Allô Tesla? Pour les journalistes, le téléphone sonne dans le vide

(AFP)

Quoi de neuf chez Tesla? C'est parfois difficile à dire car le fabricant de voitures électriques, dirigé par le très médiatique Elon Musk, semble avoir pris la décision inhabituelle de supprimer le service répondant aux questions des journalistes.


Tesla continue bien évidemment à communiquer avec le grand public via son site internet, des documents transmis au gendarme américain des marchés boursiers, la SEC, ou les réseaux sociaux. M. Musk, le fantasque co-fondateur du groupe, est particulièrement actif sur Twitter.

La société doit publier mercredi ses résultats du troisième trimestre et a prévu dans la foulée une conférence téléphonique entre la direction et des analystes.

Mais plusieurs reporters spécialisés dans le secteur de l'automobile, dont ceux de l'AFP, ont pu constater ces derniers mois que les requêtes directement adressées au siège du constructeur en Californie restaient sans réponse. Qu'il s'agisse de questions sur des accidents impliquant des voitures de la marque, sur l'organisation d'un événement ou sur l'activité du groupe en Chine.

Selon une source du blog spécialisé Electrek, le département en charge des relations avec la presse a bien été dissous.

Traditions bousculées 

Plusieurs employés du service de communication de Tesla ont quitté l'entreprise depuis le début de l'année, certains ont été mutés sur d'autres fonctions. Ils n'ont visiblement pas été remplacés.

Des courriels envoyés par l'AFP lundi à plusieurs d'entre eux, aux Etats-Unis ou en Europe, n'ont pas reçu de réponse.

Même si certaines grandes entreprises restent assez mystérieuses avec les médias, ce serait la première fois qu'une société de l'ampleur de Tesla décide de snober complètement les journalistes.

Mais le groupe, qui a révolutionné le secteur des véhicules électriques, a l'habitude de rompre avec les traditions.

Il est par exemple le seul grand constructeur automobile à vendre des voitures directement à ses clients. Tesla refuse de passer par des concessionnaires indépendants, ce qui aux Etats-Unis l'empêche d'écouler ses véhicules dans certains Etats comme le Nouveau-Mexique ou l'Alabama.

Ce qui ne l'empêche pas prendre de l'ampleur: même s'il produit bien moins de voitures que les constructeurs traditionnels, Tesla est devenu cet été le groupe automobile valant le plus cher en Bourse dans le monde, devant Toyota et Volkswagen.

Pour Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, le fait que Tesla décide de ne plus avoir de contact direct avec les journalistes ne serait "pas une surprise".

Le groupe peut compter sur ses clients pour le défendre ainsi que sur les 39 millions d'abonnés au compte Twitter d'Elon Musk pour répandre sa bonne parole, explique-t-il à l'AFP.

 Service obsolète? 

"A l'ère du numérique, si une entreprise a un bon produit et des adeptes enthousiastes, l'idée d'un département en charge des relations publiques est obsolète", estime-t-il. Tesla "n'en a pas besoin."

La "Journée de la batterie" du groupe, un événement présentant fin septembre tous les progrès effectués par Tesla sur le sujet, a par exemple été suivi par près de 3 millions de spectateurs sur YouTube.

Retransmis en direct en ligne après l'assemblée générale annuelle de l'entreprise, l’événement avait commencé par un petit couac, relaté par un grand nombre de médias: pas de son sur la vidéo présentant les activités de l'entreprise.

L'absence d'annonce percutante lors de cette présentation surtout technique avait quelque peu déçu les investisseurs.

M. Musk s'était plaint quelques jours plus tard, dans une interview au New York Times, de la couverture par les médias de l'événement, estimant que c'était "le triste reflet de leur compréhension" du sujet.

Les journalistes ne sont pas la seule cible du tumultueux patron, habitué des polémiques et connu pour ses coups de sang: il avait sèchement éconduit des analystes lors d'une conférence téléphonique en 2018 en s’agaçant de questions jugées "ennuyeuses", "imbéciles" ou encore "arides".

Il avait quelques mois plus tard présenté des excuses pour son impolitesse, la mettant sur le compte du manque de sommeil.

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Allô Tesla? Pour les journalistes, le téléphone sonne dans le vide

Le 20 octobre 2020 à08:34

Quoi de neuf chez Tesla? C'est parfois difficile à dire car le fabricant de voitures électriques, dirigé par le très médiatique Elon Musk, semble avoir pris la décision inhabituelle de supprimer le service répondant aux questions des journalistes.


Tesla continue bien évidemment à communiquer avec le grand public via son site internet, des documents transmis au gendarme américain des marchés boursiers, la SEC, ou les réseaux sociaux. M. Musk, le fantasque co-fondateur du groupe, est particulièrement actif sur Twitter.

La société doit publier mercredi ses résultats du troisième trimestre et a prévu dans la foulée une conférence téléphonique entre la direction et des analystes.

Mais plusieurs reporters spécialisés dans le secteur de l'automobile, dont ceux de l'AFP, ont pu constater ces derniers mois que les requêtes directement adressées au siège du constructeur en Californie restaient sans réponse. Qu'il s'agisse de questions sur des accidents impliquant des voitures de la marque, sur l'organisation d'un événement ou sur l'activité du groupe en Chine.

Selon une source du blog spécialisé Electrek, le département en charge des relations avec la presse a bien été dissous.

Traditions bousculées 

Plusieurs employés du service de communication de Tesla ont quitté l'entreprise depuis le début de l'année, certains ont été mutés sur d'autres fonctions. Ils n'ont visiblement pas été remplacés.

Des courriels envoyés par l'AFP lundi à plusieurs d'entre eux, aux Etats-Unis ou en Europe, n'ont pas reçu de réponse.

Même si certaines grandes entreprises restent assez mystérieuses avec les médias, ce serait la première fois qu'une société de l'ampleur de Tesla décide de snober complètement les journalistes.

Mais le groupe, qui a révolutionné le secteur des véhicules électriques, a l'habitude de rompre avec les traditions.

Il est par exemple le seul grand constructeur automobile à vendre des voitures directement à ses clients. Tesla refuse de passer par des concessionnaires indépendants, ce qui aux Etats-Unis l'empêche d'écouler ses véhicules dans certains Etats comme le Nouveau-Mexique ou l'Alabama.

Ce qui ne l'empêche pas prendre de l'ampleur: même s'il produit bien moins de voitures que les constructeurs traditionnels, Tesla est devenu cet été le groupe automobile valant le plus cher en Bourse dans le monde, devant Toyota et Volkswagen.

Pour Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, le fait que Tesla décide de ne plus avoir de contact direct avec les journalistes ne serait "pas une surprise".

Le groupe peut compter sur ses clients pour le défendre ainsi que sur les 39 millions d'abonnés au compte Twitter d'Elon Musk pour répandre sa bonne parole, explique-t-il à l'AFP.

 Service obsolète? 

"A l'ère du numérique, si une entreprise a un bon produit et des adeptes enthousiastes, l'idée d'un département en charge des relations publiques est obsolète", estime-t-il. Tesla "n'en a pas besoin."

La "Journée de la batterie" du groupe, un événement présentant fin septembre tous les progrès effectués par Tesla sur le sujet, a par exemple été suivi par près de 3 millions de spectateurs sur YouTube.

Retransmis en direct en ligne après l'assemblée générale annuelle de l'entreprise, l’événement avait commencé par un petit couac, relaté par un grand nombre de médias: pas de son sur la vidéo présentant les activités de l'entreprise.

L'absence d'annonce percutante lors de cette présentation surtout technique avait quelque peu déçu les investisseurs.

M. Musk s'était plaint quelques jours plus tard, dans une interview au New York Times, de la couverture par les médias de l'événement, estimant que c'était "le triste reflet de leur compréhension" du sujet.

Les journalistes ne sont pas la seule cible du tumultueux patron, habitué des polémiques et connu pour ses coups de sang: il avait sèchement éconduit des analystes lors d'une conférence téléphonique en 2018 en s’agaçant de questions jugées "ennuyeuses", "imbéciles" ou encore "arides".

Il avait quelques mois plus tard présenté des excuses pour son impolitesse, la mettant sur le compte du manque de sommeil.

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