Thaïlande: le parlement convoqué, les manifestants augmentent la pression

(AFP)

Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha a convoqué une session extraordinaire du parlement face à des manifestants qui continuent à défier le pouvoir, des milliers d'entre eux étant encore descendus lundi dans les rues pour demander la libération de militants et une réforme de la monarchie.

Les manifestants se sont rassemblés dans trois quartiers de Bangkok, où ils ont chanté l'hymne national et fait un salut "à trois doigts", inspiré des films "Hunger Games", qui symbolise désormais l'opposition au gouvernement.

Certains arboraient des pancartes telles que "2020 est une mauvaise année, mais la politique thaïlandaise est bien pire".

Plus tôt lundi, le Premier ministre a annoncé que le parlement allait se réunir en session extraordinaire "pour résoudre ce conflit".

"Je demande aux manifestants de se rassembler pacifiquement. Le gouvernement a déjà fait certains compromis", a-t-il ajouté.

Malgré les mesures d'urgence interdisant tout regroupement de plus de quatre personnes, plusieurs dizaines de milliers de manifestants, des jeunes pour la plupart, sont descendus dans la rue la semaine dernière à Bangkok.

Quelque 20.000 personnes ont encore manifesté dans la capitale thaïlandaise dimanche, selon la police, tandis que les médias locaux et les manifestants faisaient état de foules plus importantes.

Le mouvement, sans dirigeant clair, appelle à la démission du Premier ministre, un ancien général, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 2014 et à une révision de la constitution qui, estiment-ils, favorise les militaires lors des élections.

Le mouvement réclame aussi l'abrogation de la loi de lèse-majesté, qui punit de trois à quinze ans de prison toute diffamation ou insulte envers le monarque et sa famille.

Il ose aussi demander une réforme de la puissante et richissime monarchie, un sujet tabou dans le pays il y a peu.

Les manifestants voudraient davantage de transparence dans les finances de la richissime monarchie et la non-ingérence du souverain Maha Vajiralongkorn dans les affaires politiques.

Lundi, les manifestants ont fait usage de messageries sécurisées pour organiser les marches dans Bangkok, et semblent avoir toujours un temps d'avance sur les autorités qui cherchent à bloquer les accès aux points de rassemblements.

Kaykai, 55 ans, soutient la tactique façon "guérilla" de la jeune génération. "La police ne les attrapera jamais", veut-elle croire.

Plai, 18 ans, qui est venu du Nord-Est du pays pour rejoindre les manifestants, veut "la fin de ce gouvernement". "Je ne veux plus que nos impôts soient gaspillés comme ils le sont aujourd'hui".

Le mouvement semble gagner du terrain dans le pays avec des rassemblements signalés lundi dans des villes comme Songkhla dans le Sud et Chiang Mai dans le Nord.

- "Ils ne peuvent pas nous attraper" -

Le mouvement de contestation, qui manifeste depuis trois mois, a pris de l'ampleur la semaine dernière la semaine dernière après qu'un groupe de manifestants a fait le salut "à trois doigts" au convoi de la reine Suthida.

Les affrontements entre manifestants et police se sont aggravés vendredi dernier quand les forces de l'ordre ont utilisé des cannons à eau pour la première fois.

Deux activistes, Ekachai Hongkangwan et Bunkueanun Paothong, ont été interpellés et encourent pour "acte de violence contre la reine" une peine de seize ans de détention à la prison à vie.

M. Prayut a averti lundi que le gouvernement devait protéger la monarchie. "C'est le devoir de tous les Thaïlandais", a-t-il déclaré à des journalistes.

Outre les arrestations, les autorités ont déclaré avoir repéré plus de 325.000 messages sur les réseaux sociaux qui violaient la loi sur les crimes informatiques, qui, selon les critiques, sert à museler la dissidence.

La police a également averti les médias locaux que leur couverture des manifestations serait examinée de près afin de vérifier si elles ne contiennent pas de contenus illégaux.

Lundi, les manifestants ont défié ces avertissements. "Ils ne réalisent pas qu'ils ne peuvent pas nous attraper, nous la nouvelle génération, qui a grandi avec les nouvelles technologies", assure un jeune homme de 18 ans qui se surnomme Apple.

burs-rs/dhc/fox/cls/mm

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Thaïlande: le parlement convoqué, les manifestants augmentent la pression

Le 19 octobre 2020 à17:38

Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha a convoqué une session extraordinaire du parlement face à des manifestants qui continuent à défier le pouvoir, des milliers d'entre eux étant encore descendus lundi dans les rues pour demander la libération de militants et une réforme de la monarchie.

Les manifestants se sont rassemblés dans trois quartiers de Bangkok, où ils ont chanté l'hymne national et fait un salut "à trois doigts", inspiré des films "Hunger Games", qui symbolise désormais l'opposition au gouvernement.

Certains arboraient des pancartes telles que "2020 est une mauvaise année, mais la politique thaïlandaise est bien pire".

Plus tôt lundi, le Premier ministre a annoncé que le parlement allait se réunir en session extraordinaire "pour résoudre ce conflit".

"Je demande aux manifestants de se rassembler pacifiquement. Le gouvernement a déjà fait certains compromis", a-t-il ajouté.

Malgré les mesures d'urgence interdisant tout regroupement de plus de quatre personnes, plusieurs dizaines de milliers de manifestants, des jeunes pour la plupart, sont descendus dans la rue la semaine dernière à Bangkok.

Quelque 20.000 personnes ont encore manifesté dans la capitale thaïlandaise dimanche, selon la police, tandis que les médias locaux et les manifestants faisaient état de foules plus importantes.

Le mouvement, sans dirigeant clair, appelle à la démission du Premier ministre, un ancien général, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 2014 et à une révision de la constitution qui, estiment-ils, favorise les militaires lors des élections.

Le mouvement réclame aussi l'abrogation de la loi de lèse-majesté, qui punit de trois à quinze ans de prison toute diffamation ou insulte envers le monarque et sa famille.

Il ose aussi demander une réforme de la puissante et richissime monarchie, un sujet tabou dans le pays il y a peu.

Les manifestants voudraient davantage de transparence dans les finances de la richissime monarchie et la non-ingérence du souverain Maha Vajiralongkorn dans les affaires politiques.

Lundi, les manifestants ont fait usage de messageries sécurisées pour organiser les marches dans Bangkok, et semblent avoir toujours un temps d'avance sur les autorités qui cherchent à bloquer les accès aux points de rassemblements.

Kaykai, 55 ans, soutient la tactique façon "guérilla" de la jeune génération. "La police ne les attrapera jamais", veut-elle croire.

Plai, 18 ans, qui est venu du Nord-Est du pays pour rejoindre les manifestants, veut "la fin de ce gouvernement". "Je ne veux plus que nos impôts soient gaspillés comme ils le sont aujourd'hui".

Le mouvement semble gagner du terrain dans le pays avec des rassemblements signalés lundi dans des villes comme Songkhla dans le Sud et Chiang Mai dans le Nord.

- "Ils ne peuvent pas nous attraper" -

Le mouvement de contestation, qui manifeste depuis trois mois, a pris de l'ampleur la semaine dernière la semaine dernière après qu'un groupe de manifestants a fait le salut "à trois doigts" au convoi de la reine Suthida.

Les affrontements entre manifestants et police se sont aggravés vendredi dernier quand les forces de l'ordre ont utilisé des cannons à eau pour la première fois.

Deux activistes, Ekachai Hongkangwan et Bunkueanun Paothong, ont été interpellés et encourent pour "acte de violence contre la reine" une peine de seize ans de détention à la prison à vie.

M. Prayut a averti lundi que le gouvernement devait protéger la monarchie. "C'est le devoir de tous les Thaïlandais", a-t-il déclaré à des journalistes.

Outre les arrestations, les autorités ont déclaré avoir repéré plus de 325.000 messages sur les réseaux sociaux qui violaient la loi sur les crimes informatiques, qui, selon les critiques, sert à museler la dissidence.

La police a également averti les médias locaux que leur couverture des manifestations serait examinée de près afin de vérifier si elles ne contiennent pas de contenus illégaux.

Lundi, les manifestants ont défié ces avertissements. "Ils ne réalisent pas qu'ils ne peuvent pas nous attraper, nous la nouvelle génération, qui a grandi avec les nouvelles technologies", assure un jeune homme de 18 ans qui se surnomme Apple.

burs-rs/dhc/fox/cls/mm

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