L'ombre de l'extrême droite sur le mandat de Trump

(AFP)

De Charlottesville à Cleveland, l'ombre de l'extrême droite violente plane sur le mandat de Donald Trump, qui a encore refusé de condamner les suprémacistes blancs lors de son premier débat avec Joe Biden.

Evitant de répondre directement à une question du journaliste Chris Wallace, le président américain a appelé mardi soir les Proud Boys, un groupuscule nationaliste, à "reculer" et à se "tenir prêts".

"On doit faire quelque chose au sujet des antifas", militants d'extrême gauche parfois violents qu'il qualifie régulièrement de "terroristes", a dit M. Trump dans la foulée.

Des membres des Proud Boys, une organisation exclusivement masculine fondée à New York en 2016, n'ont pas tardé à reprendre la phrase du président Trump pour l'accoler à leur logo jaune et noir sur des T-shirts dont ils ont diffusé des images sur les réseaux sociaux.

"Le président a demandé aux Proud Boys de se tenir prêts parce que quelqu'un doit s'occuper des ANTIFAS... Eh bien, Monsieur le président, nous sommes prêts", a exulté sur le réseau social Parler Joe Biggs, l'un des chefs du groupuscule qui n'hésite pas à faire le "coup de poing" contre les militants antifascistes.

Les démocrates ont unanimement condamné les mots sibyllins de Donald Trump.

"Il n'y a pas d'autre façon de le dire: le président des Etats-Unis a refusé de désavouer les suprémacistes blancs lors du débat hier soir", a commenté Joe Biden sur Twitter. "Mon message aux Proud Boys et à tout autre groupe de suprémacistes blancs est +arrêtez tout+", a-t-il insisté devant la presse.

"Si vous êtes avec (le président), vous êtes avec les suprémacistes blancs. C'est tout simple", a réagi la joueuse de football Megan Rapinoe, militante pour les droits des femmes et des personnes LGBT.

- "Sa langue a fourché" -

Dès la fin du débat, le camp Trump a tenté de limiter la casse. "Il a dit +reculer+, sa langue a fourché, il est plus qu'heureux de condamner" l'extrême droite, a assuré son fils, Donald Trump Jr, sur CBS.

Tim Scott, seul sénateur républicain noir, a lui aussi estimé mercredi qu'il s'était mal exprimé mais qu'il devait "corriger" ses propos.

"S'il ne corrige pas, je considère que sa langue n'a pas fourché", a-t-il souligné.

Alyssa Farah, la directrice de la communication de la Maison Blanche, a affirmé que le président "condamnait entièrement les suprémacistes blancs", expliquant notamment que M. Trump avait des "petits-enfants juifs". Sa fille Ivanka, qui a trois enfants, s'est en effet convertie au judaïsme pour épouser Jared Kushner.

"Il n'a pas besoin de ce genre de milices", a ajouté Mme Farah sur Fox News.

Même s'il dénonce régulièrement les actes racistes et antisémites, Donald Trump a dès sa campagne en 2016 été accusé de cultiver l'ambiguïté avec les milieux d'extrême droite et les dirigeants nationalistes.

En août 2017, des centaines de militants de l'ultra-droite s'étaient rassemblés à Charlottesville, en Virginie, où des heurts avec des manifestants antiracistes avaient éclaté. Un sympathisant néo-nazi avait percuté une foule en voiture, faisant un mort et 19 blessés.

- "White power" -

Le président s'était attiré une avalanche de critiques en estimant qu'il y avait "des gens bien des deux côtés" lors de ces affrontements, a rappelé Joe Biden mardi soir.

Car depuis 2017, les Etats-Unis ont vu se multiplier les actions d'une extrême droite ultra-violente et raciste.

Une attaque contre une synagogue de Pittsburgh a fait 11 morts fin 2018 - un acte condamné par M. Trump qui s'était rendu sur place à l'époque - et en août 2019, un jeune Américain a tué pour un motif raciste 22 personnes en majorité hispaniques dans un hypermarché d'El Paso, au Texas.

Face au mouvement historique de colère contre le racisme et les brutalités policières envers les Afro-Américains depuis la mort de George Floyd fin mai, M. Trump dénonce plutôt les violences perpétrées selon lui par les militants de la gauche radicale. Et en plein débat sur le passé esclavagiste du pays, il fustige "une campagne visant à effacer notre histoire".

En juin, il avait brièvement partagé la vidéo d'un affrontement entre plusieurs de ses partisans et de ses opposants, où l'on voyait un homme hurler "white power", cri de ralliement des suprémacistes blancs.

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L'ombre de l'extrême droite sur le mandat de Trump

Le 30 septembre 2020 à18:19

De Charlottesville à Cleveland, l'ombre de l'extrême droite violente plane sur le mandat de Donald Trump, qui a encore refusé de condamner les suprémacistes blancs lors de son premier débat avec Joe Biden.

Evitant de répondre directement à une question du journaliste Chris Wallace, le président américain a appelé mardi soir les Proud Boys, un groupuscule nationaliste, à "reculer" et à se "tenir prêts".

"On doit faire quelque chose au sujet des antifas", militants d'extrême gauche parfois violents qu'il qualifie régulièrement de "terroristes", a dit M. Trump dans la foulée.

Des membres des Proud Boys, une organisation exclusivement masculine fondée à New York en 2016, n'ont pas tardé à reprendre la phrase du président Trump pour l'accoler à leur logo jaune et noir sur des T-shirts dont ils ont diffusé des images sur les réseaux sociaux.

"Le président a demandé aux Proud Boys de se tenir prêts parce que quelqu'un doit s'occuper des ANTIFAS... Eh bien, Monsieur le président, nous sommes prêts", a exulté sur le réseau social Parler Joe Biggs, l'un des chefs du groupuscule qui n'hésite pas à faire le "coup de poing" contre les militants antifascistes.

Les démocrates ont unanimement condamné les mots sibyllins de Donald Trump.

"Il n'y a pas d'autre façon de le dire: le président des Etats-Unis a refusé de désavouer les suprémacistes blancs lors du débat hier soir", a commenté Joe Biden sur Twitter. "Mon message aux Proud Boys et à tout autre groupe de suprémacistes blancs est +arrêtez tout+", a-t-il insisté devant la presse.

"Si vous êtes avec (le président), vous êtes avec les suprémacistes blancs. C'est tout simple", a réagi la joueuse de football Megan Rapinoe, militante pour les droits des femmes et des personnes LGBT.

- "Sa langue a fourché" -

Dès la fin du débat, le camp Trump a tenté de limiter la casse. "Il a dit +reculer+, sa langue a fourché, il est plus qu'heureux de condamner" l'extrême droite, a assuré son fils, Donald Trump Jr, sur CBS.

Tim Scott, seul sénateur républicain noir, a lui aussi estimé mercredi qu'il s'était mal exprimé mais qu'il devait "corriger" ses propos.

"S'il ne corrige pas, je considère que sa langue n'a pas fourché", a-t-il souligné.

Alyssa Farah, la directrice de la communication de la Maison Blanche, a affirmé que le président "condamnait entièrement les suprémacistes blancs", expliquant notamment que M. Trump avait des "petits-enfants juifs". Sa fille Ivanka, qui a trois enfants, s'est en effet convertie au judaïsme pour épouser Jared Kushner.

"Il n'a pas besoin de ce genre de milices", a ajouté Mme Farah sur Fox News.

Même s'il dénonce régulièrement les actes racistes et antisémites, Donald Trump a dès sa campagne en 2016 été accusé de cultiver l'ambiguïté avec les milieux d'extrême droite et les dirigeants nationalistes.

En août 2017, des centaines de militants de l'ultra-droite s'étaient rassemblés à Charlottesville, en Virginie, où des heurts avec des manifestants antiracistes avaient éclaté. Un sympathisant néo-nazi avait percuté une foule en voiture, faisant un mort et 19 blessés.

- "White power" -

Le président s'était attiré une avalanche de critiques en estimant qu'il y avait "des gens bien des deux côtés" lors de ces affrontements, a rappelé Joe Biden mardi soir.

Car depuis 2017, les Etats-Unis ont vu se multiplier les actions d'une extrême droite ultra-violente et raciste.

Une attaque contre une synagogue de Pittsburgh a fait 11 morts fin 2018 - un acte condamné par M. Trump qui s'était rendu sur place à l'époque - et en août 2019, un jeune Américain a tué pour un motif raciste 22 personnes en majorité hispaniques dans un hypermarché d'El Paso, au Texas.

Face au mouvement historique de colère contre le racisme et les brutalités policières envers les Afro-Américains depuis la mort de George Floyd fin mai, M. Trump dénonce plutôt les violences perpétrées selon lui par les militants de la gauche radicale. Et en plein débat sur le passé esclavagiste du pays, il fustige "une campagne visant à effacer notre histoire".

En juin, il avait brièvement partagé la vidéo d'un affrontement entre plusieurs de ses partisans et de ses opposants, où l'on voyait un homme hurler "white power", cri de ralliement des suprémacistes blancs.

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