Octobre noir attendu pour l'emploi dans l'aérien aux Etats-Unis

(AFP)

Sauf accord de dernière minute au Congrès américain, les compagnies aériennes fragilisées par la pandémie de coronavirus se préparent à licencier des dizaines de milliers de personnes à partir de jeudi aux Etats-Unis.

Les prêts accordés mardi soir par le ministère des Finances à sept grandes sociétés de transport aérien pour un montant total de 25 milliards de dollars ne changent pas la donne, ont assuré à l'AFP des sources proches des compagnies aériennes.

Cet argent est destiné à aider les entreprises à couvrir les dépenses courantes mais pas les salaires.

American Airlines, Delta, United et Southwest, s'étaient engagées au printemps à ne licencier personne jusqu'au 30 septembre, en échange de subventions valant également 25 milliards de dollars.

Mais nombre de passagers restent réticents à voler dans un espace confiné, les vols internationaux sont encore soumis à de strictes restrictions et les voyages d'affaires sont en berne.

Le nombre de clients traversant la sécurité dans les aéroports américains est encore en baisse d'environ 60% à 70% par rapport à la même période en 2019, selon les chiffres du gouvernement.

Les compagnies ont déjà beaucoup sabré dans leurs effectifs via des plans de départs volontaires, des départs à la retraite anticipée et des congés sans solde.

Chez Delta, plus de 40.000 salariés ont déjà opté pour l'un de ces programmes. Southwest s'est séparée, de façon temporaire ou permanente, de 27% de ses employés.

Mais cela ne suffit pas.

Le soutien du gouvernement destiné à aider à payer les salaires expire le 30 septembre.

American Airlines a prévenu que si cette subvention n'était pas prolongée, elle pourrait licencier jusqu'à 19.000 personnes à partir de jeudi. Chez United Airlines, ce serait un peu plus de 13.000.

Ces projets n'ont pas changé, a confirmé à l'AFP une source proche de la société dans la nuit de mardi à mercredi.

Les syndicats, qui comme les patrons du secteur plaident à Washington depuis plusieurs semaines pour une rallonge du programme de subventions, estiment que le secteur pourrait licencier au total plus de 100.000 salariés.

Les discussions entre démocrates et républicains sur un nouveau plan de soutien à l'économie restent pour l'instant dans l'impasse.

- Menaces -

Les menaces de licenciements massifs ne vont probablement pas être entièrement mises à exécution, tempère toutefois Peter McNally de la société Third Bridge.

Les compagnies aériennes ont d'une part levé beaucoup d'argent au cours des derniers mois pour faire face à la crise et leur situation financière n'est pas aussi désespérée qu'elle pouvait apparaître au printemps.

Certaines compagnies comme American Airlines ont notamment saisi l'opportunité de piocher dans une enveloppe de 25 milliards de dollars mise à leur disposition par le gouvernement pour des prêts.

D'autres comme Delta ou Southwest ont préféré ne pas avoir à répondre aux exigences de l'Etat (prise de participation minoritaire, interdiction temporaire de verser des dividendes, limite des rémunérations des dirigeants) et ont emprunté massivement auprès des marchés financiers.

Les compagnies doivent par ailleurs être prêtes à étoffer leurs programmes de vols une fois que le trafic aérien redécollera.

Dans cette optique, les plus petites sociétés comme JetBlue ou Alaska Airlines "sont peut-être moins exposées car elles sont moins dépendantes des vols internationaux et des voyages d'affaires" que United, American ou Delta, remarque M. McNally.

La reprise dépendra en tout cas de la distribution à grande échelle d'un vaccin ou d'un traitement efficace, et du retour à la normale dans les entreprises.

En attendant, "les compagnies ont besoin d'ajuster leurs coûts, et les pilotes comme les agents de bord et les mécaniciens le comprennent bien", ajoute M. McNally.

Les pilotes de United ont ainsi accepté lundi, entre autres concessions, de réduire leurs horaires pour éviter la mise au chômage technique de 2.850 d'entre eux jusqu'au moins juin 2021.

- Secteur public décimé -

Les sociétés de transport aérien sont loin d'être les seules à être touchées par la pandémie.

Disney a par exemple annoncé mardi la suppression de 28.000 emplois aux Etats-Unis. Le géant des casinos MGM avait indiqué fin août devoir se séparer de 18.000 salariés déjà au chômage technique.

Des aides du gouvernement ont permis à des entreprises ou à des particuliers de garder la tête hors de l'eau.

Mais comme celles allouées au secteur aérien, certaines aides arrivent bientôt à expiration, souligne Nancy Vanden Houten de Oxford Economics.

Les fonds dédiés aux allocations chômage versées par le gouvernement fédéral en plus de celles des autorités locales, déjà réduites de 600 dollars par semaine à 300 dollars début août, "devraient s'assécher au courant du mois d'octobre", prévient l'économiste.

Les finances des Etats et des collectivités locales sont aussi touchées de plein fouet par la baisse de l'activité économique.

Le centre de réflexion Economic Policy Institute estime que, sans aide du gouvernement, 5,3 millions de personnes pourraient être licenciées d'ici fin 2021 dans le secteur public.

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Octobre noir attendu pour l'emploi dans l'aérien aux Etats-Unis

Le 30 septembre 2020 à03:15

Sauf accord de dernière minute au Congrès américain, les compagnies aériennes fragilisées par la pandémie de coronavirus se préparent à licencier des dizaines de milliers de personnes à partir de jeudi aux Etats-Unis.

Les prêts accordés mardi soir par le ministère des Finances à sept grandes sociétés de transport aérien pour un montant total de 25 milliards de dollars ne changent pas la donne, ont assuré à l'AFP des sources proches des compagnies aériennes.

Cet argent est destiné à aider les entreprises à couvrir les dépenses courantes mais pas les salaires.

American Airlines, Delta, United et Southwest, s'étaient engagées au printemps à ne licencier personne jusqu'au 30 septembre, en échange de subventions valant également 25 milliards de dollars.

Mais nombre de passagers restent réticents à voler dans un espace confiné, les vols internationaux sont encore soumis à de strictes restrictions et les voyages d'affaires sont en berne.

Le nombre de clients traversant la sécurité dans les aéroports américains est encore en baisse d'environ 60% à 70% par rapport à la même période en 2019, selon les chiffres du gouvernement.

Les compagnies ont déjà beaucoup sabré dans leurs effectifs via des plans de départs volontaires, des départs à la retraite anticipée et des congés sans solde.

Chez Delta, plus de 40.000 salariés ont déjà opté pour l'un de ces programmes. Southwest s'est séparée, de façon temporaire ou permanente, de 27% de ses employés.

Mais cela ne suffit pas.

Le soutien du gouvernement destiné à aider à payer les salaires expire le 30 septembre.

American Airlines a prévenu que si cette subvention n'était pas prolongée, elle pourrait licencier jusqu'à 19.000 personnes à partir de jeudi. Chez United Airlines, ce serait un peu plus de 13.000.

Ces projets n'ont pas changé, a confirmé à l'AFP une source proche de la société dans la nuit de mardi à mercredi.

Les syndicats, qui comme les patrons du secteur plaident à Washington depuis plusieurs semaines pour une rallonge du programme de subventions, estiment que le secteur pourrait licencier au total plus de 100.000 salariés.

Les discussions entre démocrates et républicains sur un nouveau plan de soutien à l'économie restent pour l'instant dans l'impasse.

- Menaces -

Les menaces de licenciements massifs ne vont probablement pas être entièrement mises à exécution, tempère toutefois Peter McNally de la société Third Bridge.

Les compagnies aériennes ont d'une part levé beaucoup d'argent au cours des derniers mois pour faire face à la crise et leur situation financière n'est pas aussi désespérée qu'elle pouvait apparaître au printemps.

Certaines compagnies comme American Airlines ont notamment saisi l'opportunité de piocher dans une enveloppe de 25 milliards de dollars mise à leur disposition par le gouvernement pour des prêts.

D'autres comme Delta ou Southwest ont préféré ne pas avoir à répondre aux exigences de l'Etat (prise de participation minoritaire, interdiction temporaire de verser des dividendes, limite des rémunérations des dirigeants) et ont emprunté massivement auprès des marchés financiers.

Les compagnies doivent par ailleurs être prêtes à étoffer leurs programmes de vols une fois que le trafic aérien redécollera.

Dans cette optique, les plus petites sociétés comme JetBlue ou Alaska Airlines "sont peut-être moins exposées car elles sont moins dépendantes des vols internationaux et des voyages d'affaires" que United, American ou Delta, remarque M. McNally.

La reprise dépendra en tout cas de la distribution à grande échelle d'un vaccin ou d'un traitement efficace, et du retour à la normale dans les entreprises.

En attendant, "les compagnies ont besoin d'ajuster leurs coûts, et les pilotes comme les agents de bord et les mécaniciens le comprennent bien", ajoute M. McNally.

Les pilotes de United ont ainsi accepté lundi, entre autres concessions, de réduire leurs horaires pour éviter la mise au chômage technique de 2.850 d'entre eux jusqu'au moins juin 2021.

- Secteur public décimé -

Les sociétés de transport aérien sont loin d'être les seules à être touchées par la pandémie.

Disney a par exemple annoncé mardi la suppression de 28.000 emplois aux Etats-Unis. Le géant des casinos MGM avait indiqué fin août devoir se séparer de 18.000 salariés déjà au chômage technique.

Des aides du gouvernement ont permis à des entreprises ou à des particuliers de garder la tête hors de l'eau.

Mais comme celles allouées au secteur aérien, certaines aides arrivent bientôt à expiration, souligne Nancy Vanden Houten de Oxford Economics.

Les fonds dédiés aux allocations chômage versées par le gouvernement fédéral en plus de celles des autorités locales, déjà réduites de 600 dollars par semaine à 300 dollars début août, "devraient s'assécher au courant du mois d'octobre", prévient l'économiste.

Les finances des Etats et des collectivités locales sont aussi touchées de plein fouet par la baisse de l'activité économique.

Le centre de réflexion Economic Policy Institute estime que, sans aide du gouvernement, 5,3 millions de personnes pourraient être licenciées d'ici fin 2021 dans le secteur public.

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