Les soutiens de Breonna Taylor appellent à transformer la colère en vote

(AFP)

"Transformer les manifestations en action": d'une même voix, les proches de Breonna Taylor, jeune femme noire tuée par la police à Louisville, et les militants antiracistes ont exhorté vendredi à exprimer la colère de ce mouvement historique jusque dans les urnes de l'élection présidentielle américaine.

Depuis cette ville devenue le nouvel épicentre de la controverse autour des brutalités policières, l'avocat Ben Crump, connu pour représenter les proches de Breonna Taylor, George Floyd ou Jacob Blake, a plaidé pour une "transformation du leadership" aux Etats-Unis.

Réunis devant un imposant portrait de la jeune Afro-Américaine, lâchant vers le ciel quelques papillons en sa mémoire, les proches de Breonna Taylor ont appelé à une nouvelle soirée de manifestations à Louisville.

"Vous ne pouvez pas arrêter la révolution !", a assuré le père de Jacob Blake, jeune noir paralysé par des tirs policiers dans le Wisconsin, venu apporter son soutien.

A 39 jours de l'élection présidentielle, la ville du Kentucky est secouée par une forte contestation. Les manifestants dénoncent l'absence de poursuites pour homicide à l'encontre des policiers qui ont tué Breonna Taylor chez elle le 13 mars.

"Cela sera toujours +eux contre nous+", a dénoncé très émue la mère de Breonna Taylor, Tamika Palmer, dans des propos lus par sa soeur.

- Journée nationale -

Sur le Jefferson Square, vers lequel les contestataires commençaient à converger vendredi soir, des associations proposaient d'inscrire sur les listes électorales cette communauté qui vote historiquement moins, en quelques minutes.

"Nous leur donnons un accès (au vote) en le leur délivrant aussi facilement qu'une pizza", s'amuse auprès de l'AFP Felicia Garr, qui coordonne l'action.

"Si vous dites que vous êtes là pour Breonna Taylor et que vous ne votez pas, vous ne comprenez pas le message", harangue cette Afro-Américaine de 52 ans dans un mégaphone rose.

Jamie Bethel, 20 ans s'exécute et remplit un formulaire au stylo. Mineure lorsque Donald Trump est arrivé au pouvoir, elle assure en avoir "marre des policiers qui pensent pouvoir s'en sortir avec tout" et que Donald Trump "ne fasse rien à ce sujet".

Lançant plusieurs invectives à l'encontre du président, en lice pour sa réélection, les soutiens de Breonna Taylor ont annoncé une journée nationale pour "transformer les manifestations en actions politiques", le 14 octobre.

Donald Trump, qui se pose en défenseur de "la loi et l'ordre" dénonce régulièrement les "pilleurs" et "anarchistes" du mouvement antiraciste.

Lors d'un événement organisé vendredi à Atlanta, le président-candidat a assuré que le mouvement Black lives Matter (les vies noires comptent), à l'origine de nombreuses manifestations à travers le pays "faisait beaucoup de mal à la communauté noire".

Son adversaire dans les urnes, le démocrate Joe Biden, a dit de son côté "comprendre la frustration" des manifestants, tout en appelant au calme.

- Armés pour "se protéger" -

Breonna Taylor, 26 ans, est décédée le 13 mars, quand trois agents ont fait irruption chez elle en enfonçant sa porte en pleine nuit. Armé, le compagnon de la victime avait ouvert le feu contre les agents, croyant à une intrusion criminelle.

Un seul membre du trio policier a finalement été poursuivi, pour mise en danger de la vie d'autrui, en raison de ses tirs qui ont traversé le mur d'un appartement voisin. Aucun chef d'inculpation n'a été retenu contre ses deux collègues, dont les tirs ont tué la travailleuse hospitalière.

Les résidents de cette ville, qui a vu grandir la légende de la boxe et militant des droits civiques Muhammad Ali, disent subir depuis trop longtemps les abus ou le racisme des forces de l'ordre.

L'un d'entre eux, Marc Wilson, 49 ans, assure être convaincu que la police aux États-Unis est fondamentalement "raciste".

L'homme noir en fauteuil roulant dit à l'AFP porter en permanence plusieurs armes sur lui, persuadé que, faute d'une réelle confiance dans les forces de l'ordre, "les citoyens vont devoir se protéger par eux-mêmes".

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Les soutiens de Breonna Taylor appellent à transformer la colère en vote

Le 25 septembre 2020 à23:55

"Transformer les manifestations en action": d'une même voix, les proches de Breonna Taylor, jeune femme noire tuée par la police à Louisville, et les militants antiracistes ont exhorté vendredi à exprimer la colère de ce mouvement historique jusque dans les urnes de l'élection présidentielle américaine.

Depuis cette ville devenue le nouvel épicentre de la controverse autour des brutalités policières, l'avocat Ben Crump, connu pour représenter les proches de Breonna Taylor, George Floyd ou Jacob Blake, a plaidé pour une "transformation du leadership" aux Etats-Unis.

Réunis devant un imposant portrait de la jeune Afro-Américaine, lâchant vers le ciel quelques papillons en sa mémoire, les proches de Breonna Taylor ont appelé à une nouvelle soirée de manifestations à Louisville.

"Vous ne pouvez pas arrêter la révolution !", a assuré le père de Jacob Blake, jeune noir paralysé par des tirs policiers dans le Wisconsin, venu apporter son soutien.

A 39 jours de l'élection présidentielle, la ville du Kentucky est secouée par une forte contestation. Les manifestants dénoncent l'absence de poursuites pour homicide à l'encontre des policiers qui ont tué Breonna Taylor chez elle le 13 mars.

"Cela sera toujours +eux contre nous+", a dénoncé très émue la mère de Breonna Taylor, Tamika Palmer, dans des propos lus par sa soeur.

- Journée nationale -

Sur le Jefferson Square, vers lequel les contestataires commençaient à converger vendredi soir, des associations proposaient d'inscrire sur les listes électorales cette communauté qui vote historiquement moins, en quelques minutes.

"Nous leur donnons un accès (au vote) en le leur délivrant aussi facilement qu'une pizza", s'amuse auprès de l'AFP Felicia Garr, qui coordonne l'action.

"Si vous dites que vous êtes là pour Breonna Taylor et que vous ne votez pas, vous ne comprenez pas le message", harangue cette Afro-Américaine de 52 ans dans un mégaphone rose.

Jamie Bethel, 20 ans s'exécute et remplit un formulaire au stylo. Mineure lorsque Donald Trump est arrivé au pouvoir, elle assure en avoir "marre des policiers qui pensent pouvoir s'en sortir avec tout" et que Donald Trump "ne fasse rien à ce sujet".

Lançant plusieurs invectives à l'encontre du président, en lice pour sa réélection, les soutiens de Breonna Taylor ont annoncé une journée nationale pour "transformer les manifestations en actions politiques", le 14 octobre.

Donald Trump, qui se pose en défenseur de "la loi et l'ordre" dénonce régulièrement les "pilleurs" et "anarchistes" du mouvement antiraciste.

Lors d'un événement organisé vendredi à Atlanta, le président-candidat a assuré que le mouvement Black lives Matter (les vies noires comptent), à l'origine de nombreuses manifestations à travers le pays "faisait beaucoup de mal à la communauté noire".

Son adversaire dans les urnes, le démocrate Joe Biden, a dit de son côté "comprendre la frustration" des manifestants, tout en appelant au calme.

- Armés pour "se protéger" -

Breonna Taylor, 26 ans, est décédée le 13 mars, quand trois agents ont fait irruption chez elle en enfonçant sa porte en pleine nuit. Armé, le compagnon de la victime avait ouvert le feu contre les agents, croyant à une intrusion criminelle.

Un seul membre du trio policier a finalement été poursuivi, pour mise en danger de la vie d'autrui, en raison de ses tirs qui ont traversé le mur d'un appartement voisin. Aucun chef d'inculpation n'a été retenu contre ses deux collègues, dont les tirs ont tué la travailleuse hospitalière.

Les résidents de cette ville, qui a vu grandir la légende de la boxe et militant des droits civiques Muhammad Ali, disent subir depuis trop longtemps les abus ou le racisme des forces de l'ordre.

L'un d'entre eux, Marc Wilson, 49 ans, assure être convaincu que la police aux États-Unis est fondamentalement "raciste".

L'homme noir en fauteuil roulant dit à l'AFP porter en permanence plusieurs armes sur lui, persuadé que, faute d'une réelle confiance dans les forces de l'ordre, "les citoyens vont devoir se protéger par eux-mêmes".

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