L'énigmatique société Palantir fait des débuts en trombe à Wall Street

(AFP)

La très secrète société d'analyse de données Palantir, accusée de surveillance de masse et critiquée pour ses liens étroits avec les forces de l'ordre, est entrée mercredi à la Bourse de New York à un prix la valorisant à 21,7 milliards de dollars.

Sous le symbole PLTR, le titre a commencé à être échangé vers 17H40 GMT à 10 dollars, soit bien au dessus du prix indicatif de 7,25 dollars donné mardi soir par le New York Stock Exchange (NYSE). Il continuait à monter, grimpant jusqu'à 11,42 dollars vers 18H30 GMT.

Fondée en 2003 avec de l'argent de la CIA, Palantir a commencé par créer des logiciels pour les opérations anti-terroristes des services américains de renseignement. L'entreprise aurait par exemple aidé l'armée américaine à localiser Oussama Ben Laden.

Elle a ensuite étendu ses services aux entreprises et collabore maintenant aussi bien avec l'avionneur Airbus, le pétrolier BP qu'avec la banque Credit Suisse. Elle a servi au total 125 clients au premier semestre.

Palantir, qui tire son nom d'une pierre légendaire dans l'épopée fantastique "Le Seigneur des anneaux", a choisi d'entrer en Bourse via une cotation directe: elle ne récupère pas d'argent frais, mais les actionnaires déjà présents à son capital - les fondateurs, les employés et les investisseurs historiques - peuvent vendre leurs participations sur le marché.

Pandémie oblige, l'arrivée du groupe sur le parquet du NYSE, au sud de Manhattan, n'a pas été marquée par une grande célébration mais sa bannière a été déployée sur la façade du bâtiment et son nom sera mis en avant à la clôture de la séance.

C'est la troisième grande entreprise à choisir la cotation directe à Wall Street, après Slack en 2019 et Spotify en 2018.

Palantir est jusqu'à présent restée très discrète sur ses activités, l'entreprise ne dévoilant ni la façon dont elle traite les données ni ses algorithmes.

Cette discrétion volontaire attire les critiques.

Sa plate-forme est notamment utilisée dans la pratique controversée de "gestion prédictive de l'ordre public", censée aider les autorités à prendre des décisions de déploiement, à détecter des fraudes à l'assurance médicale ou à lutter contre la pandémie de coronavirus.

Palantir participe aussi largement à l'essor de l'usage des algorithmes en matière de sécurité publique, que certains accusent d'amplifier les discriminations.

- Aucun complexe -

Dix-sept ans après sa création, la société ne gagne pas encore d'argent: elle a perdu 580 millions l'an dernier pour un chiffre d'affaires de 743 millions.

Mais l'avenir semble rose dans la mesure où les organisations publiques comme privées vont avoir de plus en plus besoin d'outils pour gérer et analyser leurs données, assure Palantir. Le groupe prévoit une croissance de son chiffre d'affaires de 41% à 43% pour cette année.

"Nous avons atteint un seuil où notre entreprise est devenue très importante et nous pensons qu'entrer en Bourse va nous aider, auprès de nos clients, et à grandir", a commenté son directeur général et co-fondateur Alex Karp dans une interview sur CNBC.

Son plus gros actionnaire est Peter Thiel, une figure controversée du secteur tech qui fut un des premiers investisseurs dans Facebook et a apporté son soutien à Donald Trump en 2016.

Certains critiques affirment que la technologie de Palantir - qui analyse des données aussi diverses que les dossiers financiers, les publications sur les réseaux sociaux ou la navigation sur internet - permet une surveillance de masse sans précédent.

L'association de protection des droits humains Amnesty International a encore récemment publié un rapport dénonçant le rôle de l'entreprise dans la traque des migrants illégaux aux Etats-Unis.

La société n'a publiquement aucun complexe à travailler avec les forces de l'ordre, mais elle se défend régulièrement en soulignant qu'elle ne collecte pas et ne possède pas de données mais opère sur les bases de données existantes de ses clients.

Sa gouvernance est aussi pointée du doigt.

La façon dont les droits de vote ont été distribués par exemple est assez "déroutante", remarque mercredi Richard Windsor, un analyste spécialisé dans les nouvelles technologies, auteur du blog Radio Free Mobile.

Elle "favorise très largement ses fondateurs", estime-t-il, au détriment des investisseurs "qui prennent le risque de payer le prix économique de mauvaises décisions sur lesquelles ils n'ont rien à dire".

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel
Rendez-vous Partenaires
(AFP)

L'énigmatique société Palantir fait des débuts en trombe à Wall Street

Le 30 septembre 2020 à19:43

La très secrète société d'analyse de données Palantir, accusée de surveillance de masse et critiquée pour ses liens étroits avec les forces de l'ordre, est entrée mercredi à la Bourse de New York à un prix la valorisant à 21,7 milliards de dollars.

Sous le symbole PLTR, le titre a commencé à être échangé vers 17H40 GMT à 10 dollars, soit bien au dessus du prix indicatif de 7,25 dollars donné mardi soir par le New York Stock Exchange (NYSE). Il continuait à monter, grimpant jusqu'à 11,42 dollars vers 18H30 GMT.

Fondée en 2003 avec de l'argent de la CIA, Palantir a commencé par créer des logiciels pour les opérations anti-terroristes des services américains de renseignement. L'entreprise aurait par exemple aidé l'armée américaine à localiser Oussama Ben Laden.

Elle a ensuite étendu ses services aux entreprises et collabore maintenant aussi bien avec l'avionneur Airbus, le pétrolier BP qu'avec la banque Credit Suisse. Elle a servi au total 125 clients au premier semestre.

Palantir, qui tire son nom d'une pierre légendaire dans l'épopée fantastique "Le Seigneur des anneaux", a choisi d'entrer en Bourse via une cotation directe: elle ne récupère pas d'argent frais, mais les actionnaires déjà présents à son capital - les fondateurs, les employés et les investisseurs historiques - peuvent vendre leurs participations sur le marché.

Pandémie oblige, l'arrivée du groupe sur le parquet du NYSE, au sud de Manhattan, n'a pas été marquée par une grande célébration mais sa bannière a été déployée sur la façade du bâtiment et son nom sera mis en avant à la clôture de la séance.

C'est la troisième grande entreprise à choisir la cotation directe à Wall Street, après Slack en 2019 et Spotify en 2018.

Palantir est jusqu'à présent restée très discrète sur ses activités, l'entreprise ne dévoilant ni la façon dont elle traite les données ni ses algorithmes.

Cette discrétion volontaire attire les critiques.

Sa plate-forme est notamment utilisée dans la pratique controversée de "gestion prédictive de l'ordre public", censée aider les autorités à prendre des décisions de déploiement, à détecter des fraudes à l'assurance médicale ou à lutter contre la pandémie de coronavirus.

Palantir participe aussi largement à l'essor de l'usage des algorithmes en matière de sécurité publique, que certains accusent d'amplifier les discriminations.

- Aucun complexe -

Dix-sept ans après sa création, la société ne gagne pas encore d'argent: elle a perdu 580 millions l'an dernier pour un chiffre d'affaires de 743 millions.

Mais l'avenir semble rose dans la mesure où les organisations publiques comme privées vont avoir de plus en plus besoin d'outils pour gérer et analyser leurs données, assure Palantir. Le groupe prévoit une croissance de son chiffre d'affaires de 41% à 43% pour cette année.

"Nous avons atteint un seuil où notre entreprise est devenue très importante et nous pensons qu'entrer en Bourse va nous aider, auprès de nos clients, et à grandir", a commenté son directeur général et co-fondateur Alex Karp dans une interview sur CNBC.

Son plus gros actionnaire est Peter Thiel, une figure controversée du secteur tech qui fut un des premiers investisseurs dans Facebook et a apporté son soutien à Donald Trump en 2016.

Certains critiques affirment que la technologie de Palantir - qui analyse des données aussi diverses que les dossiers financiers, les publications sur les réseaux sociaux ou la navigation sur internet - permet une surveillance de masse sans précédent.

L'association de protection des droits humains Amnesty International a encore récemment publié un rapport dénonçant le rôle de l'entreprise dans la traque des migrants illégaux aux Etats-Unis.

La société n'a publiquement aucun complexe à travailler avec les forces de l'ordre, mais elle se défend régulièrement en soulignant qu'elle ne collecte pas et ne possède pas de données mais opère sur les bases de données existantes de ses clients.

Sa gouvernance est aussi pointée du doigt.

La façon dont les droits de vote ont été distribués par exemple est assez "déroutante", remarque mercredi Richard Windsor, un analyste spécialisé dans les nouvelles technologies, auteur du blog Radio Free Mobile.

Elle "favorise très largement ses fondateurs", estime-t-il, au détriment des investisseurs "qui prennent le risque de payer le prix économique de mauvaises décisions sur lesquelles ils n'ont rien à dire".

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.