Des ONG inquiètes du rachat de Fitbit par Google

(AFP)

Une vingtaine d'ONG ont exprimé jeudi leurs inquiétudes sur l'acquisition par Google de Fitbit, l'un des leaders mondiaux des objets connectés spécialisés dans les activités sportives, qui menace selon elles la protection des données personnelles et risque d'accroitre la position dominante du géant américain.

"Les régulateurs du monde entier --en particulier ceux qui sont concernés par le respect des règles antitrust et la confidentialité des données-- doivent accorder (à cette opération) la plus grande attention", écrivent dans un communiqué commun ces organisations, dont le Beuc, le Bureau européen des unions de consommateurs, l'Open Markets Institute ou la Consumer Federation of America.

Ce rachat constitue selon elles "un test pour savoir comment les régulateurs abordent l'immense pouvoir que les géants technologiques exercent sur l'économie numérique et leur capacité à étendre leurs écosystèmes sans contrôle".

Elles estiment que "Google pourrait exploiter les ensembles de données de santé et de localisation exceptionnellement précieux de Fitbit, ainsi que ses capacités de collecte de données, pour renforcer sa position déjà dominante sur les marchés numériques tels que la publicité en ligne" ou encore les marchés de la santé.

Elles invitent les autorités chargées de se prononcer sur ce rachat à "se méfier de toute promesse" qui serait faite "de restreindre l'utilisation des données". "Les régulateurs doivent partir du principe que Google utilisera en pratique l'ensemble des données uniques, hautement sensibles et actuellement indépendantes de Fitbit en combinaison avec les siennes", affirment-elles.

Google a tenté de dissiper ces inquiétudes. Un porte-parole de la firme américaine a indiqué à l'AFP que Google s'était engagé "à ne pas utiliser les données Fitbit sur la santé et le bien-être pour les publicités de Google" et promis "de donner aux gens le choix et le contrôle de leurs données".

L'entreprise a également déclaré qu'elle serait "transparente sur les données collectées et sur les raisons de leur collecte". Et elle a affirmé "ne pas vendre d'informations personnelles à qui que ce soit".

Google avait annoncé début novembre le rachat de Fitbit pour 2,1 milliards de dollars, la transaction devant être conclue en 2020.

L'opération a été notifiée le 15 juin à la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l'UE, qui pour l'instant a jusqu'au 20 juillet pour rendre sa décision.

Précurseur dans la commercialisation à grande échelle des montres connectées et autres capteurs d'activité physique permettant de mesurer le nombre de pas faits quotidiennement, le nombre de calories absorbées ou encore le nombre d'heures de sommeil recommandées, Fitbit était en perte de vitesse depuis quelques années, devancée par Apple et rattrapée par Samsung.

Le Comité européen de la protection des données (EDPB), organe européen indépendant qui regroupe les régulateurs européens des données personnelles, avait déjà exprimé en février ses inquiétudes.

"Il est à craindre que la poursuite de la combinaison et de l'accumulation de données personnelles sensibles concernant les personnes en Europe par une grande entreprise de technologie puisse entraîner un haut niveau de risque pour les droits fondamentaux au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles", était-il noté dans son communiqué.

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Des ONG inquiètes du rachat de Fitbit par Google

Le 02 juillet 2020 à08:15

Une vingtaine d'ONG ont exprimé jeudi leurs inquiétudes sur l'acquisition par Google de Fitbit, l'un des leaders mondiaux des objets connectés spécialisés dans les activités sportives, qui menace selon elles la protection des données personnelles et risque d'accroitre la position dominante du géant américain.

"Les régulateurs du monde entier --en particulier ceux qui sont concernés par le respect des règles antitrust et la confidentialité des données-- doivent accorder (à cette opération) la plus grande attention", écrivent dans un communiqué commun ces organisations, dont le Beuc, le Bureau européen des unions de consommateurs, l'Open Markets Institute ou la Consumer Federation of America.

Ce rachat constitue selon elles "un test pour savoir comment les régulateurs abordent l'immense pouvoir que les géants technologiques exercent sur l'économie numérique et leur capacité à étendre leurs écosystèmes sans contrôle".

Elles estiment que "Google pourrait exploiter les ensembles de données de santé et de localisation exceptionnellement précieux de Fitbit, ainsi que ses capacités de collecte de données, pour renforcer sa position déjà dominante sur les marchés numériques tels que la publicité en ligne" ou encore les marchés de la santé.

Elles invitent les autorités chargées de se prononcer sur ce rachat à "se méfier de toute promesse" qui serait faite "de restreindre l'utilisation des données". "Les régulateurs doivent partir du principe que Google utilisera en pratique l'ensemble des données uniques, hautement sensibles et actuellement indépendantes de Fitbit en combinaison avec les siennes", affirment-elles.

Google a tenté de dissiper ces inquiétudes. Un porte-parole de la firme américaine a indiqué à l'AFP que Google s'était engagé "à ne pas utiliser les données Fitbit sur la santé et le bien-être pour les publicités de Google" et promis "de donner aux gens le choix et le contrôle de leurs données".

L'entreprise a également déclaré qu'elle serait "transparente sur les données collectées et sur les raisons de leur collecte". Et elle a affirmé "ne pas vendre d'informations personnelles à qui que ce soit".

Google avait annoncé début novembre le rachat de Fitbit pour 2,1 milliards de dollars, la transaction devant être conclue en 2020.

L'opération a été notifiée le 15 juin à la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l'UE, qui pour l'instant a jusqu'au 20 juillet pour rendre sa décision.

Précurseur dans la commercialisation à grande échelle des montres connectées et autres capteurs d'activité physique permettant de mesurer le nombre de pas faits quotidiennement, le nombre de calories absorbées ou encore le nombre d'heures de sommeil recommandées, Fitbit était en perte de vitesse depuis quelques années, devancée par Apple et rattrapée par Samsung.

Le Comité européen de la protection des données (EDPB), organe européen indépendant qui regroupe les régulateurs européens des données personnelles, avait déjà exprimé en février ses inquiétudes.

"Il est à craindre que la poursuite de la combinaison et de l'accumulation de données personnelles sensibles concernant les personnes en Europe par une grande entreprise de technologie puisse entraîner un haut niveau de risque pour les droits fondamentaux au respect de la vie privée et à la protection des données personnelles", était-il noté dans son communiqué.

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