USA: la police sur la sellette avant un nouveau week-end de rassemblements

(AFP)

Les Etats-Unis se préparaient vendredi à un nouveau week-end de rassemblements massifs contre les inégalités raciales et les brutalités policières, alors que la polémique augmente face à la répression de ces mêmes manifestations par les forces de l'ordre.

Plusieurs vidéos montrant des interventions policières musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

La dernière en date, diffusée jeudi soir, montre un manifestant fermement repoussé par deux policiers et heurtant violemment le sol, alors qu'il est seul face à des dizaines d'entre eux dans la ville de Buffalo, dans l'Etat de New York.

Un premier communiqué officiel affirmait que le manifestant de 75 ans, qui saignait abondamment et semblait avoir perdu connaissance, avait "trébuché et chuté".

Devant l'indignation provoquée par cette réaction, les deux policiers impliqués ont été suspendus. Le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a appelé à ce qu'ils soient limogés, et le procureur local a ouvert une enquête.

- "Protecteurs, pas guerriers"

"Les policiers doivent être des protecteurs, pas des guerriers", a déclaré le responsable du comté, Mark Poloncarz, alors que les policiers de l'unité d'urgence de cette ville de 250.000 habitants présentaient leur démission pour protester contre le traitement réservé à leurs collègues, selon la presse locale.

A New York même, le maire Bill de Blasio, hué jeudi lors d'une cérémonie hommage à George Floyd à Brooklyn pour n'avoir pas condamné les brutalités policières contre des manifestants non violentes, a promis d'enquêter sur les faits signalés, indiquant que des mesures disciplinaires suivraient.

A l'autre bout du pays, dans l'Etat de Washington, la maire de Tacoma a demandé le limogeage de policiers impliqués dans la mort d'un homme noir le 3 mars, après la diffusion d'une nouvelle vidéo semblant les montrer en train de s'acharner sur l'homme, plaqué au sol au bord de la route.

A Indianapolis, dans le Midwest, la police enquêtait après une autre vidéo montrant des policiers sortant matraques et gaz poivre lors de l'arrestation d'une manifestante dimanche.

- "George nous regarde de là-haut" -

Les nouveaux exemples de violences policières nourrissent la colère à l'origine des manifestations qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation le 25 mai à Minneapolis.

Les manifestations ont repris vendredi après-midi, notamment à New York, où plusieurs milliers de personnes ont convergé à Brooklyn et Manhattan.

Plusieurs manifestations ont aussi eu lieu à l'étranger, notamment au Canada, où le Premier ministre Justin Trudeau a défilé à Ottawa avec plusieurs milliers de manifestants.

Certaines revendications des manifestants qui défilent depuis 10 jours ont pourtant été entendues: le policier qui a appuyé pendant près de neuf minutes son genou sur le cou de George Floyd a été inculpé mercredi d'homicide volontaire -- et non plus involontaire -- et les trois autres agents présents inculpés de complicité.

La police de Minneapolis a aussi annoncé vendredi qu'elle interdisait dorénavant les "prises d'étranglement", technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris "Je ne peux pas respirer" ont également été prononcés par George Floyd lors de sa mort.

Pour samedi, des rassemblements s'annoncent dans de nombreuses villes américaines, notamment à New York, Washington et à Miami.

Les marches des derniers jours étant restées pacifiques et plusieurs villes, dont Washington, Seattle et Los Angeles, ont désormais levé leur couvre-feu. Mais pas New York, où il est maintenu jusqu'à dimanche soir.

Donald Trump, qui ne cesse d'appeler à rétablir l'ordre public, a appelé à nouveau vendredi les Etats qui ne l'ont pas fait, comme New York, à appeler en renfort la Garde nationale.

Mais à cinq mois de l'élection présidentielle, il a lié de façon surprenante les manifestations à ses espoirs de reprise de l'économie, après une baisse surprise du chômage en mai.

"J'espère que George (Floyd) nous regarde de là-haut en pensant que ce qui arrive au pays est grandiose. C'est un grand jour pour lui, c'est un grand jour pour tout le monde", a dit le président américain.

Une déclaration dénoncée par son adversaire démocrate Joe Biden.

"Les derniers mots de George Floyd, +Je ne peux pas respirer, je ne peux pas respirer+, résonnent dans tout le pays. Que le président mette d'autres mots dans sa bouche est franchement méprisable", a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, la légende de la NBA, Michael Jordan, a annoncé un don de 100 millions de dollars à des organisations oeuvrant pour l'égalité raciale et la justice sociale, évoquant "le racisme qui gangrène les Etats-Unis".

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USA: la police sur la sellette avant un nouveau week-end de rassemblements

Le 05 juin 2020 à22:30

Les Etats-Unis se préparaient vendredi à un nouveau week-end de rassemblements massifs contre les inégalités raciales et les brutalités policières, alors que la polémique augmente face à la répression de ces mêmes manifestations par les forces de l'ordre.

Plusieurs vidéos montrant des interventions policières musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

La dernière en date, diffusée jeudi soir, montre un manifestant fermement repoussé par deux policiers et heurtant violemment le sol, alors qu'il est seul face à des dizaines d'entre eux dans la ville de Buffalo, dans l'Etat de New York.

Un premier communiqué officiel affirmait que le manifestant de 75 ans, qui saignait abondamment et semblait avoir perdu connaissance, avait "trébuché et chuté".

Devant l'indignation provoquée par cette réaction, les deux policiers impliqués ont été suspendus. Le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a appelé à ce qu'ils soient limogés, et le procureur local a ouvert une enquête.

- "Protecteurs, pas guerriers"

"Les policiers doivent être des protecteurs, pas des guerriers", a déclaré le responsable du comté, Mark Poloncarz, alors que les policiers de l'unité d'urgence de cette ville de 250.000 habitants présentaient leur démission pour protester contre le traitement réservé à leurs collègues, selon la presse locale.

A New York même, le maire Bill de Blasio, hué jeudi lors d'une cérémonie hommage à George Floyd à Brooklyn pour n'avoir pas condamné les brutalités policières contre des manifestants non violentes, a promis d'enquêter sur les faits signalés, indiquant que des mesures disciplinaires suivraient.

A l'autre bout du pays, dans l'Etat de Washington, la maire de Tacoma a demandé le limogeage de policiers impliqués dans la mort d'un homme noir le 3 mars, après la diffusion d'une nouvelle vidéo semblant les montrer en train de s'acharner sur l'homme, plaqué au sol au bord de la route.

A Indianapolis, dans le Midwest, la police enquêtait après une autre vidéo montrant des policiers sortant matraques et gaz poivre lors de l'arrestation d'une manifestante dimanche.

- "George nous regarde de là-haut" -

Les nouveaux exemples de violences policières nourrissent la colère à l'origine des manifestations qui secouent les Etats-Unis depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation le 25 mai à Minneapolis.

Les manifestations ont repris vendredi après-midi, notamment à New York, où plusieurs milliers de personnes ont convergé à Brooklyn et Manhattan.

Plusieurs manifestations ont aussi eu lieu à l'étranger, notamment au Canada, où le Premier ministre Justin Trudeau a défilé à Ottawa avec plusieurs milliers de manifestants.

Certaines revendications des manifestants qui défilent depuis 10 jours ont pourtant été entendues: le policier qui a appuyé pendant près de neuf minutes son genou sur le cou de George Floyd a été inculpé mercredi d'homicide volontaire -- et non plus involontaire -- et les trois autres agents présents inculpés de complicité.

La police de Minneapolis a aussi annoncé vendredi qu'elle interdisait dorénavant les "prises d'étranglement", technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris "Je ne peux pas respirer" ont également été prononcés par George Floyd lors de sa mort.

Pour samedi, des rassemblements s'annoncent dans de nombreuses villes américaines, notamment à New York, Washington et à Miami.

Les marches des derniers jours étant restées pacifiques et plusieurs villes, dont Washington, Seattle et Los Angeles, ont désormais levé leur couvre-feu. Mais pas New York, où il est maintenu jusqu'à dimanche soir.

Donald Trump, qui ne cesse d'appeler à rétablir l'ordre public, a appelé à nouveau vendredi les Etats qui ne l'ont pas fait, comme New York, à appeler en renfort la Garde nationale.

Mais à cinq mois de l'élection présidentielle, il a lié de façon surprenante les manifestations à ses espoirs de reprise de l'économie, après une baisse surprise du chômage en mai.

"J'espère que George (Floyd) nous regarde de là-haut en pensant que ce qui arrive au pays est grandiose. C'est un grand jour pour lui, c'est un grand jour pour tout le monde", a dit le président américain.

Une déclaration dénoncée par son adversaire démocrate Joe Biden.

"Les derniers mots de George Floyd, +Je ne peux pas respirer, je ne peux pas respirer+, résonnent dans tout le pays. Que le président mette d'autres mots dans sa bouche est franchement méprisable", a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, la légende de la NBA, Michael Jordan, a annoncé un don de 100 millions de dollars à des organisations oeuvrant pour l'égalité raciale et la justice sociale, évoquant "le racisme qui gangrène les Etats-Unis".

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