- "Immuni" -

Le pays doit à présent faire face à la plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale, et il a un besoin crucial de voir revenir les touristes (13% du PIB).

L'enjeu dépasse largement les frontières italiennes, alors que l'Espagne, la Grèce et la France entendent elles aussi relancer leur secteur touristique en captant le plus de voyageurs étrangers.

Inquiètes d'une possible reprise de l'épidémie depuis la Lombardie, un moment épicentre européen de la maladie, la Suisse et l'Autriche gardent leur frontière italienne fermée, suscitant le mécontentement de Rome.

Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio va mener cette fin de semaine une série de rencontres avec ses homologues européens, et notamment le ministre français Jean-Yves Le Drian ce mercredi à Rome.

"L'objectif est de montrer à tous que l'Italie est prête à accueillir les étrangers, en sécurité et avec une transparence maximum des chiffres", a assuré M. Di Maio.

"Accueillir les touristes signifie mettre en marche l'économie et donner la possibilité de travailler aux artisans, commerçants, entrepreneurs, hôteliers", a-t-il souligné.

Seuls 40 des 1.200 hôtels de Rome ont rouvert, indiquait lundi le Corriere della Sera.

A "l'Auberge du Sénat", voisine du Panthéon de Rome, la réceptionniste constatait un "peu de mouvement, mais aucune réservation de l'étranger avant la mi-juin".

Pour Mimmo Burgio, 62 ans, propriétaire d'un café près du Colisée, "on ne reverra pas les touristes étrangers avant fin août ou septembre. Chinois et Américains ne viendront pas. Les Européens ont peur, alors on attend les touristes italiens. Mais plutôt qu'à Rome, ils iront à la plage", pronostique-t-il, résigné.

Pendant ce temps, l'application "Immuni" de traçage des contacts choisie par l'Italie pour endiguer la propagation du Covid-19 a été téléchargée par 500.000 personnes en 24 heures, ce qui la place en tête des téléchargements nationaux. Appréciée pour "sa simplicité et son utilité" selon le gouvernement, elle sera opérationnelle à partir du lundi 8 juin.

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L'Italie rouvre ses frontières, enfin "libérée du lockdown"

Le 03 juin 2020 à14:18

Après un mois d'un prudent déconfinement, l'Italie rouvre ses frontières aux touristes européens mercredi, nouveau pas vers la normalisation et la relance du tourisme à l'approche de l'été.

"Le pays revient à la vie", a résumé le ministre des Affaires régionales, Francesco Boccia, alors que les vols internationaux reprennent à Venise, Florence et Naples et s'accélèrent à Rome et Milan.

A l'aéroport de Fiumicino, dans la capitale, plusieurs dizaines de vols internationaux sont prévus ce mercredi, au départ et à l'arrivée.

"Je suis bien heureuse d'être là!", souriait Régina, une touriste allemande quinquagénaire, juste débarquée à l'aéroport de Venise, avec son masque sur le nez. "C'est fantastique de ne voir presque personne".

Ce mercredi marque également le retour de la liberté de déplacement entre les 20 régions, du nord au sud de la péninsule, une mesure attendue avec impatience par les Italiens, résumée par la presse sous le titre: "l'Italie libérée du lockdown".

- "Sous les cendres" -

Selon les agences de presse locales, cette réouverture entre les régions a donné lieu à des embouteillages pour embarquer à bord des ferries allant vers et partant de Sicile, ou encore une grande affluence dans les gares, mais dans l'ordre et le respect des consignes sanitaires. Le nombre de trains a été triplé ce mercredi.

Les interdictions de grands rassemblements, l'obligation du port du masque dans les lieux clos et dans les transports publics demeurent, avec d'innombrables règles différentes selon les régions et les situations.

Signe de cette reprise de la mobilité, le site internet servant à s'enregistrer à son arrivée dans les Pouilles (sud) était saturé.

Encore traumatisée par ses 33.500 morts du Covid-19 en trois mois, l'Italie, impatiente de retourner à la normalité comme de relancer son économie, se déconfine progressivement depuis début mai.

Commerces, cafés et terrasses ont rouvert, de même que la grande majorité des monuments et sites touristiques: Basilique Saint-Pierre et Colisée à Rome, Pompéi, tour de Pise, cathédrales de Milan et Florence, musées du Vatican, etc.

A l'image des canaux de Venise, où les gondoles attendent le client, ces monuments et musées célèbres restent pour le moment très peu fréquentés, si ce n'est par quelques visiteurs italiens, une anomalie dans ces lieux habituellement bondés de touristes venus de toute la planète.

A Rome, au pied de l'illustre Fontaine de Trévi, un couple de jeunes mariés profitait mercredi du peu d'affluence pour prendre la pose. "Il faut savourer ces moments", souriait le mari: "à Rome, c'est rare!".

La crise sanitaire "n'est pas terminée" a prévenu mardi, jour de Fête nationale, le président de la République Sergio Mattarella, qui a loué "l'unité" de son pays face à "l'ennemi invisible".

L'Italie a imposé un verrouillage économique début mars et a vu depuis le nombre de contaminations chuter régulièrement.

L'épidémie semble durablement maitrisée, "mais le Covid-19 couve sous les cendres, et quand il trouve les conditions idéales, il explose", a mis en garde un célèbre virologue, Massimo Galli.

- "Immuni" -

Le pays doit à présent faire face à la plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale, et il a un besoin crucial de voir revenir les touristes (13% du PIB).

L'enjeu dépasse largement les frontières italiennes, alors que l'Espagne, la Grèce et la France entendent elles aussi relancer leur secteur touristique en captant le plus de voyageurs étrangers.

Inquiètes d'une possible reprise de l'épidémie depuis la Lombardie, un moment épicentre européen de la maladie, la Suisse et l'Autriche gardent leur frontière italienne fermée, suscitant le mécontentement de Rome.

Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio va mener cette fin de semaine une série de rencontres avec ses homologues européens, et notamment le ministre français Jean-Yves Le Drian ce mercredi à Rome.

"L'objectif est de montrer à tous que l'Italie est prête à accueillir les étrangers, en sécurité et avec une transparence maximum des chiffres", a assuré M. Di Maio.

"Accueillir les touristes signifie mettre en marche l'économie et donner la possibilité de travailler aux artisans, commerçants, entrepreneurs, hôteliers", a-t-il souligné.

Seuls 40 des 1.200 hôtels de Rome ont rouvert, indiquait lundi le Corriere della Sera.

A "l'Auberge du Sénat", voisine du Panthéon de Rome, la réceptionniste constatait un "peu de mouvement, mais aucune réservation de l'étranger avant la mi-juin".

Pour Mimmo Burgio, 62 ans, propriétaire d'un café près du Colisée, "on ne reverra pas les touristes étrangers avant fin août ou septembre. Chinois et Américains ne viendront pas. Les Européens ont peur, alors on attend les touristes italiens. Mais plutôt qu'à Rome, ils iront à la plage", pronostique-t-il, résigné.

Pendant ce temps, l'application "Immuni" de traçage des contacts choisie par l'Italie pour endiguer la propagation du Covid-19 a été téléchargée par 500.000 personnes en 24 heures, ce qui la place en tête des téléchargements nationaux. Appréciée pour "sa simplicité et son utilité" selon le gouvernement, elle sera opérationnelle à partir du lundi 8 juin.

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