Accord sur des pourparlers entre le Liban et Israël au sujet des frontières

(AFP)

Le Liban et Israël, pays techniquement en guerre, ont annoncé jeudi 1er octobre des pourparlers sous la médiation de l'ONU sur leurs frontières maritimes disputées, un accord qualifié d'"historique" par les Etats-Unis.


La date des négociations n'a pas été précisée par le Liban. Mais Israël a affirmé qu'elles auraient lieu après la fête juive de Souccot s’achevant le 10 octobre. Et le secrétaire d'Etat américain adjoint pour le Moyen-Orient, David Schenker, a dit qu'elles débuteraient pendant la semaine du 12 octobre.

La démarcation des frontières maritimes entre les deux pays voisins est liée aux projets d'exploration d'hydrocarbures en Méditerranée.

"Concernant la question des frontières maritimes, des réunions se tiendront de manière continue au siège de l'ONU à Naqoura", ville du sud du Liban frontalière d'Israël, a déclaré lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le président du Parlement libanais Nabih Berri.

Elles se dérouleront "sous les auspices du bureau du coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban", a-t-il ajouté. Israël et le Liban "ont demandé aux Etats-Unis de jouer le rôle de médiateur et de facilitateur pour la délimitation des frontières maritimes, et ces derniers sont prêts pour cela."

L'accord est "le résultat de près de trois ans d'efforts diplomatiques intenses" de la part de Washington, a déclaré le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, en le qualifiant d'"historique".

Selon le conseiller de M. Berri, Ali Hamdan, "les négociations seront indirectes" même si les négociateurs "se retrouveront dans un même local". "Il n'y aura pas de communication directe entre les deux parties. Elle aura lieu via l'équipe onusienne".

Mais le bureau du ministre de l'Energie israélien, Youval Steinitz, a parlé de "négociations directes".

 "Efforts dévoués" 

Les dernières négociations bilatérales entre Israël et le Liban chapeautées par Washington avaient eu lieu en 1983, en pleine guerre civile libanaise. Elles avaient abouti à un accord visant à engager des pourparlers de paix mais celui-ci a été abrogé ensuite par le président libanais de l'époque Amine Gemayel, après son rejet par plusieurs partis.

Le litige maritime entre Israël et le Liban concerne une zone de 860 km2. En 2018, le Liban avait signé son premier contrat d'exploration pétrolière pour deux blocs offshore (4 et 9) avec un consortium emmené par le groupe français Total et incluant l'italien Eni et le russe Novotek. Une partie du bloc 9 se trouve dans une zone maritime disputée avec Israël.

Des négociations doivent en outre porter sur les territoires disputés le long de la Ligne bleue, une frontière dessinée par l'ONU après le retrait des troupes israéliennes du Liban en 2000, selon M. Berri.

Elles visent à parvenir à un accord "sur la frontière terrestre en lien avec la ligne bleue", a-t-il dit.

Jeudi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazy, a remercié "Mike Pompeo et son équipe pour leurs efforts dévoués qui ont abouti à des négociations directes entre Israël et le Liban".

Pendant des années, Washington a fait la navette entre les deux pays pour aider à lancer des pourparlers.

La Force intérimaire de l'ONU (Finul), déployée au Liban sud, a salué l'accord sur l'ouverture de négociations, affirmant sa disposition à "apporter tout le soutien (...) et faciliter les efforts visant à résoudre le litige".

 "Nécessaire" 

Une résolution du litige frontalier est vitale pour le Liban, à la traîne dans l'exploration de ses ressources offshore et englué depuis un an dans sa pire crise économique.

"La délimitation des frontières (maritimes) est nécessaire car elle facilitera d'abord le travail dans le bloc 9 et peut susciter l'intérêt des entreprises internationales pour le bloc 8, dont plus de la moitié se trouve dans la zone contestée", explique Laury Haytayan, experte sur la gestion des hydrocarbures au Moyen-Orient.

L'annonce de ces négociations intervient au moment où le Liban, en défaut de paiement depuis mars, est paralysé par un blocage politique après l'échec à former un nouveau gouvernement attendu par la communauté internationale qui réclame des réformes urgentes pour débloquer toute aide financière.

La situation socio-économique désastreuse du pays, où le mouvement Hezbollah, ennemi d'Israël, domine la vie politique, a été aggravée par l'explosion gigantesque du 4 août au port de Beyrouth. L'explosion était le drame de trop dans un pays ruiné où une grande partie de la population accuse la classe dirigeante, quasi inchangée depuis des décennies, de corruption, de clientélisme et d'indifférence.

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Accord sur des pourparlers entre le Liban et Israël au sujet des frontières

Le 02 octobre 2020 à09:25

Le Liban et Israël, pays techniquement en guerre, ont annoncé jeudi 1er octobre des pourparlers sous la médiation de l'ONU sur leurs frontières maritimes disputées, un accord qualifié d'"historique" par les Etats-Unis.


La date des négociations n'a pas été précisée par le Liban. Mais Israël a affirmé qu'elles auraient lieu après la fête juive de Souccot s’achevant le 10 octobre. Et le secrétaire d'Etat américain adjoint pour le Moyen-Orient, David Schenker, a dit qu'elles débuteraient pendant la semaine du 12 octobre.

La démarcation des frontières maritimes entre les deux pays voisins est liée aux projets d'exploration d'hydrocarbures en Méditerranée.

"Concernant la question des frontières maritimes, des réunions se tiendront de manière continue au siège de l'ONU à Naqoura", ville du sud du Liban frontalière d'Israël, a déclaré lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le président du Parlement libanais Nabih Berri.

Elles se dérouleront "sous les auspices du bureau du coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban", a-t-il ajouté. Israël et le Liban "ont demandé aux Etats-Unis de jouer le rôle de médiateur et de facilitateur pour la délimitation des frontières maritimes, et ces derniers sont prêts pour cela."

L'accord est "le résultat de près de trois ans d'efforts diplomatiques intenses" de la part de Washington, a déclaré le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, en le qualifiant d'"historique".

Selon le conseiller de M. Berri, Ali Hamdan, "les négociations seront indirectes" même si les négociateurs "se retrouveront dans un même local". "Il n'y aura pas de communication directe entre les deux parties. Elle aura lieu via l'équipe onusienne".

Mais le bureau du ministre de l'Energie israélien, Youval Steinitz, a parlé de "négociations directes".

 "Efforts dévoués" 

Les dernières négociations bilatérales entre Israël et le Liban chapeautées par Washington avaient eu lieu en 1983, en pleine guerre civile libanaise. Elles avaient abouti à un accord visant à engager des pourparlers de paix mais celui-ci a été abrogé ensuite par le président libanais de l'époque Amine Gemayel, après son rejet par plusieurs partis.

Le litige maritime entre Israël et le Liban concerne une zone de 860 km2. En 2018, le Liban avait signé son premier contrat d'exploration pétrolière pour deux blocs offshore (4 et 9) avec un consortium emmené par le groupe français Total et incluant l'italien Eni et le russe Novotek. Une partie du bloc 9 se trouve dans une zone maritime disputée avec Israël.

Des négociations doivent en outre porter sur les territoires disputés le long de la Ligne bleue, une frontière dessinée par l'ONU après le retrait des troupes israéliennes du Liban en 2000, selon M. Berri.

Elles visent à parvenir à un accord "sur la frontière terrestre en lien avec la ligne bleue", a-t-il dit.

Jeudi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazy, a remercié "Mike Pompeo et son équipe pour leurs efforts dévoués qui ont abouti à des négociations directes entre Israël et le Liban".

Pendant des années, Washington a fait la navette entre les deux pays pour aider à lancer des pourparlers.

La Force intérimaire de l'ONU (Finul), déployée au Liban sud, a salué l'accord sur l'ouverture de négociations, affirmant sa disposition à "apporter tout le soutien (...) et faciliter les efforts visant à résoudre le litige".

 "Nécessaire" 

Une résolution du litige frontalier est vitale pour le Liban, à la traîne dans l'exploration de ses ressources offshore et englué depuis un an dans sa pire crise économique.

"La délimitation des frontières (maritimes) est nécessaire car elle facilitera d'abord le travail dans le bloc 9 et peut susciter l'intérêt des entreprises internationales pour le bloc 8, dont plus de la moitié se trouve dans la zone contestée", explique Laury Haytayan, experte sur la gestion des hydrocarbures au Moyen-Orient.

L'annonce de ces négociations intervient au moment où le Liban, en défaut de paiement depuis mars, est paralysé par un blocage politique après l'échec à former un nouveau gouvernement attendu par la communauté internationale qui réclame des réformes urgentes pour débloquer toute aide financière.

La situation socio-économique désastreuse du pays, où le mouvement Hezbollah, ennemi d'Israël, domine la vie politique, a été aggravée par l'explosion gigantesque du 4 août au port de Beyrouth. L'explosion était le drame de trop dans un pays ruiné où une grande partie de la population accuse la classe dirigeante, quasi inchangée depuis des décennies, de corruption, de clientélisme et d'indifférence.

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