Téhéran libère un Américain au lendemain du retour d'un Iranien relâché par Washington

(AFP)

L'Iran a libéré un prisonnier américain, l'ex-militaire Michael White, qui était jeudi sur le chemin du retour aux Etats-Unis au lendemain de l'arrivée à Téhéran d'un scientifique iranien relâché par Washington, dans un possible nouvel échange de détenus entre les deux pays ennemis.

Michael White, un ex-militaire de la marine américaine arrêté en juillet 2018 en Iran, "est dans un avion suisse qui vient de quitter l'espace aérien iranien", a déclaré Donald Trump dans un tweet.

Il a précisé qu'il serait "très bientôt" auprès de sa famille en Amérique.

Le président des Etats-Unis a remercié la Suisse pour son "aide formidable" et a promis de continuer à oeuvrer pour "la libération de tous les Américains tenus en otage à l'étranger" -- un dossier sur lequel il a obtenu plusieurs succès depuis trois ans.

La mère de Michael White avait auparavant annoncé cette libération.

"Au cours des 683 derniers jours mon fils, Michael, a été retenu en otage en Iran par les Gardiens de la révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a déclaré Johanne White dans un communiqué.

"J'ai vécu un cauchemar. Je suis heureuse d'annoncer que le cauchemar est terminé et que mon fils est sur le chemin du retour à la maison, sain et sauf", a-t-elle ajouté.

Cette libération intervient au lendemain du retour en Iran d'un scientifique iranien, Cyrus Asgari, 59 ans, relâché par les Etats-Unis où il avait été acquitté après près de trois ans de détention pour espionnage.

Les autorités américaines n'ont pas précisé à ce stade s'il s'agissait d'un échange de prisonniers, comme il y en a encore eu fin 2019 entre les deux pays ennemis sans relations diplomatiques.

Michael White avait été condamné en mars 2019 à dix ans de prison pour avoir insulté le guide suprême Ali Khamenei et diffusé des photos personnelles sur les réseaux sociaux, selon son avocat.

Mi-mars, il avait bénéficié d'une permission de sortie pour raisons "médicales" et "humanitaires", mais à condition qu'il ne quitte pas le pays.

Selon l'ex-gouverneur de l'Etat américain du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, très investi auprès des autorités iraniennes pour obtenir cette libération, l'ancien détenu avait été testé positif au nouveau coronavirus.

- Fortes tensions -

Dans un premier temps après cette permission, Michael White avait été confié à l'ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains sur place.

La Suisse avait notamment été en première ligne lors du dernier échange de détenus, en décembre: l'Américain Xiyue Wang avait été libéré par l'Iran et l'Iranien Massoud Soleimani avait été relâché par les Etats-Unis.

Plusieurs Irano-Américains, l'homme d'affaires Siamak Namazi, son père Bagher, ainsi que Morad Tahbaz, un écologiste, sont encore détenus en Iran et les Etats-Unis réclament leur libération.

Mi-mai, les autorités iraniennes avaient assuré vouloir échanger "tous les prisonniers" avec Washington.

Mais le responsable du département américain de la Sécurité intérieure, Ken Cuccinelli, avait accusé Téhéran de "temporiser".

"Nous avons onze de vos concitoyens en situation irrégulière que nous tentons de renvoyer dans votre pays", a-t-il lancé sur Twitter. "Envoyez l'avion!"

Finalement, seul Cyrus Asgari a été renvoyé en Iran à ce stade.

Les relations déjà très tendues entre les deux pays traversent une phase glaciale depuis que Donald Trump a claqué la porte en 2018 de l'accord international conclu trois ans plus tôt pour éviter que la République islamique ne se dote de l'arme nucléaire.

Le milliardaire républicain, jugeant ce texte trop faible, a rétabli et même renforcé les sanctions américaines. En retour, l'Iran a commencé à se désengager des contraintes bridant son programme atomique.

Depuis, le président américain assure vouloir négocier un nouvel accord mais plusieurs médiations, notamment française, ont échoué. Les libérations de prisonniers ont souvent été considérées comme un moyen de désamorcer les tensions.

Ces dernières ont connu une apogée début janvier lorsque l'armée américaine a tué, dans une frappe à Bagdad, le puissant général iranien Qassem Soleimani. Les représailles de Téhéran sont toutefois restées limitées.

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Téhéran libère un Américain au lendemain du retour d'un Iranien relâché par Washington

Le 04 juin 2020 à17:10

L'Iran a libéré un prisonnier américain, l'ex-militaire Michael White, qui était jeudi sur le chemin du retour aux Etats-Unis au lendemain de l'arrivée à Téhéran d'un scientifique iranien relâché par Washington, dans un possible nouvel échange de détenus entre les deux pays ennemis.

Michael White, un ex-militaire de la marine américaine arrêté en juillet 2018 en Iran, "est dans un avion suisse qui vient de quitter l'espace aérien iranien", a déclaré Donald Trump dans un tweet.

Il a précisé qu'il serait "très bientôt" auprès de sa famille en Amérique.

Le président des Etats-Unis a remercié la Suisse pour son "aide formidable" et a promis de continuer à oeuvrer pour "la libération de tous les Américains tenus en otage à l'étranger" -- un dossier sur lequel il a obtenu plusieurs succès depuis trois ans.

La mère de Michael White avait auparavant annoncé cette libération.

"Au cours des 683 derniers jours mon fils, Michael, a été retenu en otage en Iran par les Gardiens de la révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a déclaré Johanne White dans un communiqué.

"J'ai vécu un cauchemar. Je suis heureuse d'annoncer que le cauchemar est terminé et que mon fils est sur le chemin du retour à la maison, sain et sauf", a-t-elle ajouté.

Cette libération intervient au lendemain du retour en Iran d'un scientifique iranien, Cyrus Asgari, 59 ans, relâché par les Etats-Unis où il avait été acquitté après près de trois ans de détention pour espionnage.

Les autorités américaines n'ont pas précisé à ce stade s'il s'agissait d'un échange de prisonniers, comme il y en a encore eu fin 2019 entre les deux pays ennemis sans relations diplomatiques.

Michael White avait été condamné en mars 2019 à dix ans de prison pour avoir insulté le guide suprême Ali Khamenei et diffusé des photos personnelles sur les réseaux sociaux, selon son avocat.

Mi-mars, il avait bénéficié d'une permission de sortie pour raisons "médicales" et "humanitaires", mais à condition qu'il ne quitte pas le pays.

Selon l'ex-gouverneur de l'Etat américain du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, très investi auprès des autorités iraniennes pour obtenir cette libération, l'ancien détenu avait été testé positif au nouveau coronavirus.

- Fortes tensions -

Dans un premier temps après cette permission, Michael White avait été confié à l'ambassade de Suisse à Téhéran, qui représente les intérêts américains sur place.

La Suisse avait notamment été en première ligne lors du dernier échange de détenus, en décembre: l'Américain Xiyue Wang avait été libéré par l'Iran et l'Iranien Massoud Soleimani avait été relâché par les Etats-Unis.

Plusieurs Irano-Américains, l'homme d'affaires Siamak Namazi, son père Bagher, ainsi que Morad Tahbaz, un écologiste, sont encore détenus en Iran et les Etats-Unis réclament leur libération.

Mi-mai, les autorités iraniennes avaient assuré vouloir échanger "tous les prisonniers" avec Washington.

Mais le responsable du département américain de la Sécurité intérieure, Ken Cuccinelli, avait accusé Téhéran de "temporiser".

"Nous avons onze de vos concitoyens en situation irrégulière que nous tentons de renvoyer dans votre pays", a-t-il lancé sur Twitter. "Envoyez l'avion!"

Finalement, seul Cyrus Asgari a été renvoyé en Iran à ce stade.

Les relations déjà très tendues entre les deux pays traversent une phase glaciale depuis que Donald Trump a claqué la porte en 2018 de l'accord international conclu trois ans plus tôt pour éviter que la République islamique ne se dote de l'arme nucléaire.

Le milliardaire républicain, jugeant ce texte trop faible, a rétabli et même renforcé les sanctions américaines. En retour, l'Iran a commencé à se désengager des contraintes bridant son programme atomique.

Depuis, le président américain assure vouloir négocier un nouvel accord mais plusieurs médiations, notamment française, ont échoué. Les libérations de prisonniers ont souvent été considérées comme un moyen de désamorcer les tensions.

Ces dernières ont connu une apogée début janvier lorsque l'armée américaine a tué, dans une frappe à Bagdad, le puissant général iranien Qassem Soleimani. Les représailles de Téhéran sont toutefois restées limitées.

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