Cour suprême: soutenu par les républicains, Trump désignera sa candidate samedi

(AFP)

Malgré l'indignation des démocrates, Donald Trump présentera dès samedi une candidate pour succéder à la progressiste Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême, fort d'une majorité consolidée au Sénat pour voter sur sa confirmation sans attendre l'issue de la présidentielle américaine.

Les démocrates sont vent debout, arguant qu'il faudrait attendre l'élection du 3 novembre, qui opposera Donald Trump à Joe Biden, avant tout vote. Voire même, en cas de victoire de l'ancien vice-président de Barack Obama, attendre sa prise de fonctions en janvier 2021.

Car les enjeux sont immenses. Si le Sénat, à majorité républicaine, confirme sa candidate, le président aura placé trois juges, nommés à vie, au temple du droit américain.

De quoi ancrer dans le camp conservateur pendant des décennies cette institution qui tranche, aux Etats-Unis, les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels.

Le décès vendredi à 87 ans de Ruth Bader Ginsburg, icône féministe de la gauche américaine, a ainsi bouleversé la campagne électorale, jusqu'ici dominée par la pandémie de Covid-19 qui a fait 200.000 morts aux Etats-Unis.

A la traîne dans les sondages, Donald Trump pourrait, avec la bataille pour le contrôle de la Cour suprême, re-mobiliser sa base.

En 2016, beaucoup d'électeurs évangélistes sceptiques face au milliardaire deux fois divorcé avaient été convaincus de voter pour lui par sa promesse de nommer des juges conservateurs. Et lui avaient, en partie, offert une victoire surprise.

Mais le tollé chez les démocrates pourrait aussi mobiliser les soutiens pour Joe Biden.

- "En pleine élection" -

"J'annoncerai ma candidate pour la Cour suprême samedi, à la Maison Blanche! L'heure exacte reste à déterminer", a tweeté Donald Trump mardi matin.

Le 45e président des Etats-Unis avait indiqué lundi soir qu'il envisageait cinq magistrates pré-selectionnées.

Parmi les favorites figurent, en tête, Amy Coney Barrett, 48 ans, ainsi qu'une magistrate d'origine cubaine, Barbara Lagoa, 52 ans, née en Floride de parents ayant fui le régime communiste de Fidel Castro. Un atout potentiel pour le milliardaire républicain puisque cet Etat devrait jouer un rôle clé dans la présidentielle.

Donald Trump avait dit vouloir attendre la fin des cérémonies funéraires avant de dévoiler son choix.

La dépouille de Ruth Bader Ginsburg sera exposée à la Cour suprême mercredi et jeudi, puis au Capitole vendredi. Elle sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

D'ici là, les Américains sauront qui Donald Trump a choisi pour la remplacer.

Il ne reste que 42 jours avant la présidentielle et le vote anticipé a déjà démarré dans plusieurs Etats, s'est indigné Joe Biden.

"Nous sommes en pleine élection", a-t-il déclaré lundi soir sur une chaîne locale, WBAY. "Il s'agit d'une atteinte fondamentale aux principes constitutionnels".

- "Suivre la Constitution"-

C'est le Sénat américain qui a le pouvoir de confirmer, à la majorité simple, les juges à la Cour suprême nommés par le président.

Il faut en moyenne près de 70 jours entre une nomination et un vote final. Mais l'équipe de Donald Trump a déjà passé au crible les dossiers des candidates, ce qui devrait accélérer la procédure.

D'autant que le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, n'a pas l'intention de perdre du temps. Le Sénat votera "cette année", a-t-il martelé lundi.

Et ce fin stratège s'est vu assuré mardi d'une majorité consolidée pour procéder au vote.

Les républicains ont 53 sièges contre 47 à la chambre haute. Il aurait fallu que quatre sénateurs de son camp sortent des rangs pour faire dérailler la procédure. Car en cas d'égalité 50-50, le vice-président Mike Pence dispose d'un vote pour faire la différence.

Deux sénatrices républicaines modérées se sont dites opposées à la tenue d'un vote avant l'élection.

Mais un grand critique de Donald Trump, Mitt Romney, a annoncé mardi qu'il ne s'y opposerait pas. "Je compte suivre la Constitution et les précédents en envisageant le candidat du président", a-t-il affirmé.

Un autre modéré, Cory Gardner, avait fait de même la veille.

Sauf immense surprise, les démocrates ne pourront donc pas trouver assez d'alliés pour bloquer un vote.

Reste à savoir si tous les sénateurs républicains seront, ensuite, convaincus par la candidate de Donald Trump, lors du vote final.

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Cour suprême: soutenu par les républicains, Trump désignera sa candidate samedi

Le 22 septembre 2020 à18:00

Malgré l'indignation des démocrates, Donald Trump présentera dès samedi une candidate pour succéder à la progressiste Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême, fort d'une majorité consolidée au Sénat pour voter sur sa confirmation sans attendre l'issue de la présidentielle américaine.

Les démocrates sont vent debout, arguant qu'il faudrait attendre l'élection du 3 novembre, qui opposera Donald Trump à Joe Biden, avant tout vote. Voire même, en cas de victoire de l'ancien vice-président de Barack Obama, attendre sa prise de fonctions en janvier 2021.

Car les enjeux sont immenses. Si le Sénat, à majorité républicaine, confirme sa candidate, le président aura placé trois juges, nommés à vie, au temple du droit américain.

De quoi ancrer dans le camp conservateur pendant des décennies cette institution qui tranche, aux Etats-Unis, les principales questions de société, comme l'avortement, le droit de porter des armes ou les droits des homosexuels.

Le décès vendredi à 87 ans de Ruth Bader Ginsburg, icône féministe de la gauche américaine, a ainsi bouleversé la campagne électorale, jusqu'ici dominée par la pandémie de Covid-19 qui a fait 200.000 morts aux Etats-Unis.

A la traîne dans les sondages, Donald Trump pourrait, avec la bataille pour le contrôle de la Cour suprême, re-mobiliser sa base.

En 2016, beaucoup d'électeurs évangélistes sceptiques face au milliardaire deux fois divorcé avaient été convaincus de voter pour lui par sa promesse de nommer des juges conservateurs. Et lui avaient, en partie, offert une victoire surprise.

Mais le tollé chez les démocrates pourrait aussi mobiliser les soutiens pour Joe Biden.

- "En pleine élection" -

"J'annoncerai ma candidate pour la Cour suprême samedi, à la Maison Blanche! L'heure exacte reste à déterminer", a tweeté Donald Trump mardi matin.

Le 45e président des Etats-Unis avait indiqué lundi soir qu'il envisageait cinq magistrates pré-selectionnées.

Parmi les favorites figurent, en tête, Amy Coney Barrett, 48 ans, ainsi qu'une magistrate d'origine cubaine, Barbara Lagoa, 52 ans, née en Floride de parents ayant fui le régime communiste de Fidel Castro. Un atout potentiel pour le milliardaire républicain puisque cet Etat devrait jouer un rôle clé dans la présidentielle.

Donald Trump avait dit vouloir attendre la fin des cérémonies funéraires avant de dévoiler son choix.

La dépouille de Ruth Bader Ginsburg sera exposée à la Cour suprême mercredi et jeudi, puis au Capitole vendredi. Elle sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington, près de Washington.

D'ici là, les Américains sauront qui Donald Trump a choisi pour la remplacer.

Il ne reste que 42 jours avant la présidentielle et le vote anticipé a déjà démarré dans plusieurs Etats, s'est indigné Joe Biden.

"Nous sommes en pleine élection", a-t-il déclaré lundi soir sur une chaîne locale, WBAY. "Il s'agit d'une atteinte fondamentale aux principes constitutionnels".

- "Suivre la Constitution"-

C'est le Sénat américain qui a le pouvoir de confirmer, à la majorité simple, les juges à la Cour suprême nommés par le président.

Il faut en moyenne près de 70 jours entre une nomination et un vote final. Mais l'équipe de Donald Trump a déjà passé au crible les dossiers des candidates, ce qui devrait accélérer la procédure.

D'autant que le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, n'a pas l'intention de perdre du temps. Le Sénat votera "cette année", a-t-il martelé lundi.

Et ce fin stratège s'est vu assuré mardi d'une majorité consolidée pour procéder au vote.

Les républicains ont 53 sièges contre 47 à la chambre haute. Il aurait fallu que quatre sénateurs de son camp sortent des rangs pour faire dérailler la procédure. Car en cas d'égalité 50-50, le vice-président Mike Pence dispose d'un vote pour faire la différence.

Deux sénatrices républicaines modérées se sont dites opposées à la tenue d'un vote avant l'élection.

Mais un grand critique de Donald Trump, Mitt Romney, a annoncé mardi qu'il ne s'y opposerait pas. "Je compte suivre la Constitution et les précédents en envisageant le candidat du président", a-t-il affirmé.

Un autre modéré, Cory Gardner, avait fait de même la veille.

Sauf immense surprise, les démocrates ne pourront donc pas trouver assez d'alliés pour bloquer un vote.

Reste à savoir si tous les sénateurs républicains seront, ensuite, convaincus par la candidate de Donald Trump, lors du vote final.

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