Macédoine du Nord: courte victoire des sociaux-démocrates sur les nationalistes

(AFP)

Les sociaux-démocrates de l'ancien Premier ministre Zoran Zaev ont devancé la droite nationaliste d'une courte tête lors des législatives mercredi en Macédoine du Nord, illustrant les lignes de fracture dans ce pays des Balkans qui se prépare à des pourparlers d'adhésion avec l'Union européenne.

Faute de majorité absolue, l'ancien parti au pouvoir devra s'atteler à des négociations compliquées pour former un gouvernement de coalition, et en particulier trouver des alliés chez les partis représentant la minorité albanaise, qui auront un rôle clé.

"Notre chemin vers le progrès est confirmé", a lancé Zoran Zaev dans son discours de victoire. "Les citoyens ont voté pour un avenir clair (...), pour choisir un meilleur présent et un meilleur futur."

D'après les résultats publiés par la Commission électorale d'Etat (SEC) après dépouillement de la quasi totalité des voix, les sociaux-démocrates (SDSM) ont obtenu 36% des suffrages contre 34,8% à la droite (VMRO-DPMNE).

Il obtiendrait 46 des 120 sièges du Parlement, deux de plus que la droite, selon des projections de la SEC jeudi matin, un rapport de force toutefois susceptible d'évoluer au gré des réclamations.

Ces législatives sont les premières depuis que l'ex-République yougoslave a changé de nom l'année dernière pour mettre fin à un conflit ancien avec la Grèce.

En ajoutant "du Nord" au nom du pays, l'accord historique avec Athènes a permis à Skopje d'entrer dans l'Otan et d'obtenir le feu vert de Bruxelles à l'ouverture de négociations d'adhésion.

- Faiseurs de roi -

Mais certains nationalistes restent furieux d'avoir concédé à la Grèce, qui revendique l'exclusivité sur l'appellation "Macédoine", ce qu'ils considèrent comme partie intégrante de l'identité nationale.

Le scrutin s'est déroulé en pleine seconde vague de la pandémie du coronavirus. Le petit Etat au système de santé fragile est, selon les chiffres officiels, le pays des Balkans le plus endeuillé en proportion de sa population, avec près de 400 morts pour moins de deux millions d'habitants.

Les partis de la minorité albanaise, qui pèse un quart de la population, sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la constitution du prochain gouvernement.

La principale formation de cette communauté, l'Union démocratique pour l'intégration (DUI), qui a obtenu 11% des voix, devant ses rivaux de l'Alliance pour les Albanais (8,8%), a revendiqué une "victoire absolue".

Le DUI, qui semble en mesure de conserver son rôle de faiseur de rois avec les 15 sièges qu'il obtiendrait, a cette fois réclamé le poste de Premier ministre pour prix d'une alliance. Droite comme sociaux-démocrates ont parlé de "chantage".

Les élections devaient combler le vide du pouvoir dans un pays dirigé depuis six mois par un gouvernement technique. Le scrutin initialement prévu en avril avait été reporté pour cause de crise sanitaire.

Mais cette situation politique incertaine pourrait se prolonger: en cas d'échec des sociaux-démocrates à former un gouvernement de coalition, le VRMO-DPME pourrait alors tenter sa chance.

- Corruption -

"Former un gouvernement sera très difficile", juge l'analyste politique Nikola Spasov alors que la plupart des commentateurs s'attendent à une coalition de trois partis. "Nous allons vivre une période de difficiles négociations de partis et le gouvernement ne sera pas aussi stable qu'attendu".

Zoran Zaev, qui est accusé par la droite de "trahison", entendait capitaliser sur son succès dans l'arrimage du pays à l'Occident.

Le leader du VMRO-DPMNE, Hristijan Mickoski, avait plaidé pour le "renouveau", jugeant que le pays était prêt pour "le grand changement".

D'après les analystes, un éventuel retour de la droite, qui a régné pendant une décennie jusqu'en 2016, pourrait compliquer l'avenir européen du pays candidat. Après le "oui" de Bruxelles en mars, celui-ci attend le début des pourparlers.

En attendant, nombre d'habitants ont perdu toute confiance dans une classe politique accusée de corruption rampante dans un pays où le chômage est élevé et le salaire moyen est de 420 euros.

"Sachant que rien n'a changé depuis que je suis né, je n'attends rien" de cette élection, dit Stefan Micevski, jeune habitant de Skopje.

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Macédoine du Nord: courte victoire des sociaux-démocrates sur les nationalistes

Le 16 juillet 2020 à10:21

Les sociaux-démocrates de l'ancien Premier ministre Zoran Zaev ont devancé la droite nationaliste d'une courte tête lors des législatives mercredi en Macédoine du Nord, illustrant les lignes de fracture dans ce pays des Balkans qui se prépare à des pourparlers d'adhésion avec l'Union européenne.

Faute de majorité absolue, l'ancien parti au pouvoir devra s'atteler à des négociations compliquées pour former un gouvernement de coalition, et en particulier trouver des alliés chez les partis représentant la minorité albanaise, qui auront un rôle clé.

"Notre chemin vers le progrès est confirmé", a lancé Zoran Zaev dans son discours de victoire. "Les citoyens ont voté pour un avenir clair (...), pour choisir un meilleur présent et un meilleur futur."

D'après les résultats publiés par la Commission électorale d'Etat (SEC) après dépouillement de la quasi totalité des voix, les sociaux-démocrates (SDSM) ont obtenu 36% des suffrages contre 34,8% à la droite (VMRO-DPMNE).

Il obtiendrait 46 des 120 sièges du Parlement, deux de plus que la droite, selon des projections de la SEC jeudi matin, un rapport de force toutefois susceptible d'évoluer au gré des réclamations.

Ces législatives sont les premières depuis que l'ex-République yougoslave a changé de nom l'année dernière pour mettre fin à un conflit ancien avec la Grèce.

En ajoutant "du Nord" au nom du pays, l'accord historique avec Athènes a permis à Skopje d'entrer dans l'Otan et d'obtenir le feu vert de Bruxelles à l'ouverture de négociations d'adhésion.

- Faiseurs de roi -

Mais certains nationalistes restent furieux d'avoir concédé à la Grèce, qui revendique l'exclusivité sur l'appellation "Macédoine", ce qu'ils considèrent comme partie intégrante de l'identité nationale.

Le scrutin s'est déroulé en pleine seconde vague de la pandémie du coronavirus. Le petit Etat au système de santé fragile est, selon les chiffres officiels, le pays des Balkans le plus endeuillé en proportion de sa population, avec près de 400 morts pour moins de deux millions d'habitants.

Les partis de la minorité albanaise, qui pèse un quart de la population, sont appelés à jouer un rôle déterminant dans la constitution du prochain gouvernement.

La principale formation de cette communauté, l'Union démocratique pour l'intégration (DUI), qui a obtenu 11% des voix, devant ses rivaux de l'Alliance pour les Albanais (8,8%), a revendiqué une "victoire absolue".

Le DUI, qui semble en mesure de conserver son rôle de faiseur de rois avec les 15 sièges qu'il obtiendrait, a cette fois réclamé le poste de Premier ministre pour prix d'une alliance. Droite comme sociaux-démocrates ont parlé de "chantage".

Les élections devaient combler le vide du pouvoir dans un pays dirigé depuis six mois par un gouvernement technique. Le scrutin initialement prévu en avril avait été reporté pour cause de crise sanitaire.

Mais cette situation politique incertaine pourrait se prolonger: en cas d'échec des sociaux-démocrates à former un gouvernement de coalition, le VRMO-DPME pourrait alors tenter sa chance.

- Corruption -

"Former un gouvernement sera très difficile", juge l'analyste politique Nikola Spasov alors que la plupart des commentateurs s'attendent à une coalition de trois partis. "Nous allons vivre une période de difficiles négociations de partis et le gouvernement ne sera pas aussi stable qu'attendu".

Zoran Zaev, qui est accusé par la droite de "trahison", entendait capitaliser sur son succès dans l'arrimage du pays à l'Occident.

Le leader du VMRO-DPMNE, Hristijan Mickoski, avait plaidé pour le "renouveau", jugeant que le pays était prêt pour "le grand changement".

D'après les analystes, un éventuel retour de la droite, qui a régné pendant une décennie jusqu'en 2016, pourrait compliquer l'avenir européen du pays candidat. Après le "oui" de Bruxelles en mars, celui-ci attend le début des pourparlers.

En attendant, nombre d'habitants ont perdu toute confiance dans une classe politique accusée de corruption rampante dans un pays où le chômage est élevé et le salaire moyen est de 420 euros.

"Sachant que rien n'a changé depuis que je suis né, je n'attends rien" de cette élection, dit Stefan Micevski, jeune habitant de Skopje.

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