Turquie: manifestation contre le traitement des Ouïghours en Chine

(AFP)

Des centaines de manifestants ont protesté jeudi 1er octobre, à Istanbul contre le traitement dont sont victimes les Ouïghours dans la province chinoise du Xinjiang, où Pékin est accusé d'orchestrer une persécution de grande ampleur contre cette minorité musulmane.


Environ 500 manifestants se sont réunis sur la place de Beyazit, dans le centre historique d'Istanbul, brandissant les photos de leurs proches disparus ou des pancartes portant les inscriptions "Où est ma famille?", "Libérez ma famille" et "Fermez les camps de concentration!".

Les manifestants ont appelé la Chine à mettre fin à la répression qu'elle mène au Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, où les défenseurs des droits humains l'accusent d'avoir interné dans des camps plus d'un million de personnes, appartenant principalement à l'ethnie des Ouïghours.

Selon une étude de l'Institut de politique stratégique (ASPI) en Australie, publié en septembre, les autorités ont "plus de 380 lieux de détention présumés" au Xinjiang.

Le chiffre constitue une augmentation d'environ 40% des estimations précédentes, tandis que de nouvelles constructions et de travaux d'agrandissement ont récemment eu lieu, d'après l'étude.

La Chine dément l'existence de "camps de détention" au Xinjiang et affirme qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle", destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l'éloigner de l'extrémisme religieux.

La Turquie a des liens linguistiques et culturels avec les Ouïghours, un peuple musulman et turcophone.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pris position en leur faveur, même s'il s'est abstenu de fâcher Pékin avec des accusations directes.

"Je n'arrive pas à joindre ma famille. Aucune nouvelle de mon frère, de son fils et de sa famille", a imploré Mukerrem Kutar, une manifestante, brandissant la photo de ses proches disparus.

"Je ne sais même pas s'ils sont vivants, morts ou détenus dans des camps. Je veux savoir où ils sont", a-t-elle affirmé.

Yunus Abduzahir, un étudiant de 25 ans, n'a plus d'informations sur sa famille depuis 2006.

"La dernière nouvelle que j'ai eue était la détention de ma mère et de mon père, tandis que mon frère était envoyé à un camp de travail forcé", a-t-il déclaré.

"Ma mère a dû laisser son enfant âgé de deux ans. Je ne sais pas où elle est. Bien qu'elle ait un enfant en bas âge, ils l'ont probablement emmenée en camp de concentration".

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Turquie: manifestation contre le traitement des Ouïghours en Chine

Le 01 octobre 2020 à13:45

Des centaines de manifestants ont protesté jeudi 1er octobre, à Istanbul contre le traitement dont sont victimes les Ouïghours dans la province chinoise du Xinjiang, où Pékin est accusé d'orchestrer une persécution de grande ampleur contre cette minorité musulmane.


Environ 500 manifestants se sont réunis sur la place de Beyazit, dans le centre historique d'Istanbul, brandissant les photos de leurs proches disparus ou des pancartes portant les inscriptions "Où est ma famille?", "Libérez ma famille" et "Fermez les camps de concentration!".

Les manifestants ont appelé la Chine à mettre fin à la répression qu'elle mène au Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, où les défenseurs des droits humains l'accusent d'avoir interné dans des camps plus d'un million de personnes, appartenant principalement à l'ethnie des Ouïghours.

Selon une étude de l'Institut de politique stratégique (ASPI) en Australie, publié en septembre, les autorités ont "plus de 380 lieux de détention présumés" au Xinjiang.

Le chiffre constitue une augmentation d'environ 40% des estimations précédentes, tandis que de nouvelles constructions et de travaux d'agrandissement ont récemment eu lieu, d'après l'étude.

La Chine dément l'existence de "camps de détention" au Xinjiang et affirme qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle", destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l'éloigner de l'extrémisme religieux.

La Turquie a des liens linguistiques et culturels avec les Ouïghours, un peuple musulman et turcophone.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pris position en leur faveur, même s'il s'est abstenu de fâcher Pékin avec des accusations directes.

"Je n'arrive pas à joindre ma famille. Aucune nouvelle de mon frère, de son fils et de sa famille", a imploré Mukerrem Kutar, une manifestante, brandissant la photo de ses proches disparus.

"Je ne sais même pas s'ils sont vivants, morts ou détenus dans des camps. Je veux savoir où ils sont", a-t-elle affirmé.

Yunus Abduzahir, un étudiant de 25 ans, n'a plus d'informations sur sa famille depuis 2006.

"La dernière nouvelle que j'ai eue était la détention de ma mère et de mon père, tandis que mon frère était envoyé à un camp de travail forcé", a-t-il déclaré.

"Ma mère a dû laisser son enfant âgé de deux ans. Je ne sais pas où elle est. Bien qu'elle ait un enfant en bas âge, ils l'ont probablement emmenée en camp de concentration".

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